Henri-Eugène Le Sidaner, né le à Port-Louis (Île Maurice) et mort le à Paris, est un peintre postimpressionniste français.

Biographie vignette|gauche|La Promenade des orphelines, Berck (1888), musée des Beaux-Arts de Dunkerque. Fils d'un capitaine au long cours, mort au cours d'une tempête dans la Manche en 1880, Henri Le Sidaner passe son enfance à Dunkerque. Boursier de cette ville, il part étudier la peinture à Paris, où il découvre l'impressionnisme et la peinture d'Édouard Manet qui le trouble. En 1882, il est reçu à l'École des beaux-arts de Paris, puis en 1884 y est admis dans l'atelier d'Alexandre Cabanel qui le soutiendra toujours.

Il part s'installer à Étaples en 1884 à l'hôtel Ioos. Il dit : . Il y rencontre d'autres peintres venus travailler comme lui dans la région, comme Eugène Chigot, son ami d'enfance, avec lui, il organise en 1892 le salon des peintres d'Étaples dédié à cette colonie des peintres français et étrangers qui fréquentent cette région.. Il y restera jusqu'en 1893, travaille dans la solitude le plus souvent et ses œuvres de l'époque se rapprochent du réalisme sentimental d'un Jean-Charles Cazin, propos de l'artiste dans ..

En 1887, il expose au Salon des artistes français et peint de jeunes bergères dans le décor des dunes du Nord. En 1891, il est nommé officier d’Académie par le ministère de l'Instruction publique, et obtient une médaille de troisième classe et une bourse de voyage pour son tableau La Bénédiction de la mer, vaste composition acquise par l'État, actuellement au musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Châlons-en-Champagne. Il entretient une correspondance nourrie avec ses amis Henri Martin, Edmond Aman-Jean, Ernest Laurent ou encore Henri DuhemCette correspondance est conservée aux archives municipales de Douai. Plusieurs portraits de Rémy Duhem et de Marie Duhem par Le Sidaner et Henri Martin, ainsi qu'un buste en bronze d'Henri Duhem par Constantin Meunier sont conservés au musée de la Chartreuse de Douai..

En 1892, il visite l'Italie et la Hollande et fait des portraits de jeunes Hollandaises. Au Salon, il présente L'Autel des orphelines (musée des Beaux-Arts d'Arras) dernière importante composition religieuse pour cet artiste non-croyant, mais troublé par le sentiment de recueillement. Il se lie d'amitié avec Émile Claus. Il quitte Étaples et s'installe à Paris au 5, rue Émile-Allez, où il a pour voisin le musicien Gabriel Fauré, interprète des poètes symbolistes. Il se lie à plusieurs personnalités proches du symbolisme, comme Émile Verhaeren et Georges Rodenbach, ou les critiques Camille Mauclair et Roger Marx. Il rejoint la Société nationale des beaux-arts, présente le Départ de Tobie et une première série de deux motifs à des heures différentes : Paysage de neige et Soir de neige. Il reste fidèle à ce Salon pendant près de trente ans et fait partie du conseil d'administration.

En 1895, il expose chez Georges Petit , concentre son inspiration sur les effets crépusculaires et continue de détruire la plus grande partie de sa production. Sa première exposition personnelle à la galerie Mancini en 1897 connaît un succès critique et il expose Les Âmes blanches et Lumières cendrée au Salon. En 1898, il expose à La Libre Esthétique à Bruxelles, et Le Dimanche, sommet de sa période symboliste, est présenté au Salon. Un séjour décisif à Bruges de 1898 à 1900 avec sa compagne Camille Navarre, et dont Jules Rais écrira qu'il y , consacre son inspiration symbolisteÀ la demande de Claude Monet, il offre une œuvre en faveur des héritiers d'Alfred Sisley qui vient de mourir.. En , il rejoint la Société nouvelle de peintres et de sculpteurs, avec une première exposition collective à la galerie Georges Petit à Paris en « Choses du jour : Un nouveau salon », par Étienne Charles, in: La Liberté, Paris, 6 juillet 1899, — sur Gallica..

Gustave Soulier écrit dans La Revue blanche en 1901, qu'il est le ..

Après avoir vécu près de Beauvais, à Gerberoy, il s'installe à VersaillesUne plaque sur l'immeuble rappelle qu’il a vécu au 27, rue des Réservoirs, à l'angle de la route de la Reine.Il existe cinq rues Le Sidaner : à Port-Louis, Gerberoy, Versailles, Créteil et Étaples-sur-Mer., où il demeurera jusqu'à sa mort, d'un infarctus, à Paris. George Desvallières, Albert Acremant, Camille Mauclair et Georges Huisman ont prononcé des discours lors de son inhumation à Versailles.

