Généalogie de de France sur le site Medieval Lands. dit « le Hutin », né le à Paris, mort le à Vincennes, est roi de Navarre et comte de Champagne de 1305 à 1316 sous le nom de et roi de France de 1314 à 1316, douzième de la dynastie dite des Capétiens directs. Il est le fils aîné du roi de France et de la reine .
Louis fut surnommé « le Hutin », non parce qu'il fut querelleur ou batailleur, mais parce que son avènement fut marqué par un temps de tumulte (hutin), dû notamment à l'hostilité de la noblesse aux réformes fiscales et de centralisation lancées par Enguerrand de Marigny, Grand chambellan de France, sous le règne de son père. L'oncle de Louis convainc son neveu de faire exécuter Marigny en l'accusant de malversations. Louis autorise les serfs à racheter leur liberté et admet à nouveau les Juifs de France dans le royaume.
En 1305, Louis épouse Marguerite de Bourgogne, avec laquelle il a une fille, Jeanne, qui deviendra reine de Navarre en 1328. Marguerite, plus tard convaincue d'adultère, meurt en prison (), Louis reconnaissant sa fille comme légitime.. En , Louis épouse Clémence de Hongrie en l'église de Saint-Lyé dans l'Aube; celle-ci donne naissance à quelques mois après la mort du roi. La mort de Jean conduit à une succession disputée du trône de France.
Jeunesse Roi de Navarre gauche|vignette|306x306px|La famille de avec son frère et ses enfants : de gauche à droite, Charles, comte de la Marche, Philippe, comte de Poitiers, Isabelle, reine d'Angleterre, , le roi de Navarre (couronné et vétu en rouge, aux armoiries de Navarre) et futur de France, et enfin Charles, comte de Valois.
Louis, né à Paris le , est le fils aîné du roi de France et de la reine de Navarre Baynes, .. Le , à la mort de sa mère, il hérite de la couronne de Navarre et du comté de Champagne sous le nom de . La Navarre est administrée localement par un gouverneur nommé par le roi de France, Philippe le Bel, qui maintient ses fils sous sa dépendance et son strict contrôle. Selon les habitudes héritées de Philippe Auguste, Philippe IV n'autorise Louis à se rendre en Navarre qu'en pour s'y faire couronner en présence de l'assemblée des nobles, les Cortes. Louis part pour la Navarre, peut-être avec son épouse, Marguerite de Bourgogne (pas de certitude à ce sujet), et une forte délégation de nobles français dirigée par , connétable de France, et , comte d'Auvergne et de Boulogne. Les époux (si l'on en a le témoignage) sont tous deux couronnés à Pampelune, le , roi et reine de Navarre. Lors de son séjour en Navarre obtient la fin de la rébellion du vicomte de Soule contre l'autorité du roi d'Angleterre. venant de mourir, la Soule est alors livrée au nouveau roi , tandis qu' est nommé seigneur héréditaire de Rada en Navarre et alférez (connétable) de ce royaume. Louis retourne alors en France pour assister le à Boulogne-sur-Mer au mariage de sa sœur Isabelle avec , cérémonie célébrée en présence de cinq rois et trois reinesMis à part évidemment le marié , les sept autres personnalités royales présentes aux noces sont le roi le Bel, son fils aîné de Navarre, sa sœur Marguerite de France , sa belle-mère Marie de Brabant , le roi et son épouse Élisabeth de Tyrol et, enfin, le roi ..
Mariages gauche|vignette|306x306px|La Navarre et la France (domaine royal), royaumes où règne Louis le Hutin respectivement depuis 1305 et 1314, sont physiquement séparées par les possessions anglaises de Guyenne et Gascogne.
Le , Louis a épousé Marguerite de Bourgogne, fille du duc et d'Agnès de France, dernière fille du roi de France ; Marguerite est donc la cousine germaine du père de Louis, Philippe le Bel. De ce mariage, il n'a eu qu'une fille, Jeanne, née en 1312. Avant son premier mariage, Louis a eu une fille illégitime prénommée Eudeline, qui devient plus tard nonne, puis abbesse du couvent des Cordeliers de Paris. À la Pentecôte de 1313, Louis, ses frères, leurs épouses et de nombreux nobles prennent la croix.. Au début de l'année 1314, Marguerite est impliquée dans l'affaire de la tour de Nesle : elle est convaincue d'adultère avec le chevalier Philippe d'Aunay, sur le témoignage de la reine d'Angleterre, Isabelle, fille de et sœur de LouisDrees, .. Ses deux belles-sœurs Jeanne de Bourgogne-comté et Blanche de Bourgogne-comté sont, elles aussi, arrêtéesJim Bradbury, The Capetians: Kings of France 987-1328, (Hambledon Continuum, 2007), 277.. Marguerite et Blanche sont déclarées coupables et condamnées à être emprisonnées à vie dans la forteresse de Château-Gaillard, tandis que Jeanne parvient plus tard à prouver son innocence auprès de son époux.
vignette|upright|Louis est sacré roi de France aux côtés de sa seconde épouse Clémence de Hongrie.
