thumb|upright|Blason du de Paris. thumb|upright|Logo du de Paris. Le arrondissement de Paris est l'un des vingt arrondissements de la capitale française. Situé sur la rive droite de la Seine, il est bordé au nord par le , à l'est par les communes des Lilas, de Bagnolet, de Montreuil et de Saint-Mandé, au sud par le , à l'ouest par le .
Aux termes de l'article R. 2512-1 du code général des collectivités territoriales (partie réglementaire), il porte également le nom d'« arrondissement de Ménilmontant »article R. 2512-1 du Code général des collectivités territoriales (partie réglementaire), sur Légifrance., mais cette appellation est rarement employée dans la vie courante. On le surnomme parfois « la Montagne à Paris », parce que son altitude est plus élevée que celle des autres arrondissements (ses hauteurs surplombent Montmartre)Le : la montagne à Paris, textes réunis par François Gasnault et Jean-Philippe Dumas, ouvrage publié en 1999 par Action artistique de la Ville de Paris et Archives de Paris, lire en ligne , ..
Limites Il est limité au Sud par le cours de Vincennes, à l'Ouest par les boulevards de Charonne, de Ménilmontant et de Belleville correspondant aux anciennes limites du mur des Fermiers généraux, au Nord par la rue de Belleville et l'avenue de la Porte-des-Lilas et à l'Est par les rues des Frères-Flavien, Évariste-Galois, Pierre-Soulié, Jean-Jaurès, avenues du Professeur-André-Lemierre, Benoît-Frachon, Léon-Gaumont, rue du Commandant-L'Herminier et l'avenue de la Porte-de-Vincennes.
Blason Le blason représente, à sa base, le télégraphe Chappe, expérimenté au cimetière de Belleville. Il est surmonté d’un chevron rayé d’ondulations bleues symbolisant les nombreux cours d’eau. Au-dessus sont représentées une fleur de lilas et une grappe de raisin, témoignant du passé campagnard de l’arrondissement..
Historique Le château de Ménilmontant, avec ses dépendances, absorbait le quart environ du actuel. Ce château était appelé au milieu du le retrait Pompadour car la Madame de Pompadour le possédait et y séjournait de temps en tempsLouis Lazare : Le 20e arrondissement de Paris.. Dans un acte établissant la propriété d'un champ depuis 1768 on peut lire : . Le parc de Ménilmontant était limité au Sud-Est par un autre domaine appelé le Mont-Louis et qui appartenait aux pères jésuites et qui est devenu le cimetière du Père-Lachaise. Le chemin des Partants séparait le parc de Ménilmontant du Mont-Louis.
Au , l'emplacement occupé par l'actuel était complété par la Ferme du Chanu, les vignobles des Panoyaux, et des Montiboeufs, le clos des Cendriers et les dépendances du parc du château de Saint-Fargeau dont le propriétaire était appelé, en raison de la vaste étendue de son domaine, Marquis de Carabas.
Ces terrains devinrent, en grande partie, propriétés nationales et furent achetés successivement par les fermiers ou domestiques des grands seigneurs qui les avaient possédés avant la Révolution.
Par la loi du , le est créé en 1860, sous le Second Empire, par l'annexion à Paris d'une partie de l'ancienne commune de Belleville située au sud de la rue de Belleville — Ménilmontant inclus —, d'une petite partie de la commune de Saint-Mandé et de la quasi-intégralité de l'ancienne commune de CharonneDécret du 3 novembre 1859 qui fixe les dénominations des vingt arrondissements municipaux de la ville de Paris, dans le Bulletin des lois ..
Histoire industrielle
L'industrialisation de l'Est parisien
Avant l'annexion de 1860, les communes suburbaines bénéficiaient d'une situation fiscale avantageuse: situées hors du mur des Fermiers généraux, elles échappaient à l'octroi, ce qui favorisait l'implantation d'activités industrielles, notamment les activités réglementées car jugées trop bruyantes, malodorantes ou dangereuses pour le cœur de Paris. Avec la construction du chemin de fer de Petite Ceinture, l'industrialisation du faubourg s'accélère notablement dans la seconde moitié du . Les travaux du baron Haussmann, en renchérissant les loyers au centre de la capitale, renforcent encore cet exode vers l'est.
