Fortune est un feuilleton télévisé français en treize épisodes de , créé par Louis Falavigna et Bernard Dabry d'après la pièce de Bernard Dabry, réalisé par Henri Colpi, et diffusé du au sur la Première chaîne de l'ORTF. Il a été rediffusé en 1971 et 1973 sur la Deuxième chaîne de l'ORTF. La dernière diffusion remonte à 1987, du au , sur FR3 ; elle eut lieu sur la base de neuf épisodes au lieu de treize. Bernard Dabry adapta ce feuilleton sous forme de livre, Fortune, publié en 1969 aux Éditions G.P., Département des Presses de la Cité.
Synopsis Ce feuilleton met en scène la vie du Suisse Johann August Sutter qui gagna l'Amérique en 1834, débarqua en Californie en 1839 après avoir traversé tout le continent et séjourné à Honolulu et en Alaska, fit fortune en installant dans la vallée du Sacramento la première et la plus importante colonie d'immigrants, et faillit devenir gouverneur de Californie. La découverte de l'or sur ses terres en déclencha la fameuse ruée vers l'or qui, paradoxalement, provoqua sa chute et sa ruine.
Fiche technique Titre : Fortune Réalisation : Henri Colpi Scénario : Louis Falavigna, Bernard Dabry (pièce) Musique : Georges Delerue
Distribution
Pierre Michael : Johann (John) Sutter Armand Abplanalp : James Brooke Georges Adet : le vieux sénateur Annick Allières : Mathilde (la femme du libraire de San Francisco) Louis Arbessier : Sutter père Yves Arcanel : le jeune sénateur Bruno Balp : le tavernier (de New York) Lucien Barjon : le libraire (de San Francisco) Edmond Beauchamp : Hartlieb Raoul Billerey : le tavernier (de Fort Sutter) Paul Bisciglia : Monk (le conseiller municipal) Charles Blavette : le vieux Dickinson Jean Bolo : Sir James Douglas Jean-Marie Bon : le tavernier de San Francisco Paul Bonifas : Burckardt Gérard Buhr : Sam Brannan Yves Bureau : Jimmy Simpson Léo Campion : le capitaine Alexandre Rotschoff André Cellier : Santa-Anna Marcel Charvey : Maxwell Tyne Philippe Chauveau : le journaliste Georges Claisse : Frederic Sutter Pierre Collet : Heckli Léonce Corne : le chef du village de Yerba-Buena Luc Delhumeau : le tavernier Frédérique Naldini : Maria Sutter Jean-Jacques Douvaine : Reston Jacques Ebner : le caissier Marc Eyraud : John Bidwell Jean-José Fleury : Finlay Geneviève Fontanel : Jenny Carruthers Daniel Gall : Jess Clark Roland Giraud : Charles Cooper Françoise Giret : Anna Sutter Jean Gras : Gregory Davies Gil Gueci : le petit Cheyenne Fernand Guiot : le commandant de la Clémentine Georges Hilarion : Maniki Jacques Hilling : Mac Dougall Gérard-Antoine Huart : Kit Carson Pierre Lafont : Rawlins Jean-Jacques Lagarde : Walter Griffith Robert Le Béal : Le gouverneur Peter Burnett Raymond Loyer : le banquier Clifford Rita Maiden : Alvarado Jacques Maire : Mac Calloun Jacques Maréchal : Alvarez Pascal Mazzotti : le colonel Ivan Kouprianof Raymond Meunier : Arthur Edward Sullivan Pierre Meyrand : James Marshall Françoise Meyruels : Inès Guttierez Marcel Midroit : un sénateur Pierre Mirat : le gouverneur Alvarado Henri Moatti : Ivan Ivanovitch Michel Montfort : Frank Molloy Jean-Pierre Moreux : le jeune avocat Antoine Mosin : Borotchenko Jean-Paul Moulinot : le docteur Charles Robinson Hubert Noël : Arnold Laure Paillette : Marc Burckardt Paul Pavel : Harrison Michel Peyrelon : William Radford Mario Pilar : le général Vallejo Douglas Read : le shérif Jean-Claude Robbe : l'officier de justice Gilbert Robin : le maire Jacques Robiolles : le commandant anglais Maria-Rosa Rodriguez : Dolorès Albert Simono : Ted Savitt Jean-Louis Tristan : le jeune délégué (à la convention de Monterey) André Var : Howard Nicole Vassel : la serveuse Jacques Verlier : Bartlett
Commentaires Le scénario ne s'inspire guère de l'œuvre littéraire portant sur le personnage de Suter (avec un seul « t »), L'Or, de Blaise Cendrars. À partir de l'histoire vraie de John Sutter, telle qu'elle fut rapportée par des biographes à la fin du et au début du , il cherche à faire rêver les adolescents (et au-delà) en dessinant un héros ayant presque tout vécu : les départs sans retour, les voyages à travers les terres et les océans, la misère, la fortune, l'amitié, l'amour, la descente aux enfers, la mort enfin.
