Le bois de Vincennes est un bois situé dans le arrondissement de Paris. Avec une superficie de , dont plus de la moitié boisée, c'est le premier espace vert parisien, devant le bois de Boulogne à l'ouest de la capitale. De nombreuses infrastructures occupent le site, limitrophe de la commune de Vincennes.
Géographie Localisation Le bois de Vincennes est situé immédiatement dans le sud-est de Paris intra-muros et en forme une excroissance non urbanisée, séparée du reste du par la tranchée du boulevard périphérique.
Le bois occupe un plateau légèrement en surplomb au nord de la confluence de la Seine et de la Marne. Principalement boisé, il comporte également quelques pelouses, ainsi que quatre lacs reliés entre eux par un système de ruisseaux.
La ville de Vincennes, située sur sa limite nord, a pris le nom du bois lors de son érection en commune après la Révolution française.
Communes riveraines Hormis Paris, sept communes limitrophes sont situées sur le pourtour du bois de Vincennes. En partant de Paris, située à l'ouest du parc, et dans le sens des aiguilles d'une montre, se trouvent Saint-Mandé, Vincennes, Fontenay-sous-Bois, Nogent-sur-Marne, Joinville-le-Pont, Saint-Maurice et Charenton-le-Pont.
Dimensions Avec une superficie de , le bois de Vincennes est le plus grand espace vert parisien, légèrement plus grand que son pendant de l'ouest parisien, le bois de Boulogne (). De fait, il compte pour près de 10 % dans la superficie totale de la commune de Paris et est presque aussi grand que la totalité des arrondissements du centre de la capitale (du au ). Par comparaison, Central Park à New York ne mesure que , Richmond Park, le plus grand parc de Londres, , et Griffith Park, le plus grand parc municipal du monde à Los Angeles, . Le bois de Vincennes reste nettement plus petit que les grandes forêts de la région parisienne, d'autant que seuls sont réellement boisés.
Dans sa plus grande dimension est-ouest, le bois de Vincennes approche les . Du nord au sud, il mesure environ .
Réseau hydraulique thumb|Le lac Daumesnil en automne. thumb|La pagode de Vincennes, près du lac Daumesnil. Le bois de Vincennes comporte quatre lacs, alimentés par un réseau de ruisseaux : le lac de Gravelle, situé au sud-est, alimenté par une station de pompage des eaux de la Marne à Joinville à l'origine, actuellement par les eaux de la Seine, sert de réserve pour les autres lacs par l'intermédiaire de ruisseaux ; le lac des Minimes, au nord-est, alimenté par la rivière de Joinville, comporte trois îles, dont celle de la porte Jaune ; le lac Daumesnil, le plus grand, alimenté par le ruisseau de Gravelle, est situé à l’extrémité ouest du bois. Il comporte par ailleurs deux îles, l’île de Reuilly et l’île de Bercy, accessibles par des ponts. Près de ses berges se trouvent la pagode de Vincennes et le temple bouddhiste tibétain de Kagyu-Dzong ; le lac de Saint-Mandé, au nord-ouest, également alimenté par le ruisseau de Gravelle.
Établi sur un plateau sablonneux, le bois ne comportait à l’origine aucun réseau hydraulique, hormis le lac de Saint-Mandé, comblé au et dégagé lors des travaux d’aménagement du bois.
thumb|left|L’île de Bercy du lac Daumesnil.
Les lacs et les ruisseaux sont artificiels, creusés sous la direction de Adolphe Alphand lors de la création du bois. Leur fond est cimenté afin d’en assurer l’étanchéité (initialement, il était enduit de marne).
Le lac de Gravelle est situé sur le point le plus élevé du plateau et irrigue les trois autres lacs. Il est alimenté par la Seine à travers l’eau non potable de l'usine de pompage d'Austerlitz« D'où vient l'eau de Paris ? », paris.fr.« Histoire de l'eau », paris.fr.. À l'origine, il pompait les eaux de la Marne, en contrebas, grâce à une station de pompage entraînée par le fleuve.
