Morvan, ou Murman ou Morman, (vers 750 (?) - 818), peut être considéré comme le premier chef d'une Bretagne unifiée. Le surnom Lez-Breiz (littéralement hanche, soutien de la Bretagne) donné à Morvan ne date que du début du Goulven Peron, La légende du roi Morvan, 45-56, Cahier du Poher , 2005.

Onomastique Les sources anciennes mentionnant Morvan donnent différentes variantes de ce nom : Murman dans les sources franques et Morman dans un acte du cartulaire de Landévennec daté de 821. Il s'agit d'un anthroponyme en vieux-breton. Selon Joseph Loth, il est composé des termes mor, mur pour « grand » et man « qui pense ».

Contexte

En effet, aux alentours de 800, deux zones divisent la Bretagne : la zone bretonne contre la zone gallo-franque ou marches de Bretagne (Rennes, Nantes, et Vannes depuis 753). Pour renforcer leurs positions, les rois carolingiens tendaient à multiplier le peuplement franc de la Bretagne et à guerroyer contre les royaumes bretons en perpétuelle révolte contre le tribut qu'on voulait leur imposer. La puissante autorité carolingienne dut faire campagne d'abord en 786 avec le sénéchal Audulf Selon Eginhard AD 786: « le roi envoya Audulf comes domesticum qui comprima sur-le-champ l'audace de ce peuple perfide. Il amena à Worms les otages qu'il avait reçus et plusieurs des chefs de la nation » , puis en 799 avec le marquis Guy de Nantes et ses comtes, et enfin en 811. Les chefs bretons, régulièrement battus, sont incapables de s'unir devant l'ennemi commun, jusqu'au jour où ils s'entendent pour reconnaître comme chef Morvan Selon l’Anonyme dit L'Astronome « On annonça à l'empereur la révolte des Bretons qui avaient poussé l'audace jusqu'à nommer roi un certain Morman, homme de leur nation… ». Selon l'historiographie moderne, les sources indiquent que l'empereur Louis le Pieux, dit aussi Louis le Débonnaire, intervient militairement en réponse à l'élévation de Morvan au titre royal mais aussi pour poursuivre la politique d'assimilation engagée par les souverains carolingiens. Néanmoins, l'action de l'empereur s'inscrit dans un contexte plus large. Il s'agit dans un premier temps de sécuriser les marges de l'empire carolingien, notamment par la soumission des Bretons, mais surtout des Bénéventins et des Slaves. D'autre part, la Bretagne pouvait revêtir une importance stratégique dans les efforts de Louis pour garantir la défense des églises et les villes de Neustrie contre les attaques vikings.

Biographie

Originaire des environs de Priziac (Morbihan), son château aujourd'hui disparu se trouvait probablement sur la colline de Minez Morvan dans la contrée de Le Faouët-Langonnet.

Morvan avait son camp sur les bords de l'Ellé ; Ermold écrit : « Au milieu des forêts, entourée d'un fleuve, retranchée derrière les baies, les fossés, les marécages, la demeure royale brille de l'éclat des armes et contient une garde de soldats nombreux. C'est l'endroit où Murman [Morvan] se tient le plus volontiers, y trouvant sécurité et agrémentPoème d'Ermold le Noir sur Louis le Pieux, traduction d'Augustin Thierry, cité par Le Boterf, "Nominoë", éditions France-Empire, 1981..

Son territoire fut le théâtre d’une bataille sanglante lors de laquelle Morvan résista victorieusement aux armées franques de Louis le Débonnaire. Ermold Le Noir rapporte comment le moine Witkar, envoyé par l'empereur Louis en ambassade auprès de « Murman » pour demander la soumission des Bretons, s'entend répondre :

Après un premier échec, Louis le Débonnaire organise en personne la réplique et poursuivit Morvan jusqu'en Langonnet. Ce dernier fut tué en 818 dans un lieu non identifié à ce jour, mais probablement quelque part entre Priziac et Carhaix, sans doute près du lieu-dit Minez-Morvan (situé en Langonnet) .

Selon Joëlle Quaghebeur, Morvan serait le père ou le grand-père de Nominoë.

Postérité D'après quelques légendes locales, Morvan serait inhumé sous le tumulus de Kermain (en Langonnet), qui date pourtant de l'âge du bronze.

Ses exploits sont relatés dans le Barzaz Breiz où le surnom de « Lez-Breiz », littéralement « hanche » c'est-à-dire support de la Bretagne lui est attribué Barzaz Breiz, Chants populaires de la Bretagne, Chant de Lez-Breizh (fragments épiques), Hersart de La Villemarqué, Librairie académique Perrin, Paris..

La communauté de communes du Pays du Roi Morvan (CCPRM) a été créée le , et renommée Roi Morvan Communauté en 2019. Elle a été nommée ainsi en l'honneur du roi Morvan, qui avait son camp sur les bords de l'Ellé (soit à Langonnet, soit à Priziac).

Notes et références

Bibliographie Annales de l'Association bretonne (1881), « Morvan », 234 et suivantes.

Vincent Audren de Kerdrel, Annales de l'Association bretonne, article sur la localisation de Menez Hervé ar Gall, D'an emgann Morvan !, An Alarc'h Embannaduriou, 2024, roman historique en breton

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