La cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds de Toulon, dite aussi Sainte-Marie-de-la-Seds ou Sainte-Marie-Majeure, est une cathédrale catholique située à Toulon, dans le département du Var.

Cette cathédrale fut le siège du diocèse de Toulon jusqu'à la suppression de ce diocèse en 1801. Elle est devenue le siège du diocèse de Fréjus-Toulon le , à l'occasion du transfert du siège épiscopal de Fréjus à Toulon. La cathédrale est la propriété de la commune de Toulon comme une église paroissiale, la seule cathédrale du Var appartenant à l'État étant celle de Fréjus, qui portait ce titre lors de la Loi de séparation de l'Église et de l'État.

L'édifice actuel est d'architecture romane du , remanié aux , et classé monument historique depuis 1997.

Historique Commencée au , sous l'impulsion du comte de Provence Boson d'Arles qui désirait faire bâtir une église consacrée à la Vierge Marie, la cathédrale porte le nom de Sainte-Marie-de-la-Seds, qui vient du latin sedis signifiant « siège ». Elle a été consacrée le par Jean Colombi, évêque in partibus de Troie, suffragant de Nicolas Fieschi, évêque de Fréjus.

Au cours de l'hiver 1543-1544, sur ordre de , la ville de Toulon accueille les corsaires musulmans dirigés par l'amiral ottoman Khayr ad-Din Barberousse en attente de campagnes contre l'Italie, dans le cadre de l'alliance franco-ottomane. A cette occasion, plusieurs sources récentes affirment que la cathédrale a été transformée en mosquéeJacques Heers, Les Barbaresques, la course et la guerre en Méditerranée , Perrin, 2001, cité dans 14 octobre 1543 : Barberousse s'invite chez François sur le site Herodote.net ; Roger Crowley, Empires of the Sea. The final battle for the Mediterranean, 1521-1580, Londres, Faber and Faber, 2008, p. 74.. La ville fut en effet, durant cette période, surnommée la « petite Constantinople ». Cependant, une analyse poussée des sources montre clairement que ce n'est pas le cas : les historiens toulonnais du XIXe siècle, Dominique-Marie-Joseph Henry, le Dr Gustave Lambert et Octave Teissier n'en disent aucun mot, pas plus que le Livre du Chapitre de Toulon. Au contraire, les registres de la cathédrale, en ligne sur le site des Archives départementales du Var, indiquent la tenue d'une dizaine de baptêmes par mois pendant le séjour de Barberousse, soit autant qu'avant et après sa venue. Trois contemporains des événements, Jean Sleidan, Blaise de Montluc et le prêtre Jérôme Maurand, sont silencieux sur une éventuelle transformation de la cathédrale en mosquée. Voltaire écrit plutôt que Barberousse "fit changer une grande maison en mosquée".

La cathédrale présente des styles architecturaux hétérogènes. En effet, l'église romane a été agrandie de 1654 à 1659, englobant du même coup l'ancienne chapelle des Saintes-Reliques, construite au .

La façade de la cathédrale, de style classique, a été édifiée de 1696 à 1701 selon les plans d'Albert Duparc qui a aussi emporté le marché de sculpture contre François Caravaque le , associé au sculpteur toulonnais Antoine Fleury, le clocher de 1737 à 1740.

Le monument renferme notamment un retable datant de 1682 et des tableaux des s.

La cathédrale Sainte-Marie-de-la-Seds a été inscrite Monument historique par arrêté du , inscription annulée par un classement par arrêté du .

Architecture Cette église comporte trois nefs d’inégale largeur et cinq travées sur une longueur de . La voûte est à croisée d’ogives. La grande nef se termine par un chevet plat et le chœur est de forme rectangulaire. Ses murs portent depuis 1864 des fresques du peintre seynois Ludovic Bonifay, Moïse et Elie et Les douze apôtres.

