La bataille de Balmaseda se déroule le à Balmaseda, en Espagne, dans le cadre de la guerre d'indépendance espagnole. Elle oppose une division française commandée par le général Eugène Casimir Villatte à l'armée espagnole du lieutenant-général Joaquín Blake y Joyes. L'affrontement se solde par une victoire espagnole.

Malgré sa défaite à la bataille de Durango face au maréchal Lefebvre, le , Blake a réussi à reculer vers la Cantabrie, rendant caduque la manœuvre de Napoléon visant à l'anéantir. L'Empereur mécontent lance Lefebvre et Victor à la poursuite des Espagnols. De son côté, Blake, renforcé par les troupes régulières du marquis de La Romana, se retourne subitement contre ses poursuivants. La division Villatte, détachée seule en avant-garde, tombe dans une embuscade tendue par Blake à Balmaseda. La surprise et la confusion passée, Villatte se replie en bon ordre, non sans avoir perdu 600 hommes et un canon.

Victor, sermonné par Napoléon pour son imprudence, se rachète quelques jours plus tard en infligeant une sévère défaite à Blake lors de la bataille d'Espinosa.

Contexte

En , à la suite des échecs répétés des troupes françaises en Espagne, Napoléon entre dans la péninsule Ibérique à la tête d'une puissante armée afin de rétablir la situation. Son intervention est accueillie avec soulagement par son frère Joseph, roi d'Espagne, qui a dû quitter Madrid après la capitulation du général Dupont à Bailén, au mois de juillet.

vignette|gauche|Entrée de Napoléon en Espagne le 4 novembre 1808. Illustration d'Henri Félix Emmanuel Philippoteaux.

Alors que ses troupes se dirigent à marches forcées vers l'Espagne, Napoléon quitte Paris pour Bayonne, puis se rend à Vitoria où il arrive dans la soirée du , accompagné des maréchaux Lannes et Soult. Il commence alors à élaborer son plan de campagne sur la base des renseignements disponibles. À cette période, les forces françaises sont encore très dispersées : le n'a pas encore franchi les Pyrénées et le , évacué du Portugal après la convention de Cintra, est en train d'être débarqué sur les côtes françaises par la marine britannique. En outre, le du maréchal Victor et le du maréchal Lefebvre, sur l'aile droite, n'ont toujours pas effectué leur jonction. Le de Bessières est posté au centre à Briviesca tandis que le commandé par le maréchal Moncey occupe Tafalla et Estella ; enfin, plus en arrière et en approche de Vitoria se trouvent le de Ney et la Garde impériale..

vignette|Le maréchal Victor, commandant le corps de l'armée d'Espagne. Illustration de Louis Bombled.

Les Français ont devant eux toute l'armée espagnole sous les ordres des généraux Blake, Castaños et Palafox, soutenus en arrière par les Anglais. L'Empereur, qui veut à tout prix empêcher la concentration de ses adversaires autour de la capitale, articule ses forces en trois colonnes : à droite, les maréchaux Victor et Lefebvre ; au centre, Bessières et Soult ; enfin, à gauche, Ney, Moncey et Gouvion-Saint-Cyr. Le , peu avant l'arrivée de Napoléon, le maréchal Lefebvre bat les Espagnols du général Blake à la bataille de Durango. Les pertes se limitent à 200 hommes du côté français. et 600 du côté espagnol., mais quoique vaincu, Blake peut retraiter vers l'ouest en bon ordre. L'Empereur, furieux de voir les Espagnols s'échapper avec une armée presque intacte, lance Victor et Lefebvre à leur poursuite.

Les troupes de ces derniers se mettent en marche, mais le mauvais état des routes gêne considérablement leur progression. De son côté, Blake reçoit le renfort de la division de vétérans du marquis de La Romana, portant ses effectifs à hommes et 30 canons. Le général espagnol choisit alors de contre-attaquer dans le but de soulager la pression française sur ses arrières. Le , Lefebvre s'empare de Bilbao, coupant la retraite à la division Acevedo en position à Miravalles. D'après le déroulement des opérations donné par l'historien John Fortescue, le maréchal pousse ensuite jusqu'au village de Balmaseda dans l'espoir de tomber sur le corps principal espagnol. Celui-ci étant introuvable, Lefebvre rétrograde sur Bilbao en laissant la division du général Eugène Casimir Villatte à Balmaseda. Pour Jacques Le Coustumier, c'est le maréchal Victor qui, ignorant tout des projets de Blake, détache la division Villatte dans la province de Biscaye. Blake décide de tendre une embuscade à cette troupe isolée.

