Amélie Mauresmo, née le à Saint-Germain-en-Laye, est une joueuse de tennis française, devenue entraîneuse et dirigeante. Elle est l'actuelle directrice du tournoi de Roland-Garros.
Joueuse professionnelle de 1993 à 2009, elle a remporté vingt-cinq titres en simple sur le circuit WTA, dont trois tournois majeurs : le Masters en 2005, puis l'Open d'Australie et Wimbledon en 2006. Elle est la Française la plus titrée en simple depuis les débuts de l'ère Open en 1968. Elle a atteint vingt-trois autres finales dont celle des Jeux olympiques d'Athènes en 2004 lui permettant d'être vice-championne olympique. Elle a aussi gagné trois tournois en double et, avec l'équipe de France, elle a remporté la Fed Cup en 2003.
Elle a également atteint à deux reprises les demi-finales de l'US Open, en 2002 et 2006. Elle est l'une des rares Françaises à avoir conquis au moins un titre du Grand Chelem, à s'être imposée aux WTA Finals et à avoir atteint au minimum les quarts de finale des quatre tournois du Grand Chelem.
Membre du top 10 mondial en 1999, puis de 2001 à 2006, elle devient, lors de la saison 2004, la première joueuse française de l'ère moderne à atteindre le classement de numéro un mondiale, et la seconde dans toute l'histoire du tennis féminin, après Suzanne Lenglen en 1919. Elle occupe cette première place durant trente-neuf semaines cumulées..
Après sa carrière, elle est devenue capitaine de la sélection nationale de Fed Cup entre 2012 et . De 2014 à , elle a été l'entraîneuse du champion britannique Andy Murray avant de s'occuper du joueur français Lucas Pouille de 2018 à 2020..
Amélie Mauresmo est honorée comme membre de l'International Tennis Hall of Fame en 2015..
Le président de la FFT Gilles Moretton la choisit en pour succéder à Guy Forget à la direction des Internationaux de France à Roland-Garros..
Carrière 1993-1996 : les débuts Inspirée par la victoire de Yannick Noah à Roland-Garros en 1983, Amélie Mauresmo s'initie au tennis dès l'âge de quatre ans. Elle débute au club de tennis de Bornel, dans l'Oise, puis prend sa licence à celui de Méru où elle restera une douzaine d'années..
Talentueuse, elle atteint les demi-finales du tournoi des Petits As en 1993 avant d'intégrer le circuit junior. Trois ans plus tard, en 1996, Mauresmo s'impose au tournoi junior de Roland-Garros face à Meghann Shaughnessy en dépit d'une tendinite à l'épaule, puis enchaîne quelques semaines plus tard avec un nouveau titre majeur, à Wimbledon, accédant au rang de numéro un mondial junior..
Au terme de cette même saison, Amélie Mauresmo devient championne du monde junior..
1998-2003 : l'éclosion C'est en 1998, au tournoi de Berlin, que Mauresmo se fait remarquer sur le circuit professionnel, atteignant la finale de la compétition au terme de laquelle elle sera défaite par Conchita Martinez sur le score de 6-4, 6-4.
Pourvue d'un physique athlétique, dotée d'un jeu technique complet qui n'est pas sans rappeler celui de l'Argentine Gabriela Sabatini, dont elle se réclame., et d'un remarquable revers à une main, elle est considérée comme l'espoir du tennis féminin français.. Elle accède à une notoriété mondiale en 1999 en atteignant, à , la finale de l'Open d'Australie, évinçant la numéro un mondiale Lindsay Davenport au tour précédent, pour s'incliner face à la Suissesse Martina Hingis sur le score de 6-2, 6-3.. Elle révèle également à cette occasion son homosexualitéAmélie Mauresmo a accouché : pour moi, jeune lesbienne, elle est un modèle..
Au mois d'octobre, après des prestations moins convaincantes dans les tournois du Grand Chelem, la Française remporte son premier titre WTA, en salle, dominant Kim Clijsters (6-3, 6-3) en finale du tournoi de Bratislava. Elle atteindra également une finale à Paris (Open Gaz de France) face à Serena Wiliams, et achève la saison dans le top dix mondial, après une défaite au premier tour des Masters face à Davenport.
vignette|droite|Amélie Mauresmo durant un entraînement en 2005.
