Dans le milieu des sports de combat et des arts de combat, plus précisément dans la communauté des pratiquants et des entraîneurs existe une façon propre de s’exprimer et de communiquer « techniquement ». Chaque réflexion et action à ses propres mots et expressions. Ce « parler » spécifique permet de mieux appréhender la pratique et surtout de mieux communiquer entre pratiquants et praticiens. Ce vocabulaire est emprunté à différentes spécialités sportives voire commun à de nombreux sports de combat.

« Les mots, et la manière dont nous pouvons nous en servir, peuvent fournir des lumières sur les principes de nos idées ». Essai sur l’origine des connaissances humaines, Étienne Bonnot, Abbé de Condillac,

Termes centraux et expressions majeures L’analyse de l’acte d’opposition (sujet d’étude de la ‘’combatique’’) et l’étude stratégico-tactique d’une opposition (sujet de recherche de la ‘’stratégique’’) font ressortir différentes données sur les tâches et sous-tâches de match à mener pour réussir une confrontation sportive. On parle ainsi d’un ensemble d’actions et d’opérations pour mettre en place des stratégies et gérer les événements de match.

Vocabulaire par rubrique 1- Les activités principales de jeu exprimées en verbes d’action : défendre, neutraliser, contre-attaquer et attaquer. 2- Les activités de construction du jeu et de gestion du jeu : analyse du jeu adverse, projet de jeu (décision d’action, organisation du jeu et planification), conduite du jeu (pilotage et contrôle du jeu), régulation du plan d’action, adaptation du plan d’action et de l’activité générale, exploitation de l’activité adverse, manœuvre de l’adversaire et freinage de l’activité adverse, conservation des acquis, sortie de situations critiques (évasion), etc. 3- Les stratégies de jeu (cadre de pensée et intentions de jeu) : imposer son jeu, contraindre l’offensive et la défensive adverse (déstabiliser et manipuler l’opposant), défendre activement, riposter, attaquer dans l’attaque adverse), etc. 4- Les phases de jeu, les secteurs d’activité (compartiments de jeu) et opérations de match : entrée en matière et début de rencontre, conservation des acquis, remontée à la marque. 5- La configuration du jeu (les données) : profil de l’opposant, opportunité/profit, adaptation au profil de l’opposant, etc. 6- Les activités de match : élaboration d’un plan d’action, résolution des difficultés, exploitation des données, choix de la manière de s’opposer, etc. 7- Les moyens d’action (outils et activités de jeu) et opérations à mener : s’organiser et être prêt physiquement et mentalement (endosser une attitude organisée, adaptée et efficiente : adopter une garde et une organisation générale) et utiliser des modes d’action pertinents [approcher et immobiliser l’opposant, contrôler et gêner l’opposant, manœuvrer l’opposant (manipuler : tromper - feinter, appâter, piéger), presser, contre-priser, etc.].

Termes et expressions des sports de combat Ci-dessous par ordre alphabétique.

