Émile Storms, né le à Wetteren (Belgique) et mort le à BruxellesSource générale : M. Coosemans. Emile Storms dans Biographie coloniale. Tome 1, 1948, col. 899.-903, est un général-major belge et un explorateur. Il est connu pour avoir mené campagne entre 1882 et 1885 en Afrique de l'Est, commandant de la quatrième expédition de l'Association internationale africaine, créée sous l'impulsion de Léopold II pour explorer et conquérir le territoire qui deviendra en 1885 l'État indépendant du Congo.
Biographie vignette|gauche|Acte de soumission d'un chef congolais au lieutenant StormsManuscrit kiswahili en caractères arabes adaptés, avant 1880, Musée royal de l'Afrique centrale.
Émile Pierre Joseph Storms, né le à Wetteren, est le fils de Baptiste Storms, commis des accises, et d'Hélène Manset. Il se marie à Ixelles le avec Henriette Dessaint.
À quinze ans, il s'engage comme simple soldat dans l'armée belge en 1861 dans le régiment de Ligne. En , il est promu sous-lieutenant au régiment de Ligne. Il est admis à l'École de guerre et en sort breveté adjoint d'état-major en .
Il se met au service de l'Association Internationale du Congo (AIC) en . Il commande la quatrième expédition d'exploration partant de la côte orientale de l'Afrique. Il traverse ainsi la Tanzanie actuelle d'est en ouest et parvient après diverses péripéties à Karéma sur la rive orientale du lac Tanganyka. À la suite d'attaques de Yassagulas, il détruit le village de Karéma obtient la soumission de son chef. Il se réinstalle dans Karéma entouré de murs qui devient le Fort Léopold. En , il soumet après quelques combats le village de Katwaka. Passant sur la rive occidentale du lac Tanganyka, il fonde le poste de M'pala (renommée Albertville et actuellement Kalemie) au bord du lac Tanganyika, en plein territoire Tabwa. Il fortifie ce poste, l'entourant de murailles pour le protéger des incursions arabes.
D'après ses propres notes, les campagnes menées par Storms et ses hommes n'ont pas été sans violences. Storms s'attribue notamment l'exécution du chef de clan Lusinga Lwangombe.. Certains ont plaidé que Lusinga était un esclavagiste, mais selon l'historien Michel Bouffioux, l'argument est faible étant donné que les principaux alliés de Storms dans la région pratiquaient également l'esclavagisme. Le 4 décembre 1884, lorsque Storms apprit que Lusinga se préparait à attaquer M'pala, il réussit à arriver jusqu'à la forteresse de Lusinga où ce dernier fut abattu. Sa tête fut prise : .. Cette journée du 4 décembre 1884 fit 60 morts et 125 prisonniers. Elle causa la disparition de plusieurs villages. La mort violente de Lusinga aboutit aussi à la reddition de nombreux chefs des territoires à l’ouest du Tanganyika, région qu'Émile Storms domina pendant environ deux ans avant de rentrer en Belgique.
En , la station de Karéma est attribuée à l'Allemagne en vertu des décisions prises à la conférence de Berlin. Déçu de cet abandon, Storms démissionne de son poste à l'AIC et retourne en Europe en rejoignant la côte est de l'Afrique.
En , le capitaine Storms se voit confier le commandement de l'expédition anti-esclavagiste belge au lac Tanganyka par la Société anti-esclavagiste belge. Un corps spécial de volontaires est constitué et envoyé sur le lac Tanganyka en partant de l'est de l'Afrique. Cette expédition aboutit à divers succès contre le chef esclavagiste Rumaliza.
Par la suite, il reprend du service dans l'armée belge, capitaine-commandant en 1894, lieutenant-colonel commandant le régiment des grenadiers en 1900, colonel commandant la brigade d'infanterie en 1905 et atteignant le grade de général-major en 1906. En 1908, il est le commandant militaire de la province de Brabant. Il prend sa pension de l'armée en 1909.
Il était directeur de l'œuvre anti-esclavagiste, membre d'honneur de la Société royale belge de géographie (en 1901), membre du Comité de l'Union philanthropique coloniale et vice-président du Cercle africain.
À la suite de son décès le à Bruxelles, il est inhumé au cimetière de Laeken.
