Le Football Club de Sète, abrégé en FC Sète, est un club de football français fondé en 1914 et situé à Sète dans l'Hérault.

Le club subit une liquidation judiciaire en 2023 et repart en championnat régional sous une nouvelle entité, qui prend le nom de Sporting Club sètois, avec mêmes logo et couleurs, la FFF n'ayant pas autorisé le club à reprendre le nom FC Sète.

Créé au commencement de la Première Guerre mondiale, le club dirigé par Georges Bayrou et Victor Gibson domine dès l'après-guerre le football régional, remportant les sept premières éditions de la Division d’honneur du Sud-Est entre 1919 à 1926, devant l’Olympique de Marseille, le Stade olympique montpelliérain et le SC nîmois.

En 1930, le club, rebaptisé « Football Club de Sète » en même temps que ville, remporte la Coupe de France, son premier titre national, face au Racing Club de France. Membre fondateur en 1932 du championnat de France professionnel, il remporte en 1934 le premier doublé de l’histoire du football français, en remportant la même saison le championnat et la Coupe de France. Le club est à nouveau champion de France cinq ans plus tard.

La Seconde Guerre mondiale stoppe brutalement cette ascension, et le club ne retrouve jamais son niveau d’avant-guerre. Il reste en Division 1 jusqu'en 1954, puis abandonne le professionnalisme en 1960. Poussé à l’amateurisme par manque de moyens financiers, le club chute dans les divisions régionales. Il retrouve la deuxième division du championnat de France au moment de son ouverture aux clubs amateurs en 1970, y évoluant jusqu'en 1977 puis de 1983 à 1989. En 1990, le club quitte le vétuste stade Georges-Bayrou pour le stade Louis-Michel. Le club oscille ensuite entre troisième division, championnat de France amateur et National.

En 2005, le club renoue avec le professionnalisme en accédant à la Ligue 2. Il ne parvient cependant pas à s'y maintenir, doit renoncer au statut professionnel en 2008 avant d'être rétrogradé en Division d’honneur en 2009 à la suite d’une liquidation judiciaire. Le club retrouve rapidement le championnat de France amateur et parvient à remonter en 2020 en championnat National. Deux saisons plus tard, il est rétrogradé administrativement, dans un contexte de conflit entre dirigeants et mairie. En 2023, l'association ne peut éviter la liquidation judiciaire, le club est dissous.

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Origines du football à Cette (1900-1914) L’Olympique de Cette (Cette, orthographe de la ville jusqu'en 1927) est fondée en 1900 par Jean Dugrip et Jean-Louis Julien qui organisent alors quelques matches face au SC Nîmois d’Henri Monnier.. Rapidement, le club fait des émules dans la ville, et d’autres équipes apparaissent sur l’île comme le Junior Club de Cette ou l’Union Sportive de Cette, fondée par Emmanuel Gambardella âgé seulement de 15 ans. De 1901 à 1905, les rencontres régionales se limitent cependant à un tête-à-tête entre les joueurs de l’Olympique et ceux du SC Nîmois. Ils ne sont rejoints que plus tard par les jeunes Montpelliérains, principalement tournés vers le rugby à XV à cette époque..

thumb|left|Équipe de l’Olympique de Cette en 1901.|alt=Photo d’équipe, les joueurs figurant sur trois rangs. Cette est alors désignée comme « La Mecque du football français » par le journaliste sportif Gabriel Hanot. avant la Grande Guerre, et en 1906, c’est logiquement dans ce port de la Méditerranée que s’installe le siège de la Ligue régionale. En 1907, l’Olympique de Cette prend part à sa première compétition officielle, le championnat du Languedoc dont les Dauphins remportent facilement la première édition. Lors de la seconde édition en 1908, les Cettois sont battus par leur grand rival d’avant-guerre, le SC Nîmois, ce qui sera le seul et dernier affront à l’hégémonie cettoise sur le Languedoc-Roussillon jusqu’en 1927 et la victoire du SO Montpelliérains..

thumb|Équipe de l’Olympique de Cette en 1914.|alt=Photo d’équipe, les joueurs étant debout sur un seul rang. En 1908-1909, l’Olympique de Cette décroche un nouveau titre régional, alors qu’arrive au club un homme au fort tempérament, Georges Bayrou, qui en restera le président durant près d'un demi-siècle. Monté à Paris pour faire carrière, il rentre au pays auréolé du titre de champion de France conquis avec le Gallia Club Paris, et s’implique rapidement dans la branche de recrutement du club. À l’origine de la venue de Gustave Rambaud, alors capitaine du SC Nîmois, il attire dans les filets des Dauphins d’autres joueurs venus des grands rivaux de l’époque comme Fernand Augade et les frères Chabrol, pratiquant activement le manque à gagner et le débauchage, comme le rappelle l'entraîneur nîmois Henri Monier dans ses mémoires :

Outre les joueurs régionaux, Georges Bayrou fait également venir de nombreux joueurs étrangers, notamment en 1912 l’Écossais Victor Gibson qui assurera tour à tour les rôles de joueur, d'entraîneur et de recruteur du club..

Champion du Languedoc sans discontinuer de 1910 à 1914, l'équipe cettoise atteint même cette dernière année la finale du championnat de France USFSA, perdue à Paris face à l’Olympique lillois.. Le club met fin à ses activités avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale quelques semaines plus tard, comme de nombreux autres clubs français, et voit partir la plupart de ses joueurs pour le front.

