Les formes, coupes, dénominations et coutumes liées au costume ecclésiastique en usage dans le clergé catholique ont fait l'objet de nombreux changements au cours des siècles. alt=|vignette|320px|Une session du concile de Trente par Juan Zabalo Navarro, .

La grande diversité observée jusqu'au début du a cependant toujours été associée, dans l'esprit des clercs, au souci de l'observance des coutumes (locales ou corporatives) adoptées, moins en référence au principe de tradition - qui, en la matière, a souvent de la peine à prouver son antiquité - qu'en référence au principe de discipline et de consensus qui fait l'unité des sociétés humaines et leur permet d'exister tant par leurs différences que par leur cohérence.

La liste suivante fait le plus souvent référence aux coutumes des , avec quelques allusions à l'histoire et à l'étymologie. Elle ne saurait en l'état suffire à une connaissance définitive des ornements décrits, de leur dénomination et de l'histoire de leurs usages.

A

Amict Du latin « amictus » qui signifie « enveloppé ». Il s'agit d'une pièce de lin blanc porté autour du cou et des épaules, sous l'aube. Il servait à l'origine à couvrir la tête, et était porté comme une capuche, puis abaissé derrière la tête à l'arrivée dans le chœur. En repartant, le prêtre remettait sa capuche, comme le ferait un prêtre maintenant avec une barrette.

Anneau Certains dignitaires de l'Église catholique portent ce bijou (anneau pastoral) que les fidèles, en signe de respect, embrassent au cours de certaines cérémonies. L'anneau est symbole de perfection et de fidélité.

Anneau cardinalice Cet anneau est un insigne propre du cardinalat qui est remis à chaque nouveau cardinal par le pape en consistoire. Sa forme traditionnelle consiste en un cercle d'or muni d'un saphir. Sous sa ligature sont gravées les armes du pape qui crée le cardinal.

Anneau doctoral Les docteurs des légitimement créés ont le droit de porter l’anneau en dehors des fonctions liturgiques. Semblable à celui des évêques, avec une pierre précieuse, il est souvent gravé aux armes de l'université.

Anneau du pêcheur L'anneau du pêcheur est un propre au Pontife romain. Il représente, dans un cartouche de forme ovale ou ronde, l'apôtre Pierre assis dans une barque à un aviron, jetant un filet. En exergue est gravé le nom du pape.

Sous la plaque, sont gravés le nom du majordome de la Maison pontificale, qui l'a fait réaliser, des graveurs et du joaillier des palais apostoliques.

Anneau pastoral

thumb|Anneau du concile Vatican II, offert par le pape Paul VI aux Pères conciliaires, le .

L'anneau pastoral est porté à l'annulaire de la main droite par les évêques et les abbés. Il symbolise l'union de l'évêque à son Église particulière et celle de l'abbé à son monastère.

Le chaton de l'anneau des évêques était souvent formé autrefois par une améthyste ovale entourée de brillants ; celui des abbés et des simples prélats qui y avaient droit (protonotaires apostoliques) ne comportait qu'une seule pierre.

De nos jours, il adopte des formes assez variées et ne comporte plus systématiquement de pierre précieuse.

Anneau pontifical L'anneau utilisé dans les cérémonies pontificales (messe, vêpres, Salut…) était orné d'une pierre plus grosse et était suffisamment large pour que le pontife puisse le passer par-dessus les gants liturgiques, dont l'usage n'est plus obligatoire depuis la simplification des rites pontificaux consécutive au concile Vatican II.

Aube Du latin alba, qui signifie « blanche » et symbolise la pureté, l'aube trouve son origine dans la tunica talaris des Romains, tunique à longs pans, tombant jusqu'aux chevilles et fixée à la taille par un cordon.

Elle est une longue tunique blanche, portée comme habit liturgique par tous les ministres de la liturgie, qu’ils soient ordonnés (évêque, prêtre, diacre), ou institués (acolyte et lecteur). Elle est également portée par les servants d'autel (ou « enfants de chœur »), et par les jeunes faisant leur profession de foi (anciennement, « communion solennelle »).

