L’aversion pour l’incertitude est l'impossibilité dans laquelle est une personne de connaître ou de prévoir un fait, un événement qui la concerne et le sentiment de précarité qui en résulte. Elle est très présente chez les personnes autistes.

Typologie de l’incertitude ll existe deux types d’incertitudes : L’incertitude épistémique est un manque d’informations. Elle se subdivise en deux sous-catégories : l’incertitude du modèle (rapport d’exactitude entre le modèle et sa représentation) et l’incertitude sur les paramètres (ce sont toutes les connaissances et les faits qui ne sont pas connus ou mal compris pour comprendre la notion, l’objet mis en question).

L’incertitude de décision L’incertitude de décision (qui concerne une ambiguïté, un choix à faire, une comparaison entre deux objets). Ce type d’incertitude se divise en deux sous-catégories : celle relative aux objectifs visés lors de la prise de décision et celle relatives aux valeurs et préférences personnelles de l’individu placé devant un choix. Ce principe d’incertitude en psychologie provient de la théorie de l’utilité espérée, élaborée par John Von Neumann et Oskar Morgenstern en 1944. Face à un choix qui se présente à nous, nous prenons en compte tous les possibles qui s’offrent à nous. Ces possibilités d’actions sont jugées à l’aune de leur effet potentiel sur notre bien-être. Nous choisissons donc ce qui aura le plus de chance de conforter notre bien-être, d’où certaines fois la peur de faire un choix qui annihilerait ce sentiment.

L’incertitude en psychologie (la théorie de l’utilité) En psychologie, l'aversion pour l'incertitude est une forme d'aversion pour le risque se traduisant par la crainte, assez répandue, qu'en cas d'incertitude (situation pourtant générale dans la vie de tous les jours, comme dans tout système dynamique) il y ait plus à perdre qu'à gagner, et donc plus de risque à agir qu'à ne rien faire.

Le concept d'aversion

Définition dans le langage courant Selon Le Larousse, l'aversion est une « vive répugnance, dégoût éprouvés par quelqu'un à l’égard de certains animaux, de quelque chose, horreur »..

L’aversion en psychologie On voit bien qu’il s’agit d’un sentiment très fort, d’une réaction presque physique envers un objet. C’est une réaction donc non consciente dans un premier temps, puisqu’il s’agit d’une réaction épidermique. Cette aversion peut produire des comportements comme la fuite, l’évitement, le rejet.

Ce stimulus a longtemps été utilisé dans le cadre de thérapies psycho cognitives, dans le but de créer le rejet de certaines peurs (insectes, vide) ou pour pallier des comportements dangereux (alcoolisme, jeux).

Cas particulier du trouble du spectre autistique Les personnes autistes (qui sont aussi fréquemment porteuse d'un TDAH) présentent généralement une forte aversion à l'incertitude et à l'ambiguité. Selon Suzane Robic (2013) dont la thèse a porté sur ce sujet, cette aversion joue un rôle plus déterminant encore que la dimension de communication sociale elle‑même dans les difficultés d’interaction et surtout de prise de décision..

Les personnes autistes de haut niveau (autrefois dites porteuses d'un syndrome d'Asperger montrent une intolérance marquée à l’imprévisibilité, qu’il s’agisse de changements soudains dans les probabilités d’un événement ou de variations rapides du contexte, et cette aversion se traduit par une intégration moins efficace des indices contextuels, une réorientation attentionnelle plus difficile, et une mobilisation réduite du réseau fronto‑pariétal en situation incertaine, qu’elle soit sociale ou non « sociale ».

Les études comportementales et en imagerie cérébrale (IRM) ont montré que les difficultés observées dans les environnements sociaux proviennent en grande partie de leur caractère imprévisible, plutôt que de leur nature sociale, ce qui éclaire l'impression de psychorigidité que peut donner une personne autiste, et les besoins de structure, de stabilité et de transparence qu'elle exprime souvent.

Causes, enjeux et stratégies face à l’incertitude Les processus déclencheurs de l’incertitude il a été analysé que certains processus peuvent être déclencheurs d’incertitude:

L'une des sources d'incertitude est la contradiction entre les attentes et les signaux que la réalité nous renvoie. Supposons qu'une personne passe un entretien d'embauche et qu'il se soit bien déroulé, la personne pense pouvoir être retenue pour ce poste. Cependant, au fil des jours passés sans recevoir d'appel, le sentiment que la personne n'obtiendra pas le poste se renforce. Par rapport à la confiance ressentie à l'issue de l'entretien, ce signal peu encourageant augmente le sentiment d'incertitude. Une autre source d'incertitude est le conflit entre les comportements et les valeurs. Lorsque nous faisons des choses avec lesquelles nous sommes en désaccord, l'incertitude augmente. Pour en revenir à l'exemple de l'entretien, si l'emploi proposé ne correspond pas à nos convictions, notre incertitude augmente. Un exemple de ce genre est bien reflété au cinéma lorsqu'un avocat défendant l'environnement commence à travailler pour une entreprise qui détruit la nature. En plus de la dissonance cognitive, ces comportements peuvent également conduire à un état d'anxiété d'incertitude. L'injustice sociale est également devenue un facteur qui produit un certain degré d'incertitude. Les injustices que nous rencontrons chaque jour et les injustices subies par les autres peuvent nous rendre incertains si nous ne pouvons pas résoudre ces problèmes. Le manque de contrôle sur ces injustices nous fait douter de notre capacité à prédire l'avenir. Face à cette situation, il y a une certaine attirance pour les idéologies et les groupes extrêmes qui espèrent éliminer ces injustices.

