L’association France-URSS est une association créée en à Paris et dissoute en , qui avait pour but de promouvoir la coopération entre la France et d'Union soviétique. Elle succédait à l'association , créée en 1928.
Histoire
Les Amis de l'Union soviétique (1928-1939)
L' (AUS) est créée en à la suite de l'envoi d'une forte délégation française (180 personnes dont une majorité de ) à Moscou lors des cérémonies célébrant le anniversaire de la Révolution d'OctobreFernand Grenier, , France-URSS magazine, N° 72, novembre 1974, .. L'association, à l'instar de celles qui se créent dans plusieurs autres pays (États-Unis, Angleterre, Allemagne, Belgique, Tchécoslovaquie, Suède, etc.), entreprend en France une vaste campagne de popularisation des réalisations de l'Union soviétique Les «Amis de l'URSS» et le voyage en Union soviétique. La mise en scène d'une conversion (1933-1939) [article Rachel Mazuy, Politix. Revue des sciences sociales du politique Année 1992 18 pp. 108-128.. Elle regrouperait adhérents à la fin de l'année 1928 et diffuse une revue mensuelle, L'Appel des Soviets. Parmi ses animateurs figurent des communistes, tels Henri Barbusse, Paul Vaillant-Couturier, mais aussi des personnalités telles l'architecte Francis Jourdain, la féministe et pacifiste Gabrielle DuchêneMichel Dreyfus et Nicole Racine, « DUCHÊNE Gabrielle [DUCHÊNE Mathilde, Denise, dite », maitron.fr, 25 octobre 2008., le leader anarchiste André ColomerNotice COLOMER André, le Maitron en ligne. ou encore le dirigeant de la fédération socialiste du Nord Pierre Canonne.
Pourtant dès 1929 l'association périclite, en raison de F. Grenier. dans laquelle la conduit la ligne communiste d'alors. Elle reprend consistance après 1932 avec l'accession de Fernand Grenier à la fonction de secrétaire général à laquelle il demeure jusqu'en 1939. Henri Barbusse puis Romain Rolland en assument une présidence honorifique. En paraît une nouvelle revue mensuelle, Russie d'aujourd'hui, sous la direction de Jean Lurçat et d'André Wurmser, rédacteur en chefAndré Wurmser, Fidèlement vôtre. Soixante ans de vie politique et littéraire, Grasset, 1979, p. 146 et suiv. « Jean Lurçat et les Amis de l'Union Soviétique ».. Dès lors l'expansion des Amis de l'Union soviétique accompagne celle du Front populaire , Sophie Cœuré, La grande lueur à l'Est, cf bibliographie.. De adhérents en 1934, elle serait passée à adhérents en Chiffres fournis par F. Grenier.. À cette date Russie d'aujourd'hui tirerait à exemplaires.
Parmi les événements qui marquent son existence figurent l'organisation en et de , qui permettent de mettre en relief une participation de nombreuses personnalités du monde culturel et politique. Ainsi en sont cités parmi les participants à l'une ou à l'autre : Louis Aragon, Jean-Richard Bloch, Jean Cassou, André Chamson, Luc Durtain, Jean Guéhenno, Louis Guilloux, André Malraux, Louis Martin-Chauffier, Tristan Tzara, Charles Vildrac, André Wurmser, Georges Auric, Arthur Honegger, Paul Langevin, Frédéric Joliot-Curie, Jean Perrin, René Clair, Pierre Cot, Édouard Herriot, Henri Sellier, Jean Zyromski, etc.