Le futur arrondissement accueille alors une grande diversité d'industries lourdes et légères : fonderies de cuivre et de fonte, briqueteries, fabriques de colles et de bougies, d'allumettes, de térébenthine, de caoutchouc, dépôts de poudre, fondoirs de graisse et de suif, ateliers de carton-feutre, de peaux de lapin ou de cuir. Le village de Charonne passe de en 1822 à près de lors de l'annexion en 1860, témoignant de l'ampleur de cette transformation.
L'âge d'or industriel du quartier se situe entre 1890 et 1960. Le quartier de la Réunion par exemple, devient la capitale mondiale de la couronne mortuaire, mais accueille également la brasserie Karcher et un très grand nombre de professionnels du bois. En 1931, on y dénombre: de meubles, , de pianos et une cinquantaine d'activités connexes telles que des scieries et des entrepôts. Cette industrialisation entraîne également une importante vague d'immigration, notamment italienne : sont recensés à Charonne en 1931.
Loisirs ouvriers
thumb|Le cinéma Palais d’Avron en 1930, aujourd’hui transformé en supermarché et en accès au métro Buzenval
Le territoire du est traversé de plusieurs axes ayant été de hauts lieux de loisirs et de fête pour les Parisiens, comme la rue de Ménilmontant ou la rue de Belleville, mais aussi pour les ouvriers du quartier, comme la rue d’Avron. A son apogée, cette dernière était équipée de trois cinémas (dont le plus grand, le Palais d’Avron, comportait ), de plusieurs théâtres et salles de cabaret, et de nombreux bistrots et restaurants populaires.
Le quartier de Charonne comptait en 1899 non moins de de boisson dans lesquels on jouait aux cartes, au billard et parfois à la pétanque, en buvant du vin - généralement du rouge vendu en quarts de litre, ou du « blanc gommé » (vin blanc et sirop de citron).
Établissements notables
Pellissier, Jonas & Rivet - Couperie de poils de lapin (1871–1958)
thumb|Portail Maison Pellissier Jonas Rivet, rue de Bagnolet
Au 49, rue de Bagnolet, dans le quartier de Charonne, le porche en pierre de cette ancienne fabrique subsiste aujourd'hui, son fronton portant en lettres rouges l'inscription : « Maison fondée en 1871. Pellissier, Jonas & Rivet Inc. Paris – New York ».
En 1871, M. Pellissier, originaire du Puy-de-Dôme, ouvre un atelier de coupe de poils de lapin destinés à la chapellerie. Son cousin François Rivet, maîtrisant les machines à vapeur, le rejoint comme formateur avant de s'associer officiellement. En 1891, Rivet traverse l'Atlantique pour fonder une usine à Brooklyn, dans le quartier de Stockton Street, où l'entreprise prospère rapidement. Au début du , Louis August Jonas prend la direction de la branche américaine, et la maison prend le nom de « Pellissier Jonas & Rivet ».
La société dépose des brevets novateurs, notamment un nouveau procédé de carottage pour la fourrure. Celui-ci remplaçait la solution de mercure hautement toxique dont les vapeurs provoquaient des troubles neurologiques graves chez les ouvriers, et qui était à l'origine de l'expression populaire associée au personnage du Chapelier fou. Les deux branches, française et américaine, se séparent dans l'entre-deux-guerres. La branche parisienne, dirigée par André Chauvard, petit-fils de François Rivet, ferme ses portes en 1958 en raison du développement des matières synthétiques et du déclin de la mode du chapeau.
Fonderie Lepet - « La Fonderie de Charonne » (années 1860–1953)
thumb|Fonderie de Charonne au 11 rue de Lagny (1870-1953)
Alexis Oscar Achille Joseph Lepet (1828–1897), ancêtre maternel de l'écrivain Roland Barthes, exploite d'abord sa fonderie au 38, rue Saint-Maur (), qui deviendra ensuite l'Atelier des Lumières, dans un quartier alors très industriel de l'est parisien. L'établissement est transféré dans les années 1880 au 11, rue de Lagny, non loin de la place de la Nation, au cœur du arrondissement. Parfois désignée « Fonderie de Charonne », elle contribue à la fabrication d'armements pour le compte du ministère de la Guerre dans les années précédant la Première Guerre mondiale. La fonderie reste dans la famille Lepet jusqu'au décès en 1953 de Noémie Révelin, fille d'Alexis Lepet et grand-mère maternelle de Roland Barthes.