Les ministres institués (acolytes, lecteurs, personnes en tenant lieu) la portent seule, les ministres ordonnés (diacre, prêtre, évêque), avec l'étole, sous la dalmatique, la chape ou la chasuble. Le Cérémonial des Évêques (Cæremoniale Episcoporum) de 1984 préciseCæremoniale Episcoporum, n. 65 que « le vêtement sacré pour tous les ministres quel que soit leur grade commun est l'aube, serrée autour des reins par le cordon, sauf si elle est faite selon le mode de la soutane, afin qu'elle épouse le corps sans cordon. Avant de revêtir l'aube, si elle n'entoure pas parfaitement le col de l'habit commun, on revêtira l'amict. » À la place de l'aube, on peut revêtir le surplis sur la soutane, sauf si l'on doit revêtir la chasuble ou la dalmatiqueCæremoniale Episcoporum, ibid..

Aumusse

thumb|Chanoine portant l'aumusse. Portée au Moyen Âge indifféremment par hommes ou femmes pour se protéger du froid, l'aumusse était une coiffure couramment utilisée par les prêtres et les chanoines.

« Les chanoines réguliers et séculiers du nord de l'Europe paraissent avoir fait particulièrement usage de l'aumusse. Nous voyons, en 1242, les chanoines réguliers de Cantorbéry obtenir du pape Innocent IV la permission de se couvrir la tête, pendant l'office, à cause de la rigueur du climat.». À la seconde moitié du ., elle est devenue plus largement, comme partie du costume de chœur, un insigne distinctif des chanoines, concédé aussi aux bénéficiers de certains chapitres.

Sous Charlemagne, l'aumusse fut fourrée d'hermine; plus tard on la fit toute en fourrures. Les aumusses d'étoffe prirent alors le nom de chaperon; celles de fourrures gardèrent le nom d'aumusse..

Originairement, elle est une coiffure-capuchon de fourrure descendant de la tête sur les épaules, ou un peu plus, ouverte en avant. Supplantée comme coiffure par la barrette, elle se mettait généralement sur les épaules quand on pouvait se couvrir de la barrette ; on l’ôtait des épaules et on la mettait sur le bras gauche quand on devait se lever.. Presque disparue, elle était très répandue jusqu’à la fin du . Elle se portait avec le surplis ; Ce qui est logique puisque le rochet ne peut être porté par les chanoines qu'en vertu d'un indult papal, soit toute l’année, soit l’été seulement, au lieu de la chape chorale d’hiver.

Elle se porte encore en hiver, dans certains chapitres cathédraux, au nord des Alpes, où elle a pris la forme d'une courte pèlerine de fourrure, analogue à la mosette, agrafée sous le menton et munie d'un petit capuchon.

Sa coupe la plus ancienne, qui avait subsisté en Italie du Nord, est celle d'un capuchon descendant de la tête sur les épaules, mais l'usage de s'en coiffer semblait déjà abandonné à la fin du ..

La forme de Rome taille la fourrure en un triangle allongé, porté indifféremment sur le bras gauche lorsqu'on est debout et sur le dos lorsqu'on est assis, l'angle le plus aigu étant placé sur l'épaule gauche.

L'aumusse de fourrures était seulement en Vair (blanc nuancé de gris), en petit-gris, ou en fourrure noire ou brune, l'hermine ou les autres fourrures blanches n'étant pas admises car considérées comme marques des dignités supérieures. De son bord inférieur pendaient souvent de petites queues de la même fourrure.

L'évêque peut, de plein droit, accorder l'aumusse aux chanoines qui n'ont pas d'insigne propre, mais avec une doublure noire, la doublure violette ne pouvant être concédée que par Rome. Il peut fixer par décret la façon de la porter, soit sur le bras gauche, soit sur les épaulesdécret de la sacrée congrégation du Concile, in Neriton. 12 juillet 1760.