La naissance de France-URSS, janvier 1945
Les Amis de l'Union soviétique et la revue Russie d'aujourd'hui partagent la ligneFernand Grenier, , France-URSS magazine, N° 73, décembre 1974, . Les précisions suivantes proviennent de cet article, ainsi que France-URSS magazine, N° 124, janvier 1980 : Marc Poulton, . et le sort des organisations communistes et assimilées en . Fernand Grenier est mobilisé. Le secrétaire national adjoint, Gaston AubertNotice AUBERT Gaston, le Maitron en ligne, arrêté par deux fois, déporté à Auschwitz en 1942, est tué en au camp de Ravensbrück. constate Fernand Grenier. Ce n'est qu'en que celui-ci, rentrant d'Alger, reprend contact avec d'anciens militants de AUS. Décision est prise . Le changement d'appellation de l'association n'est pas expliqué par les témoignages, mais il traduit la volonté d'élargir son audience au delà des traditionnels, communistes et sympathisants, à la mesure du prestige acquis par l'Union soviétique au cours de la Seconde Guerre mondiale. En , un appel est lancé aux par une centaine de personnalités constituées en . Exprimant sa , il souligne les sacrifices gigantesques de l'URSS au cours des combats, dont la victoire de Stalingrad est le symbole. Puis il précise :
Se déroulant après la négociation à Moscou le par le général de Gaulle et Joseph Staline d'un traité d'alliance et d'assistance mutuelle entre la France et l'URSS, le premier congrès de France-URSS a lieu les 13 et à la Maison de la chimie à Paris, expression de 500 comités locaux constitués et de adhérents, en présence de Bogomolov, ambassadeur d'URSS en France et du directeur de cabinet de Georges Bidault, ministre des Affaires étrangères. Une direction nationale est élue, placée sous la présidence de Paul Langevin. Le vice-président est l'ancien dirigeant des AUS, Fernand Grenier. Le secrétaire général est, lui aussi, un ancien militant des AUS, Camille PailleretNotice PAILLERET Camille, Le Maitron en ligne..
En , l'association annonce adhérents. La diffusion de sa revue mensuelle, France-URSS magazine serait de exemplaires.
Objectif Elle avait pour but de « favoriser, dans l’intérêt de la nation et de la paix, la connaissance mutuelle et la coopération amicale des deux pays ».
L'association a été parfois taxée de crypto-communisme, bien que de nombreux courants de pensée aient été représentés à la présidence nationaleThomas Gomart, Les relations franco-soviétiques de 1958 à 1964, , Éditions de la Sorbonne, 2005..
Actions L’association organisait des voyages touristiques et professionnels à destination de l’URSS et recevait touristes et délégations soviétiques. Elle promouvait également des jumelages entre villes (une soixantaine environ). Par ailleurs, l’association encourageait la promotion de l’enseignement de la langue russe en France (cours du soir) et de la culture soviétique (expositions, cinéma...).
De nombreuses publications ont été éditées par l'association, dont un mensuel, France - URSS - magazine.
Exemple : le sommaire d'un numéro de 1951 Dans le numéro 67 () de la revue France-URSS, on pouvait trouver notamment les articles et rubriques suivants : Notre point de vue : « Politique Krupp » et politique de paix (à propos de la libération par les Américains de l'industriel allemand Alfred Krupp) La Commune de Paris (à l'occasion de son ) La première usine-automate est née à Moscou (usine de pistons pour moteurs automobiles), avec un encart expliquant qu'« en URSS, le machinisme ne crée pas de chômage », grâce à la planification Témoignage de Louise Mamiac, retour d'URSS : Quelle femme, quelle maman française n'envierait ses sœurs soviétiques ? Dossier sur la Kazakhie (après la République carélo-finnoise et l'Ouzbékistan) Comment l'URSS aide les démocraties nouvelles (Roumanie, Hongrie, Chine...) Rapport sur l'intervention de Fernand Grenier à l'Assemblée nationale, opposé au ministre de l'Intérieur Henri Queuille, à propos de l'interdiction d'entrée en France de certaines revues soviétiques Rubrique théâtrale (La Tragédie optimiste, de Vichnevsky, au théâtre Verlaine à Paris) L'avancement des travaux du canal Volga-Don L'URSS expose au Salon de la machine agricole, porte de Versailles à Paris. Humour soviétique, concours d'abonnements, résultats de la tombola (les prix étaient essentiellement des objets d'artisanat en provenance d'URSS) En supplément : déclarations du maréchal Staline (à la Pravda) sur la situation internationale.
