Paule , ou Paoul en breton, est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne.

Ses habitants sont les Paulois.

Géographie

Paule est une commune rurale située au sud-ouest du département des Côtes-d'Armor et fait partie du territoire breton traditionnel du pays Fisel.

La commune est traversée dans sa partie nord par une portion aujourd'hui déclassée du canal de Nantes à Brest qui a remplacé un ancien cours d'eau disparu, dont la vallée est à 135 mètres d'altitude à son entrée et vers 110 mètres à sa sortie du territoire communal (une petite partie du finage communal se trouve au nord de cet ancien cours d'eau transformé en canal (ce versant nord montant jusqu'à 191 mètres d'altitude au nord-ouest de Kerléran). La commune s'étend surtout au sud de cette vallée et est très vallonnée dans sa partie méridionale. Des hauteurs appartenant à la chaîne des Montagnes Noires, qui s'élève jusqu'à 288 mètres pour sa partie située dans la commune près du lieu-dit bien nommé Bellevue y offrent de jolis points de vue. La commune possède plusieurs bois, le principal étant le bois de Coat Meur, pour partie situé sur la commune voisine de Plévin, mais aussi le bois du Cren et d'autres.

Le territoire de la commune est traversé dans sa partie nord par la route nationale 164, et dans sa partie sud par la route départementale 3 (axe routier Quimper-Gourin-Rostrenen-Saint-Brieuc), qui suit la ligne de crête, ainsi que le sentier de grande randonnée 37.

Communes limitrophes

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le canal de Nantes à Brest, le Kerjean et le Roz Milet..

Le canal de Nantes à Brest est un canal, chenal et un estuaire et un cours d'eau naturel navigable, d'une longueur de . Il prend sa source dans la commune de Nort-sur-Erdre et se jette dans la Loire à Nantes, après avoir traversé ..

Le Kerjean, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Glomel..

Le Roz Milet, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Ellé à Langonnet, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PauleLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rostrenen à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Paule est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carhaix-Plouguer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC). +Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 1,2 % 47Terres arables hors périmètres d'irrigation 59,4 % 2258Prairies et autres surfaces toujours en herbe 12,0 % 458Systèmes culturaux et parcellaires complexes 11,1 % 424Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 6,0 % 230Forêts de feuillus 7,9 % 299Landes et broussailles 0,9 % 34Forêt et végétation arbustive en mutation 1,4 % 52Marais intérieurs 0,05 % 2Source : Corine Land Cover.

Toponymie On trouve les graphies Poul vers 1330 dans les bénéfices du diocèse de Cornouaille et Poull en 1368 dans la même source, Paoul en 1407 et en 1673Aveu ., Paole en 1562, Paol en 1677 et Paule apparaît pour la première fois écrit ainsi en 1790.

En breton Paoul.

Le nom de Paule correspond au mot breton poull = « mare, étang, endroit humide », et n'a rien à voir avec sainte Paule, ni avec saint Pol Aurélien (Saint-Pol-de-Léon). Il est probable que la proximité entre le nom initial Poull et celui de Paul (graphie trouvée en 1599) ait conduit rapidement à donner comme saint éponyme à la paroisse saint Paul (de Léon), confondu par la suite avec la sainte romaine Paule, dont la statue se trouve dans l'église paroissiale..

Histoire Préhistoire

Le tumulus de Kergroas

Deux tumulus voisins, distants de 80 m, d'une trentaine de mètres de diamètre chacun, datant de l'Âge du bronze sont situés à Kergroas en Paule : fouillés entre 2002 et 2004, ils comprenaient deux sarcophages, chacun d'un demi tronc d'arbre évidé recouvert d'une planche de bois ; chacun était recouvert d'un petit tumulus de terre grise (provenant d'une zone humide voisine) ; l'ensemble avait été ensuite agrandi afin de recevoir de nouvelles sépultures, datées de l'âge du bronze moyen, une vingtaine de défunts en tout, certains enterrés dans de simples fosses, d'autres dans des cercueils faits de planches de bois ou de dalles de schiste soigneusement assemblées ; certains d'entre eux, demeurés étanches, ont livré des squelettes, ce qui est rarissime en raison de l'acidité et de l'humidité des terres en Bretagne. Cette nécropole a servi pendant plusieurs siècles..