Naissance du FC Cette (1914-1932)

Les jeunes de la ville supportent mal l'interruption de la pratique du football décrétée par le club, comme l’écrit René Dedieu alors âgé de 15 ans :

En effet, en cette période de guerre, les classes d’âge n’étant pas encore mobilisées prennent la relève des « grands » qui n’apprécient guère que des collégiens, souvent peu fortunés et peu habitués à la vie associative réservée habituellement à une certaine bourgeoisie urbaine, cherchent à les remplacer ou à rivaliser avec eux.

thumb|Équipe du FC Sète lors de la finale de la Coupe de France 1923.|alt=Photo d’équipe dont les joueurs sont placés sur deux rangs. thumb|Le stade du FC Sète en 1929. Parmi les anciens de l’Olympique, l'Écossais Victor Gibson, non mobilisé avec l'armée française, choisit de se joindre à l’aventure du FC Cette et décide avec le président Schlegel, un Suisse originaire du canton de Vaud, d’adopter les couleurs blanches à rayures vertes du club de cœur de l’Écossais, le Celtic FC, un des deux plus prestigieux clubs de Glasgow. Malheureusement pour les anciens joueurs de retour de la guerre, comme Jean-Louis Jullien, la loi du nombre et de la jeunesse joue en leur défaveur, d’autant plus que de nombreux joueurs sont morts sur les champs de bataille et que les supporteurs se sont habitués à voir évoluer le nouveau club en tant qu’équipe majeure de la ville. À la fin de la guerre, le docteur Scheydt, ancien président de l’Olympique et maire de Cette, comprend que son club ne renaîtra pas et accepte une place de président d’honneur du FC Cette..

Fin 1916, le FC Cette rejoint la Ligue Méridionale de Football-Association., entièrement consacrée au football. Après une saison de mise en sommeil faute d'effectif (1918-1919) et où le Stade Cettois prend le relais., le FCC rejoint la toute récente Fédération française de Football Association (FFFA) en 1919.

Après guerre, le FC Cette s’affirme comme l’une des places fortes du football français sous l’impulsion de deux hommes : Victor Gibson, qui fait venir nombre de joueurs britanniques et devient l’homme à tout faire du club, capitaine sur le terrain, entraîneur, recruteur, jardinier mais aussi soigneur avec ; mais également Georges Bayrou, qui n’avait qu’un rôle secondaire à l’Olympique et qui devient l’« avocat » du nouveau club, ce qui en contrepartie l’aidera à monter dans les instances du football français.

thumb|left|Équipe du FC Sète lors de la finale de la Coupe de France 1924.|alt=Photo d’équipe dont les joueurs sont placés sur deux rangs.

Le club cettois s’impose comme le principal club méridional de ces premières années d’après-guerre en remportant les sept premières éditions de la division de Honneur du Sud-Est entre 1919 et 1926, ne laissant par la suite que deux titres au SO Montpelliérains et quatre à l’Olympique de Marseille avant l'arrivée du professionnalisme. En parallèle de ces succès en championnat, les Cettois disputent la Coupe de France, devenue la compétition phare du football français de cette période d’entre-deux guerres. Ils atteignent trois fois la finale de la compétition en 1923, 1924 et 1929, mais sont battus respectivement par le Red Star FC (4-2), l'Olympique de Marseille (3-2 ) et le SO Montpelliérains (2-0).. Le club héraultais doit attendre 1930 pour voir ce trophée orner sa vitrine : après avoir éliminé le tenant du titre montpelliérain en quart de finale à Marseille puis l'Olympique de Marseille en demi-finale à Paris, il prend le dessus sur le Racing Club de France (3-1 ), grâce à un doublé décisif de son attaquant international yougoslave Yvan Beck.

Parmi les autres signes de la place prise par le club dans le football français, un footballeur cettois est pour la première fois sélectionné en équipe de France en : il s’agit d'Albert Jourda, tout juste arrivé du Racing, qui terminera sa carrière internationale après les Jeux olympiques de 1924 avec sept capes.. thumb|Georges Bayrou au balcon du FC Sète en juin 1929. Entre-temps, en 1928, le nom de la ville change de « Cette » en « Sète » et le club est logiquement renommé en FC Sète. Grâce à leur victoire en Coupe de France, les joueurs du FC Sète sont invités à disputer à Genève la Coupe des nations, ancêtre de la coupe d’Europe des clubs champions. Alors qu'il est battu par le SpVgg Greuther Fürth, champion d’Allemagne en titre, le FC Sète est ainsi décrit par un reporter allemand, qui souligne le côté internationaliste du club français :

Les débuts du professionnalisme (1932-1935) thumb|Istvan Lukacs, buteur décisif pour sa seule saison au FC Sète en 1933-1934. thumb|Les joueurs sétois réunis autour du trophée de la Coupe de France en 1934.

C'est en 1932 que se met en place le championnat de France professionnel, sous l’impulsion décisive de Georges Bayrou et d’Emmanuel Gambardella. L’instauration du professionnalisme répond à la volonté de certains clubs ambitieux et doit mettre fin aux scandales liés à l’« amateurisme marron »L’amateurisme marron correspond au fait de rémunérer illégalement un sportif officiellement amateur. Il permet alors de faire venir des joueurs, français ou étrangers, qui apportent leur technicité et leur expérience tactique, élevant ainsi le niveau de leurs coéquipiers français, en contrepartie d'un dédommagement financier., une pratique que les clubs du Midi ont particulièrement intégrée, recrutant de nombreux joueurs étrangers dont l’amateurisme reste à prouver. L’historien Alfred Wahl explique que le passage au professionnalisme était une protection offerte aux présidents de clubs, qui étaient particulièrement soumis aux caprices et au chantage pécuniaire des joueurs qui, étant amateurs, n’avaient aucune obligation vis-à-vis de leur club. Le contrat de travail professionnel permet ainsi d’établir l’autorité des dirigeants. Il y a désormais un patron et des employés..