Henri Le Sidaner est le père de l'écrivain Louis Le Sidaner, le cousin du dramaturge Albert Willemetz, dont il a fait le portrait en 1937, et le frère de Marthe, qui a épousé, en 1908, le peintre Georges Rouault. Marcel Proust le cite dans À la recherche du temps perdu, le comparant à Elstir.

Hommage Pour rendre hommage à Henri Le Sidaner, plusieurs communes ont donné son nom à une voie de leur commune : Créteil, Dunkerque, Étaples : , Gerberoy, Montpellier et Versailles.

Le Sidaner à Gerberoy vignette|Le Jardin blanc au crépuscule (1912), Bruxelles, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. C'est sur les conseils du céramiste Auguste Delaherche que l'artiste découvrit Gerberoy, petite ville délaissée de l'Oise où il acheta une maison qu'il restaura peu à peu. Ses différents déplacements en France et à l'étranger lui avaient procuré maintes sensations intimistes. Seul Gerberoy fut propice à une création fertile en devenant presque le thème principal de son œuvre (plus d'une centaine de toiles produites). Dès 1901, il propose au Salon des vues de la cité, puis il se focalise progressivement sur la partie architecturale phare de la maison, à savoir la façade, ses fenêtres, ses volets. Dans la recherche de l'instant intime, de « l'arrêt sur image », les toiles de Gerberoy émanent d'une douceur de vivre incomparable en même temps qu'elles déclinent selon l'heure et la saison des accords chromatiques variés. L'artiste passe le printemps et l'été de l'année 1903 à Gerberoy, où il commence à peindre des motifs d'intérieur à la fenêtre ouverte et des tables de jardin, des crépuscules. À l'aide d'un soigneux arrangement de nature morte, le peintre décline harmonieusement la sensation du « temps qui s'arrêteFenêtre sur…, catalogue de l'exposition au musée de Roanne en 2002. ».

Son jardin est orné de son buste réalisé par le sculpteur Pierre Roche.

Œuvre Aux alentours de l'année 1900, il se consacre désormais à une peinture intimiste dont se trouve exclue la figure humaine : jardins déserts, tables servies pour d'hypothétiques hôtes, campagnes solitaires, expriment une vision silencieuse et paisible avec une technique post-impressionniste. et un chromatisme retenu aux nuances chaudes, à la tonalité raffinée et douce qui nimbent ses scènes moins de mystère que d'une espèce de religiosité. Son inspiration au contact de nombreux voyages s'élargira et perdra son mystère au profit d'un art plus décoratif, dont le succès ne se démentira pas. Décrivant les personnages que le peintre à disposées dans un calme paysage (Le Dimanche, 1898, musée de la Chartreuse de Douai) : , déclare Gabriel Mourey.

Le Sidaner bénéficiera en 1931 d'une importante rétrospective à Bruxelles, inaugurée par la reine Astrid.

Galerie

Collections publiques

Afrique du sud Johannesburg Art Gallery La Fenêtre sur la rivière, 1908, huile sur toile, .

Allemagne Cologne, Wallraf-Richartz-Museum & Fondation Corboud La Fontaine aux Tuileries, vers 1900, huile sur toile. Petite Place sous la neige, Chartres, 1919, huile sur toile, . Hambourg, Hamburger Kunsthalle : Douce nuit, 1897, huile sur toile, .

Australie Sydney, Art gallery of New South Wales : Canal à Bruges, l'hiver, 1899-1900, huile sure toile, .

Belgique Anvers, musée Plantin-Moretus : Le Pavillon dans les roses, 1913, huile sur panneau, . Bruxelles, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique : Le Jardin blanc au crépuscule, 1912, huile sur toile, . Gand, musée des Beaux-Arts: La Table au jardin blanc de Gerberoy, vers 1900, huile sur toile, . Liège, musée d'Art moderne et d'Art contemporain : Le Pavillon français à Trianon, vers 1910, huile sur toile, .

Canada Ottawa, musée des Beaux-Arts du Canada : Maison de pêcheur au Tréport, vers 1900, huile sur toile, .