Chapelles Chapelle de la Vierge (à gauche de la nef centrale) Elle abrite le retable et la statue de la Vierge en bois doré de Vian de Pignans (1838), et des tableaux de Pierre Puget (L’Annonciation, 1650), de Damery-Walter (La Vierge au Carmel, 1664) et de Jacques Voltaire (L’adoration du Saint Sacrement, 1745).

Chapelle du Corpus Domini (à droite de la nef centrale) vignette|220px|Retable de Christophe Veyrier. 220px|vignette|Chapelle Saint-Cyprien. Initialement de Puget, le retable en bois, détruit en 1681 par un incendie, est remplacé par un ensemble en marbre et en stuc de la main d'un de ses élèves, Christophe Veyrier. Deux grands tableaux, Le Triomphe de l’Eucharistie de Jean-Baptiste van Loo et Le Sacrifice de Melchisédech de Jean-Baptiste Achard, sont surmontés d'une sculpture en bas-relief provenant du maître-autel de 1746 et déplacée lors de la réalisation de celui de 1863Ch. Ginoux, La chapelle du Corpus Domini, de la cathédrale de Toulon, et sa décoration par Christophe Veyrier, , Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts, ministère de l'instruction publique, 1892, (lire en ligne)..

Chapelle Saint-Joseph Ancienne abside, elle comporte le tableau Saint Roch priant pour les pestiférés de Pierre Puget.

Chapelle du Saint-Cœur-de-Marie Appelée aussi chapelle Sainte-Anne, elle comporte également une toile de Pierre Puget : La Vision de Saint Félix de Cantalice", originellement pour l’église des Capucins, donnée à la cathédrale après la Révolution.

Chapelle de la tombe des évêques et chapelle Saint-Cyprien Elles se font face en bas de la nef.

Autres éléments architecturaux Sanctuaire Il comporte un autel plat qui remplace depuis 1961 celui de 1864 dont il reste un bas-relief et un chœur entouré de stalles également de Bernard Sénéquier (1784-1868).

La chaire est également de Sénéquier (1829) et les statuettes et le médaillon représentant saint Augustin sont du sculpteur toulonnais Joseph Louis Hubac, maître-sculpteur de la Marine.

Vitraux Détruits au cours de la Seconde Guerre mondiale, ils comportent aujourd'hui des œuvres de facture moderne.

Orgues et cloches vignette|gauche|orgues Orgues La tribune reçoit un grand orgue, datant de 1851 et installé par la maison Frédéric Junk de Toulouse (entièrement rénové en 1965)..

Cloches Le clocher de la cathédrale compte quatre cloches datant du église Sainte-Marie-de-la-Seds, ancienne cathédrale.

Maîtres de musique André Campra Esprit Antoine Blanchard

Références

Voir aussi

Bibliographie Christian Fontaine, « Cathédrale Sainte-Marie de la Seds », in Congrès archéologique de France. session Monuments du Var. 2002, Société française d'archéologie, Paris, 2005, . .

Articles connexes Diocèse de Toulon Liste des évêques de Toulon Liste des cathédrales catholiques romaines de France Liste des monuments historiques du Var Liste des cathédrales de France protégées aux monuments historiques

Liens externes

Paroisse Cathédrale Toulon-Centre Cathédrale Notre Dame de la Seds, sur wabby.free.fr'' Historique et informations, diocèse de Fréjus-Toulon Historique de la cathédrale, chapitre du diocèse de Toulon Les orgues de la cathédrale Fréjus-Toulon, Inventaire national des orgues

Catégorie:Cathédrale construite au XIe siècle Catégorie:Cathédrale transformée au XVIIe siècle Catégorie:Cathédrale transformée au XVIIIe siècle CathédraleNotreDameSedsToulon Catégorie:Cathédrale catholique en France Catégorie:Cathédrale dédiée à Notre-Dame * CathédraleNotreDameSedsToulon Catégorie:Cathédrale romane en France CathédraleNotreDameSedsToulon CathédraleNotreDameSedsToulon CathédraleNotreDameSedsToulon Catégorie:Cathédrale en Provence-Alpes-Côte d'Azur