Le , meurt. Louis lui succède sur le trône, mais refuse de reprendre auprès de lui son épouse, Marguerite. Cette dernière meurt le à Château-Gaillard, sans doute de froid, même si la légende prétend qu'elle a été étranglée sur ordre de pour lui permettre de se remarier.. Le , épouse en secondes noces Clémence de Hongrie, fille de Charles d'Anjou, dit « Charles Martel », roi titulaire de Hongrie, et de Clémence de Habsbourg. Clémence est par ailleurs la nièce par alliance de Charles de Valois, oncle et puissant conseiller de Louis. Quelques jours plus tard, le , est sacré roi de France à Reims aux côtés de sa nouvelle épouse.
Règne gauche|vignette|316x316px|Sceau du roi . Bien que n'ait régné qu'un an et demi (de à ), on peut noter certains éléments de sa politique. Succédant à , il doit faire face aux révoltes suscitées par la politique de son prédécesseur et menées par les barons, qu'il calme par des concessions. Louis tente d'accroître les revenus royaux et amorce plusieurs réformes, dont la libération des serfs et l'autorisation des Juifs à retourner en France.
Les ligues des grands féodaux Isolé dans un conseil étroit, doit chercher l'appui de ses frères, Philippe de Poitiers et Charles de la Marche. Les trois frères — dont la descendance est douteuse pour Louis et Charles (depuis l'affaire de la tour de Nesle) —, n'ont pas d'héritier mâle, et leurs épouses sont en prison pour leur inconduite supposée. Le parlement de Paris lavera Jeanne de tout soupçon à la fin de l'année 1314. Charles de Valois est tout-puissant et il a trois fils (dont l'aîné est le futur ) ; il est l'un de ceux qui entendent revenir sur les décisions prises par les conseillers honnis de , issus pour la plupart de la haute bourgeoisie. En conséquence, cherche le soutien de Philippe de Poitiers concernant l'héritage du comté de Bourgogne. avait acheté les droits de la Comté Franche à Otton IV de Bourgogne en échange d'une alliance matrimoniale (1295): l'aînée des filles d'Otton, Jeanne, avait épousé en Philippe de Poitiers avec comme dot la baronnnie de Salins et le comté de Bourgogne. En échange, le comte Otton IV obtenait 100 000 livres et une rente viagère de 10 000 livres. La fille cadette d'Otton, Blanche, devait épouser en le troisième fils du roi Charles de la Marche. Ainsi l'aînée, Jeanne II de Bourgogne, a conservé la jouissance et le titre du comté. Selon le testament de , le comté doit revenir à la couronne si Philippe de Poitiers et Jeanne de Bourgogne n'ont pas de fils. Philippe de Poitiers monnaye son appui en exigeant que son épouse, Jeanne, puisse léguer le comté de Bourgogne à sa fille aînée – en plus de l'Artois, qui lui vient de sa mère, Mahaut. Cet accord, par lequel obtient la stabilité au début de son règne, n'évitera pas sous le règne de , la difficile succession du comté de Bourgogne et de l'Artois, réunis entre les mains des Habsbourg par mariage, et, sous , la guerre de Dévolution de l'Artois et de la Franche-Comté.
vignette|gauche|Afin d'apaiser les nobles normands turbulents, leur confère plusieurs privilèges dans la Charte aux Normands, octroyée le . Miniature du .
La fronde menée par les nobles est soutenue par le peuple, opprimé par les taxes et les impôts. Elle fait de nombreuses victimes, notamment Enguerrand de Marigny (qui est pendu), Pierre de Latilly et Raoul de Presles (qui sont torturés). renonce à les défendre, tant la parole du roi est devenue inaudible. La monarchie subit un véritable recul pendant son court règne, surtout dans le domaine fiscal : le roi ne peut plus lever d'impôts indirects puisque la noblesse veut battre sa propre monnaie, et les provinces, bien que fidèles à la couronne, sont rebelles à de nouvelles taxes. Ne pouvant briser la résistance des nobles, choisit de négocier. Avec habileté, il met les abus sur le compte des officiers royaux et joue sur les particularismes locaux. Il octroie ainsi, durant toute l'année 1315, une série de chartes provinciales qui ont pour but de répondre aux attentes de la population. Les baillis et sergents royaux intervenant dans tout le comté d'Amiens ainsi que dans celui de Vermandois, au mépris des droits du comte, ont interdiction, sur ordonnance de , d'exercer leurs prises, ajournements et autres faits de justice. Il répond donc aux attentes des ligues nobiliaires en garantissant leurs privilèges, leurs droits de haute justice (y compris celui de port d'armes) à travers ces chartes provinciales destinées à satisfaire les différentes requêtes nobiliaires dans les provinces du royaume. D'autres chartes régionales de ce type ont été certainement concédées dans les mêmes conditions. Ces ordonnances, qui redonnent un certain pouvoir à l'aristocratie avec les droits et prérogatives qu'ils avaient perdus sous , contribuent à affaiblir le pouvoir royal, au détriment de l'idée d'unité souveraine qu'ont menée les prédécesseurs de .
Réforme du servage et rappel des Juifs vignette|Illustration de l'édit de 1315 de Louis X interdisant l'esclavage sur le sol de France.