Espagne Madrid, museo nacional Thyssen-Bornemisza : Chaumière en lisière de forêt, Étaples, 1893, huile sur toile, . Soir d'automne, 1895, huile sur toile, . Rue de l'église, Villefranche-sur-mer, vers 1928, huile sur toile, .

États-Unis Chicago Art Institute La Seine et le Pont Royal, 1905-1910, huile sur toile. Le Portail du parc, vers 1905, huile sur toile, . Huntington Museum of Art Fenêtre sur la baie de Villefranche, 1924, huile sur toile, . Indianapolis Museum of Art Les Marches du palais, Versailles, 1925, huile sur toile, . Philadelphie, Museum of Art : Maison des roses, vers 1917, huile sur toile, . Pittsburgh, Carnegie Museum of Art Clair de lune, 1911, huile sur toile, . La Maison de Gerberoy: le soir, vers 1930, huile sur toile, . Santa Barbara Museum of Art Soleil sur la neige, Chartres, 1902, huile sur toile, .

France Amiens, musée de Picardie : La Maison aux roses au clair de lune, Versailles, 1928, huile sur toile, . Beauvais, musée de l'Oise MUDO : La Cathédrale de Beauvais au soleil couchant, 1900, huile sur toile, Sous la Tonnelle, Gerberoy, 1924, huile sur toile, . Jardin au clair de lune, Gerberoy, 1933, huile sur toile, . Boulogne-sur-mer, château-musée : L'Escalier, Gerberoy, 1902, pastel. Brest, musée des Beaux-Arts : Barque de pêche dans la brume, 1889, huile sur toile. Cambrai, musée de Cambrai : Les Volets clos, 1935, huile sur panneau, . La Table sous les lampions à Gerberoy, huile sur toile, 1924, https://astilllifecollection.blogspot.com/2018/05/henri-le-sidaner-1862-1939.html Cahors, musée Henri-Martin : La Table, 1901, huile sur toile, , dépôt du musée d'Orsay. Châlons-en-Champagne, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie : Bénédiction de la mer, 1891, huile sur toile, . Chalon-sur-Saône, musée Denon : Le Bouquet devant la fenêtre, 1936, .. Dijon, musée des Beaux-Arts : La Maison sous l'église au crépuscule. Gerberoy, vers 1936, huile sur toile, . Douai, musée de la Chartreuse : La Communion in extremis, 1889, huile sur toile, . Portrait de Madame Piettre, 1896, huile sur toile, . Le Dimanche, 1898, huile sur toile, . La Cathédrale de Beauvais, 1875-1900, huile sur toile, . Les Lampions sous la tonnelle, 1875-1900, huile sur toile, . La Tombe du soldat, 1915, huile sur toile, . La Nappe rouge, non daté, huile sur toile, . Dreux, musée d'Art et d'histoire : Place à Pontrieux, 1914, huile sur toile Dunkerque, musée des Beaux-Arts : La Promenade des orphelines, Berck, 1888, huile sur toile. Étaples, musée Quentovic d'Étaples : Jeune Fille de profil, 1892, huile sur boisJeune fille de profil, Musenor.. Gray, musée Baron-Martin : Le Dessert, vers 1904, huile sur toile, , dépôt du musée d'Orsay. ; La Maison paisible, estampe. Le Touquet-Paris-Plage, musée municipal : Portrait du peintre Alphonse Chigot, 1887, huile sur bois, . Portrait de marin, 1887, huile sur bois, . Le Matin au Printemps - Le Ciel, dit aussi, Ciel de printemps, 1913, huile sur toile, . La Porte ouverte sur le verger, 1924 La Maison aux roses, 1926, huile sur bois, . La Tasse de thé, 1937-1938, huile sur toile, . Les Trois Pots de fleurs, 1937, huile sur toile, . Lille, palais des Beaux-Arts : Le Presbytère, 1903, huile sur toile, .. Metz, musée de la Cour d'Or : La Treille, Isola Bella, 1909, huile sur toile, . Morlaix, musée des Beaux-Arts : Pavillon du Petit-Trianon, 1920, huile sur panneau de bois. Nantes, musée d'Arts : La Table au soleil, 1911, huile sur toile, . Soir de mai, huile sur toile, . Nemours, Château-Musée : Les Petits Fossés à Nemours, lithographie, lithographie exécutée d'après le tableau Canal de nuit à Nemours conservé au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes et non daté.. Paris, Assemblée Nationale : La Terrasse, huile sur toile, . Paris, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris : Le Vitrail, Chartres, huile sur toile, .