Personnalités membres Le comité d'initiative de France-URSS (1944) Les membres de ce comité d'initiative national font partie de la direction élue lors du congrès en . Présences plus théoriques qu'effectives, elles témoignent de l'audience de l'association.
En voici quelques nomsFac-similé publié dans France-URSS magazine, N° 124, janvier 1980, . Les qualités, ou leur absence, sont celles du document. : Louis Aragon, Eugène Aubel, professeur à la faculté des sciences, Georges Auric, Albert Bayet, président de la Fédération de la presse, Julien Bertheau, Marcel Cachin, sénateur, Jean Cassou, Jacques Chapelon, professeur à l'École polytechnique, Pierre Cot, député, ancien ministre, docteur Jean Dalsace, Louis Daquin, secrétaire du Comité de libération du cinéma, Jacques Debû-Bridel, directeur de Front national, Lise Delamare, Roger Désormière, Jean Effel, Paul Éluard, Benoît Frachon, secrétaire de la CGT, Félix Gouin, président de l'Assemblée consultative provisoire, René Grousset, conservateur du musée Guimet, Fernand Grenier, député, ancien ministre, Gaston Haelling, directeur honoraire du port de Strasbourg, Frédéric Joliot-Curie, membre de l'Institut, Francis Jourdain, architecte, Paul Langevin, membre de l'Institut, Jean Lurçat, André Lurçat, architecte, Albert Marquet, Pierre Massé, ingénieur des ponts-et-chaussées, René Maublanc, professeur agrégé de philosophie, François Mauriac, de l'Académie française, André Mazon, professeur au Collège de France, Claude Morgan, André Mornet, président honoraire de la Cour de cassation, Charles Munch, Paul Pelliot, professeur au Collège de France, Francis Poulenc, Pauline Ramart, professeur à la faculté des sciences, le docteur Pierre Rouquès, du ministère de la Santé, Louis Saillant, président du CNR, Armand Salacrou, Georges Tessier, professeur à la faculté des sciences, Édith Thomas, Charles Vildrac, Pierre Villon, secrétaire du Front national, Henri Wallon, professeur au Collège de France, André Wurmser, président de la Fédération de la presse de province, etc.
Les présidents L'association est dirigée par un président (nommé à partir de 1956), assisté selon les périodes, d'un ou de plusieurs vice-présidents (ou présidents délégué-adjoint) et d'un secrétaire général :
1945-1946 : Paul Langevin. Vice-président : Fernand GrenierFernand Grenier, , France-URSS magazine, N° 84, janvier-février 1976, . Secrétaire général : Camille Pailleret (1945-1954). 1947-1954 : Frédéric Joliot-CurieL'Humanité, 23-24 novembre 1947, , .. 1954-1970 : Ernest Petit<ref>Notice PETIT Ernest Le Maitron en ligne.</ref>. Secrétaire général : Raymond TreppoNotice TREPPO Raymond, Le Maitron en ligne (1954-1959), puis Jean CazalbouNotice CAZALBOU Jean, Le Maitron en ligne. (1959-1962), et Raymond Roussat (1962-1981). 1970-1973 : André Blumel« Raymond Roussat est décédé le 7 novembre dernier », L'Humanité, 22 novembre 1993.. Président-délégué adjoint : Guy Desson. 1973-1980 : Guy Desson. à partir de 1980 : Madeleine GuilbertFrance-URSS magazine, compte-rendu du de France-URSS, , , Lyon, N° 134, janvier 1981.. Secrétaire général : Raphael Vahé (1980-1992).
Membres de la présidence La présidence de l'association est formellement collective depuis 1959 ( congrès, Paris, 1-3 mars 1959). Elle est composée d'un vingtaine de membres et affiche, implicitement, une représentativité de la diversité sociale, politique et idéologique de l'association, voulue dès sa fondation en 1945Marc Poulton, , France-URSS magazine, N° 124, janvier 1980, ..
Ainsi le congrès de l'association, qui se tient à Nice en élit la direction suivanteLe Monde, , France-URSS magazine, N° 197, juillet-août 1962, compte-rendu du congrès, .: