Maxime Du CampL’usage français exigerait la minuscule à la particule contractée « du » ; l’intéressé lui-même utilisait la majuscule (comme le montre une lettre du 22 septembre 1866), et cet usage de la majuscule est généralisé pour écrire son nom. Cet usage vient du fait que le nom s'écrivait à l'origine d'un seul tenant : cf. l'orthographe du nom de son père : Ducamp., né le à Paris et mort le à Baden-Baden (Grand-duché de Bade), est un écrivain polygraphe et photographe français, membre de l’Académie française.
La critique littéraire à son égard fut plutôt dure, depuis son décès. Il demeure ainsi, de nos jours, dans l'ombre de grandes figures de la littérature française du telles Gustave Flaubert et Théophile Gautier, qui furent par ailleurs ses amis.
Biographie Maxime Du Camp, né le à Paris est le fils de Théodore Du Camp, un médecin réputé. auteur d'un traité d'urologieGoogle Livre "Traité des rétentions d'urine causées par le rétrécissement de l'urètre" de Théodore Ducamp, consulté le 17 décembre 2020.
Après ses études, Maxime Du Camp, grâce à la fortune de son père, peut satisfaire son goût très vif pour les voyages. Il visite, entre 1844 et 1845, Smyrne, Éphèse, Constantinople et l’Algérie., d’où il rapporte des Souvenirs et paysages d’Orient (1848), puis, entre et , l’Égypte, la Nubie, la Palestine, la Syrie, l’Asie mineure et la Grèce . d’où il rapporte Égypte, Nubie, Palestine et Syrie (1852). Il s'agit du premier des recueils photographiques ayant été publiés. Il contient entre autres Westernmost Collossus Of Temple Of Re qui est certainement sa photographie la plus célèbre. Il a effectué ces voyages en compagnie de Gustave Flaubert, avec qui il entretient ensuite une abondante correspondance.
Ayant sollicité auprès du ministère de l'Instruction publique une mission archéologique pour son voyage oriental de 1849-1851, il s'initie, en prévision de ce voyage, à la photographie avec Gustave Le Gray., quelques semaines avant son départ, et confiera ses 24 premiers tirages au peintre Jean-Charles Langlois qui les conservera toute sa vie, propos de Céline Ernaelsteen recueillis par Stéphanie Pioda dans « L'Égypte photographiée par Du Camp », Archéologia, , juillet-août 2017, . L'Association régionale pour la diffusion de l'image (ARDI), est dépositaire de ce fonds.. Il la documente par de nombreuses photographies, dont une partie sera publié dans son recueil photographique Egypte, Nubie, Palestine et Syrie (1852) évoqué plus haut dans l'article. Il utilise la technique dérivée du calotype de Talbot.. Les tirages sur papier salé réalisés dans les ateliers et selon le procédé de Blanquart-Evrard sont restés d'une très grande qualité« Maxime Du Camp », sur le site des Expositions virtuelles de la Bibliothèque nationale de France. Consulté le 8 février 2010..vignette|Aquarelle d’Eugène Giraud pour les Soirées du Louvre.En 1851, il est l’un des cinq fondateurs de la Revue de Paris. qui devait publier Madame Bovary et contribue fréquemment à la Revue des Deux Mondes. Ayant servi comme volontaire sous Garibaldi en 1860, il raconte ses expériences dans Expédition des Deux-Siciles (1861). En 1870, il entre au Sénat, mais sa nomination est réduite à néant par la chute de l’Empire.
Il est élu membre de l’Académie française en 1880, surtout, dit-on, à cause de son histoire assez hostile de la Commune, publiée sous le titre de Les Convulsions de Paris, en 4 vol.« Bibliographie de Maxime du Camp », site officiel de l'Académie française. (1878-1880).
