La division d'infanterie (en allemand : 716. Infanterie-Division ou 716. ID) était une division d'infanterie de l'Armée allemande (Wehrmacht) pendant la Seconde Guerre mondiale.
Elle était déployée sur tout le littoral du Bessin le Jour J, début de la bataille de Normandie.
Création de la d'infanterie
La division est levée le dans la Wehrkreis VI en tant qu'élément de la 15. Welle ( de mobilisation).
Elle est placée sous l'autorité de la jusqu'en .
L'unité est alors envoyée dans le secteur de Caen, rattachée à la allemande.
Elle y restera stationnée jusqu'au . Le siège de l'État-major est basé dans la Villa Baumier.
L'unité avait un statut de division statique, du fait de l'intégration de ses moyens lourds dans des blockhaus du mur de l'Atlantique (encuvements ou casemates), et par le fait que ses troupes défendaient des positions préparées et protégées (Widerstandsnester ou WN).
Les troupes étaient donc dispersées en points de resistance défendus chacun par une section, d'une trentaine d'hommes.
Les effectifs de la division étaient de hommes en 1943, mais elle fut sans cesse affaiblie par des transferts de troupes à l'est. Elle n'était plus évaluée qu'à hommesGliederung der 716. I.D., du mai 1944 au . Le personnel a une moyenne d'âge élevée, certains étaient malades ou convalescents, alors que d'autres étaient des étrangers, avec une volonté de se battre fort limitéeMax Hastings, Overlord.
La d'infanterie n'a eu aucune expérience du combat avant le Débarquement de Normandie.
Histoire de la d'infanterie au combat
La division était initialement déployée sur un front de de littoral, de l'estuaire de l'Orne à Grandcamp.
La d'infanterie la relève sur le secteur ouest du Bessin, et conserve le contrôle des et bataillon du d'infanterie d'Omaha Beach à l'estuaire de la Vire, ainsi que du groupe de batteries du 1716 régiment d'artillerie à Grandcamp-Maisy.
La division est employée au renforcement des défenses côtières à partir de la fin de l'année 1943.
Le débarquement de Normandie
La d'infanterie fut la force principale rencontrée par les Alliés le . En effet, dès l'aube du , la totalité des régiments de la division sont engagés, avec d'ouest en estNota : une compagnie a un effectif de dans cette division. : Omaha Beach : 3 compagnies dans les blockhaus côtiers et 1 en soutien Gold Beach : 3 compagnies dans les blockhaus côtiers et 4 en réserve de corps d'armée, plus 4 compagnies russes soit 11 compagnies à proximité de Gold Beach Juno Beach : 3 compagnies dans les blockhaus côtiers et 1 compagnie cycliste en réserve Sword Beach : 3 compagnies dans les blockhaus côtiers
Totalement dispersée sur le littoral normand, la division allemande n'a jamais été en mesure de menacer les zones de débarquement alliées.
vignette|Carte de position des compagnies des DI (vert) et DI (bleu) à Omaha Beach le 6 juin 1944.
Même si une forte résistance a été rencontrée initialement à Omaha Beach, avec le soutien d'éléments de la d'infanterie, les contre-attaques allemandes furent toutes brisées par l'aviation et surtout par l'artillerie de marine.
Retranchés dans des positions aménagées bien conçues, les soldats de la division infligent les pertes les plus importantes des cinq secteurs. Mais inexorablement, toutes les positions défensives de la plage sont capturées les unes après les autresGordon Harrison, Cross channel Attack.
À Juno Beach, la densité de troupes est un peu plus forte qu'ailleurs. Surtout, les bombardements préparatifs ont échoué, et la synchronisation bombardements/assauts a été mauvaise, laissant le temps aux défenseurs allemands de se reprendreMax Hastings, D Day. Aussi, les unités de la canadienne enregistrent-elles un taux de pertes sensiblement équivalent aux américains d'Omaha BeachOlivier Wieviorka, Histoire du débarquement en Normandie, .
