L'archidiocèse de Bordeaux ( ; ) est une Église particulière de l'Église catholique de France, dont le siège se trouve à Bordeaux.
Les diocèses suffragants sont ceux d'Agen, d'Aire et Dax, de Bayonne, Lescar et Oloron et de Périgueux et Sarlat.
Histoire Antiquité Dans l'Empire romain, Bordeaux (Burdigala) est le chef-lieu de la cité des Bituriges Vivisques. À partir du règne d'Auguste, elle fait partie de la province de Gaule aquitaine, dont, après Saintes, elle devient le chef-lieu au cours du . Au , après la division des provinces augustéennes par Dioclétien et Constantin, elle est le chef-lieu de l'Aquitaine seconde.
Selon la tradition, l'évangélisation de Bordeaux et de sa région commence au avec saint Martial de Limoges et ses deux compagnons, saint Alpinien et saint Austriclinien. Le plus ancien vestige chrétien retrouvé à Bordeaux date de 260 : il s'agit de l’épitaphe d’une femme originaire de Trèves« Ci-gît, séparé de son âme, le corps de Domitia, citoyenne de Trèves, morte le cinquième jours avant les calendes de février, sous le consulat de Postumus. » (cela correspond au 28 janvier 260). Source : site Église catholique en Gironde..
Le premier évêque de Bordeaux dont l'existence soit attestée est un certain Oriental, connu pour avoir assisté en 314 au premier concile d'Arles, concile qui a lieu l'année suivant l'édit de Milan de Constantin qui fait du christianisme une religion licite dans l'Empire.
Le diocèse dirigé par les évêques de Bordeaux correspond au territoire de la cité des Bituriges Vivisques. Il est contigu au diocèse de Saintes (cité des Santons) et au diocèse de Bazas/Cossium (cité des Vasates). On estime que dans l'ensemble, le diocèse n'a pas subi de changement jusqu'à la Révolution française (constitution civile du clergé en 1790 et concordat de 1801)..
Étant donné que Bordeaux est un chef-lieu de province, son évêque est métropolitain (archevêque) des évêques d'Aquitaine seconde. L'archidiocèse de Bordeaux compte au départ cinq diocèses suffragants : Agen, Angoulême, Périgueux, Poitiers et Saintes. Au sud, les évêques de Bazas, Dax relèvent de l'archevêque d'Eauze (province d'Aquitaine troisième). Au nord, Nantes et Angers relèvent de l'archevêque de Tours (province de Lyonnaise troisième).
Moyen Âge et époque moderne En 989, Gombaud de Gascogne présida le concile de Charroux comme « archevêque de l’Aquitaine Seconde »D. Barthélemy, L'an mil et la paix de Dieu. La France chrétienne et féodale 980-1060, Paris 1999, p. 284.. Devant les prétentions croissantes des archevêques de Bourges à l'hégémonie sur les provinces aquitaines, les archevêques de BordeauxJean-Philippe Goudot, Primats, I, 210-214. pensèrent eux aussi à la primatie : en 1300, Bertrand de Got, nouvel archevêque de Bordeaux, prit le titre de primat d’Aquitaine seconde, auquel avaient déjà aspiré ses prédécesseurs. Gilles Colonna, archevêque de Bourges, répondit par une excommunicationL. de Lacger, « La primatie d’Aquitaine du », RHEF 23/98 (1937), p. 47.. Malheureusement pour lui, son adversaire devint pape le sous le nom de Clément V et il s'empressa de libérer officiellement Bordeaux de la tutelle de Bourges, par la bulle In supremæ solio ()Henri Fisquet, La France pontificale. Métropole de Bordeaux, Bordeaux, Paris, p. 211-213.. Alors qu'il n'est pas question de primatie pour Bordeaux dans cette bulle, les successeurs de Bertrand de Got prirent le titre de « primat d'Aquitaine », même s'il est difficile de dire à partir de quand : on le trouve dans l'épitaphe d'André d'Espinay (1488-1499)J. Chenu, Archiepiscoporum et episcoporum Galliæ chronologica historia, Paris 1621, p. 418., dans une ordonnance de François (1542)F. Jacques, Historiographie générale des provinces ecclésiastiques de l’Église latine, où l’on traite de l’origine des patriarcats, primaties, archevêchez répandus dans les quatre parties du monde, comme aussi de l’établissement des ordres religieux dans chaque diocèse, et des lieux, qui ont donné naissance à leurs fondateurs et fondatrices, Avignon 1716, p. 162., au concile de Bordeaux (1582)P. Labbé – G. Cossart – N. Colet, Sacrosancta Concilia ad Regiam Editionem Exacta, XXI, Venezia 1733, p. 795., dans les Assemblées générales du Clergé de France (1567, 1602, 1608, 1610, 1614, 1635, 1655, 1681, 1685, 1700, 1701, 1705, 1707, 1710, 1711, 1715, 1723, 1730, 1745, 1750, 1760, 1775)Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, I, Paris 1567, p. 43.684.782 ; II, Paris 1768, p. 2.58.648 ; IV, Paris 1770, p. 21 ; V, Paris 1772, p. 367.560 ; VI, Paris 1774, p. 328.611.727.939.990.1168.1321.1540 ; VII, Paris 1775, p. 883.1876 ; VIII/1, Paris 1778, p. 228.734 ; VIII/2, Paris 1778, p. 2073..
