La (« médaille d'honneur » ou « médaille de l'honneur ») est la plus haute distinction militaire des États-Unis. Il en existe trois versions différentes : celle de l', celle de l' (aussi décernée pour les militaires issus du Corps des Marines et les garde-côtes) et celle de l' (aussi décernée pour les militaires issus de l'US Space Force). Le ruban de la médaille est identique dans les trois versions.
La médaille récompense des membres de l'armée américaine qui se sont distingués en mettant leur vie en péril au profit de l'intérêt général, en accomplissant un acte d'héroïsme ou de bravoure exceptionnel au combat.. Cet acte doit être tel que son inaccomplissement n'aurait pu être reproché à l'intéressé.
La médaille est parfois nommée par erreur « médaille d'honneur du Congrès » parce que le président des États-Unis remet la récompense au nom du Congrès..
La médaille est remise en main propre par le président si celui qui doit la recevoir est toujours vivant. Si ce dernier est mort, elle est donnée à la famille à titre posthume. Le statut de la médaille est protégé par les lois américaines..
La médaille est l'une des deux seules décorations décernées aux membres des forces armées américaines qui se portent en cravate et la seule des deux qui leur soit réservée.
L'autre décoration est la (« Légion du mérite ») dont les récipiendaires étrangers ont le porté en cravate. Les militaires américains recevant la sont récompensés par le dont la médaille est suspendue à un ruban épinglé au torse..
Origine Le premier système officiel pour récompenser des actes d’héroïsme de soldats américains est établi le par lorsque celui-ci crée le (Badge du mérite militaire). Ce badge est censé reconnaître « toute action méritante en combat ». Il s’agit de la première récompense militaire américaine en combat et de la seconde récompense américaine militaire après la médaille ..
Bien que le badge du mérite tombe en désuétude après la guerre d'indépendance des États-Unis, le concept de récompense des soldats américains ayant fait preuve d’héroïsme au combat devient une tradition. En 1847, lors de la guerre américano-mexicaine, un (« certificat du Mérite ») est créé pour les soldats qui se sont distingués lors des combats. Ce certificat gagne ensuite le statut de médaille sous le nom de « »..
Au début de la guerre de Sécession, l’idée d’une médaille pour récompenser la valeur individuelle des soldats est proposée par à qui est alors le général en chef de l’armée américaine. n’approuve pas l’idée, mais la médaille est néanmoins utilisée dans l'. La résolution publique 82 créant cette médaille pour la est ainsi signée et transposée en loi par le président le .. La médaille peut à cette époque « être accordée aux marins, aux officiers de la marine, aux soldats au sol et aux qui se sont distingués par leur bravoure et par leurs qualités de marins en temps de guerre. ».
Le secrétaire à la Marine dirige les travaux du qui doit concevoir l'aspect de la nouvelle décoration.. Peu de temps après, une résolution au nom de l’armée est transposée en loi le . Cette résolution crée le concept de la . La version de la est rapidement rattachée à ce concept devant récompenser à l’époque « les sous-officiers et les simples soldats qui se sont distingués par leur bravoure au combat et pour leurs qualités de soldats en temps d’insurrection ».
Procédure La méthode la plus courante pour attribuer à un soldat la médaille consiste à le faire proposer par un membre hiérarchique de la chaîne de commandement. Cette proposition doit ensuite être confirmée par tous les niveaux hiérarchiques de cette chaîne. L’autre méthode (plus rare) est que la demande soit faite par un membre du Congrès (souvent à la demande d’une tierce personne). Cette demande doit ensuite être acceptée par un acte du Congrès. Dans tous les cas, la médaille est remise par le président des États-Unis au nom du Congrès.