Le lac de Saint-Mandé était initialement séparé du réseau et alimenté par le ru de Montreuil-sous-Bois, ruisseau descendant du plateau de Montreuil. Il ne tarda pas à dégager une odeur pestilentielle, soulevant les protestations des habitants ; Alphand le relia finalement au réseau du lac de Gravelle.
Historique Chasses royales Le bois de Vincennes est un reste de la forêt qui recouvrait les environs de Paris dans l’Antiquité. Au , c’est un bois proche de la confluence de la Marne et de la Seine, impropre à la culture.
Le document le plus ancien mentionnant la forêt de Vincennes est la confirmation par Charles le Chauve d'un échange entre l'évêque de Paris et l'abbé de Saint-Maur date de 848. Tous ceux postérieurs à 980 indiquent le bois comme propriété royale sans qu'on connaisse les circonstances de son entrée dans le domaine royal.
Lorsque Hugues Capet fixe sa résidence sur l’île de la Cité, il devient son terrain de chasse. Il demeure par la suite à l'usage exclusif des rois de France.
En 1183, sous Philippe Auguste, il est enclos par une enceinte de douze kilomètres de long. Le Bois reste entouré d'un mur pendant six siècles jusqu'à sa suppression sous le Second Empire lors de son aménagement par Alphand. Le parc est ensuite agrandi par acquisitions de terres labourées et de vignes de 215 arpents (environ 100 hectares) en 1274 à l'ouest et au sud à l'emplacement des actuelles communes de Saint-Mandé et de Saint-Maurice, en 1375 à l'est jusqu'à la Marne et de 21 hectares au sud-est vers Saint-Maur. Une nouvelle clôture est construite autour de cet agrandissement.
Plusieurs manoirs royaux, comme le château de Vincennes, sont construits à proximité. Selon la légende, c'est dans ce bois que Saint Louis rend la justice sous un chêne.
Louis XIV qui fréquente le bois au début de son règne pour des parties de chasses ou des messes au couvent des Minimes décide de l'agrandir en 1659 par acquisitions de terres agricoles au sud (principalement sur le territoire de Saint-Maurice cette partie étant dénommée le « faux parc ») et à l'est et une nouvelle enceinte est construite en 1667 de Saint-Maur à la demi-lune de Saint-Mandé entourant les surfaces nouvellement acquises.
Une ménagerie et une grande ferme, « le Petit parc », sont installées à l'ouest du château de Vincennes.
Après cet agrandissement le parc comprenait 5 enceintes qui entouraient l'ancien parc avant agrandissement ; les terres acquises au sud, « faux parc » ; la garenne au nord-ouest ; le Petit Parc contigu au château à l'ouest de celui-ci ; le parc de Beauté (emplacement de l'ancien château de Beauté) au nord-est.
On y entrait par 7 portes dotées chacune d'une maison de garde : porte de Vincennes près du château à l'extrémité de la voie tracée au départ de la place du Trône ; porte de Fontenay au nord à l'emplacement de l'actuelle place Moreau David à Fontenay-sous-Bois ; porte de Nogent à l'emplacement de l'actuelle place du Général-Leclerc à Nogent-sur-Marne ; porte de Saint-Maur à l'emplacement de l'actuelle rue Jean-Mermoz à Joinville-le-Pont près du pont ; porte de Charenton, approximativement à l'angle de l'actuelle avenue de Gravelle et de la rue du Val d'Osne à Saint-Maurice ; porte de Saint-Mandé à l'emplacement de l'actuelle avenue de la Pelouse à Saint-Mandé ; porte de Bel Air, au croisement de la chaussée de l'Étang, des actuelles avenues de Liège et de Bel Air donnant accès à la Ménagerie.
Une chaussée bordée dune double rangée d'ormes aboutissant à l'Arc-de-Triomphe du Trône est créée, actuelle avenue de Paris, avenue de la Porte-de-Vincennes et cours de Vincennes.
