Le château de Brie-Comte-Robert est un château médiéval situé dans la commune française de Brie-Comte-Robert dans le département de Seine-et-Marne, en région Île-de-France. Le château est situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Paris.

À la fin du , Robert de Dreux, frère du roi de France , fonde la ville de Brie-Comte-Robert et y fait bâtir son château. Celui-ci est alors construit sur un plan carré, flanqué de huit tours et ceinturé par des douves. Jeanne d'Évreux, héritière du château, fait entrer la ville de Brie-Comte-Robert dans le domaine royal, par son mariage avec le roi .

Lors de la Fronde, qui commence en 1649, le château est pillé et partiellement détruit par les troupes royales commandées par le comte de Grancey.

En 1750, les tours et les courtines sont détruites, seules et la tour Saint-Jean furent gardées. Le bâtiment est ensuite mis en vente en comme bien national.

La commune de Brie-Comte-Robert achète le château puis le revend à des particuliers. Les acheteurs font raser ce qu'il reste de la tour Saint-Jean pour édifier une maison bourgeoise. La ville rachète le château en 1923 puis le fait classer comme monument historique en 1925..

Depuis la création de l'association « Les Amis du Vieux Château de Brie-Comte-Robert » en 1982, des bénévoles s'emploient à des chantiers de fouille, de restauration du patrimoine bâti et de mise en valeur du site. En 2003, les courtines sont remontées partiellement à plus de six mètres de hauteur, la porte de Brie est restaurée, la maison bourgeoise est détruite, et la tour Saint-Jean est partiellement reconstruite.

Historique Moyen Âge vignette|Le château au .|alt=Dessin représentant le château au . Le château de Brie-Comte-Robert est construit pendant la moitié du , alors que , frère du roi , est seigneur de Brie.. Le château est situé sur l'ancien domaine de Braia, propriété des évêques de Paris ; le roi achète une partie du domaine, en 1137, pour son fils , qui devient ainsi le premier seigneur de Brie-Comte-Robert. Le château reste dans la famille de Dreux jusqu'en 1254, puis passe à la famille de Châtillon. Par dots et héritages successifs, il échoit à Marguerite d'Artois, puis à sa fille Jeanne d'Évreux. Malgré son titre royal, la châtellenie n'en reste pas moins, comme à son origine, dans la mouvance de l'évêché de Paris auquel les possesseurs devaient foi et hommage.

Le château devient, au début du , l'une des meilleures places fortes de la région. Il s'élevait au nord de la ville sur la route de Paris et présentait une enceinte carrée protégée par un fossé d'eau vive, avec une tour ronde à chacun des angles. Un donjon carré en défendait l'enceinte. Trois autres tours fortifiaient le quadrangle et se reliait aux premièresRevue de Champagne et de Brie T2..

Jeanne d'Évreux, qui tient la châtellenie de Brie-Comte-Robert par héritage, épouse le dernier Capétien direct, .. À la mort de celui-ci, en 1328, ses confortables revenus, en tant que douaire royal assis sur de nombreux fiefs en Brie et en Champagne, lui permettent de consacrer des sommes importantes à l'entretien et à l'amélioration de ses possessions propres, dont Brie-Comte-Robert. Elle fait faire d'importants travaux au château, comme l'attestent ses comptes conservés aux Archives nationales..

Le château devient une résidence de prestige où séjournent tous les grands seigneurs du royaume, notamment les ducs de Bourgogne. En 1350, le mariage de et de Blanche d'Évreux-Navarre., nièce de la reine Jeanne, y a lieu.

