Callac est une commune française se trouvant dans le département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne.

Géographie Situation Callac est située en plein cœur de l'Argoat, à au sud-ouest de Guingamp et à au nord-est de Carhaix-Plouguer (Finistère). Cette commune est aux limites du Poher historique « loin de rien et au milieu de tout »Sophie Prévost, Le Centre-bretagne, ça les gagne !, Journal Le Télégramme, n° du 13 décembre 2020. ou plutôt l'inverse !

Relief et hydrographie

La ville de Callac s'est développée dans la presqu'île de confluence formée par l'Hyères (affluent de rive gauche de l'Aulne) et son affluent de rive droite le Guervilly, qui confluent au sud de la ville ; le ruisseau de Pont Hellou, un autre affluent de l'Hyères, de rive gauche, limite le territoire communal à l'est et au sud ; le ruisseau du Guervilly et son affluent le ruisseau de Kerlan, limitent la commune à l'ouest ; la ville, en position d'adret, est entre 175 et d'altitude.

Le relief de la commune est assez vallonné, les altitudes allant de (une butte située dans la partie nord-est du finage communal) à dans l'extrême sud, à la confluence entre l'Hyères et le ruisseau de Pont Hellou.

Le plan d'eau de la Verte Vallée, formé grâce à une digue barrant le cours du Guervilly, s'étend sur , juste au sud-ouest de la ville. Un sentier pédestre de en fait le tour.

Cadre géologique

La commune est localisée dans la partie occidentale du Massif armoricain, à la limite septentrionale du domaine centre armoricain. Elle se situe dans un vaste bassin sédimentaire s'allongeant sensiblement en direction W-E, depuis la baie de Douarnenez jusqu'au bassin de Laval. Ce bassin est principalement constitué de schistes briovériens (sédiments détritiques essentiellement silto-gréseux issus de l'érosion du segment occidental de la chaîne cadomienne, accumulés sur plus de d'épaisseur et métamorphisés), formant un socle pénéplanéCe socle briovérien de schistes tendres constitue ainsi la série géologique dominante du domaine centre armoricain, jusqu'à la forêt de Paimpont. sur lequel repose en discordance des formations paléozoïques sédimentaires (formations siluro-dévoniennes constituées de schistes, phyllades et quartzites). Ces formations ont été déposées dans le bassin marqué par une forte subsidence, puis métamorphisées et déformées lors de l'orogenèse varisque (plis d'orientation préférentielle N 110° et plusieurs familles de failles d'orientations différentes)..

Sur le territoire de Callac, le bassin est limité à l'ouest, au nord et à l'est par trois importants plutons hercyniens (les massifs granitiques de Huelgoat, de Commana-Plouaret et de Quintin) qui font partie d'un ensemble plus vaste, le batholite médio-armoricain. Ces massifs percent le socle briovérien qui constitue une des principales unités tectoniques de la région, l'anticlinal briovérien de Yeun Elez-Plourac'h-Callac, avec la zone d'ensellement transverse de Scrignac. Ces schistes briovériens sont les témoins d'une pénéplanation très ancienne à l'ère primaire suivie d'un resoulèvement à l'ère secondaire, contrecoup des plissements pyrénéen et alpin..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Hyère, le ruisseau de Pont hellou, le Guervilly., le Kerlan Braz. et le Poull Goaz Hélou...

L'Hyère, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Aulne en limite de Spézet et de Cléden-Poher, après avoir traversé ..

Le Pont Hellou, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Maël-Pestivien et se jette dans l'Hyère à Plusquellec, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CallacLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rostrenen à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports Callac est desservie par la D 787 (ancienne route nationale 787), axe Carhaix-Guingamp, qui désormais contourne la ville par le sud-est grâce à une rocade de contournement et par la ligne ferroviaire de Guingamp à Carhaix, à écartement normal (voie unique, non électrifiée) depuis 1967, mais qui était antérieurement à voie métrique lorsqu'elle faisait partie du Réseau breton. La commune dispose d'une gare à Callac et d'une halte ferroviaire à Lesmaës (Les Maïs).

Urbanisme Typologie Au , Callac est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (89,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (44,2 %), terres arables (31,2 %), prairies (11,6 %), zones urbanisées (5,4 %), forêts (5,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Gallac en 1182.., Callac en 1389 et 1591.