Évolution des critères Un an après la transposition en loi de la résolution publique 82 par le , une résolution similaire passe au niveau de l’armée. Durant la guerre de Sécession, six soldats ayant saisi une locomotive de l’armée confédérée lors du raid d'Andrews sont les premiers bénéficiaires de la récompense. Vu que seuls les militaires peuvent recevoir cette récompense, le chef du raid James J. Andrews, un civil, ne sera jamais récompensé. Les confédérés l'ont par ailleurs pendu pour espionnage. En 1891, la médaille est remise pour la première fois à un officier de l'armée de terre. Il faut ensuite attendre 1915 pour qu'un officier de la reçoive également cette médaille. Beaucoup de médailles sont à l’origine offertes aux soldats ayant sauvé un drapeau pas seulement par patriotisme mais parce que le drapeau sert alors de moyen de communication important sur les champs de bataille. Les critères de récompenses se durcissent dès la fin de la Première Guerre mondiale et après la Seconde Guerre mondiale beaucoup de soldats reçoivent à la place d'autres médailles comme la ou la .
Durant la guerre de Sécession, le secrétaire à la Guerre des États-Unis promet la médaille à tous les soldats du d’infanterie du qui restent dans l’armée au-delà de la durée légale d’engagement. Beaucoup de ces soldats restent quelques jours en plus avant de quitter l’armée mais à cause de la confusion, est forcé de récompenser les 864 hommes du régiment..
En 1916, un comité élu par le pouvoir législatif et composé de cinq généraux de l’armée réétudie chaque attribution de médaille jusqu’alors. Ce comité recommande de retirer 911 médailles. Ce sont les médailles des 864 soldats du , des 29 gardes funéraires d', de six civils dont la docteure Mary Edwards Walker (la seule femme ayant reçu cet honneur), et de douze autres bénéficiaires dont l’action semble manquer de bravoure. La médaille de lui sera néanmoins rendue à titre posthume en 1977 par le président . Celle de lui sera également rendue en 1989..
Au début du , la offre beaucoup de médailles pour faits de bravoure en temps de paix. Ainsi, sept marins du navire reçoivent la médaille à la suite de l'explosion d'une chaudière le . En 1901, reçoit la médaille pour avoir sauvé de la noyade le cuisinier Ishi Tomizi du navire . Après la Première Guerre mondiale et reçoivent la médaille pour leur exploration du pôle Nord.. En 1923, reçoit la médaille pour avoir sauvé une femme des flammes dans le de Yokohama au Japon à la suite du tremblement de terre de Kanto de 1923..
vignette| Entre 1919 et 1942, la emploie deux versions distinctes de la , une pour des actes de bravoure au combat et une autre pour les actes de bravoure hors combat. La médaille gagnée au combat se nomme alors d’après le nom du joailler américain, Tiffany & Co., réalisant cette médaille. Cette médaille spécifique sort en 1919 mais reste rare et impopulaire Barrett Tillman, , Éditions , Washington, 2003, .. En réponse à cette impopularité, la recommence à offrir une seule médaille, attribuée uniquement pour des actions héroïques..
Depuis le début de la Seconde Guerre mondiale, la médaille est seulement offerte pour des faits de bravoure exceptionnels lors de combats sous le feu de l’ennemi. À cause de ce durcissement des critères, plus de 60 % des médailles à partir de ce moment sont offertes à titre posthume.. Le capitaine est une exception car celui-ci survécut lors de l’incident du USS Liberty sous le feu ami des Israéliens...
Controverse Pour son acte de bravoure, durant la Première guerre mondiale, le caporal afro-américain Freddie Stowers fut décoré, à titre posthume, de la Medal of Honor. Il est le seul Afro-Américain à avoir reçu cette haute distinction. Cependant, celle-ci ne lui fut accordée qu'en 1991.
