La bataille de Vélez-Málaga ou bataille de Málaga est une bataille navale qui a lieu le au sud de Malaga. Ce fut la plus grande bataille navale de la guerre de Succession d'Espagne..
Contexte La bataille navale de Vélez-Malaga intervient pendant la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714). Dans ce conflit, la France soutient le roi d'Espagne Philippe V, petit-fils du roi de France Louis XIV, contre les autres puissances européennes (archiduché d'Autriche, royaume d'Angleterre, Provinces-Unies).
La prise de Gibraltar par l'amiral anglais Rooke le pose un grave problème au roi de France. Désormais, les escadres de Toulon sont coupées de l'Atlantique. Aussi, Louis XIV décide-t-il de reprendre Gibraltar aux Anglais.
Pour ce faire, il confie le commandement de la flotte à Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse et amiral de France, ce qui, au demeurant, constitue un acte unique dans l'histoire de la marine de la fin du et du . L'entreprise française n'aboutit pas au résultat escompté (Gibraltar reste aux Anglais) mais la flotte britannique subit de lourdes pertes en hommes, ce qui entraîne la démission de l'amiral Rooke. Les vaisseaux de l'amiral Byng, le « héros de Gibraltar », n'ont pas participé à l'affrontement faute de munitions. Prudemment, la flotte française se replie sur Toulon sans avoir perdu un seul bâtiment.
Gibraltar appartient encore aujourd'hui aux Britanniques ce qui occasionne de temps à autre des tensions diplomatiques entre l'Espagne et le Royaume-Uni.
Forces en présence On trouve, d'un côté, une flotte franco-espagnole (mais la participation espagnole se limite à la présence de galères qui ne prendront pas part au combat), et, de l'autre, une flotte anglo-hollandaise.
Flotte française
La mobilisation de l'escadre du Ponant, basée à Brest dans l'océan Atlantique et de l'escadre du Levant, basée à Toulon en Méditerranée, permettent à la France de réunir un total de 93 navires. L'armée navale dispose de et de .
Flotte anglo-batave Rooke possède 65 navires dont 53 vaisseaux et 12 autres bâtiments dont quelques galiotes à bombes, sans compter les navires hollandais. La flotte anglaise dispose de canons et de hommes. Mais au total, « les flottes, pour le nombre des vaisseaux, étaient à peu près égales »Mémoires du duc de Saint-Simon, éd. La Pléiade, tome II, ..
Sous les ordres de George Rooke. thumb|200px|Admiral Sir George Rooke, par M Dahl, aux environs de 1705.
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Flotte française
Avant-garde : Escadre Blanche et bleue L'Éclatant, 66, Capitaine de Bellefontaine L'Éole, 62, Marquis Demons L'Oriflamme, 62, Marquis de Châteaurenault Le Saint-Philippe, 92, chef d'escadre Marquis d'Infreville L'Heureux, 72, Capitaine Colbert Saint-Mars Le Rubis, 56, Capitaine de Benneville L'Arrogant, 56, Marquis de l'Estenduère Le Marquis, 56, Capitaine Patoulet Le Constant, 68, Marquis d'Augé Le Fier, 90, vice-amiral Villette-MursayCorps de bataille : Escadre blanche L'Intrépide, 84, Capitaine Ducasse L'Excellent, 60, Capitaine de La Roche-Allard Le Sage, 58, Capitaine Monbault L'Écueil, 68, Capitaine d'Arigny Le Magnifique, 90, Chef d'escadre de Belle-Isle Erard Le Monarque, 84, Capitaine Chabert Le Furieux, 58, Marquis de Blénac Le Vermandois, 60, Comte de Béthune Le Parfait, 74, Capitaine de Châteaumorand Le Tonnant, 90, Lieutenant général de Coëtlogon L'Orgueilleux, 72, Capitaine Félix de Beaussier Le Mercure, 50, Chevalier de Lannéon Le Sérieux, 60, Capitaine Champmeslin Le Fleuron, 54, Chevalier de Grancey Le Vainqueur, 86, Chevalier d'Armagnac, bailli de Lorraine, chef d'escadre Le