Collection ramenée en Belgique vignette|redresse|Vitrine au Musée royal de l'Afrique centrale (2012). De ses explorations et conquêtes, Storms a ramené de nombreux objets et artefacts en Belgique, y compris des restes humains, comme le crâne du marchand d'esclaves Lusinga. Considérés comme objets d'études, cette collection est conservée par les musées royaux belges : le musée royal de l'Afrique centrale de Tervuren et le Muséum des sciences naturelles. En 2018, une enquête journalistique parue dans le magazine Paris Match dénonçait la présence de ces objets ramenés dans le cadre de conquêtes violentes et de pillages, et militait pour le retour au Congo de cette collection, ainsi que pour l'arrêt de la considération des restes humains comme collection muséale. Au centre de cet article, la question du crâne de Lusinga, potentiellement perdu dans les réserves du Musée royal des Sciences Naturelles, a suscité plusieurs réactions citoyennes et politiques. Ainsi, le gouvernement belge, par l'intermédiaire de la secrétaire d'État à la Politique scientifique, s'est prononcé en faveur du retour des restes humains du marchand d'esclaves..
Hommages, distinctions et controverses En , un monument portant son buste en bronze, œuvre du sculpteur belge , est inauguré au Square de Meeûs par le bourgmestre Buyl d'Ixelles. Il est dérobé durant la Seconde Guerre mondiale. En 1948, un buste en marbre, œuvre du même Marnix d'Haveloose, est réinauguré par le bourgmestre Eugène Flagey. Le , les autorités communales annoncent toutefois que celui-ci serait déplacé sous peu au musée royal de l'Afrique centrale en vue d'être « contextualisé ». Le , le buste du général Storms est aspergé de peinture rouge. Le 30 juin 2022, le buste est retiré sans permis d'urbanisme sur ordre du bourgmestre Ecolo d'Ixelles... Ce permis est toutefois accordé ultérieurement dans une décision qui mentionne .
Une rue est dédiée au général Storms dans la commune de Florennes (Belgique) et une vitrine lui était consacrée au musée royal de l'Afrique centrale, avant sa rénovation entamée en 2013.
Il a reçu les distinctions suivantes : (Belgique). Croix militaire de première classe (Belgique). Officier de l'ordre royal du Lion en 1910 (État indépendant du Congo). Étoile de Service du Congo en 1889 (État indépendant du Congo). Médaille commémorative de la campagne de 1870.
Expédition en Afrique équatoriale L'aller Le 10 avril 1882, Storms quitta l'Europe pour Zanzibar . À son arrivée, son compagnon, le lieutenant des grenadiers Camille Constant, tomba malade et dut retourner en Europe. Ensuite Storms apprit que son contact, Guillaume Ramaeckers, était décédé à Karema le 25 février 1882.Le 8 juin 1882, les Storms quittèrent la côte et marchèrent via la mission de Tabora jusqu'à Karema sur la côte est du lac Tanganyika .Le voyage fut difficile, et la caravane fut attaquée à plusieurs reprises par des guerriers Ruga-Ruga. Il arriva à Karema le 27 septembre 1882, où il trouva le poste toujours occupé par le lieutenant Jérôme Becker, dont le mandat avait expiré.
Karema
Yassagula était le chef du village de Karema. Peu après l’arrivée de Storms dans la région, il lança une attaque contre le poste établi par celui-ci, marquant un épisode notable de résistance locale. Becker contre-attaqua avec ses askaris, mit en fuite les hommes de Yassagula et détruisit le village. Quelques mois plus tard, Yassagula se soumit et devint un allié des autorités.
Becker quitta la gare le 17 novembre pour rentrer chez lui. Storms a renforcé et agrandi le poste, qui s'appelait désormais Fort Léopold, et on a commencé à y cultiver des légumes. Il répondit à une attaque contre ses courriers par une expédition qui vainquit le chef rebelle le 23 avril 1883.Cependant, le scientifique allemand Richard Böhm, qui accompagnait Storms, fut touché par deux balles à la jambe au cours de cette action et fut immobilisé pendant plusieurs mois.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Émile Storms, Biographie coloniale belge, T. 1, 1948, col. 899
Liens externes
Biographie coloniale belge (Royal Academy of Colonial Sciences) Archive Emile Storms, Musée Royal de l'Afrique Central
Articles connexes Monument au Général Storms Décolonisation de l'espace public Daniël Vangroenweghe Jules Marchal
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