La renaissance du bois Abandonné ensuite par Louis XIV au profit de Versailles, le bois qui était en grande partie devenu une friche est réaménagé de 1731 à 1739 d'après un projet de Robert de Cotte. La partie de l'ancienne enceinte clôturant le bois avant les agrandissements de 1659 (à la limite nord du « faux parc ») est détruite en 1731, ne laissant que celle englobant le nouveau périmètre; et un réseau de seize avenues autour de carrefours en étoile est tracé. Ces avenues existent encore pour la plupart, notamment l'allée Royale , la route Dauphine, la route de Bourbon ou la route de la Pyramide (celle-ci devenue un axe ouvert à la circulation) après la reconstitution de la partie du réseau dans les années 1980 après le départ de l'armée qui l'avait fait disparaître. Le parc est entièrement replanté, la surface boisée passant de 47 hectares à 444 hectares. Pour protéger les plantations, son accès contrôlé par des portes fermées la nuit est interdit aux intrus, charrettes, personnes à pied ou à cheval, y compris aux habitants des villages voisins et la chasse est interdite plusieurs années.
Une grande terrasse bordée d'une avenue de 80 mètres de large dominant la vallée de la Marne, surplombant de 30 mètres le village de Saint-Maurice est créée en 1740.
Ce reboisement est rappelé par un obélisque ou pyramide installé en 1734 au carrefour de la Pyramide.
Le parc est ouvert au public à partir du milieu du et devient un lieu de promenade apprécié avec ouverture de bals et de guinguettes.
Un terrain de 16 hectares au nord du parc, « le clos d'Orléans », à un emplacement situé actuellement entre la rue du Clos-d’Orléans, la rue de Joinville à Fontenay-sous-Bois, la rue de Fontenay à Joinville et la ligne du RER A, est concédé en 1780 au duc d'Orléans pour organiser des courses de chevaux. Une écurie, une sellerie et des tribunes furent édifiées dans ce terrain clos de murs où la plupart des arbres avaient été abattus.
La Révolution et l'Empire Des dépendances du bois sont vendues comme biens nationaux, les 17 hectares du Petit parc et l'enclos des Minimes en 1796, le clos d'Orléans en 1803 mais le bois fut déclaré bien inaliénable en tant que « ci-devant domaine de la Couronne » par une loi du .
Un polygone de tir est installé en 1791 sur l'allée royale, qui est la première partie de l'immense polygone militaire qui s'étend sur la partie centrale du bois, défrichée par l'armée pendant la monarchie de Juillet, le Second Empire et la IIIème République.
En 1808, Napoléon Ier décide que le château de Vincennes serait un arsenal et Vincennes devient une place militaire importante avec une garnison de 1200 hommes de la garde impériale.
Le bois est endommagé en 1789 et 1790 par les coupes des habitants des villages environnants puis lors du siège de Paris de 1814 et par les armées alliées en 1815.
La Restauration En 1816, le parc peu entretenu est sinistré.
Louis XVIII s'efforce de le reconstituer tel qu'il existait avant la Révolution. Des arbres sont replantés, des gardes forestiers sont recrutés et le parc connaît un renouveau.
Monarchie de Juillet Le polygone de tir est décalé en 1838 à l'est, car l'axe de projection sud-est aboutissait sur l'hôpital Esquirol qui venait d'être construit. Le domaine militaire est étendu et la butte aux canons devient la nouvelle mire.
Un programme de fortification de Paris est lancé en 1840, comprenant la construction du Fort neuf, des redoutes de Gravelle et de la Faisanderie.
Second Empire. Aménagement en parc public En 1855, Napoléon III étend le domaine militaire à l'est du polygone de tir de l'artillerie en rasant 110 hectares de bois, ce qui supprime les allées forestières au centre du bois. Des buttes de tir pour l'infanterie y sont créées.
Vincennes devient une ville de garnison avec 5 600 hommes en 1856, plus que la ville de Vincennes qui ne compte que à cette date. Le bois est surnommé « canonville » par les Parisiens..
Entre 1855 et 1866, le bois de Vincennes est aménagé par Adolphe Alphand et Jean-Pierre Barillet-Deschamps, afin de devenir le contrepoint du bois de Boulogne, situé à l'ouest de Paris, et à fournir
Trois chantiers financés sur la liste civile de l'Empereur sont entrepris de 1858 à 1860, en commençant par le creusement du lac des Minimes à la place de l'enclos et des bâtiments de l'ancien couvent éponyme, qui disparaît.