Les faibles capacités de l'unité se révélèrent surtout à Gold Beach. La plage céda en très peu de temps à l'assaut, lequel fut secondé par les bombardements les plus efficaces de la journée. La conséquence fut l'ouverture d'une brèche vers Bayeux.
L'incident inquiéta suffisamment le commandement allemand de la DI pour qu'une contre-attaque opérationnelle soit mise sur pied dans l'après-midi du Ziegelmann, MS B#388.
Celle-ci se solda par un échec cuisant pour les Allemands, occasionnant la perte quasi totale du groupement tactique (Kampfgruppe) Meyer.
Dans une moindre mesure, la résistance allemande se révéla inefficace à Sword Beach, ses maigres forces étant incapables d'empêcher la jonction entre la d'infanterie britannique et la aéroportée.
Les témoins signalèrent la bonne tenue de plusieurs compagnies de supplétifs russes, notamment le à Juno Beach, contre toute attente.
thumb|800px|center|Carte de position des compagnies et batteries de la d'infanterie dans le secteur anglo-canadien le 6 juin 1944
Très rapidement débordé, le général Richter fait appel à la blindée, en réserve autour de Caen. Jusqu'en milieu de matinée, le commandement allemand est surtout inquiété par les parachutistes largués à l'est de l'Orne.
Mais cet appui ne lui est pas donné, principalement du fait d'absence d'ordres du haut commandement de la Wehrmacht.
Finalement, les panzer contre-attaquent en fin d'après-midi dans un couloir entre Juno Beach et Sword Beach, et atteignent la mer.
Mais dès la fin de soirée du , les chars refluent pour se concentrer autour de Caen. La d'infanterie perd son appui et commence à retraiter vers le sud, par petits groupes, pendant la nuit.
Le bilan de la journée du Jour J est sans nuances, puisque partout, la DI a été battue, subissant des pertes très élevées.
On considère généralement que les pertes du premier jour se situèrent près de hommes, soit près de 50 % des effectifs initiaux.
La d'infanterie dans la Bataille de Normandie vignette|à l'est de Littry ; un Pak (t) Panzer- Kampfwagen 35 R (f) a été abandonné. C'est un canon antichar tchèque monté sur châssis de char français Renault R35, un incroyable " bricolage " réalisé par les techniciens du Major allemand Becker sur des chars français récupérés après la campagne de France. Il appartenait à la Schnelle-Abteilung 517 de la 716.ID ; cette photo a été prise par le 20 juin 1944. La division, qui était très faible le , fut très rapidement usée (sur environ , elle eut 860 tués, ou prisonnier et 520 blessés, elle dut battre en retraite voyant que la plage était perdue). La décision fut prise, dès le , de la retirer du front, et de l'envoyer dans le sud de la France. Elle était destinée à la allemandeOB West Ia rapport du 15/06/44.
Le , une concentration de force de la DI existait autour du Mans. Mais les organigrammes allemands du attestaient toujours de la présence des unités suivantes, rattachées à d'autres divisionsKTB AOK7 du 29/06/44 : d'infanterie : 300 hommes aux et Cie du RI plus et et du 1716 RA ; d'infanterie : 250 hommes des restes du de volontaires de l'est et du du génie ; blindée : 750 hommes des groupements tactiques (Kampfgruppe) Koch et Roth, restes du bataillon du RI ; d'infanterie : 400 hommes rescapés du de volontaires de l'est et du groupe de batteries du 1716 RA.
Les pertes de la division en Normandie sont évaluées à KTB OBWest Ia - paragraphe du 12/07/1944. La DI fut effectivement évacuée du front de Normandie entre le et le .
La fin de la guerre La d'infanterie fut transférée sur la Côte d'Azur, sous l'autorité de la allemande.
En , elle était forte de .
Elle combattit ensuite dans la vallée du Rhône et en Alsace, lors de la bataille de la poche de Colmar (janvier-février 1945), où elle fut totalement détruite.