Le nombre de diocèses suffragants est porté à neuf en 1317 du fait de la création des diocèses de Condom (démembré du diocèse d'Agen), de Sarlat (du diocèse de Périgueux), de Luçon et de Maillezais (du diocèse de Poitiers). En 1648, est créé un nouveau diocèse, La Rochelle (démembré du diocèse de Saintes), qui absorbe le diocèse de Maillezais, de sorte que le nombre de suffragants reste de neuf. Ce découpage reste inchangé jusqu'à la Révolution française.
Époque contemporaine Une des premières grandes réformes de l'Assemblée nationale constituante de 1789 est la création des départements au début de 1790. en , la constitution civile du clergé fait des évêques et des curés des fonctionnaires rétribués par l'État et aligne les diocèses sur les départements. Cette réforme, rejetée par le pape et par une fraction importante du clergé, aboutit à une crise religieuse (période de la déchristianisation) qui ne va être réglée qu'après l'avènement de Napoléon Bonaparte comme Premier Consul (1799) et la conclusion avec le pape du concordat de 1801.
Le diocèse de Bordeaux correspond désormais au département de la Gironde et le diocèse de Bazas est officiellement supprimé en 1802. Il réapparait symboliquement en 1937 lorsqu'il est inclus dans la titulature de l'archevêque de Bordeaux, évêque de Bazas.
Comme toutes les primaties françaises, Bordeaux perdit son rang au Concordat de 1801, et le régime concordataire ne permit aucune restauration canonique : cela n'empêcha pas Ferdinand-François-Auguste Donnet (1837-1882)Approbation au Catéchisme de persévérance de l’abbé Gaume (1839) ; Lettre synodale des pères du concile provincial de Bordeaux au clergé et aux fidèles des diocèses dont se compose la nouvelle circonscription métropolitaine, Bordeaux 1851., Pierre Paulin Andrieu (1909-1935)Lettre-circulaire de S.E. le Cardinal-Archevêque de Bordeaux Primat d’Aquitaine à l’occasion de la Guerre déclarée à la France, Bordeaux 1914, Maurice Feltin (1935-1949)Statuts synodaux du diocèse de Bordeaux, promulgués par S.E. Mgr Maurice Feltin, Archevêque de Bordeaux, Evêque de Bazas, Primat d’Aquitaine, au synode des 24, 25, 26 septembre 1946, Bordeaux, 1947., Paul Richaud (1950-1968)Statuts synodaux du diocèse de Bordeaux, promulgués par S.E. Mgr Paul Richaud, archevêque de Bordeaux, Evêque de Bazas, Primat d’Aquitaine, au synode des 20 et 21 septembre 1957, Bordeaux, 1958. de reprendre le titre de primat d'Aquitaine, évitant toutefois de le faire dans les Actes de Vatican II. Aujourd’hui, l’Annuaire diocésain de Bordeaux ne mentionne plus ce titre.
Histoire récente (depuis 2001) De 2001 à 2019, l'archidiocèse est dirigé par Jean-Pierre Ricard, fait cardinal en 2006. Le , le pape François ayant accepté la démission pour raison d'âge du cardinal Ricard de sa charge d'archevêque de Bordeaux, sans nommer de successeur, le diocèse entre dans une période dite de « vacance du siège épiscopal », qui prend fin six semaines plus tard avec la nomination de Jean-Paul James.
