La Cité internationale universitaire de Paris (CiuP) est une fondation qui, au sein de ses 40 maisons parisiennes, accueille près de , chercheurs, artistes et sportifs de haut niveau du monde entier.
Ces résidences universitaires sont presque toutes situés dans le sud du , dans le quadrilatère de 34 hectares que délimitent le boulevard périphérique et le boulevard Jourdan, entre la porte de Gentilly et la porte d'Orléans. Trois résidences sont en dehors de ce quadrilatère (« hors les murs ») : la Fondation Haraucourt est sur l'Île-de-Bréhat, en Bretagne ; la Résidence Lila, inaugurée en 2005 est avenue René-Fonck, dans le parisien ; la Résidence Quai de la Loire, inaugurée en 2007, est à la Villette, également dans le .
Une vingtaine de ces résidences sont dites « rattachées » : elles sont gérées directement par la CiuP. Les autres résidences, comme les maisons « de pays », sont dites « non rattachées » : dotées d'une personnalité juridique propre, elles sont gérées par des États étrangers, des établissements d'enseignement supérieur ou d'autres partenaires publics.
Un décret du reconnaît d'utilité publique cette fondation de droit privé français.
En 2015, le guide vert Michelin attribue à la Cité internationale universitaire de Paris une première étoile.
Historique Le projet d'une résidence pour étudiants venus du monde entier naît au début des années 1920 de « la conjugaison de préoccupations hygiénistes et pacifistes au sortir de la Grande Guerre ». Le ministre Honnorat et le recteur Appell répondent à la fois au traumatisme de la Première Guerre mondiale et à .
vignette|Entrée principale.
En construisant une résidence universitaire internationale, l’ambition est « d’offrir à des étudiants français et étrangers des conditions de logement et d’études de qualité, mais également un cadre de vie propice aux rencontres et aux échanges multiculturels quotidiens ». Le terrain choisi pour la réalisation du projet se situe au sud de la capitale, sur la ceinture de l'enceinte de Thiers édifiée en 1845. « Leur déclassement, voté en 1919, doit permettre l’extension de la ville : lotissement de l’emprise du rempart et aménagement d’une ceinture d’espaces verts autour de la ville (parcs, jardins, terrains de sport, etc.) ». Après de longues tractations, une convention est finalement signée en 1921. Celle-ci prévoit la création de la « Cité universitaire » et définit ses espaces : seuls 9 hectares seront constructibles, le reste du territoire se voyant attribuer le statut non aedificandi dans le but d'accueillir un grand parc afin de préserver les zones de verdures parisiennes chères aux hygiénistes.
La genèse de la Cité : 1925-1938 La première résidence pour étudiants ouvre ses portes en 1925 grâce à Émile Deutsch de la Meurthe, homme d’affaires lorrain à la tête des Pétroles Jupiter : la Fondation Deutsch de la Meurthe (inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1998). Industriel philanthrope, celui-ci avait exprimé son intention de construire des « hameaux-jardins » permettant d’accueillir 350 étudiants méritants mais peu fortunés dans des « logements salubres et aérés encadrés de verdure ». En faisant don de 10 millions de francs-or, Émile Deutsch de la Meurthe devient ainsi le premier mécène de la Cité.
Bien vite, d'autres maisons viennent la compléter : dès 1927, la moitié du domaine est déjà construite, financées par des mécènes, des industriels et des gouvernements étrangers. En moins de 15 ans, 19 maisons sont ainsi édifiées, dans des styles révélateurs de l’éclectisme architectural de l’entre-deux-guerres et de la politique de métissage conduite à la Cité. À la veille de la guerre, le nombre de résidents s’élève à 2 400, représentant 52 nationalités : la Fondation Biermans-Lapôtre, la Maison des étudiants canadiens, le Collège d'Espagne, la Maison du Japon, la Maison de l'Argentine, le Collège néerlandais, la Fondation suisse… au centre desquelles domine la Maison Internationale, bâtie grâce au concours de John Rockefeller Jr. Pour augmenter les capacités d’accueil de la Cité, la hauteur maximale des bâtiments passe alors de 4 à 10 étages. En parallèle, la Fondation nationale (qui gère la Cité internationale universitaire de Paris) s’attelle à l’extension du domaine initial, vers l’est, le sud et le nord, pour porter la surface totale à près de 40 hectares en 1930.
À noter que le poète Edmond Haraucourt lègue également à la Cité une résidence sur l'île de Bréhat, au large de la Bretagne, où les étudiants peuvent toujours prendre des vacances. Aucun lieu de culte ne pouvant être bâti sur le domaine des pavillons – pour des raisons de laïcité et de neutralité – l'Église catholique construit également en 1936 l'église du Sacré-Cœur de Gentilly, dans la ville de Gentilly, à proximité de la Cité (affectée depuis 1979 à la communauté catholique portugaise).
L'éclatement de la Seconde Guerre mondiale en 1939 marque un coup d'arrêt dans le développement de la Cité internationale.
L’expansion de la Cité : 1952-1969 Durant la Seconde Guerre mondiale, le site a été occupé par les armées allemandes puis américaines : les dégradations sont importantes. Au sortir de la guerre, la Cité internationale universitaire de Paris lance une vaste campagne de restauration de son domaine. Ainsi, la Cité internationale universitaire de Paris retrouve son état d’avant-guerre à la fin des années 1950. Avec Raoul Dautry, qui succède à André Honnorat à la présidence de la Fondation nationale en 1948, la Cité internationale s’engage rapidement dans une nouvelle ère de construction : 12 maisons sont construites dans les années 1950, suivies de 5 autres dans les années 1960. Ces 17 maisons portent la capacité d’accueil à 5 500 lits, soit le double de celle atteinte à la fin de première période de construction (1925-1938).