La dame de Brie fait, en particulier, aménager luxueusement la demeure seigneuriale située contre les courtines sud-ouest, sud-est et surtout nord-est. Elle fait construire la chapelle Saint-Denis, accolée à la tour Saint-Jean, et dessiner de vastes jardins d'agrément. Jeanne d'Évreux meurt au château en 1371. À la fin du , le château revient au domaine royal., puis à la famille d'Orléans.

vignette|Le château au .|alt=Dessin représentant le château au . Louis d'Orléans y mène une vie brillante où il organise des tournois ou encore des réceptions de grands seigneurs, comme le où il organise un grand tournoi dans lequel un chevalier anglais bat le champion Ogier de Nantouillet., mais, devant l'insécurité grandissante, il fait armer le château dès 1405. Après son assassinat par le duc de Bourgogne Jean sans Peur et la constitution du parti Armagnac (1407), le château passe sous le contrôle du parti bourguignon, qui s'assure ainsi une étape sûre sur la route menant de Paris vers la Bourgogne.

En 1420, le passage de l'armée anglaise, en route pour Troyes, et le siège de Melun qui s'ensuit, amènent quelques désordres dans la ville, mais n'affectent pas le château. C'est à partir de 1429 que la ville est, , prise et reprise par les Français et les Anglais. Le fait majeur reste toutefois le siège mis en place en par le comte Humphrey Stafford, qui provoque d'immenses dégâts, tant dans la ville que dans le château. La place est rachetée par les Français en 1434 et rendue à son propriétaire, Charles d'Orléans. Quand son fils devient roi sous le nom de , le château entre à nouveau dans le domaine royal..

Temps modernes vignette|Façade de la Tour Saint-Jean au .|alt=Dessin représentant la façade de la Tour Saint-Jean au . À partir du règne de , le château et ses terres sont confiés par le roi à certains de ses proches, soit à titre de faveur, , soit par vente conditionnelle avec faculté de rachat, « l'engagement ». Parmi eux figurent Louis de Poncher, Philippe Chabot, Balthazar Gobelin et Claude de Bullion, surintendant des finances de .

Au milieu du siècle, diverses familles de seigneurs italiens proches de Catherine de Médicis (Aquaviva, Pierrevive, Gondi) détiennent le château, mais laissent l'édifice se dégrader, provoquant même l'incendie des planchers et de certaines charpentes.

Un arrêt du Parlement est nécessaire en 1567 pour faire cesser ces déprédations. causés par les familles de seigneurs italiens. À la fin du siècle, Balthazar Gobelin, un fidèle de , y fait effectuer des réparations.

Le château est encore en état de recevoir le jeune par deux fois, en 1609 et 1611.

vignette|gauche|Combat de Brie-Comte-Robert (1649).|alt=Tableau représentant le combat de Brie-Comte-Robert. En 1649, lors des troubles de la Fronde, la ville, puis le château de Brie-Comte-Robert, sont pris par les troupes royales commandées par le comte de Grancey. Le château est pillé. et canonné par une batterie pendant plus de cinq heures, perdant ainsi sa tour sud-est.

La remise en état ultérieure doit être très modeste ; en 1681, le château est en très mauvais état et considéré comme inhabitable, avec des fossés comblés d'immondices et un jardin en friche.

Le président du Parlement de Paris, Jean-Antoine de Mesmes, autre engagiste, fait faire divers travaux d'entretien au niveau des toitures, et des réparations aux ponts d'accès. Des procès-verbaux de visite du domaine, et des baux à ferme de cette époque, décrivent quelques aménagements intérieurs. Le château est alors habité par des particuliers.

vignette|Le baron au château.|alt=Gravure représentant le baron au château. En 1750, Germain-Louis de Chauvelin, seigneur engagiste depuis 1734, arguant de la vétusté de l'édifice, obtient l'autorisation de raser les tours et les courtines à la hauteur du premier étage, en épargnant toutefois la tour Saint-Jean, symbole seigneurial.

Racheté par le roi en 1766, le domaine de Brie-Comte-Robert, dont le château., fait l'objet d'un échange entre ce dernier et son cousin, le comte d'Eu. Ses héritiers, le duc de Penthièvre, puis sa fille, la duchesse d'Orléans, en sont les derniers seigneurs.

Durant la Révolution française, l'édifice sert de prison à Pierre Victor de Besenval de Brünstatt, colonel des gardes suisses et commandant militaire de l'Île-de-France, qui y est détenu du à son à Paris le ...