Selon Bernard Tanguy, le nom de Callac serait un dérivé formé du suffixe locatif gaulois -acos, souvent révélateurs d'établissements gallo-romains. Ces dérivés ont longtemps été considérés comme formés sur un nom de personne. Dans le cas de Callac, il s'agirait du nom latin Callus. Il rappelle néanmoins l'hypothèse d'un radical formé sur le celtique ou pré-céltique *kal- « pierre, roche ».

Une particularité du nom de Callac est d'être un palindrome.

Bernard Tanguy transcrit la forme bretonne parlée sous la graphie Kallag et indique qu'il pourrait s'agir du nom breton officiel normalisé de la commune.

Histoire Cette commune est un démembrement de la paroisse primitive de l'Armorique de Plusquellec (paroisse issue du grand défrichage au ) ; elle est connue pour sa forte présence communiste jusqu'à aujourd'hui et pour avoir été un lieu de révolte des bonnets rouges au .

Antiquité vignette|Le pont gallo-romain de Callac, sur l'Hyères. Le site de Callac est traversé par une ancienne voie romaine qui allait de Vorgium (Carhaix) à Tréguier ; un camp romain, installé sur le site du futur château, la protégeait.

Un lieu habité par Nominoé

Nominoé, peut-être issu de la famille des comtes de Poher, eut peut-être une résidence à « Botmel » (Botnumel) en Callac vers 831 (il y serait peut-être né) ; c'est là qu'il reçut Louhemel, envoyé par saint Conwoïon venu lui demander sa protectionAlain Guigny, "La grande histoire du Tro Breiz", éditions Ouest-France, 1997, ..

Le château de Callac vignette|160px|La « venelle du château », seule trace subsistante de l'ancien château de Callac. Aujourd'hui disparu, le château féodal de Callac aurait été construit au . C'était une véritable forteresse entourée d'un mur d'enceinte continu avec un seul accès donnant au sud sur ce qui deviendra l'actuelle rue des Portes. Bâti à la pointe du promontoire rocheux qui se termine à la jonction des deux vallées de Pont-ar-Vaux et de l'Hyères, le château offrait une protection certaine, qui attira les habitants de la région. Peu à peu, des habitations virent le jour donnant naissance à un village.

Durant la guerre de Succession de Bretagne, qui voit l'opposition de Charles de Blois et de Jean de Montfort, le château, alors possédé par la famille de Trogoff., fut assiégé plusieurs fois en 1341, 1342 et 1345 ; en 1356 Jean de Montfort donne les châteaux de Trogoff et Callac en gage au roi d'Angleterre qui lui a consenti un prêt, mais en reprend la possession en 1364. Le dernier siège que le château eut à subir, en 1363, fut très probablement mené par le futur connétable de France Bertrand Du Guesclin qui venait de prendre le château de Carhaix. Yvon de Trogoff fit partie de l'association des nobles bretons qui tentèrent vainement vers 1379 de s'opposer à la mainmise du roi de France sur le duché de Bretagne. Tous ces événements eurent raison de la puissance du château de Callac et sa démolition fut ordonnée par le roi Charles VI de France en 1393.

À la suite de ce démantèlement, le château resta à l'abandon plusieurs années. Mais les menaces que faisait peser le royaume de France sur le duché de Bretagne, et surtout la volonté d'annexion du duché par Louis XI, obligèrent le duc François II à demander le renforcement des places fortes du duché. Le château de Callac (devenu propriété de la famille de Plusquellec en raison du mariage de Jeanne de Trogoff, petite-fille d'Yvon de Trogoff, avec le sire de Plusquellec) profita de cette volonté défensive et fut reconstruit, probablement par Olivier de Plusquellec et Jeanne de Trogoff (mariés vers 1420) et retrouva sa puissance ; en 1475, en raison du mariage de Jeanne de Plusquellec avec Charles IX du Pont, la seigneurie passa aux mains de la famille des barons du Pont et de Rostrenen, puis de la famille de Tournemine (qui possédait aussi le château de la Hunaudaye) en 1490. Après l'union de la Bretagne à la France, le château subit de nouveau un démantèlement, vers 1551, sur ordre du roi de France Henri II, également duc de Bretagne. Les restes du château passèrent alors aux mains des Bénédictins de l'abbaye de Quimperlé.