Son œuvre littéraire est des plus fécondes. Outre ses premiers ouvrages relatifs aux pays d’Orient qu’il a parcourus et décrits, il a également écrit l'histoire de la célèbre expédition des MilleLa Petite Revue, , , 24 février 1894., en Sicile, dont il a fait partie. Croyant au progrès, il a été l’un des premiers à utiliser la photographie dans ses explorations et ses livres de voyage furent parmi les premiers à être illustrés de photographies. Il est aussi l'auteur des Mémoires d'un suicidé (1853), d'ouvrages de critique, d'art, de poésies et de romans. Il est l’auteur d’une série d'ouvrages en six volumes qui demeure un témoignage précieux sur la vie quotidienne à Paris, Paris, ses organes, ses fonctions, sa vie dans la seconde moitié du (1869-1875). Il publie plusieurs travaux sur les questions sociales, dont l’un, Auteurs de mon temps, a été conservé dans l’Enfer de la Bibliothèque nationale jusqu’à 1910.. Ses Souvenirs littéraires (2 vol., 1882-1883) contiennent de nombreux renseignements sur les auteurs contemporains, Lamartine, Nerval, Fromentin, Delacroix, Sand, Musset, , mais surtout Gustave Flaubert, dont il a été l’ami des premiers jours..
Collaborateur assidu de la seconde Revue de Paris, il meurt au moment où naît la troisième.. La Revue des Deux Mondes, qu’il considérait comme « le premier recueil littéraire du monde. », l'a compté également au nombre de ses plus brillants collaborateurs.
En , Amédée Achard, Maxime Du Camp et Gustave Flaubert sont en séjour à Baden..
Mort et postérité Vers la fin de ses jours, il partage son temps entre Paris et le pays de Bade, où il séjourne plusieurs mois par an.. Il écrit ainsi ses quatre volumes de Mémoires à Baden-Baden où il meurt, mais est enterré, à Paris, au cimetière de Montmartre ( division, ligne, tombe 16Site flaubert.univ-rouen.fr Tombe de Maxime Du Camp (1822-1894)..)
L'écrivain et essayiste français Paul Bourget, ayant été élu par l’Académie française à la place laissée vacante par le décès de Maxime Du Camp, est tenu, lors de la séance du , de prononcer un discours évoquant son prédécesseur et le présente en des termes assez élogieux en soulignant l'originalité et la complexité de son devancierSite academie-francaise.fr, page "Discours de réception de Paul Bourget", consulté le 17 décembre 2020. : En même temps que vous m’appeliez, avec une bienveillance dont je sens l’inestimable prix, à l’honneur de siéger dans votre compagnie, vous me donniez à tracer le portrait d’un homme infiniment complexe et intéressant, — portrait rendu difficile par cette complexité même du modèle. M. Maxime Du Camp a touché en effet, dans ses livres, à tous les genres et à tous les sujets : récits de voyage, poèmes socialistes et poèmes intimes, romans d’imagination et romans d’analyse, morceaux de critique, monographies d’art, esquisses d’histoire, à combien de tentatives son vigoureux talent ne s’est-il pas essayé avant de s’arrêter à ce tableau de Paris, qui demeure son plus beau titre de gloire ? Et cette œuvre si considérable, si opulente, si variée, n’avait pas épuisé, n’avait pas exprimé sa vie. Nous devinons, à travers ces volumes de matière si disparate, la poussée en mille directions diverses d’une humeur inquiète, qui s’est cherché une forme de pensée, à travers combien de formes d’existence […].