À cette même époque, une guérite d'observation fut installée dans la tour principale, et la cour fut équipée de plusieurs canons afin de défendre la ville de Brie contre les brigands. Au mois de , une troupe de ces bandits dirigea une véritable attaque contre la ville de Brie-Comte-Robert, et mit en fuite les habitants de la commune. Le bâtiment est ensuite mis en vente en comme bien national.

Époque contemporaine vignette|gauche|Tour de Brie.|alt=Carte postale représentant la tour de Brie au début du . Racheté par la ville en 1803, le château est revendu en 1813. Le , le maire de Brie-Comte-Robert (Valladon de la Grivelle) est instruit d'un crime, un homme dans un sac a été retrouvé dans les eaux des fossés, le corps séparé des jambes, la tête et les cuisses. Il s'agit du corps de Pierre Gillet.. L'assassin fut retrouvé, c'était Jean Ferrell, qui a été guillotiné dans la commune le Le Crime de la rue des Halles, 1987 (tout le livre).. En 1879, un des propriétaires privés qui se succèdent au cours de cette période, fait raser ce qui subsiste de la tour Saint-Jean, pour édifier un bâtiment moderne.

Des apports massifs de terre végétale transforment la cour et les lices en un vaste jardin potager. La commune rachète le château en 1923, l'aménage en jardin public338. et le fait classer monument historique le . Depuis 1982, la municipalité mène un programme de remise en valeur du site, dans lequel s'insère le chantier archéologique, qui est mené par l'association Les amis du vieux Château de Brie-Comte-Robert. L'association précède et souvent oriente le programme de restauration des vestiges du château.

L'année 2003 voit le début du grand programme de restauration, avec le remontage de courtines sur plus de six mètres de hauteur, la restauration de la tour de Brie, puis la destruction de la maison du , permettant la reconstruction partielle de la tour Saint-Jean, selon les relevés archéologiques..

À l'intérieur de l'enceinte, la construction d'un bâtiment contemporain, le Centre d’interprétation du patrimoine, permet à l’association des amis du vieux château de concevoir et de gérer une exposition permanente sur le site et d'y mener des activités pédagogiques. L'enceinte, ses abords, et les rues proches, accueillent chaque année la fête médiévale de Brie-Comte-Robert., début octobre, et le festival biennal de marionnettes de rue, mi-octobre.. L'architecte des rénovations est Jean-Claude Semon.

Description vignette|Plan du château au , avant destructions massives.Légende :1 : Tour Saint-Jean.2 : Tours rondes.3 : Tour Sud-Est.4 : Tour Nord-Ouest.5 : Tour de Brie.6 : Cour du château.8-10-11-12 : Logis seigneurial.9 : Grande salle.7 : Bâtiments des communs.

Le château de Brie-Comte-Robert est un château de plaine, sur une superficie de 347.. L'ensemble, de plan carré d'environ de côté, dépourvu de tour maîtresse., est bâti dans une cuvette géographique que l'architecte mit à profit pour creuser les douves, au point le plus bas de la ville. Les fossés en eau sont situés à une douzaine de mètres du pied des murailles d'enceinte...

Au milieu des courtines sud-ouest et nord-est, deux tours carrées servent d'entrées opposées. Cette disposition, qui pouvait induire une certaine faiblesse dans la défense, est unique en Île-de-France. L'entrée nord-est était surmontée de la tour-porte maîtresse, intégrée à l'enceinte et faisant office de donjon.

Compte tenu des diverses destructions, seules les tours sud, est et ouest gardaient une élévation de leur salle du premier étage. Les autres tours présentaient encore des vestiges de leur premier niveau. Elles furent l'objet, en 2003, d'importantes restaurations.

Aucune trace au sol du logis seigneurial et des communs ne subsistait en 1982, date du début des fouilles archéologiques. Depuis cette période, les campagnes de recherches annuelles mettent progressivement au jour les vestiges des bâtiments seigneuriaux à l'intérieur de l'enceinte et des constructions annexes sur les lices..

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