Définition de la notion de «biais cognitif»

On constate dans la pratique qu'en ce qui concerne les enjeux importants un individu est disposé à engager des ressources conscientes pour réduire son incertitude (par exemple : achat de portes blindées, souscription de contrats d'assurance) ou inconscientes en utilisant des biais cognitifs.

Le concept de biais cognitifs a été introduit par Kahneman et Tversky au début des années 1970 afin d’expliquer certaines tendances vers des décisions irrationnelles dans le domaine économique.

Les biais cognitifs se définissent comme étant un réflexe de pensée faussement logique, inconscient, et systématique « Les biais cognitifs sont des dévoiements du raisonnement rationnel constituant la contrepartie négative des modes de résolutions des situations complexes (Kahneman et Tversky, 1979). Ils peuvent contribuer à faire dévier le décideur de son intention mais, facteur aggravant, ils masquent cette déviation. En effet, ceux-ci l’amènent à ne pas s’apercevoir de la vraie ampleur du risque. Ils ne permettent au décideur ni une recherche complète d’information ni une interprétation parfaite des faits. » (Belanes et Hachana, 2010)

Les enjeux à l’incertitude : les biais cognitifs un outil d’aide à la décision

En présence d’incertitude l’individu va alors adopter différentes stratégies et utiliser différents biais cognitifs, il va ainsi: Tenter de réduire au maximum la zone d’incertitude : avoir une meilleure connaissance de la situation par exemple.

Tenter de réduire l’état de dissonance dans laquelle il se trouve : Par exemple : Je crains des risques à être en voiture, je vais multiplier les contrats d’assurance.

Réaliser différents arbitrages notamment sur la sécurité et les risques : La sécurité est l’absence de risques inacceptables. Le risque est l’effet de l’incertitude sur l’atteinte des objectifs.

Plusieurs biais vont être utilisés pour aider à la décision et réduire l’incertitude, tels que:

Le biais de cadrage

Selon comment l’individu va se présenter la situation, la prise de décision en sera facilitée. Un cadrage positif sera toujours préféré au cadrage négatif même si les 2 situations sont identiques. C'est le cadrage de décision.

L’illusion de confiance

En lien avec la surestimation de ces capacités. L'illusion de confiance permet une diminution de l’incertitude et favorise la prise de décision.

Biais de confirmation

Ce biais explique que nous interprétons les informations de manière à corroborer nos opinions/hypothèses. Ce biais peut ainsi réduire l’incertitude en nous confortant dans notre position qui peut être erronée du fait du biais de confirmation

Biais du survivant

C’est la tendance à nous focaliser sur les succès et à essayer d’en tirer des conclusions, en oubliant les échecs qui ont employé la même stratégie.

Biais d’aversion à la perte

Lorsque nous avançons dans le processus décisionnel, il y a un point de non-retour qui amène également à réduire l’incertitude. Par exemple : nous sommes arrivés si loin qu’on ne peut plus reculer.

En ce qui concerne les enjeux plus modestes, au contraire, il se montre prêt à en dépenser pour augmenter cette même incertitude : si un changement de vie, même de probabilité très faible, peut en être espéré (ex: loterie et jeu de hasard) ou tout simplement pour échapper à l'ennui (ex; jeu de cartes, réussites, patiences...)

Les conséquences de l’aversion pour l’incertitude : la résistance au changement

Les niveaux d’approches du changement Au cours de sa vie, l'individu alterne des phases de croissance et d’assimilation (en boucle) pour assurer son développement et sa continuité. Il possède pour se faire d’une capacité fonctionnelle qui lui permet d'ajuster son fonctionnement à ses finalités essentielles. Le maintien d’un équilibre optimal est auto-régulé (homéostasie) assurant ainsi la permanence du système.

Cette autorégulation concerne non seulement sa structure intérieure mais aussi l’ensemble des échanges avec l’extérieur.

Il est à noter que le concept du changement implique plusieurs niveaux d’approche possibles :

le niveau phénoménologique : l’apparition d’un évènement distinct et repérable dans le contexte d’observation modifie une réalité établie. L’évènement marque un avant et un après. Le niveau accidentel présente un caractère inattendu et vient rompre un état d’équilibre. Le niveau volontaire et intentionnel : le changement est recherché et voulu. Les personnes concernées se sont figurés une représentation du nouvel état et mettent en œuvre des moyens pour le réaliser. La signification attribuée qui est rattachée à la subjectivité du point de vue de l’observateur. La signification est relative au référentiel utilisé pour analyser le changement. Le niveau philosophique qui interroge sur la validité même du changement en conjuguant la raison, la connaissance et la logique.

Face à certaines situations de crise fréquemment rencontrées au cours de son existence, l’individu utilise sa capacité innée à créer des solutions inédites pour s'adapter et préserver son identité. Cependant, au-delà d’un certain seuil où l’écart entre l’état initial et l’état suivant est trop important, ces alternatives adaptatives ne sont plus suffisantes. L’accommodation sera bloquée.

Instabilité de l’emploi facteur de la résistance au changement de l’individu L'instabilité des postes de travail, les emplois intermittents, atypiques nous mettent dans des schémas d'instabilité.

Les individus construisent un lien étroit entre leur expérience professionnelle et la définition même de leur identité personnelle et sociale. Ce qui amène l incertitude dans le milieu professionnel : la flexibilité du travail, la restructuration des entreprises, la réduction du personnel.

Mettant les individus dans une « job insecurity » qui peut amener une perte de motivation et aussi une baisse de la productivité

Ce qui induit une résistance au changement

Prise de décision et incertitude

Lien entre incertitude et décision