Laure Surville, née Laure Balzac le à Tours et morte à Paris 9 le Archives de Paris, acte de décès n°89 dressé le 05/01/1871, vue 12 / 33, est une femme de lettres française.
Sœur préférée de l'écrivain Honoré de Balzac, elle a publié une biographie de ce dernier après sa mort, Balzac, sa vie et ses œuvres d’après sa correspondance, Paris, Librairie Nouvelle Jaccottet, Bourdilliat & Cie, 1858, réimprimée en 2005 aux éditions de L’Harmattan, . Elle a aussi écrit des textes qui ont servi de base à certains romans de Balzac « écrits à quatre mains ». C'est le cas du Voyage en coucou, que Balzac transforme en : Un début dans la vie, paru en feuilleton dans la revue La Législature sous le titre Le Danger des mystifications en 1842, puis en 1845 dans la deuxième édition Charles Furne de La Comédie humaine, classé dans les Scènes de la vie privée.
Biographie
Fille de Bernard-François Balzac et d'Anne-Charlotte-Laure Sallambier, Laure Balzac a commencé sa carrière d’auteur en écrivant sous le pseudonyme de « Lelio », pour des magazines littéraires pour enfants. Elle a ensuite publié sous le nom de « Laure Surville », où elle a exprimé le sentiment équivoque qu’elle ressentait envers le statut des femmes écrivains mariées. Dans la galerie des portraits de femmes de La Comédie humaine, elle représente la droiture et la sagesse. On reconnaît des parcelles de sa personnalité dispersées dans Eugénie Grandet, mais aussi Marguerite, la fille aînée de Balthazar Claës dans La Recherche de l'absolu.
Balzac rend un hommage appuyé à sa sœur pour sa nouvelle Le Voyage en coucouUn coucou, selon le Dictionnaire de l'Académie (1835), est une voiture publique à « quatre à six places, parfois plus, qui parcourt les environs de Paris »., dont il s'inspira pour son roman Un début dans la vie. Laure Surville publiera plus tard sa nouvelle initiale sous la signature de Laure en 1854. L'écrivain dédie ainsi Un début dans la vie (1842) à sa sœur :
Critique et admiratrice de l’œuvre de son frère dont elle fut la confidente intime, elle a édité, après sa mort, plusieurs ouvrages où elle a dissipé les idées fausses qui se répandaient sur l'« originalité » de celui-ci.
Elle est enterrée au cimetière Carnot de Suresnes.
Vie conjugale
Le Archives de Paris en ligne, mariage de Laure Balzac avec Eugène-Auguste-Georges-Louis Midy de la Greneraye, Paris ancien , Laure Balzac épouse Eugène-Auguste-Georges-Louis Midy de La Greneraye, un polytechnicien, ingénieur des ponts et chaussées. Né le , fils de Catherine Allain dite Surville, actrice, et fils naturel d’Auguste Louis Eugène Midy de La Greneraye (mort le ). Il est reconnu des œuvres de son frère décédé par Louis Emmanuel Midy d'Andé, qui constitua une rente en faveur de la mère et du fils naturel. Un jugement du 14 ventôse an II () lui avait reconnu le droit de succéder à son père décédéArchives de Villeparisis : http://villeparisis-histoire.over-blog.com/article-histoire-de-villeparisis-eugene-midy-de-la-greneraye-dit-surville-75195398.html. Il est connu pour avoir réalisé le premier pont suspendu de Suresnes (1842).Philippe Barthelet, Les écrivains et les Hauts-de-Seine, Cyrnéa éditions, 1994, p. 69.Francis Prévost, Histoires de Suresnes, Suresnes Information, 1989, p. 157., habitant d'ailleurs la ville.. Honoré de Balzac s'est inspiré de son beau-frère pour introduire dans Le Curé de village le personnage d'un ingénieur des ponts-et-chaussées (Grégoire GérardAnatole Cerfberr et Jules Christophe, Répertoire de la Comédie humaine de H. de Balzac, Calmann-Lévy, s. d. (p. 185-254).) découragé par le service de l’ÉtatGeorges Ribeill, La révolution ferroviaire, Paris, Belin, 1993, p. 433.. En « témoignage de l'affection de son beau-frère » Honoré de Balzac lui dédicace son roman La Vieille Fille.
De son mariage naissent trois filles. La première, Sophie Surville, née en 1823, deviendra la femme de Jacques MalletAndré Maurois, 174 et 648. La troisième, Valentine (1830-1882), épouse l'avocat Louis DuhamelAndré Maurois, 174, et 578-580..
Adaptation à l'écran Le personnage de Laure est interprété par Danièle Ajoret dans le téléfilm : Un grand amour de Balzac ; réalisé par Jacqueline Audry et Wojciech Solarz, sorti en 1973, adapté de la biographie d'Honoré de Balzac.
Hommage Une rue de Paris porte son nom : la rue Laure-Surville
Notes et références
Bibliographie Œuvres Les Femmes de Honoré de Balzac, Paris, Janet, 1851 Le Compagnon du foyer, Paris, Giraud, 1854 La Fée des nuages, ou La reine Mab, Paris, Giraud, 1854 Balzac, sa vie et ses œuvres d’après sa correspondance, Paris, Jaccottet, Bourdillat, 1858 À titre posthume Les Rêves de Marianne, Paris, Calmann-Lévy, 1878 Lettres à une amie de province, 1831-1837, Paris, Plon, 1932
Sources Pierre Barbéris, Le Monde de Balzac, Arthaud, 1973. Jean-Louis Dega, La vie prodigieuse de Bernard-François Balssa, père d'Honoré de Balzac. Aux sources historiques de la Comédie humaine, Rodez, Subervie, 1998. Juanita Helm-Floyd, Les Femmes dans la vie de Balzac, Paris, Plon, 1926. Édith Marois, « Les relations entre Laure Surville et son frère Honoré... de Balzac», Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Touraine, tome 24, 2011, p. 67-83. André Maurois, Prométhée ou la vie de Balzac, Hachette livre, Paris, 1965. Christine Planté, La Petite Sœur de Balzac, Paris, Seuil, 1989.
Liens externes
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