Réception critique vignette|Caricature de Du Camp par Nadar. vignette|Buste de Maxime Du Camp, bronze de Pradier, Paris, musée du Louvre. 1880-1970 À l’égard de Maxime Du Camp, la postérité ne fut pas tendre. Et si son nom est connu, c’est plus pour ses liens avec des grands noms de la littérature française comme Charles Baudelaire, Gustave Flaubert ou Théophile Gautier, que pour ses œuvres historiques, romanesques, sociologiques ou de critique artistique. Et en effet, son nom se situe en majorité dans l’ombre de Flaubert dans le cadre des études menées sur l’auteur au cours du faisant un sort peu commode à Maxime Du Camp.. Nonobstant, toutes ne sont pas aussi cruelles et des études récentes ont été menées sur l’auteur depuis les années 1970. Dans sa publication des correspondances de Gustave Flaubert en 1973 aux éditions de la Pléiade, Jean Bruneau établit le constat suivant :
Ainsi, les causes de cette désaffection furent plus les révélations maladroites de Maxime Du Camp provenant de ses Souvenirs littéraires publiés en 1882-1883, que la qualité de ses œuvres romanesques, qui par la suite furent critiquées. En effet, ses révélations sur l’épilepsie de Gustave Flaubert furent considérées comme de la jalousie, sa publication du texte de Madame Bovary amputé de plusieurs passages en 1857 dans la Revue de Paris comme une trahison, et son absence lors de l’enterrement de Flaubert comme un abandon. Ainsi, Thierry Poyet, dans son étude littéraire sur les œuvres romanesques de Maxime Du Camp résume bien la façon dont il a été perçu :
Ainsi, Guy de Maupassant, en bon élève de Flaubert, dans ses articles, réunis par la suite., sur le maître de Croisset voulut rétablir l’affront qui lui avait récemment été fait, et c’est alors à Maxime Du Camp qu'il fit un sort. À propos de l’épilepsie révélée dans les Souvenirs littéraires, Maupassant parle en ces termes de Du Camp : « Puis il fut frappé par la terrible maladie qu’un autre ami, M. Maxime Du Camp a eu la mauvaise inspiration de révéler au public, en cherchant à établir un rapport entre la nature artiste de Flaubert et l’épilepsie, à expliquer l’une par l’autre.. » Guy de Maupassant considère que Du Camp a terni la postérité de Flaubert en laissant entendre que son génie ait pu pâtir de sa maladie.
Par ailleurs, exposons le procès qui a été intenté à Maxime Du Camp à l’occasion de la parution, en 1884, de la correspondance de Flaubert avec George Sand, où fut révélée, dans la préface de l’ouvrage. réalisé par Maupassant, une lettre en date du . démontrant que Maxime Du Camp et Léon Laurent-Pichat, alors rédacteurs en chef de la Revue de Paris, effectuèrent des coupes lors de la publication de Madame Bovary dans la Revue et émirent des critiques présentes dans la lettre, que Maupassant jugea inappropriées.
De surcroît, dans son Journal, Edmond de Goncourt rapporte l’absence de Maxime Du Camp lors de l’enterrement de Flaubert :
Par ailleurs, l’essai de Jean-Paul Sartre sur Gustave Flaubert, L'Idiot de la famille (1971), est assez significatif d’une tendance générale au dénigrement. Du Camp passe alors pour « une sorte d’imbécile incapable de comprendre les enjeux fondamentaux de la littérature.. » Il paraît donc évident que, pour Sartre, Du Camp est un sous-Flaubert, un écrivain de seconde zone, et il en parle ainsi en ces termes :
Si Sartre se montre assez intransigeant sur les œuvres littéraires de Du Camp, c’est également le cas d’Albert de Bersaucourt qui, dans un article. sur le poète belge Émile Verhaeren, tente d’établir un rapprochement entre les idées développées sur le progrès technique dans la préface des Chants modernes (1855), recueils de poésies de Du Camp, et l’œuvre poétique de Verhaeren, plus particulièrement Les Campagnes hallucinées (1893) et Les Villes tentaculaires (1895), mais seulement sur les idées. En effet, son propos se constitue essentiellement en une critique de l’œuvre poétique de Du Camp qu’il considère comme « un piètre poète et un pauvre écrivain, . », dont « la prose […] est bien mauvaise, .. »
Si ces articles ont façonné l’opinion sur l’œuvre poétique et romanesque de Du Camp, il est bon de signaler que, depuis les années 1970, des études littéraires ont été menées sur l’auteur, en vue d’une réévaluation de son œuvre.
Depuis 1970 Une première thèse a été soutenue, en 1963, à Paris, traitant des Forces perdues (1867) de Du Camp au miroir de l’œuvre flaubertienne.. Dans le même cadre de comparaison littéraire dans l’optique d’une réhabilitation de Du Camp, on peut citer une autre thèse soutenue, en 1973, à l’université de Virginie par Anthony A. Francis..