La forteresse de Paule vignette|gauche|Paule : statues du second âge du fer (Musée de Bretagne, Rennes). vignette|Statue du barde à la lyre datant de La Tène, découverte lors de fouilles de la forteresse de Paule. L'habitat fortifié de Paule, forteresse celte protohistorique appelée couramment forteresse de Paule, date du au , sur le territoire des Osismes.

Il a été fouillé entre 1988 et 2001. Dès le au moins se trouvait là une ferme fortifiée, ceinte d'un enclos carré de 30 m de côté délimité par une palissade, un autre enclos plus petit, lui aussi de forme carrée, situé à proximité, abritait le cimetière familial. Cette ancienne ferme fortifiée par la suite transformée en forteresse à multiples fossés et remparts, la plus grande enceinte englobant une dizaine d'hectares, fut la résidence assez luxueuse, presque un château avant la lettre, d'une famille aristocratique des et s Peu à peu, c'est une véritable agglomération, vaste d'une trentaine d'ha, qui se développa, ayant à ses portes un atelier de métallurgie. Des milliers de tessons d'amphores, qui avaient contenu du vin venant d'Italie, ont été découverts. Quatre statuettes, des bustes, probablement des effigies d'ancêtres de cette famille, ont aussi été trouvées dans un des fossés sur le site. L'un de ces bustes, le barde à la lyre, est orné d'un torque en tôle d'or, signe de bravoure et de dignité, et d'un instrument de musique à sept cordes, une lyre, indiquant qu'il s'agit d'un barde. Cette résidence aristocratique, incendiée vers - 170 , fut immédiatement reconstruite. Les fondations d'un vaste bâtiment édifié vers - 150 (une vingtaine de trous correspondant aux fosses d'implantation des poteaux qui supportaient la charpente ont été retrouvés) dans un enclos délimité par un talus et une palissade : il s'agit probablement d'un grenier à grains sur pilotisYves Menez et Stéphane Hingant, "Fouilles et découvertes en Bretagne", éditions Ouest-France, INRAP, 2010 [].

Les chercheurs ont aussi mis au jour, au fond d'un puits, 57 objets en bois, éléments d'une machine hydraulique construite entre 68 et 27 avant J.-C., laquelle reste à ce jour le plus ancien exemple historique connu d'utilisation du mécanisme de la bielleChristian Campion, « Les villes gauloises révèlent leur dynamisme », revue ArMen, , septembre-octobre 2017..

Yves MénezConservateur en chef du Service régional de l'archéologie pense que Paule était le centre d'activités commerciales importantes, que les dirigeants du site avaient un statut social élevé (de grands aristocrates gaulois osismes) ; on a trouvé par exemple sur le site de nombreuses amphores qui avaient servi à transporter du vin venu de Méditerranée, ce qui illustre le prestige des maîtres du lieuErwan Chartier-Le Floch, Paule. De la ferme celte à la forteresse gauloise, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 23 septembre 2018..

À du camp, au nord, se trouve la source principale de l'aqueduc romain de Vorgium (Carhaix). Cet aqueduc, long de 27 km a fait l'objet d'une étude globale menée par A. Provost et L. Aubry, qui a restitué l'ensemble de son tracé. « La conduite était constituée d'un canal maçonné enduit de mortier de tuileau de teinte rose, rendu plus étanche par les morceaux de tuile pilée qui y ont été incorporés. L'aqueduc était le plus souvent couvert de dalles de schistes recouvertes d'une mince couche de terre. Ainsi pouvait-on facilement accéder à la conduite pour les opérations d'entretien ». Un tunnel long de 900 mètres fut foré dans le schiste à 25 mètres de profondeur sous une colline à Kervoaguel en Le Moustoir pour permettre le passage de l'eau, des puits espacés de 20 à 44 mètres ayant servi à évacuer les déblais lors du creusement du tunnel.

L'ancienne voie romaine de Vorgium (aujourd'hui Carhaix) à Darioritum (aujourd'hui Vannes) passait le long du camp de Saint Symphorien, et passait aussi par Castennec.

L'enceinte carolingienne de Bressilien