Foudroyant, 104, Comte de Toulouse, amiral Le Terrible, 102, Monsieur de Relingues L'Entreprenant, 58, Comte de Hautefort Le Fortuné, 54, Capitaine de Bagneux Le Henri, 66, Capitaine de Serquigny Le Magnanime, 74, Chef d'escadre de Pointis Le Lys, 88, Comte de Villars Le Sceptre, 84, Chevalier d'Ailly Le Fendant, 58, Capitaine de la LuzerneArrière-garde : Escadre bleue Le Zélande, 60, Capitaine de Serville Le Saint-Louis, 60, Chevalier de Beaujeu L'Admirable, 92, Chef d'escadre comte de Sepville La Couronne, 76, Capitaine de Champigny Le Cheval-Marin, 44, Capitaine de Pontac Le Diamant, 58, Capitaine Darogne Le Gaillard, 54, Chevalier d'Osmond L'Invincible, 68, Marquis de Rouvroy Le Soleil Royal, 102, Lieutenant général Marquis de Langeron Le Trident, 56, Chevalier de Modène Le Content, 60, Chevalier de Phélypeaux Le Maure, 54, Capitaine Sainte-Claire Le Toulon, 62, Capitaine Duquesne-Mosnier Le Triomphant, 92, Chef d'escadre de la Harteloire Le Saint-Esprit, 74, Capitaine Duquesne-Guitton L'Ardent, 64, Capitaine d'Aligre
En dehors de la ligne de bataille, on trouve aussi : 24 galères (dont 5 espagnoles)La présence de galères aurait pu être un plus, par exemple pour remorquer les vaisseaux avariés, mais l'état de la mer, grosse, les contraindra à un rôle de spectateurs., 7 frégates (L'Étoile, L'Hercule, La Galatée, L'Andromède, L'Oiseau, La Méduse, La Sybille)La liste des frégates et des brûlots est celle donnée par ., 7 brûlots (L'Enflammé, Le Dangereux, La Turquoise, Le Croissant, Le Bienvenu, L'Aigle-Volant, Le Lion), 2 flûtes (navires de transport).
|valign="top" style="font-size: 90%" |Flotte anglaiseAvant-garde : Escadre bleue , 96, vice-amiral Leake HMS Newark, 80, HMS Boyne, 80 HMS Norfolk, 80 HMS Yarmouth, 70 HMS Berwick, 70 HMS Namur, 96 HMS Barfleur, 96, Cloudesley Shovell HMS Warspite, 70 HMS Oxford, 70 HMS Swiftsure, 70 HMS Lenox, 70 HMS Assurance, 66 HMS Nottingham, 60 HMS Tilbury, 50
Corps de bataille : Escadre blanche HMS Royal Catherine, 90, Amiral Rooke HMS Saint George, 96, HMS Shrewsbury, 80, HMS Grafton, 70 HMS Nassau, 70 HMS Eagle, 70 HMS Monmouth, 70 HMS Montagu, 60 HMS Panther, 50 HMS Kent, 70 HMS Cambridge, 80 HMS Royal Oak, 76 HMS Bedford, 70 HMS Suffolk, 70 HMS Burford, 70 HMS Monk, 60 HMS Swallow, 50 HMS Ranelagh, 80 HMS Somerset, 80 HMS Dorsetshire, 80 HMS Torbay, 80 HMS Essex, 70 Le Ferme, 70Il s'agit d'un vaisseau français capturé , 60 Le Triton, 50 HMS Centurion, 50
Arrière-garde, anglo-hollandaise'' : Escadre rouge ?, ?, vice amiral Gerard Callenburgh Gelderland, 72, Dordrecht, 72 Albermarle, 64, il explosera le 27 ?, ? ?, ? ?, ? ?, ? ?, ? ?, ? ?, ?
En dehors de la ligne de bataille, on trouve 6 frégates, 2 galiotes à bombe (HMS Star et HMS Terror), 7 brûlots.
Combat Préliminaires, 22 et 23 août. Après la capture de Gibraltar, la flotte anglo-hollandaise est partie sur les côtes de Barbarie, pour s'y approvisionner. Le , HMS Centurion, un de ses navires éclaireurs, signale la présence des Français. Il revient vers Gibraltar pour rembarquer une partie des artilleurs et des fusiliers-marins qu'il avait débarqués pour prendre puis défendre la forteresse. Il repart alors vers l'est, louvoyant contre le vent.
La flotte française a appareillé de Toulon le 22 juillet. Le 12 août, elle est à Barcelone quand elle reçoit la nouvelle de la capture anglaise et l'ordre de reprendre Gibraltar. La flotte fait voile vers le sud. Le 21 août, elle est à Vélez-Málaga pour y faire de l'eau. Le 22, vers , le comte de Toulouse est avisé de l'approche de la flotte ennemie, venant de l'est. Il n'y a pas de vent et les galères ne peuvent tirer les vaisseaux.
