vignette|284x284px|L'un des centres commerciaux de Shahrak-e Gharb (immeuble en vert) se nommant Milad-e Noor Shahrak-e Gharb (en persan : شهرک غرب), officiellement Shahrak-e Qods, est un quartier résidentiel planifié situé dans le nord-ouest de Téhéran, en Iran.
Développé à partir de 1961 comme une ville nouvelle composée de villas et d'immeubles modernes, il a été conçu sur le modèle des banlieues résidentielles américaines. Après la révolution islamique de 1979, le quartier a été officiellement renommé Shahrak-e Qods (« quartier de Jérusalem »), bien que son nom historique demeure largement employé. Aujourd'hui intégré au tissu urbain de Téhéran, il est généralement considéré comme l'un des quartiers les plus aisés et les plus modernes de la capitale iranienne.
Localisation Shahrak-e Gharb est situé dans le nahiyeh du arrondissement de Téhéran, dans le nord-ouest de la capitale iranienne. Il est délimité par le boulevard Dadman au nord, l'autoroute Hemmat au sud, le boulevard Shahid Farahzadi à l'ouest et l'autoroute Chamran à l'est. Il se trouve au nord de la Milad Tower, l’un des principaux monuments de Téhéran.
Histoire Le projet de Shahrak-e Gharb s’inscrit dans la phase d’expansion rapide et planifiée de Téhéran au cours des années 1960, sous la dynastie Pahlavi. À cette période, la capitale connaît une croissance démographique importante liée à l’industrialisation, à la centralisation administrative et à l’exode rural. Afin de répondre à cette pression urbaine, les autorités mettent en œuvre plusieurs projets de nouveaux quartiers planifiés à l’ouest et au nord-ouest de la ville, dont Shahrak-e Gharb fait partie.
Le quartier est conçu à partir du début des années 1960 comme une « ville nouvelle » intégrée au tissu urbain de Téhéran, selon des principes d’urbanisme moderniste. Son développement repose sur une organisation en unités résidentielles successives, souvent décrites comme des phases de construction, chacune comprenant des logements, des équipements de proximité et des espaces publics. Ce modèle s’inscrit dans une logique de planification urbaine inspirée des standards internationaux de l’époque, notamment ceux des banlieues résidentielles nord-américaines.
Contrairement aux quartiers traditionnels de Téhéran organisés autour de bazars et de structures organiques, Shahrak-e Gharb repose sur une trame plus régulière, avec des axes larges et une séparation plus nette entre zones résidentielles et commerciales. Cette approche reflète les politiques de modernisation urbaine menées en Iran durant les années 1960 et 1970, visant à transformer Téhéran en une capitale moderne et planifiée.
Après la révolution iranienne de 1979, le quartier est officiellement renommé Shahrak-e Qods dans le cadre d’un processus plus large de changement toponymique visant à remplacer les noms associés à la période monarchique et à l’influence occidentale. Toutefois, dans l’usage courant, la population continue majoritairement à utiliser le nom historique de Shahrak-e Gharb, notamment dans les médias, l’immobilier et les usages quotidiens.
Dans les décennies suivantes, le quartier continue de se densifier progressivement. Il devient l’un des secteurs résidentiels les plus structurés de l’ouest de Téhéran, avec une concentration importante d’immeubles modernes, de centres commerciaux et de services urbains. Cette évolution renforce son statut de quartier résidentiel recherché, associé à une population urbaine relativement aisée dans le contexte de la capitale iranienne.
Urbanisme et équipements vignette|Court de tennis situé a Shahrak-e Gharb Le quartier de Shahrak-e Gharb est un secteur résidentiel planifié de Téhéran disposant d’un accès direct à plusieurs grands axes routiers majeurs de la capitale, dans un contexte de forte dépendance à la voiture individuelle dans l’aire métropolitaine de Téhéran.
Il est connecté à plusieurs autoroutes importantes de Téhéran, dont les axes Chamran, Hemmat et Yadegar-e-Emam, qui structurent la circulation ouest de la ville et jouent un rôle central dans la mobilité urbaine de la métropole.
Le quartier est également intégré dans un réseau dense d’équipements urbains comprenant des hôpitaux, des centres commerciaux et des services publics, caractéristiques des zones résidentielles planifiées de l’ouest de Téhéran.
Environnement En raison de la topographie de Téhéran et des vents dominants, les niveaux de pollution atmosphérique varient selon les zones urbaines, avec des différences mesurables entre le nord et le sud de la ville.
Les études montrent que la configuration géographique et les flux de circulation jouent un rôle important dans la distribution des polluants atmosphériques dans la région métropolitaine de Téhéran.
Grâce aux vents de l'ouest, Shahrak-e Gharb est moins pollué que d'autres quartiers de la capitale. Mais l'urbanisation des secteurs occidentaux et la construction de nombreuses tours, comme dans le arrondissement, pourrait avoir un impact environnemental.
Identité Shahrak-e Gharb se distingue par une réputation de quartier « dissident », plus ouvert à la culture occidentale, et souvent en conflit avec la police des mœurs. La jeunesse y construit son identité par une attitude de défi à l'égard du régime. Les habitants se perçoivent comme différents de ceux des quartiers plus populaires et plus traditionalistes du sud de Téhéran. Beaucoup d'intellectuels y résident, et le niveau moyen d'instruction y est supérieur à la moyenne. Beaucoup d'entre eux ont étudié en Occident et entretiennent des relations avec la diaspora. C'est pourquoi les Shahrakis se perçoivent eux-mêmes comme plus modernes. L'existence d'une association locale et d'un journal de quartier renforcent ce sentiment d'une identité à part.
Évènements notables Dans les années 1990, un fait divers fait la Une des médias internationaux en persan, tandis que les chaînes d'État de l'IRIB le passent sous silence. Un jeune homme se tue en tombant du balcon de l'appartement où il participait à une fête d'anniversaire, à la suite de l'intervention des Basidjis stationnés dans le quartier. Selon la version officielle, il aurait fui à l'arrivée des miliciens et serait tombé accidentellement en essayant d'atteindre un balcon voisin.
En , le quartier subit des dégâts pendant la guerre israélo-américaine contre l'Iran à plusieurs reprises. La militante Nasrin Sotoudeh souligne que les Iraniens ne disposent ni d'abris ni de sirènes d'alerte.
Notes et références
Voir aussi Liens externes Site d'information sur Shahrak-e Gharb Iran-Zamin Residential Complex
Catégorie:Quartier de Téhéran Catégorie:2e arrondissement de Téhéran