La famille de Gondi est une famille de notables et de nobles, d'origine italienne venue de Florence. Elle a donné à la république de Florence des grands prieurs et des membres du Grand Conseil de la république de Florence, des ambassadeurs à Rome et en Espagne, et des banquiers. Les Gondi eurent de nombreuses alliances et descendances dans les familles italiennes influentes de la Renaissance, notamment les Médicis et les Salviati.
Deux branches importantes de la famille sont devenues françaises, et leurs membres sont entrés dans la noblesse française, donnant à la France les barons de Codun, les ducs de Retz, les marquis de Belle-Île-en-Mer, les comtes de Joigny, ainsi que des évêques et archevêques de Paris, des cardinaux et des maréchaux de France. Les plus célèbres membres de la famille de Gondi sont en fait issus de l'une de ces deux branches françaises : la branche de Retz.
La famille de Gondi est aujourd'hui éteinte depuis près de trois siècles : sa dernière représentante, Marie-Catherine Antoinette de Gondi, religieuse, est décédée en 1716.
Origines et ascension sociale Les origines de la famille de Gondi remontent aux s à Florence. Les Gondi sont alors des banquiers et des partenaires financiers des Médicis.
En réalité, c'est avec Orlando Bellicozzo, membre du Grand Conseil de Florence en 1197, que la famille fait son apparition dans l'Histoire. C'est du prénom de son arrière-petit-fils, Gondo di Ricovéro Bellicozzo, siégeant également au Grand Conseil de Florence en 1251, que le patronyme de la famille émerge. Gondo Bellicozzo est signataire d'un traité entre Florence et Gênes en 1251. C'est à partir son fils, Gozzo di Gondo Bellicozzo, dit Gozzo Gondi, que la famille se fait appeler Gondi.
Notables italiens Au , plusieurs membres de la famille siègent encore au Grand Conseil de Florence. En 1351, Simóne di Gieri Gondi (vers 1330–) prête à la république de Florence d'or. En 1358, il est exclu du Grand Conseil à cause de ses sympathies avec les Gibelins. Il reçoit des terres en Toscane, où une église et une chapelle portent ses armoiries. À sa mort, il est l'un des plus riches citoyens de Florence.
L'un de ses petits-fils, Simóne di Salvèstro Gondi (1403-1453), devient grand prieur de la république de Florence, le premier de la famille. Sa fille Èlena Maddaléna Gondi (–) épouse en 1455 Giovanni Salviati (1419-1472), et deviendra, par son fils Jacopo Salviati (-) et sa petite-fille Maria Salviati (-), l'arrière-grand-mère de Côme de Médicis (-), grand-duc de Toscane, d'où descendront toutes les têtes couronnées catholiques de l'Europe pré-napoléonienne, via la petite-fille de Côme de Médicis, Marie de Médicis.
Un arrière-petit-fils de Simóne di Gieri Gondi, Giuliano di Leonardo Gondi (–), est grand prieur de Florence, et ambassadeur au comté d'Urbia. Il a commandé à Giuliano da Sangallo le Palazzo Gondi qui se dresse Piazza San Firenze, et la chapelle Gondi de la basilique Santa Maria Novella.
Le frère de Giuliano, Antònio di Leonardo Gondi ( à Florence-avant 1486), est marchand, magistrat de Florence. Le plus jeune de ses fils, Antònio Guidobaldo Gondi ( à Florence–1569 à Paris), est envoyé en France, à Lyon, pour s'occuper des affaires commerciales de la famille. Il s'y mariera avec Marie-Catherine Pierrevive, sera propriétaire et banquier à Lyon. La descendance de Guidobaldo Gondi deviendra alors française.
Branche française de Retz Ce même Antònio Guidobaldo Gondi, dit aussi Antònio Guidobaldi, nom francisé en « Antoine Gondi », épouse Marie-Catherine de Pierrevive, dame du Perron, de Brie et d'Armentières. Antoine Gondi devient banquier, propriétaire, prend part à la vie politique, se met au service à la fois de l'Église et du roi en tant qu'agent financier. Après 1533, lorsque Catherine de Médicis se rend à Lyon peu après son récent mariage avec Henri de Valois, elle prend Marie-Catherine de Pierrevive à son service en tant que dame d'honneur et fera d'elle plus tard la gouvernante de ses enfants. Antoine de Gondi devient maître d'hôtel pour le dauphin de France Henri de Valois, futur Henri . Lorsqu'il meurt en 1569 à Paris, c'est aussi en noble français : seigneur du Perron, pour lequel il n'a pourtant jamais obtenu la seigneurie, et de Toissey. Ses 10 enfants restent tous en France. L'un de ses fils, Albert de Gondi, deviendra duc de Retz, titre ou surnom que vont prendre ses frères et plusieurs membres de sa famille.