Le lendemain, 23 août, une légère brise d'est permet aux Français d'appareiller. Au soir les deux flottes sont toujours éloignées.
Le dimanche 24 août au matin, les adversaires sont à environ 9 milles de distance. Ils font route au sud, sous une légère brise d'est et sont formés en ligne de file qui s'étire sur près de . Les Anglais sont au vent des FrançaisLa position par rapport au vent est importante. Cela conditionne les mouvements possibles des voiliers. Ainsi, être « au vent » de l'adversaire permet de choisir le moment où l'on se rapprochera pour engager le combat. L'adversaire, lui, aura des difficultés pour essayer de remonter au vent. Les Britanniques ont tendance à favoriser la recherche de cette position. Elle a cependant des inconvénients. Par exemple, un navire désemparé aura tendance à dériver vers l'ennemi ; le vent va incliner le navire et cette inclination peut empêcher de se servir des canons de la batterie basse, ceux de plus fort calibre ; la fumée des tirs va vers l'adversaire et va gêner le pointage. En revanche, les Français ont tendance à favoriser la position « sous le vent », considérant que les avantages (symétriques des inconvénients anglais) sont supérieurs. Le sens du vent a donc une importance qui explique certaines phases de la bataille..
Disposition des forces et plans prévus 250px|thumb|Le Comte de Toulouse Les Français. Le commandement. La flotte française est sous le commandement du comte de Toulouse. Âgé de , celui-ci s'est vu adjoindre le maréchal Victor Marie d'Estrées pour compenser son inexpérience.
Les autres officiers généraux comptent parmi les meilleurs de la marine. Villette-Mursay dirige l'avant-garde ; De Langeron, l'arrière-garde. Ordre de bataille. Plans. Les Britanniques. Le commandement. Ordre de bataille. Plans.
Déroulement du combat Le combat s'engage le 24 août 1704 à du matin. Les Anglais, placés au vent des FrançaisCeux-ci sont donc placés entre les Britanniques et Gibraltar., se laissent porter vers eux pour engager le combat.
L'avant-garde française de Villette-Mursay essaie de doubler l'avant-garde britannique de Schovell, pour la prendre entre deux feux. Celle-ci augmente sa vitesse pour contrer la manœuvre. Ce faisant, se creuse un espace entre le corps de bataille et l'avant-garde britannique.
Le comte de Toulouse tente de profiter du passage pour rompre la ligne anglaise mais la manœuvre échoue. La plupart des historiens oublient de mentionner cette volonté de vouloir rompre la ligne et les théories du Père Hoste La canonnade devient générale tout au long de la ligne de bataille. Le vaisseau amiral français, Le Foudroyant, parvient à démâter le navire amiral anglais, Royal Catherine. Le Sérieux, de Champmeslin, tente par 3 fois de prendre à l'abordage le Kent, sans succès. Le hollandais Albermarle, deux-ponts de 64 canons, ne craint pas de se mesurer au Soleil Royal, trois-ponts de 102 canons.
« On n'avait pas vu de longtemps à la mer de combat plus furieux ni plus opiniâtre »Cité par Michel Vergé-Franceschi dans .. Rooke écrit : « C'est une des plus dures batailles que j'ai jamais vues. »
Vers , le combat s'éteint à l'avant-garde. Le Fier'', de Villette-Mursay, a reçu une bombeDonc lancée par un mortier de l'une des 2 galiotes britanniques. Il y a peu d'exemples de combat d'escadre où des galiotes à bombes aient été engagées. De surcroît, elles sont plutôt prévues pour tirer contre des cibles terrestres, le pointage se faisant en orientant le navire et la distance de tir en faisant varier la charge de poudre. Ce coup au but est donc particulièrement heureux. qui a détruit une partie de son arrière et de sa dunette. Le vaisseau sort de la ligne. Mais son escadre interprète mal son mouvement, croyant devoir suivre un ordre de dégagement. L'avant-garde britannique en profite pour venir au secours de l'escadre rouge.
Cependant les Britanniques ne poussent pas leur avantage et le combat au centre décroit et s'éteint vers . À l'arrière-garde, le feu continue jusque vers . Les deux flottes s'éloignent pour la nuit.
Situation les 25 et 26 août Le 25, le vent est passé à l'ouest. Les deux flottes restent en vue l'une de l'autre et réparent leurs dommages. Les Britanniques ont été particulièrement malmenés car les Français ont surtout tiré « à démâter ».