Le destin du personnage tel qu'il est raconté dans le feuilleton est d'autant plus saisissant qu'au départ Johann Sutter est le fils d'un riche bourgeois de la région de Bâle (dans la réalité, Sutter était issu d'une famille de meuniers assez modestes mais il avait épousé en 1826 la fille d'une riche citoyenne de Burgdorf, un village suisse situé près de Berne). En quittant son pays et sa famille pour partir en Amérique il renonce à une vie facile, écrite par avance, pour vivre libre et créer un nouveau monde.
Il y parvient en s'installant le premier dans l'intérieur des terres de Californie du Nord, aux pieds de la Sierra Nevada. Grâce à son charisme, sa détermination et sa clairvoyance, il parvient à constituer un empire sur une terre pourtant convoitée par les grandes puissances de l'époque : le Mexique, la Russie, l'Angleterre et la France ! Il gagne une réputation de « bon Samaritain » en recueillant et en hébergeant les immigrants qui ont traversé le continent américain depuis le Missouri et qui parviennent, épuisés, jusqu'à Fort Sutter, la forteresse, dotée de canons ramenés de Honolulu et d'autres rachetés aux Russes, qui assure la protection de la Nouvelle-Helvétie. C'est ainsi qu'en 1844, Fort Sutter héberge l'explorateur John Frémont, son guide Kit Carson ainsi que leurs compagnons, sortis exténués de la Sierra Nevada. C'est ainsi encore que Fort Sutter joue un rôle capital dans le sauvetage d'une partie du groupe Donner, dont les membres ont été retenus prisonniers de la neige dans la Sierra Nevada au cours de l'hiver 1846-47.
Mais le destin, sous la forme de l'or, poursuivra Sutter en provoquant sa ruine, sa chute puis son départ définitif de la Californie.
À la fin de sa vie, passée entre un village de Pennsylvanie (Lititz) où est installée sa famille et Washington où il sollicite les membres du Congrès afin qu'on lui rende justice, la dernière victoire de Sutter sera « d'être resté John Sutter jusqu'au bout », c'est-à-dire de s'être battu sans cesse et de laisser un exemple.
Le feuilleton présente à son générique quelques-uns des plus grands acteurs de la télévision des années 1960 et 1970, notamment Pierre Michaël, son épouse à la ville Françoise Giret, Geneviève Fontanel, et Raymond Meunier (qui a joué aussi à la même époque dans Thibaud).
À la fin du deuxième épisode, alors que Sutter passe son premier Noël dans une taverne de New York, il fait la connaissance de Jenny Carruthers, une nouvelle immigrante, qu'il encourage à chanter « pour l'Amérique ». Cela fournit l'occasion d'entendre l'actrice (Geneviève Fontanel) entonner avec bonheur un couplet de la Ballade irlandaise et un autre du Chant des émigrants, le thème du feuilleton.
Voir aussi Liens externes
Catégorie:Série télévisée disparue au bout d'une saison Catégorie:Série télévisée française créée en 1969 Catégorie:Série télévisée française des années 1960 Catégorie:Feuilleton télévisé français Catégorie:Série télévisée biographique Catégorie:Série télévisée historique française Catégorie:Série télévisée d'aventures Catégorie:Adaptation d'une pièce de théâtre française à la télévision