Ateliers André Michelin - Constructions métalliques (années 1889–1910)
thumb|Encart publicitaire pour la serrurerie d’art Michelin située rue de Bagnolet à Paris ().
Au 115, rue de Bagnolet, une entreprise de constructions métalliques change de mains vers 1889–1890 au profit d'André Michelin, ingénieur de l'École centrale de Paris et ancien élève des Beaux-Arts. Successeur d'un certain Boissin-Herbeaumont, il y installe ses ateliers tout en conservant ses bureaux avenue de la République. La maison se spécialise dans la serrurerie d'art, les jardins d'hiver et vérandas en fer forgé avec vitraux et faïences décoratives, ainsi que dans la réalisation de marquises pour cafés et grands magasins.
En 1892, le 115, rue de Bagnolet devient la seule adresse de l'entreprise. Un encart paru dans le Journal des Chambres de Commerce en 1895 témoigne d'une activité diversifiée, incluant des charpentes métalliques pour maisons coloniales, docks, ateliers, hangars, théâtres et marchés couverts.
C'est au tournant du siècle qu'André Michelin et son frère Édouard se consacrent à d'autres entreprises, notamment leur fabrique de pneumatiques située à Clermont-Ferrand. Ils équipent pour la première fois une automobile de pneus en 1895 et lancent en 1900 le célèbre Guide Michelin. L'atelier de la rue de Bagnolet, devenu secondaire dans la trajectoire des deux frères, est cédé vers 1910 à un certain François Joseph Liard. L'usine a été démolie en 1955 et remplacée par un parking, lui-même démoli pour accueillir depuis 2010 la médiathèque Marguerite-Duras.
Manufactures du 77–79, rue des Maraîchers (années 1898–1970)
Cet ensemble industriel classé, situé au 77-79 de la rue des Maraîchers, dont l'architecture métallique est attribuée au cabinet de Gustave Eiffel, abrite successivement plusieurs établissements : 1898 : fabrique d'acétylène, classée établissement dangereux en raison des risques d'explosion ; 1906 : Compagnie Française de l'Industrie de la Perle, fabricant de perles de verre et d'ornements funéraires, profitant de la proximité du cimetière du Père-Lachaise ; 1911–1934 : Manufacture des Pansements La Croix Soleil (initialement dénommée Pansements Feldmann), usine de pansements médicaux ; 1935 – années 1970 : Blancherie Frères, atelier de figurines creuses en plomb peintes à la main (soldats, animaux, scènes de ferme), aujourd'hui pièces de collection prisées.
Établissements Zaengerler et Roussel - Carreleurs et mosaïstes (Belle Époque–1938)
thumb|Zaengerler et Roussel, 29 cours de Vincennes
Famille de carreleurs installée dans le arrondissement depuis plusieurs générations, les Zaengerler exercent leur activité à Ménilmontant dès la Belle Époque. La société Zaengerler et fils est officiellement établie au 55, rue des Panoyaux en 1922. En , les Établissements Zaengerler et Roussel voient le jour au 29, cours de Vincennes, spécialisés dans la vente et la pose de carreaux en grès, faïence et mosaïque. La façade de l'immeuble, décorée de mosaïques représentant deux artisans au travail, constitue un témoignage remarquable de l'architecture commerciale de l'entre-deux-guerres. La société est mise en liquidation en .
Industrie de la chaussure à Belleville
Dans la première moitié du , Belleville constitue l'un des principaux centres français de la chaussure, aux côtés de Romans, Limoges et Fougères. Deux grandes usines dominent le quartier :
Chaussures Monteux, avenue Simon-Bolivar ; Chaussures Dressoir, rue du Général-Lasalle ().