En ce qui concerne les diocèses suffragants, un changement important a lieu en 2002, à la suite d'une réorganisation visant à mieux correspondre aux régions administratives d'alors. Les diocèses d'Angoulême, de La Rochelle et Saintes, de Poitiers, de Limoges et de Tulle sont détachés de l'archidiocèse de Bordeaux pour rejoindre l'archidiocèse de Poitiers, nouvellement créé. En revanche, les diocèses d'Aire et Dax et de Bayonne, Lescar et Oloron, détachés de l' archidiocèse d'Auch, sont rattachés à celui de Bordeaux. Aujourd'hui l'archidiocèse de Bordeaux correspond donc à l'ancienne région Aquitaine.
En ce qui concerne le diocèse de Bordeaux (département de la Gironde), il est divisé en dix zones, les ensembles pastoraux du Bassin d'Arcachon, de Bordeaux centre, de Bordeaux boulevards, du Médoc, de Bordeaux ouest, du Sud-Gironde, de Bordeaux rive droite, des Hauts de Gironde, de Bordeaux sud et des Rives de la Dordogne et de l'Isle.
Par manque de vocations (cinq candidats en 2019), le séminaire de Bordeaux, ouvert depuis 1901, ferme ses portes en La Croix, article du 20 mai 2019. Les aspirants au sacerdoce doivent désormais étudier au séminaire de Toulouse.
Lieux importants du diocèse de Bordeaux (Gironde) Abbayes Abbaye de Sainte-Croix (Sancta Crux Burdegalensis) : Fondée par Clovis IIArchives de la France monastique: Le diocese de Bordeaux, pag. 85 -107.. Abbaye de La Sauve-Majeur (Silva Major) : fondée par saint Gérard de Corbie. Abbaye Saint-Sauveur de Blaye (Blavia ) : fondée avant 1080. Abbaye de Guîtres (Aquistrae ). Abbaye de Bonlieu (Bonus Locus, Risus Agni) : fondée en 1141. Abbaye de Faize (Faizia ) : fondée en 1137.
Basiliques Basilique Saint-Seurin de Bordeaux Basilique Saint-Michel de Bordeaux
Listes Les archevêques de Bordeaux
Évêques notables originaires du diocèse de Bordeaux (Gironde) Cardinal Jean-Louis Tauran, né à Bordeaux, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux (mort le ) Claude Dagens, né à Caudéran, évêque d'Angoulême André Marceau, né à Cérons, évêque de Perpignan François Bacqué, né à Bordeaux, nonce apostolique au , puis en et en et enfin aux , archevêque in partibus de (mort le )
Divers Usage du Missel romain de 1962 Le , le cardinal-archevêque de Bordeaux Jean-Pierre Ricard a présidé la cérémonie d'ordination de cinq prêtres de l'Institut du Bon-Pasteur selon la forme de 1962 du rite romain par le cardinal Darío Castrillón Hoyos, envoyé spécial de Benoît XVI. La cérémonie a lieu en l'église Saint-Éloi de Bordeaux. Ces nouveaux prêtres se destinaient à la célébration de la forme 1962 du rite romain uniquement en l'église Saint-Éloi.
La Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre est installée à Talence en l'église Saint-Bruno et l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre dans la chapelle du village d'Auros. Entre 2012 et 2014, les chanoines de l'ICRSP célébraient également une messe à Blaye le dimanche soir.
Des messes dans la forme de 1962 sont parfois célébrées sur le secteur du bassin d'Arcachon.
Outils de communication Depuis fin 2012, le diocèse de Bordeaux s'est doté de nouveaux outils de communication. Le journal officiel du diocèse L'Aquitaine, fondé en 1864, a cessé de paraître en Les archives du journal L'Aquitaine. Vendu sur abonnement, il était distribué à quelque exemplaires, deux fois par mois. Depuis , un nouveau mensuel, Église catholique en Gironde"Donner à voir ce que vit l'Église en Gironde", interview du père Jean Rouet, 11 janvier 2013, est tiré à exemplaires et distribué gratuitement à l'ensemble des paroisses du diocèseLa page de l'Église catholique en Gironde.
Le diocèse de Bordeaux a dans le même temps développé sa présence sur le web. La nouvelle version de son portailPortail web du diocèse de Bordeaux a ainsi été lancée le , jour de la Saint-André, patron du diocèse.