L'année suivante, Mauresmo fait un début de saison idéal en remportant le tournoi de Sydney, mais ne parvient pas, cette fois, à dépasser le deuxième tour de l'Open d'Australie, évincée par Patty Schnyder. À Roland-Garros, c'est Monica Seles qui prend l'avantage en huitièmes de finale sur la Française, laquelle, en raison de blessures, sera forfait pour l'US Open quelques mois plus tard. Au terme d'une année un peu décevante, marquée surtout par une finale au tournoi de Rome concédée à Seles, Mauresmo termine à la seizième place mondiale.
2001 sera la saison du rebond. La Française s'impose dans quatre tournois WTA, à Paris, Nice, Amelia Island et Berlin, et accède, pour la seconde fois consécutive, à la finale des Internationaux d'Italie, où elle est battue par Jelena Dokić sur le score de 7-6, 6-1. Plus régulière en tournoi du Grand Chelem, elle atteint les quarts de finale de l'US Open mais s'incline contre la « revenante » Jennifer Capriati, qu'elle avait pourtant battue quelques mois plus tôt en Allemagne. À nouveau dans le top dix mondial, Mauresmo participe pour la seconde fois aux Masters féminins mais cède dès le premier tour face sa compatriote Sandrine Testud. Elle achève la saison à la neuvième place du classement mondial.
Entraînée par Loïc Courteau, la Parisienne poursuit en 2002 son ascension, gagnant les tournois de Dubai et de Montréal. Après un quart de finale encourageant à l'Open d'Australie, elle confirme sa plus grande régularité dans les tournois majeurs et son adaptation aux différences de surfaces avec une demi-finale à Wimbledon, concédée à Serena Williams, et une seconde demie à l'US Open quelques semaines plus tard, où elle chutera face à Venus Williams. Quoique forfait pour le Masters, elle clôt son année avec le classement de sixième joueuse mondiale.
Malgré un forfait à l'Open d'Australie et Wimbledon en 2003, Mauresmo atteint deux quarts de finale à Roland-Garros et l'US Open, défaite successivement par Serena Williams et Kim Clijsters. Elle remporte les tournois de Varsovie et Philadelphie, et dispute la finale des tournois de Rome, Moscou et Los Angeles. Sa meilleure performance de l'année sera une finale au Masters au terme de laquelle elle s'incline une nouvelle fois face à Clijsters, sur le score de 6-2, 6-0, devenant la seconde joueuse française après Mary Pierce à atteindre ce stade de la compétition. Avec l'équipe de France, elle s'adjuge la Fed Cup face aux États-unis, remportant ses deux matchs en simple face à Lisa Raymond et Meghann Shaughnessy.
Mauresmo confirme ainsi sa présence parmi les meilleures joueuses entrant enfin dans le top cinq en se plaçant à la quatrième place.
2004-2006 : le sommet vignette|gauche|Amélie Mauresmo au service à Wimbledon en 2006. La Française commence sa saison 2004 avec la Hopman Cup, associée à Fabrice Santoro. Elle atteint dans la foulée la finale du tournoi de Sydney au terme de laquelle elle s'incline face à la Belge Justine Henin sur le score de 6-4, 6-4. Cette année-là, Mauresmo atteint les quarts de finale de l'Open d'Australie, de Roland-Garros et de l'US Open, et rejoint la demi-finale de Wimbledon, perdue face à Serena Williams.
Avec cinq titres conquis dans la saison, à Berlin, Rome, Montréal, Linz et Philadelphie, elle devient, le , la première Française à atteindre le classement de numéro un mondiale depuis l'apparition du classement informatique en 1975, et la première à occuper ce rang depuis Suzanne Lenglen au début du XXᵉ siècle. Elle est aussi la seconde, après Kim Clijsters, à obtenir ce classement sans avoir remporté de tournoi majeur.
Quelques semaines plus tôt, Mauresmo se qualifie pour la finale des Jeux olympiques d'Athènes, obtenant une médaille d'argent pour la délégation française. Elle clôt la saison par une demi-finale aux Masters, qu'elle concédera à Serena Williams sur le score serré de 4-6, 7-62, 6-4 et termine à la seconde place du classement WTA.
