Le LOSC Lille est un club de football français fondé en 1944 et situé à Lille.
Le club né de la fusion des deux clubs ex-professionnels de la ville, l'Olympique lillois et le Sporting Club fivois, situés dans deux quartiers lillois différents, qui avaient participé aux sept premières éditions du championnat de France professionnel avant l'arrêt de la compétition à cause de la Seconde Guerre mondiale. Après s'être brièvement appelé Stade lillois, le club prend en novembre 1944 le nom de Lille Olympique Sporting Club, abrégé en Lille OSC, en mélangeant le nom des deux clubs. L'acronyme LOSC, couramment utilisé, a fini par devenir le nom officiel du club, qui se nomme désormais simplement LOSC Lille.
Au sortir de la guerre, le nouveau club démarre directement en première division sur les places laissées par ses deux prédécesseurs. Fort du passé de l'Olympique lillois, vainqueur du championnat en 1933, le LOSC domine l'après-guerre, remportant en dix ans deux titres de champion de France et cinq Coupes de France. Se distinguent notamment les joueurs Lechantre, Baratte, Bourbotte ou Sommerlinck. Mais ne pouvant plus faire face à ses dettes malgré de nombreuses subventions, le club traverse ensuite une longue période difficile, avec plusieurs relégations en Division 2, et doit abandonner son statut professionnel en 1969.
Retrouvant la D2 la saison suivante, le club est financièrement soutenu puis repris par la mairie de Lille, en 1980 sous la forme d'une société d'économie mixte. Après avoir frôlé le dépôt de bilan en 1994, il est privatisé en 1999. Champion de deuxième division en 2000, il est promu en Ligue 1 et où il se maintient depuis. Il se qualifie régulièrement pour les Coupes d'Europe et réalise le doublé championnat-Coupe lors de la saison 2010-2011. Dix ans plus tard, les Dogues remporte le championnat puis le premier Trophée des champions du club.
Jouant d'abord en alternance dans les stades des deux clubs fusionnés, le Lille Olympique Sporting Club décide en 1949 de s'installer au stade Henri-Jooris, ancienne enceinte de l'Olympique lillois, puis, à sa démolition en 1975, au stade Grimonprez-Jooris dans Lille intra-muros. Le club joue ensuite huit ans au Stadium Lille Métropole de Villeneuve-d'Ascq puis emménage lors de la saison 2012-2013 au nouveau stade Pierre-Mauroy également situé à Villeneuve-d'Ascq.
Le club, qui a son siège social à Camphin-en-Pévèle en banlieue lilloise, est présidé depuis par Olivier Létang. Les Dogues sont entraînés depuis par Davide Ancelotti.
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Repères historiques Un des meilleurs clubs d'après-guerre (1944-1954)
+Historique des fusions
Le , l'Olympique Iris Club Lillois (OICL) naît de la fusion de la section football de l'Olympique lillois (OL), fondé en 1902, et de l’Iris Club lillois, fondé en 1898. Le nouveau club participe aux championnats de France 1941-1942 et 1942-1943. Le régime de Vichy, par le biais du directeur des sports Joseph Pascot, interdit par la suite toute section professionnelle. L'activité de l'OICL, dépossédé des meilleurs joueurs qui intègrent l'équipe fédérale Lille-Flandres pour la saison 1943-1944, continue avec le statut amateur. Comme les autres clubs anciennement professionnels, le club lillois est tout de même autorisé cette saison-là à participer à une compétition nationale : la coupe de France. Il est éliminé au stade des seizièmes de finale, battu 3-2 après prolongation par l'équipe fédérale Montpellier-Languedoc.
D'abord vigoureusement opposé à une fusion avec l'OICL, proposée dès 1943, par peur de devenir marginal dans le club qui sera créé, le Sporting Club fivois l’accepte finalement au bout de houleux pourparlers.. Mais l'Iris Club, qui souhaite conserver son statut amateur, se désengage de cette entente et reprend son indépendance sportive.
La fusion entre l'Olympique lillois et le SC Fives a lieu le . L'entité créée est nommée Stade lillois. Sous cette dénomination, le club participe à neuf matchs amicaux et à la première journée du championnat de guerre 1944-1945.. Le , le nom Lille Olympique Sporting Club (Lille Olympique en souvenir de l'Olympique lillois et Sporting Club en hommage au SC Fives) est adopté après assemblée générale. La fusion est signée par trois représentants du SC Fives, dont le président Louis Henno, et par trois représentants de l'Olympique lillois, dont le président Pierre Delfortrie. Elle est officiellement enregistrée le . upright=0.80|vignette|alt=Photo de Jean Baratte accroupi pendant la présentation des équipes.|gauche|Jean Baratte, ici en 1949, remporte plusieurs championnats et coupes de France avec le LOSC. Il a marqué à 218 reprises pour le club nordiste. Pour la première saison du nouveau club nordiste, l'effectif réunit des joueurs prometteurs passés par le SC Fives ou par l'Olympique lillois, principalement originaires de la région. Dirigé par l'ancien président du SC Fives Louis Henno, qui amène avec lui l'entraîneur anglais George Berry, le club atteint dès la saison de sa création sa première finale. Après avoir successivement écarté Saint-Quentin, le Stade français, le Stade rennais, Lyon puis Toulouse de la compétition, les Lillois se rendent à Colombes le pour affronter le Racing Club de Paris en finale de la coupe de France 1944-1945. Handicapé par son manque d'expérience, symbolisé par la jeunesse de ses attaquants Vandooren, Lechantre et Baratte, Lille est vite dominé par les locaux et le match devient à sens unique. Les Pingouins remportent logiquement leur quatrième coupe de France, sur le score de trois buts à rien.