Reformée le , la division, réduite à la taille d'un Kampfgruppe, est capturé par les forces américaines à Kempten à la fin de la guerre.
Composition de la d'infanterie
La division comprend deux régiments d'infanterie à trois bataillons, renforcés par trois bataillons de volontaires de l'est (Osttruppen), un régiment d'artillerie et des unités de complément.
Elle ne dispose pas de bataillon de remplacement (Feldersatzabteilung).
État Major
Commandant de la division : général Karl-Wilhelm Richter (1892-1971) Chef d'état-major : Commandant Karl Bacchus
Infanterie
Régiment de Grenadiers PC – Château de Sully, banlieue NO de Bayeux Chef : Colonel (Oberst) Walter Korfes
Bataillon PC – Bayeux Type Position Armement Cie cycliste Arromanches (Gold Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Arromanches-les-Bains (Gold Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Colleville-sur-Mer (Omaha Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Port-en-Bessin 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Le bataillon est tactiquement rattaché à la d'infanterie.
Bataillon PC – Bazenville Type Position Armement Cie Statique Sainte-Croix-sur-Mer (Juno Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Colombiers (Juno Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Villiers-le-Sec (Juno Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Tierceville 12 mitrailleuses - 2 Mortiers en réserve du LXXXIV corps d'armée à six kilomètres en arrière de Gold Beach
Bataillon PC – Jucoville Type Position Armement Cie cycliste Englesqueville (Omaha Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Saint-Laurent-sur-Mer (Omaha Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Vierville-sur-Mer (Omaha Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Grandcamp-Maisy 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Le bataillon est tactiquement rattaché à la d'infanterie.
Régiment de Grenadiers PC – Colleville-sur-Orne (WN17) Chef : Colonel (Oberst) Ludwig Krug
Bataillon PC – Bayeux Type Position Armement Cie Statique Franceville (à l'est de l'Orne) 12 mitraililuses - 2 Mortiers Cie Statique STp 02 à Riva Bella (Sword Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Cycliste Franceville (à l'est de l'Orne) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique en réserve à Ouistreham(Sword Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers
Bataillon PC – Tailleville Type Position Armement Cie Statique Bernières-sur-Mer (Juno Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Courseulles-sur-Mer (Juno Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique La Rivière-Saint-Sauveur (Gold Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Cycliste Tailleville en réserve derrière (Juno Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers
Bataillon PC – Cresserons Type Position Armement Cie Statique Langrune-sur-Mer (Juno Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Lion-sur-Mer (Sword Beach) 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Cycliste en arrière de Luc-sur-Mer 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique Douvres-la-Délivrande 12 mitrailleuses - 2 Mortiers
Bataillons de volontaires de l'Est
Ces unités, de très faible valeur combative étaient composées d'environ 400 hommes chacune.
Bataillon Ost PC – Isigny-sur-Mer Type Armement Cie Statique 11 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique 11 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique 11 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique 12 mitrailleuses - 3 Mortiers Le bataillon est tactiquement rattaché à la d'infanterie. Il est positionné pour partie dans l'isthme de Carentan et à l'est d'Isigny-sur-Mer, dans le secteur du d'infanterie. Bataillon Ost PC – La Rivière Type Armement Cie Statique 7 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique 7 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique 7 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique 7 mitrailleuses - 2 Mortiers Le bataillon est tactiquement rattaché au d'infanterie. Il est positionné en arrière du littoral, sur une ligne Courseulles - Arromanches
Bataillon Ost PC – Amfreville Type Armement Cie Statique 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Cie Statique 12 mitrailleuses - 2 Mortiers Le bataillon est tactiquement rattaché au d'infanterie. Il est positionné principalement à l'est de l'Orne dans le futur secteur de la parachutiste britannique
Artillerie
Commandant : Lieutenant colonel (Oberstleutnant) Helmut Knupe.