Eugène Janvier de La Motte, né le à Angers et mort le à Paris, est un haut fonctionnaire et homme politique français.

Biographie Carrière préfectorale

Fils d'Eugène Janvier, député de Tarn-et-Garonne, Janvier fils étudia le droit et entra dès le dans l'administration comme sous-préfet de l'arrondissement de Dinan. Révoqué avec la chute de la monarchie de Juillet (révolution de Février 1848), il reprend vite son poste ().

Passé à la sous-préfecture de l'arrondissement de Verdun, il y reste peu de temps, puisqu’il est nommé au début de 1850 à Dieppe. Appelé à la sous-préfecture de d'arrondissement de Saint-ÉtienneLa sous-préfecture de Saint-Étienne devient préfecture de la Loire, à la place de Montbrison, en 1855. trois mois à peine après le coup d'État du 2 décembre 1851, il attire les louanges de la part de son nouveau préfet. Il ne passe qu’un an dans cette ville , mais il a suffisamment de temps pour démontrer . Sa promotion ne se fait pas attendre et, le , à l’âge de 29 ans, il est nommé à la préfecture de la Lozère. Après trois ans d’administration et d’aventures amoureuses dans ce département tranquille, il est envoyé le , dans le département de l'Eure, département de grands propriétaires orléanistes (Passy, Broglie, Hébert, Salvandy, Dupont de l'Eure).

Considéré comme l'archétype du préfet bonapartiste, il utilisa tous les moyens en son pouvoir pour attacher les populations rurales de l'Eure au Second Empire. À Évreux, il acquit, par ses procédés administratifs, . D'une rondeur familière qui n'avait d'égale que son excessive prodigalité, il exerça sur une grande partie de la population une influence d'autant plus considérable qu'il paraissait moins s'en soucier. Les pompiers de l'Eure lui durent leur organisation en même temps que cette révélation, au cours d'un banquet : Il préside en 1857 la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure, qui, à l'occasion d'un grand concours Agricole tenu la même année à Evreux, fit édifier le monument Du Guesclin à Hardencourt-Cocherel.

Signalé par son zèle en matière électorale, il distribuait les subventions sans compter, donnait des fêtes, faisait largesse des ressources du département : en 1867, on constatait à la préfecture de l'Eure un passif de , créé en moins de sept ans. En dépit de sa popularité, cette liquidation ne laissa pas que de compromettre assez gravement sa situation. 180px|vignette|left| Eugène Janvier de La Motte (1823-1884) préfet. Ce ne fut pourtant que l'année suivante, à la suite d'une altercation dans une maison tierce avec un avoué, membre du conseil général, Alaboisette, altercation qu'il termina par un soufflet, que le préfet de l'Eure fut mis en disponibilité, après avoir été condamné à d’amende envers l'insulté.

Élu conseiller général de l'Eure, en 1868, il annonça, en 1869, l'intention de poser, dans son département, sa candidature au Corps législatif : le gouvernement en prit ombrage, et Forcade de La Roquette, alors ministre de l'Intérieur, lui fit offrir la préfecture du Gard, qu'il accepta. Quelques mois après, il l'échangea contre celle du Morbihan. Le ministère du 2 janvier 1870 l'ayant remis en disponibilité (), il revint à Paris et fut, avec son ami le duc d'Albufera, un des membres les plus actifs du comité plébiscitaire de la capitale.

Affaire Janvier de La Motte vignette|Affaire Janvier de La Motte devant la cour d'assises de Rouen en janvier 1872 : le banc des accusés. Pendant la guerre de 1870, il se retira en Suisse. Cependant le nouveau gouvernement de la s'occupait assez activement de sa personne et de ses actes comme administrateur du département de l’Eure, et Adolphe Thiers fit bientôt lancer contre lui un mandat d'arrêt, sous l'inculpation de faux en écritures publiques, de détournement de fonds et de concussion. Arrêté à Genève en 1871, il fut extradé et conduit par les autorités françaises à la prison de Rouen.

Le , il comparut devant la cour d'assises de la Seine-Inférieure. Le témoignage de Pouyer-Quertier, alors ministre des Finances, cité comme témoin à décharge, et qui déclara légitime le système des , fit acquitter l'accusé, mais les théories de Pouyer-Quertier provoquèrent à l'Assemblée nationale et au conseil général de l'Eure de telles protestations que le ministre des Finances dut démissionner.

La cour des comptes, juge en dernier ressort des actes de comptabilité des agents du gouvernement, condamna, par arrêt des 18 et , Janvier de la Motte à restituer à l'État la somme de dont il n'avait pu justifier l'emploi.

Chambre des députés (Troisième République) En 1874, Janvier fonda, à Angers, un journal bonapartiste puis, ayant repris dans l'Eure la direction de son parti resté fidèle, il se présenta, sous les auspices du , aux élections législatives du : il fut élu député de l'arrondissement de Bernaypar voix ( votants, inscrits)..

Dans sa profession de foi, il rappelait les bienfaits de son administration, et déclarait se rallier au septennat, tout en réservant ses préférences impérialistes. Il siégea au groupe de l'Appel au peuple, vota avec la droite de la Chambre, et, après la crise du 16 mai 1877, s'abstint lors du vote de défiance infligé au cabinet de Broglie .

Il se représenta, le , dans la même circonscription et fut réélu par voix ( votants, inscrits), contre Loisel voix. et Simon767 voix.. En même temps il avait soutenu, mais avec moins de succès, dans la d'Évreux, la candidature de son second fils, Ambroise Janvier de La Motte, qui échoua avec voix.

Il suivit la même ligne politique que précédemment, opina, avec les conservateurs impérialistes, contre le ministère Dufaure , contre les divers cabinets de gauche qui se succédèrent au pouvoir, contre l'amnistie, etc., fut réélu, le , par voix ( votants sur inscrits), contre à Albert Parissot, interpella le gouvernement () sur ses intentions en Tunisie, se prononça contre les actes des ministères Gambetta et Ferry , et continua de défrayer la chronique parlementaire par l'imprévu et l'insouciance de ses allures. Il mourut au cours de la session.

Distinctions . (1852).

Ascendance & postérité

Il se remaria, le à Nantes, avec Octavie (1831-1902), fille de Jean-Baptiste Étienne (1795-1866), raffineur de sucre, juge, et veuve de Louis Octave Say (1820-1857). Mariage sans postérité.

Notes et références

Bibliographie

Articles connexes

Élections législatives de 1876 dans l'Eure ; Élections législatives françaises de 1877 ; Élections législatives françaises de 1881 ;

Liens externes

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