Victorieuse de la Fed Cup, finaliste et demi-finaliste de plusieurs tournois majeurs, Amélie Mauresmo ne parvient pourtant pas à gagner de tournoi du Grand Chelem, et certains observateurs imputeront cette lacune à une relative fragilité psychologique.. 2005 En 2005, Amélie Mauresmo poursuit sur sa lancée avec trois titres WTA remportés à Anvers, Rome (pour la seconde fois) et Philadelphie. Elle atteint également les finales de Paris, New Haven et Filderstadt, ainsi que les quarts de finale de l'Open d'Australie et de l'US Open, et une seconde demi-finale à Wimbledon, perdue face à Lindsay Davenport. Elle dispute en équipe une nouvelle finale de Fed Cup, perdue cette fois face à la Russie.
Au terme de la saison, la Parisienne remporte enfin son premier grand titre majeur, dominant sa compatriote Mary Pierce (5-7, 7-63, 6-4) lors de la finale des Masters à Los Angeles, balayant sur sa route Kim Clijsters, Elena Dementieva et Maria Sharapova. 2006 Semblant enfin avoir trouvé les clés de la victoire, elle s'adjuge, à , son premier sacre en Grand Chelem, lors de l'Open d'Australie 2006, face à Justine Henin. Profitant certes de l'abandon de son adversaire en cours de partie, mais aussi de celui de Clijsters en demi-finale, elle aura néanmoins réalisé un tournoi brillant, éliminant sèchement Nicole Vaidišová (6-1, 6-1) en huitièmes de finale et Patty Schnyder en quarts sur le score de 6-3, 6-0.
Sur sa lancée, Mauresmo remporte l'Open Gaz de France et le Tournoi d'Anvers. Elle aligne alors une impressionnante série de quinze victoires consécutives. Le , elle devient numéro un mondiale pour la seconde fois et dispute également les finales de Doha, Pékin et Madrid.
À Roland-Garros, elle essuie néanmoins un nouvel échec, sortie sèchement en huitièmes de finale par la jeune Tchèque Nicole Vaidišová. Un mois plus tard, le , Amélie Mauresmo remporte pourtant son second titre du Grand Chelem, à Wimbledon, dominant une nouvelle fois Justine Henin sur le score de 2-6, 6-3, 6-4, performance inédite pour une Française depuis Suzanne Lenglen en 1925, mais aussi une réponse à ceux qui l'avaient imaginée chanceuse à la suite de l'abandon de la Belge quelques mois plus tôt en finale à Melbourne.. Comme pour Nathalie Tauziat, finaliste en 1998, ce résultat d'exception est malheureusement occulté par la finale des Bleus à la Coupe du monde de football, le lendemain..
Mauresmo enchaîne avec l'US Open, au cours duquel elle réalise une nouvelle fois un parcours remarquable, parvenant à se hisser dans le dernier carré de la compétition, mais elle s'incline lourdement en demi-finale devant Maria Sharapova (6-0, 4-6, 6-0). Néanmoins, la victoire de la Russe en finale devant Justine Henin (Hardenne) empêche la Belge de ravir la première place mondiale à la Française.
Le , enfin, elle débute la défense de son titre acquis en 2005 aux Masters. Ces derniers commencent très mal pour la Française qui est sèchement battue lors de son premier match par la Russe Nadia Petrova 2-6 2-6. Elle se reprend par la suite et domine coup sur coup Martina Hingis et Justine Henin. Elle se défait ensuite de Kim Clijsters en demie pour finalement s'incliner en finale face à Justine Henin (6-4, 6-3), bien que l'ayant battue dans les matchs de poules. Elle lui abandonne ainsi le trône de numéro un qu'elle occupait depuis 34 semainesMauresmo termine finalement la saison 2006 au , derrière Maria Sharapova..
Avec deux titres en Grand Chelem et un nouveau classement de numéro un mondiale, Amélie Mauresmo réalise ainsi la meilleure saison de sa carrière. C'est néanmoins à la seconde place qu'elle achève cette saison d'exception.
2007-2009 : le déclin vignette|Amélie Mauresmo à US Open en 2008.