La branche de Retz a donné à l'Église de Paris quatre évêques (Pierre, Henri, Jean-François et Paul), et à la France quatre ducs de Retz (Albert, Henri, Pierre et Paule-Françoise), ainsi que des comtes de Joigny, des marquis de Belle-Île, des maréchaux de France et des pairs de France.
Albert de Gondi ( à Florence – à Paris), fils de Guidobaldo Gondi, épouse en 1565 la salonnière Claude Catherine de Clermont, baronne douairière de Retz, devenant ainsi le chef de la nouvelle branche française : celle des ducs de Retz. Pour lui, le Pays de Retz, que son épouse avait hérité en douaire de son précédent mari le baron de Retz Jean III d'Annebault, est érigé en duché-pairie en 1581. Les Gondi de Retz redonneront son prestige au duché de Retz, terni depuis un siècle et demi par les horreurs de l'un de ses précédents barons, Gilles de Retz. Albert de Gondi est aussi le premier marquis de Belle-Île. Il est également seigneur de Noisy-le-Roi et du Perron, marquis des Îles d'Hyères, seigneur de Machecoul, de Villepreux et de Versailles, gouverneur de Nantes, de Metz et de Provence, Général des galères de France, pair de France et maréchal de France : il est d'ailleurs connu sous l'appellation de « maréchal de Retz ».
Pierre de Gondi (1533 à Lyon – à Paris), fils de Guidobaldo Gondi et frère cadet d'Albert de Gondi, est évêque-duc de Langres, évêque de Paris et cardinal de Retz. Il est aussi pair de France, ambassadeur à Rome et commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.
Charles de Gondi (1569- au Mont-Saint-Michel), fils aîné d'Albert de Gondi, est marquis de Belle-Île, gentilhomme de la Chambre, Général des galères de France et gouverneur de Fougères. Il est tué à 27 ans au Mont-Saint-Michel lors des Guerres de religion.
Henri de Gondi (1572 à Paris – à Béziers), fils d'Albert de Gondi et frère cadet de Charles de Gondi, est seigneur de Marly et du Lieutel à Galluis, évêque de Paris et cardinal de Retz.
Philippe-Emmanuel de Gondi (1581 à Lyon – à Joigny), fils d'Albert de Gondi et frère cadet de Charles de Gondi et d'Henri de Gondi, est comte de Joigny et de Joinville, marquis de Belle-Île et des Îles d'Or, baron de Montmirail, de Dampierre et de Villepreux, seigneur de Folleville, lieutenant général pour le roi ès Mers du Levant, maréchal de France, Chevalier des Ordres du roi et Général des galères royales de France sous Louis . Il combat les Barbaresques et les Rochelois. Il devient ensuite prêtre à l'Oratoire.
Jean-François de Gondi (1584 à Paris - à Paris), fils d'Albert de Gondi et frère benjamin de Charles de Gondi, Henri de Gondi et Philippe-Emmanuel de Gondi, est le premier archevêque de Paris. Il est également seigneur de Marly-le-Chastel, de Noisy-le-Roi, de Bailly et de Versailles, et commandeur des Ordres du Roi.
Henri de Gondi (1590 à Machecoul – à Chéméré), fils de Charles de Gondi cité plus haut, est duc de Retz, seigneur de Machecoul, duc de Beaupréau, marquis de Belle-Île et des Îles d'Hyères, comte de Chemillé, baron du Plessis-le-Chastel, de Marly-le-Chastel et de Beaumanoir, seigneur haut-justicier de Noisy-le-Roi et de Bailly, seigneur de La Grange-l'Essart et de Versailles, Chevalier des Ordres du roi et pair de France. Il marie sa fille aînée Catherine, héritière du duché de Retz, à son cousin germain Pierre de Gondi, qui suit, pour que le duché ne sorte pas de la famille de Gondi.
Pierre de Gondi (1602 à Paris – à Machecoul), fils de Philippe-Emmanuel de Gondi cité plus haut, est comte de Joigny, duc de Retz, seigneur de Machecoul, marquis de La Garnache, baron de Mortagne et de La Hardouinaye, marquis de Belle-Île, pair de France et Général des galères de France.
Jean-François Paul de Gondi ( à Montmirail – à Paris), fils de Philippe-Emmanuel de Gondi et frère cadet de Pierre de Gondi, et plus connu sous le nom de « Cardinal de Retz », est seigneur de Commercy, abbé de Buzay et de Quimperlé, chanoine de Notre-Dame de Paris, coadjuteur de Paris, archevêque de Corinthe, archevêque de Paris, cardinal de Retz, évêque de Langres, abbé de Saint-Denis, et abbé commendataire des abbayes Saint-Aubin d'Angers, La Chaume et Buzay. Le plus célèbre membre de la famille de Gondi s'attire les foudres de sa propre famille et de Louis par ses frasques, ses conspirations, son insoumission et sa fuite.
Paule-Marguerite Françoise de Gondi ( à Machecoul – à Paris), fille héritière de Pierre de Gondi, est la dernière duchesse de Retz de la famille. Elle est aussi dame de Machecoul, marquise de La Garnache, comtesse de Joigny, baronne de Mortagne et, par son mariage avec François Emmanuel de Blanchefort-Créquy (1655-1681), duchesse de Lesdiguières et comtesse de Sault. Avec elle, la branche de Retz s'éteint (son fils unique Jean-François Paul de Blanchefort-Créquy étant mort avant elle en 1703 à l'âge de 25 ans), et le duché de Retz passe aux mains de la maison de Neufville-Villeroy, apparentée aux Gondi par la fille cadette du duc Henri de Gondi, Marguerite-Françoise. Elle fit réaliser une monumentale Histoire généalogique de la Maison de Gondi, publiée à Paris en 1705, en deux volumes in quarto.
Branche française de Codun Une autre branche des Gondi s'installe en France quelques années après Guidobaldo Gondi. Elle est issue de son frère, Giròlamo Gondi (21/10/1472 à Florence – 20/01/1557 à Florence). L'un de ses fils, Francésco Marìa Gondi (04/05/1503 à Florence – ????), banquier, est ambassadeur de Toscane en Espagne. C'est à Valence que naît le fils de Francésco : Giròlamo Gondi.
Ce Giròlamo Gondi (1550 à Valence – 1604) s'installe en France (où son nom est francisé en Jérôme de Gondi), où il devient banquier à Lyon, et est fait chevalier d'honneur de Marie de Médicis, premier Introducteur des ambassadeurs (ancêtre du chef du protocole de la République) et baron de Codun. Il est également ambassadeur de Rome.
Son fils, Jean-Baptiste de Gondi (-1639), est baron de Codun, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, maître d'hôtel de la reine-mère Catherine de Médicis.
Le fils de Jean-Baptiste, Jérôme de Gondi (-), est baron de Codun et capitaine de Chevau-légers. Son fils Pierre-Ferdinand de Gondi (-), est comte de Vic.
Généalogie
Philippi (, légendaire, aurait été anobli en 805 par Charlemagne) x ?????? │ └──> (plusieurs générations) x ?????? │ └──>Orlando Bellicozzo, membre du Grand Conseil de Florence x ?????? │ └──> Forte di Orlando Bellicozzo x ?????? │ └──> Ricovéro di Forte Bellicozzo x ?????? │ └──> Gondo di Ricovéro Bellicozzo, membre du Grand Conseil de Florence x ?????? │ └──> Gozzo di Gondo Bellicozzo, dit « Gozzo Gondi » (avant 1317 – après 1350) x ?????? │ └──> Gieri Gondi (???? – avant 1351) x ?????? │ ├──> Simóne Gondi (vers 1330 –20/06/1403), grand prieur de la république de Florence │ x (1360) Silvèstra Sasseti (????-1374) │ │ │ ├──> Leonardo Gondi (???? – après 1400) │ │ x (1380) Francésca Belfredelli │ │ │ │ │ ├──> Leonardo Gondi (1400-1449) │ │ │ x (1419) Francésca Biliotti (1400-????) │ │ │ │ │ │ │ ├──> Giuliano Gondi (04/06/1421 – ), ambassadeur au comté d'Urbia, haut prieur de Florence │ │ │ │ x (1445) Maddaléna Strozzi │ │ │ │ │ │ │ │ │ ├──> Gianbattista Gondi (1462-1506) │ │ │ │ │ x (1487) Costanza Altoviti │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ └──> Simóne Gondi (1492-1566) │ │ │ │ │ x (1525) Marietta Ridolfi (????-1574) │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ └──> Costanza Gondi (????-1582) │ │ │ │ │ x (1547) Tommaso Soderini (1513-1572) │ │ │ │ │ │ │ │ │ x Isabella Corsi │ │ │ │ x Antonietta Scolari │ │ │ │