A À-propos (Sens de l’…) : À-propos : n.m, 1. « Une chose dite ou faite en temps et lieu convenables : avoir le sens de l’à-propos. » (Dictionnaire Le Petit Larousse, Édition de 1979), 2. « Pertinence de l’acte, du geste, sens de la répartie. Ex. faire preuve d’à-propos. » (Dictionnaire Le Petit Larousse, Édition de 2005). En sport, avoir le sens de l'à-propos se dit de l’aptitude à effectuer une action de circonstance ou plus exactement, pertinente (c’est-à-dire, appropriée, adaptée au fond de la chose et avec répartie, c’est-à-dire vive et spirituelle). Pour utiliser un raccourci : la « réponse adéquate dans le bon timing » (Delmas, 1975). Elle fait appel à des qualités d’adaptation et d’exploitation du comportement adverse. On dit quelquefois de certains athlètes qu’ils ont un sens aigu de l’à-propos, pour signifier que d’instinct ils sont capables de s’adapter à l’opposant et encore mieux, de tirer parti des actions adverses. D’ailleurs, cette qualité peut être rare chez les boxeurs trop méthodiques. En sport de combat, on distingue deux registres de l’à-propos : - 1/ en situation défensive et contre-offensive, - 2/ dans le domaine offensif. Ex. 1 dans les activités de type boxe : tourner autour de l’adversaire alors qu’on est à l’agonie. Ex. 2 : délivrer un coup de contre au corps au moment d’une attaque à la face. Voir également : coup d’œil, capacité de réaction, prise de décision, opportunité, profit (action de…), recueil de données, vitesse d’exécution, vitesse de réaction. Absorption : action défensive qui consiste à accompagner l’action adverse pour annihiler son effet. Certains athlètes se servent de ce mode défensif pour riposter efficacement après avoir appâté une attaque adverse. Actif (Il est…) : En sport, se dit d’un athlète qui travaille énormément. Ce caractère peut aider à gagner un match. Mais d’être entreprenant ne suffit pas pour gagner un match si l’on ne marque pas des points. Action de combat : (Fr) Concept de combatique. Désigne l’ensemble des effets déployés pour combattre. Ce sont les manifestations corporelles qu’utilise un combattant pour gérer l’opposition, habituellement surnommé « techniques ». On recense différentes catégories d’actions : - les actions d'approche consistant à gagner de la distance pour préparer un travail offensif, - les actions de conservation des acquis (but : « se maintenir en avance à la marque »), - les actions contre-offensives (riposte, coup de contre, coup d’arrêt et neutralisation), - les actions de contrôle (appui sur l’adversaire, pression, tassement…), - les actions défensives (blocage, couverture, croush, déviation, esquives…), - les actions de profit (utilisation des opportunités), - les actions d’évasion (débordement, dégagement du coin, sortie…), - les actions d’exploitation de l’espace et du matériel (emploi des cordes, utilisation du centre ou de l’extérieur…), - les actions de gestion des difficultés (but : « sortir de situations difficiles ») - les actions de mobilité au sol et de déplacement (pas de progression, pas de retrait, pas de côté, rush, contournement, fuite…), - les actions de mobilité du tronc (désaxage, retrait de buste, torsion…), - les actions de neutralisation (raccourcissement de la distance, verrouillage…), - les actions d’immobilisation (pressing, cadrage…) - les actions offensives (attaque directe, indirecte et composée), etc. C’est par la maîtrise de ses actions et l’adaptation aux différentes situations de match qu’un athlète peut espérer remporter une rencontre. Action sécuritaire : se dit d’une activité réalisée avec suffisamment de prévention du risque. L’activité duelle de type boxe se situe constamment entre deux pôles opposés, la « prise risque nécessaire pour marquer des points » et la « mise sécurité maximale et permanente de ses cibles ». Il n’y a pas de « risque zéro » lorsqu’on part à l’offensive et, il en est de même pour la protection personnelle, aucun système défensif ne permet une mise à l’abri optimale. Activité (Produire de l’…) : (Fr) Vocabulaire de sport. Être actif face à l’adversaire s’est se donner la chance de remporter l’opposition. « Combattre en continu » tout en cherchant à interrompre les actions adverses est propre à certaines conceptions de façon de faire et le lot de certaines écoles de sports de combat. Voir aussi actif (il est…). Activités de gestion du jeu : (Fr) Concept de combatique. En l’occurrence pour les sports d’opposition, il s’agit