vignette|Roger Vandooren lors d'un match contre le Racing Club de Strasbourg en 1946. La saison suivante, le LOSC, qui accède au statut professionnel, écrit la première ligne de son palmarès et entame sa domination sur le football hexagonal. En 1946, la , surnom donnée par la presse, réussit le doublé en remportant la coupe de France, en battant en finale le Red Star, et le championnat, devant Saint-Étienne et les rivaux locaux du CO Roubaix-Tourcoing. René Bihel est le meilleur buteur du championnat avec inscrits en . Ne supportant plus les ingérences du président, George Berry décide cependant de quitter le club à la fin de la saison ; il est remplacé par André Cheuva.
Avec cet ancien joueur passé par l'OL et le SCF., le LOSC termine quatrième du championnat 1946-1947 et conserve son titre en Coupe, cette fois-ci en battant par deux buts à zéro le Racing Club de Strasbourg. En 1948, le club remporte pour la troisième fois de suite la coupe de France en battant le Racing Club de Lens. En première division, l'Olympique de Marseille, qui termine fort avec une série en fin de saison de neuf matchs sans défaite., termine un point devant Lille. La saison 1948-1949 est une saison vierge pour le club, battu lors de sa cinquième finale consécutive en coupe de France par le RC Paris et dauphin du Stade de Reims en championnat. Après deux autres deuxièmes places en championnat en 1950 et 1951, et une finale de coupe Latine perdue en 1951 contre le Milan AC version Gre-No-Li., Lille doit attendre 1953 et un quatrième titre en coupe de France pour mettre fin à cette période blanche. Le LOSC bat 2-1 le FC Nancy devant près de . En 1954, le club ajoute un deuxième titre de champion de France à son palmarès, aux dépens de Bordeaux et Reims, ces derniers privant Lille de la coupe Charles Drago. Avec seulement 22 buts encaissés en 34 rencontres, le LOSC acquiert une réputation de .
Déclin sportif et financier (1954-1969) En 1954, le club traverse sa première période difficile. Le début de saison est marqué par l'« affaire Zakariás », du nom du membre du « Onze d'or hongrois » finaliste malheureux de la coupe du monde 1954. Le dénommé József Zakariás, tantôt défenseur tantôt milieu de terrain évoluant au Vörös Lobogó, s'illustre par ses qualités défensives. Alors que le Hongrois est convoité par les grands clubs de l'époque, un ancien légionnaire tchécoslovaque récemment revenu d’Indochine se présente aux dirigeants lillois en se faisant passer pour le footballeur. Pensant avoir mis la main sur une perle du football mondial, le président Henno, sans avoir déjà vu le véritable joueur et oubliant de lui demander ses papiers d'identité, l'embauche et convoque la presse. La tromperie prend fin pendant un match de préparation contre le FC Rouen le . Les spectateurs venus en nombre voient évoluer le faux Zakariás, largement moins à l'aise sur le terrain que le véritable joueur. Maladroit et blessant un joueur, il est arrêté sur la pelouse par les gendarmes et passe aux aveux. Cet épisode, qui débouche sur une peine d'emprisonnement de deux mois pour le légionnaire, a sérieusement entaché la réputation du club..
Censé avoir été remplacé par Zakariás, le départ de l'expérimenté Van der Hart affaiblit considérablement la défense nordiste. Treizième défense du championnat, Lille termine seizième de première division. C'est le pire résultat du club lillois depuis sa fondation. Le LOSC doit battre le Stade rennais en matchs de barrage pour arracher son maintien dans l'élite.. Malgré son parcours chaotique en première division, le club remporte contre toute attente une cinquième fois en dix ans la coupe de France, en battant les Girondins de Bordeaux à l'issue d'une finale rapidement scelléeFeuille de match ..
La saison 1955-1956 est celle de la première relégation. Le club subit des conflits internes, l'autorité de Louis Henno est contestée et certains joueurs refusent de disputer des rencontres. Sur le terrain, les Lillois sont trop irréguliers et trop friables en défense et terminent à la seizième place du championnat. Le club bénéficie d'une dernière chance de se maintenir grâce à un match de barrage contre l'US Valenciennes-Anzin, troisième de deuxième division. D'abord défait 1-0 au match aller, Lille arrache un match d'appui en s'imposant 2-1 au retour. Mais ce troisième match tourne à la correction et après une lourde défaite 4-0, le LOSC est relégué en Division 2 pour la première fois de sa jeune histoire..
Cette relégation s'accompagne de conséquences financières aggravantes. Le départ des meilleurs éléments du club est nécessaire pour combler des dettes qui deviennent conséquentes. Le plus gros transfert est celui de l'ailier gauche Jean Vincent en direction du Stade de Reims pour 19 millions de francs, ce qui constitue le record de l'époque. Ne parvenant pas à reconstruire une équipe de premier plan à cause de la situation financière de plus en plus mauvaise, le club commence une série de promotions et relégations. Promu en 1957 en battant le Stade rennais après un match d'appui., Lille se maintient d'abord grâce à une remarquable sixième place. Mais les Lillois connaissent pour la première fois la place de lanterne rouge et terminent au dix-huitième rang la saison qui suit ; ils sont relégués une deuxième fois.