Il peut encore arriver que le Pape en porte une en hiver.

B Barrette

La barrette est un bonnet rigide porté par les ecclésiastiques.

Sa forme, généralement carrée, a varié selon les lieux et les époques. L'usage romain veut que la barrette portée au chœur ait trois cornes. Les usages français sont plus souples sur ce point et l'on voyait souvent des barrettes à quatre cornes par exemple sur la tête des curés parisiens. Alors que la barrette des cardinaux est surmontée d'une simple ganse, celle des autres ecclésiastiques est parfois ornée d'une houppe, noire ou de couleur, selon la dignité de celui qui la porte. La barrette à trois cornes se porte de manière qu'il n'y ait pas de corne sur le côté gauche de la tête. On ne peut donc la mettre ou l'enlever de la main gauche.

Elle est, la plupart du temps, de la même couleur que l'habit de chœur, c'est-à-dire de laine noire pour les prêtres, de soie violette pour les évêques et certains chanoines, de soie moirée violette pour les nonces apostoliques et de soie moirée rouge pour les cardinaux. Certains prélats de la famille pontificale portent, alors que le reste de leur costume est violet, une barrette de soie noire ornée d'une houppe de couleur cramoisie. Les membres de quelques ordres religieux portent une barrette blanche.

Avant 1962 la barrette était portée pour célébrer la messe et l'office divin par les prêtres du clergé séculier et les ministres sacrés ainsi que par tous les clercs y assistant au chœur. L'édition du Missel romain promulguée par le pape Jean XXIII en 1962 n'abolit pas l'obligation du prêtre célébrant la messe d'accéder à l'autel capite cooperto (la tête couverte) : en effet, si la phrase du Ritus servandus in celebratione Missae, II, 1, où antérieurement on lisait : « capite cooperto accedit ad AltareÉdition typique 1920 à comparer avec l'édition typique 1962» a disparu, il n'en demeure pas moins que le rite suppose que le prêtre soit couvert de la barrette en arrivant à l'autel, comme l'indique la rubrique II, 2, « cum pervenerit ad altare, stans ante illius infimum gradum, caput detegit, biretum ministro porrigit ». Dans le Missel romain, après le concile Vatican II, par contre, il n'y a ni mention d'un couvre-chef du prêtre célébrant, ni aucune interdiction en la matière. Toutefois, l'instruction de la Secrétairerie d'État Ut sive sollicite du ne permet plus l'usage de la barrette que comme partie de l'habit de chœur et pas comme coiffe normale en dehors de l'église, limitation indiquée aussi dans le Cérémonial des Évêques de 1984Caeremoniale Episcoporum, , 1199, 1205, 1207, 1208.

La barrette doctorale, portée en dehors du chœur par les docteurs des universités pontificales, est à quatre cornes et est de couleur qui varie selon la matière et les régionsCodex Iuris Canonici, 1917, can. 1378, and Commentarium Textus Codicis Iuris Canonici, 1923, comm. 262, : "biretum doctorale, (idest: cum quatuor apicibus) utpote insigne huius gradus ac diverso colore ornatum pro Facultate". Accessed 2011-3-25, ou est ornée d'une houppe de couleur qui varie selon la matière et les régions: cramoisie pour la théologie dogmatique, blanche pour la théologie morale et verte pour le droit canonique.

Bourdon

Le bourdon est un long bâton du pèlerin, il était surmonté d'un ornement en forme de pomme.

Bure

Le mot désigne une étoffe de laine dont on se sert pour la confection des vêtements de certains ordres religieux. le vêtement lui-même, en tant que symbole de l'état religieux, est aussi appelé bure. « Revêtir la bure », c'est choisir l'état ecclésiastique ou monastique.

C Cagoule Ce manteau sans manches, dont le capuchon comporte des trous pour les yeux et la bouche, était porté par certains moines et par des pénitents.

Calotte

Autrefois appelée submitrale, car elle se porte sous la mitre, c'est une petite coiffe ronde recouvrant la tonsure des clercs.