des « activités à déployer pour défendre ses propres cibles et attaquer les cibles adverses » (Delmas, 1975). Contrairement à ce que la logique élémentaire laisse entendre, il ne suffit pas de défendre et d’attaquer pour remporter une opposition mais bien de conduire le jeu (piloter la confrontation et s’adapter à l’opposant) et construire le jeu (manœuvrer l’opposant et exploiter les comportements adverses) le plus efficacement possible. Outre maîtriser des gestes défensifs et offensifs, il s’agit plus précisément de mettre en place des activités destinées à prendre possession de l’intégrité adverse. Ces dernières se subdivisent en trois compétences : - 1/ « s’adapter à l’activité adverse », - 2/ « manœuvrer l’adversaire dans le but d’atteindre l’intégrité adverse » - et, 3/ « exploiter l’activité adverse pour atteindre l’intégrité adverse ». Activités principales de jeu : (Fr) Concept de combatique. Il s’agit des « activités majeures déployées durant le duel » (Delmas, 1975). Elles sont regroupées par compartiment de jeu : défense, neutralisation, attaque, contre-attaque (riposte) et attaque dans l’attaque. Elles se manifestent par des comportements moteurs observables dans les différentes phases de l’opposition. Adaptabilité (motrice) : (Fr) Vocabulaire de science du sport. « Capacité acquise par l’apprentissage de déclencher un programme moteur spécifique et pertinent (efficient). Le geste moteur prend en compte toutes les variables de la situation rencontrée. Le geste adaptatif se situe à l’opposé du stéréotype moteur, qui lui, n’intègre pas les variables de la situation. (…) Cette adaptabilité suppose la mémorisation de nombreux schémas moteurs » (Sarthou, 2003). Ex. : pour l’exécution d’un coup de contre, le geste doit être placé et dosé en fonction des aléas de la situation de confrontation (éloignement et placement de l’adversaire, activité adverse, etc.) ce qui nécessite des qualités spatiales (mise à distance et orientation) et temporelles (timing) mais également, en plus de l’aspect moteur de l’activité, des qualités d’à-propos. Adaptation (à l’adversaire) : (Fr) Concept de combatique. S’adapter en sport de combat est la « capacité à autoréguler son propre comportement sous l’effet des contraintes de son adversaire » (Delmas, 1981). C’est surtout la capacité à trouver des solutions pour résoudre les problèmes posés par l’adversaire et ainsi, s’accorder à tous les styles de combattant et ainsi à tous les contextes de jeu. L’adaptation désigne donc un ensemble d’actions destinées à apporter des réponses au comportement adverse. Elle se présente comme la qualité majeure des athlètes expérimentés (l’art du bon combattant réside dans sa flexibilité et non la rigidité comportementale). Mais les qualités d’adaptation escomptées, dans l’apprentissage des sports de combat, touchent aussi bien l’aspect défensif que la neutralisation ou l’utilisation de l’activité adverse à son propre avantage. Ex. en sport de combat de percussion : Utiliser les coups d’arrêt de l’adversaire attentiste (stoppeur notamment) pour construire son jeu contre-offensif. L’adaptation se concrétise par deux savoir-faire : - d’abord, résoudre les problèmes posés par le jeu adverse (défendre ses cibles et neutraliser la future activité adverse). - puis, organiser son jeu personnel au regard du profil adverse pour exploiter le jeu adverse. L’apprentissage de cette capacité consiste à travailler la maîtrise des différents compartiments de jeu afin de répondre au mieux aux sollicitations adverses. .Dans ce domaine, on trouve un ensemble de règles d’adaptation (appelées « principes de conduite » ou « principes tactiques ») qui lorsqu’elles sont suivies évitent de tomber dans les pièges adverses. Ces règles sont abordées progressivement dans l’apprentissage ou se découvrent par instinct et font la subtilité de l’activité boxe. On peut citer : « sortir de l’axe direct lorsqu’on a affaire à un fonceur » ou « éviter le coup d’arrêt adverse face à un stoppeur ». Mais l’adaptation ne s’arrête pas aux qualités technico-tactiques, elle concerne également les qualités physiologiques et psychologiques. Ex. : s’adapter à la pression adverse sans être en dette d’oxygène, tolérer l’angoisse de pré-match, supporter les actions d’intimidation adverses, etc. Tout cela peut s’apprendre à la salle et c’est à l’entraîneur de mettre en place des tâches techniques qui vont améliorer l’adaptabilité de son poulain.