Déroulement de la bataille Le matin du , alors que les troupes françaises arrivées à Balmaseda échangent des tirs sporadiques avec l'arrière-garde espagnole, Blake passe à l'attaque. Ses hommes tombent avec violence sur la division Villatte qui, presque entièrement dépourvue de cavalerie et d'artillerie, est rejetée du village en désordre. La confusion s'installe dans les troupes françaises, mais Villatte parvient à rallier ses soldats et ordonne le repli pour éviter d'être submergé, d'autant qu'au bruit de la fusillade, Acevedo a fait mouvement et menace maintenant sa ligne de retraite. Face aux Espagnols qui l'encerclent, Villatte forme ses troupes en carrés et décide de se frayer un passage dans les rangs ennemis. La manœuvre, effectuée en bon ordre, est un succès et la discipline des soldats français permet de contenir la poursuite espagnole. Les Impériaux perdent néanmoins la plus grande partie de leurs bagages, capturée au cours de la retraite par la division Acevedo.

Bilan et conséquences Les pertes françaises s'élèvent entre 200 et 300 tués ou blessés, 300 prisonniers et un canon. Une autre source mentionne près de 400 hommes hors de combat chez les Impériaux et confirme la perte d'une bouche à feu ainsi que de nombreux fusils.. Digby Smith décrit les pertes espagnoles comme . Villatte fait peu après sa jonction avec le , accouru en hâte depuis Bilbao. Dans le même temps, Blake exploite son succès et occupe Güeñes, mais une contre-attaque dirigée par le maréchal Lefebvre l'en chasse et le force à reprendre sa retraite.

La bataille de Valmaseda est la dernière victoire espagnole de l'année 1808. Le , Victor débusque de Balmaseda l'arrière-garde espagnole qui perd 750 hommes, tués, blessés ou prisonniers. La ville est incendiée le même jour par la brigade hollandaise du général Chassé.. Choqué d'apprendre que ses troupes ont subi une défaite face à ce qu'il considère comme « la pire armée d'Europe », Napoléon réprimande sévèrement Victor pour son imprudence :

Victor se rachète six jours plus tard en infligeant une lourde défaite à Blake lors de la bataille d'Espinosa.

Forces en présence Ordre de bataille français vignette|Le général de division Eugène Casimir Villatte. Selon les sources, la division Villatte dépend du corps de Lefebvre ou de Victor.. +Ordre de bataille de la division Villatte Division Effectif Unités Division : général de division Eugène Casimir Villatte 15 bataillons, environ hommes mentionne 12 bataillons pour un total d'environ hommes. d’infanterie légère, 3 bataillons d'infanterie de ligne, 3 bataillons d'infanterie de ligne, 3 bataillons d'infanterie de ligne, 3 bataillons Deux batteries d'artillerie à pied indique cependant qu'en raison de la difficulté du terrain, la division Villatte se trouve dépourvue de toute pièce d'artillerie.

Ordre de bataille espagnol vignette|upright|Le lieutenant-général Joaquín Blake y Joyes. La cavalerie attachée se compose de trois escadrons pour un total de 302 hommes. L'artillerie de l'armée aligne 38 canons servis par artilleurs, auxquels s'ajoutent les deux bataillons de gardes de l'artillerie, soit 940 hommes. +Armée espagnole du général Blake Corps Division Effectif Ejército de la Izquierda ou armée de Galice : lieutenant-général Joaquín Blake y Joyes, hommes et 38 canons et donnent un effectif total de hommes. Avant-garde : brigadier-général Gabriel de Mendizábal, 5 bataillons : brigadier-général Figueroa, 7 bataillons : maréchal de camp Martinengo, 7 bataillons : brigadier-général Riquelme, 7 bataillons : brigadier-général Carbajal, 10 bataillonsPhilippe Borreill donne comme commandant de la le brigadier-général Porlier y Asteguieta. . ou División del Norte : lieutenant-général Pedro Caro y Sureda, marquis de La Romana, 7 bataillons División de Asturias : capitaine-général Acevedo, 10 bataillons Réserve générale : maréchal de camp Mahy, 5 bataillons

Bibliographie

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Notes et références

Notes

Références

Catégorie:Bataille de la guerre d'indépendance espagnole Catégorie:Bataille impliquant l'Espagne Catégorie:Bataille de 1808 Bataille de Balmaseda Bataille de Balmaseda Catégorie:Bataille survenue en Pays basque Catégorie:Novembre 1808