Une étude de 1993, demandée par l’armée, conclut à une discrimination raciale et religieuse systématique dans les récompenses offertes lors de la Seconde Guerre mondiale.. Aucune médaille n’avait été attribuée à un soldat afro-américain durant cette guerre. Après révision de tous les dossiers archivés, l’étude recommande de remplacer certaines médailles () remises à des afro-américains par la médaille d’honneur. Le , le président offre la médaille à sept vétérans afro-américains de la Seconde Guerre mondiale, dont le vétéran , le seul à être alors encore en vie et décédé en 2010. En 2001, une étude similaire datant de 1998 offre 21 nouvelles médailles à des Asiatiques américains dont 20 membres d’origine japonaise du dont le sénateur . Le , qui est composé du d'infanterie, comptabilise ainsi à lui seul un total de 21 médailles d'honneur. En 2005, le président récompense le vétéran juif et survivant de l’Holocauste après que son dossier a été également réétudié par un comité de l'armée...
Aspect vignette|droite|Premières formes en version . vignette|droite|Premières formes en version .
L’apparence de la médaille évolue depuis sa création en 1862. La version actuelle de l’armée de terre représente une étoile dorée entourée d’une couronne surmontée d’un aigle sur une barre où il est inscrit « ». La médaille est attachée par un crochet à une cravate de soie bleue d’environ de large et de de long..
Il existe néanmoins trois versions différentes : celle de l’Armée de terre (), celle de la marine () et celle de l’armée de l’air (). Puisque le corps des fait administrativement partie de l’, il utilise la médaille de la . Avant la création de la version de l’ en 1965, cette armée utilisait la même médaille que celle de l’armée de terre.
En 1963, la médaille pour les garde-côtes des États-Unis est séparée de celle de la mais personne ne l’a reçue depuis sa création et aucune forme spécifique n’existe en 2007. En effet, les garde-côtes font partie intégrante de la en temps de guerre et ils reçoivent dès lors la médaille de la . Le seul membre des garde-côtes ayant reçu la médaille de la est le première classe qui est récompensé pour son action lors de la bataille navale de Guadalcanal...
Dans le cas rarissime (19 au total jusqu’au début 2012 Double Recipients - Congressional Medal of Honor Society.) où un soldat est récompensé de plus d’une médaille, les lois spécifient qu’un élément approprié doit être centré sur le ruban. Cet élément représente des feuilles de chêne dans l’ et dans l’ alors que l’élément de l’ représente des étoiles dorées..
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Un ruban bleu portant cinq étoiles blanches disposées en forme de M est utilisé pour remplacer la médaille lorsque la personne ne porte pas l’uniforme de cérémonie. Ce ruban étoilé est accroché à l'uniforme au-dessus des autres décorations et centré par rapport à elles. Ce ruban se porte aussi en supplément à la médaille tenue au niveau du cou. Une rosette bleue ornée d'étoiles est destinée à être portée avec des vêtements civils (pour d'autres décorations, c'est habituellement une broche qui est portée).
Drapeau vignette|gauche|Drapeau de la .
Le , la loi publique 107-248 est votée et modifie le Code des États-Unis (titre 36 - paragraphe 903) en autorisant le drapeau de la à être offert aux récipiendaires de la décoration..
La conception du drapeau repose sur un projet imaginé par le premier sergent des forces spéciales de l’armée de terre.. Le drapeau bleu de qui est décoré de treize étoiles blanches porte le texte « ». Le drapeau finalement retenu ne porte aucun texte et son contour est doré. Les treize étoiles sont disposées en trois chevrons pointe en haut dont deux comportent cinq étoiles et dont un en a trois. Le drapeau n’a pas de proportions particulières..
Le premier médaillé à recevoir le drapeau en même temps que la médaille est ..
Récipiendaires Début , médailles avaient été attribuées.. Dix-neuf personnes ont reçu à deux reprises la médaille dont quatorze pour deux actions différentes et cinq pour une même action récompensée une fois par la et une fois par l’armée de terre. Depuis le début de la Seconde Guerre mondiale, 853 médailles ont été remises, dont 527 à titre posthume.
vignette|Plaque commémorative à