Cette période d'expansion voit se déployer le style international, à travers des constructions signées par des architectes et urbanistes célèbres : Charlotte Perriand, Le Corbusier, Lucio Costa, Claude Parent…
Néanmoins, à la fin des années 1950, la construction du boulevard périphérique vient bouleverser la physionomie du site et contrarier durablement les ambitions d’extension de la Cité. La Cité est ainsi amputée d’une frange de de large sur toute sa longueur, la privant de 2 hectares de terrains constructibles. Le domaine est aussi disloqué : les deux bâtiments de la Maison des élèves ingénieurs Arts et Métiers se trouvent séparés de part et d'autre du boulevard périphérique. De plus, beaucoup d'équipements sportifs doivent être supprimés ou réaménagés pour libérer la bordure sud de la Cité. Dès lors, la Cité internationale universitaire de Paris (nommée ainsi à partir de 1963) n’a plus la possibilité de s’étendre, et c’est avec la Maison de l’Iran, inaugurée en 1969, que s’achève le deuxième cycle de construction.
La Cité internationale universitaire de Paris est toutefois complétée par deux maisons hors les murs, dans le de Paris. La résidence Lila et la résidence Quai de la Loire, plus récente, inaugurée en 2007.
Il faudra attendre 2012 et les échanges fonciers pour entrevoir de nouvelles perspectives de développement.
L'heure du renouveau pour la Cité : 2012-2020
La Cité internationale universitaire de Paris n'ayant plus assez d'espaces disponibles pour accueillir la construction de nouveaux logements, une solution complexe, qui mettra plusieurs années à aboutir, est mise en place. Les terrains de la Cité internationale universitaire de Paris, répartis au sein d'un maillage foncier complexe, et appartenant à la fois à la Ville de Paris, à la Chancellerie des Universités de Paris et à l’État français, sont échangés entre les parties prenantes afin de dégager un espace constructible suffisant. Cette convention d'accord foncier est signée en 2012 et marque le coup d'envoi du projet de développement de la Cité internationale prévu jusqu'en 2020.
En 2013, au cœur de la cité historique, l'ambassade de l'Inde ouvre le nouveau bâtiment de la Maison de l'Inde, qui est le premier bâtiment en France en structure bois sur 7 étages. Il est réalisé par l'agence Lipsky-Rollet architectes.
Le , le maire de Paris Bertrand Delanoë et le chancelier des Universités de Paris François Weil signent avec Marcel Pochard, président de la fondation nationale Cité internationale universitaire de Paris, la convention Cité 2025, qui approuve le plan d’aménagement proposé par la fondation et la désignant comme maître d’ouvrage de l’opération.
Ce projet de développement est retenu pour être l'un des 13 projets parisiens de l’opération Plan Campus, et est donc financé par le ministère de l’Enseignement supérieur.
vignette|Les panneaux d'indication du parc sont traduits en plusieurs langues.
En , le groupement de Bruno Fortier / TN + a été désigné comme maître d’œuvre de l’opération d’aménagement de la Cité. Il est chargé de la maîtrise d’œuvre urbaine, paysagère et architecturale ainsi que de la coordination architecturale de l’opération.
Trois nouveaux pays auront la possibilité d’édifier leur maison (650 logements) sur le parc Est de la Cité internationale, et d’accroître ainsi leur rayonnement universitaire et culturel à Paris. Le premier pays à s’être officiellement engagé dans ce projet est la Corée du Sud. Le , une convention relative à la construction d’une Maison de la Corée a été signée par tous les partenaires : le Ministère de l’Éducation de la République de Corée, l’association Maison de la Corée de la Cité internationale universitaire de Paris, la Chancellerie des universités de Paris et la Cité internationale universitaire de Paris. L’ouverture de la maison est prévue fin 2017.
Quatre autres maisons (750 logements) seront construites sur le parc Ouest, à l’horizon 2017-2020, permettant de nouer des partenariats avec des universités et pays étrangers. Par ailleurs, 2 maisons (situées au 156 PVC et sur la Parcelle B) seront construites et une maison sera réhabilitée par la Ville de Paris (le Pavillon Victor Lyon). Livrées à partir de 2017, elles offriront 300 logements.
La région Île-de-France livre, quant à elle, en , une résidence de 142 logements répondant à un objectif environnemental dit « ZEN » (Zéro énergie net). La première pierre de l'édifice est posée le en présence d'Isabelle This Saint-Jean, vice-présidente du conseil régional d'Île-de-France, Marie-Christine Lemardeley, adjointe à la Maire de Paris, François Weil, recteur de l’académie et Chancelier des universités de Paris, Nicolas Michelin, architecte et Marcel Pochard, président de la Cité internationale universitaire de Paris.
En 2016, via un contrat de performance énergétique (de 8 millions d’euros) la cité va améliorer l'efficacité énergétique de son patrimoine bâti ancien, en s'équipant de panneaux solaires, en rénovant une quinzaine de chaufferies, en isolant des combles et en centralisant mieux son système de gestion de l'énergie. Elle espère ainsi économiser 4 400 mégawatt-heure sur les 17 211 mégawatt-heure qu'elle consomme par an. Les résidents seront aussi sensibilisés aux économies d’énergieLa Cité internationale universitaire de Paris signe un important contrat de performance énergétique, Environnement Magazine 20 janvier 2016. L'un des bâtiments expérimente en 2016 un chauffage solaire de l'eau de 142 chambres avec stockage inter-saisonnier dans deux cuves de plus de 15 m de hautLauga, Carine (2016) Deux cuves géantes pour chauffer un bâtiment de la Cité universitaire de Paris, BatiActu 23/06/2016.
Étudiants et chercheurs en mobilité 279x279px|thumb|Cité internationale universitaire de Paris.