Bill Pritchard, né le Source : profil de Bill Pritchard sur Discogs.com à Lichfield (Staffordshire, Royaume-Uni), est un auteur-compositeur-interprète britannique, également instrumentiste (guitares, claviers), arrangeur musical et producteur.
Biographie Originaire des Midlands de l'Ouest, Bill Pritchard réside toujours dans la région natale près de Birmingham où il exerce la profession de professeur de français parallèlement à ses activités musicales. Il abhorre les paillettes du show-biz : . C'est dans son garage, spécialement aménagé, qu'il s'adonne à sa recherche musicale : Propos recueillis par Christian Fevret pour Les Inrockuptibles, février-mars 1989..
Fan francophile , de son cinéma (la Nouvelle Vague, François Truffaut, La Belle et la Bête, Arletty, Leos Carax) et de sa littérature (Paul Verlaine, Jean Cocteau, Jean Genet, Albert Camus, Michel Tournier, Boris Vian, Françoise Sagan). Mais c'est en musique qu'il va s'exprimer. À ses débuts, on le compare à Momus, on lui trouve une parenté avec Donovan et Leonard Cohen, mais lui se sent plus proche de Tom Verlaine, est très impressionné par le chanteur du groupe The Stranglers et aime The Kinks. Sans parler de ses idoles de la chanson française dont on traitera plus longuement et qui seront l'une de ses sources d'inspiration. Serge Gainsbourg a dit de lui : .
Dans son pays, il est profondément marqué par des écrivains humanistes comme Alan Sillitoe, qu'il cite fréquemment, et dont plusieurs de ses œuvres ont été adaptées au cinéma, notamment Samedi soir, dimanche matin (Saturday Night and Sunday Morning) de Karel Reisz et La Solitude du coureur de fond (The Loneliness of the Long Distance Runner) de Tony Richardson. Il est également sensible à la poésie de Dylan Thomas et à l'univers absurde d'Edward Lee. Sans oublier Oscar Wilde et l'humour de Jerome K. Jerome. Mais il est aussi à l'écoute, par exemple, des œuvres de Rainer Maria Rilke et le cinéma de Jim Jarmusch.
Bill Pritchard explique ne jouer que la musique qu'il aime : Propos recueillis par Gloomy Thomas pour Blah-Blah, juin 1989.. Son inspiration ? : Propos recueillis par Thierry Delcourt pour Paroles & Musique, juin 1988.. . . Il ne jure que par celles-ci : Propos recueillis par Pascal Bertin pour Les Inrockuptibles, avril-mai 1988. (il s'agit en fait de la chanson Où va la chance ?)Adaptation française par Eddy Marnay de There but for Fortune du protest singer Phil Ochs.. Propos recueillis par Aurélien Ferenczi pour L'Express, mai 1989..
1986 : premiers singles des temps futurs Dès ses premiers enregistrementsCompilation de ses premiers EP sur le LP Future Tense, label Third Mind Records., Pritchard s'applique à dessiller les yeux de ses semblables, les gens humbles : . .
Dans sa chanson The Invisible State Pritchard distingue en Joséphine Baker, plus que dans la chanteuse, la femme qui s'en alla aux États-Unis pour défendre ses frères de couleur et milita avec Martin Luther King. Il voit aussi la « Mamma Baker » qui se ruina en adoptant une ribambelle d'orphelins et enfin celle qui, en avance sur son temps, combattit les préjugés en assumant courageusement sa vie de femme libérée :
We all laugh while Josephine Baker looks on 'Cause she saw the Klan in the South, We are all shapeless forms Of the invisible state.Nous rions tous pendant que Joséphine Baker fait le guet À cause du Klan dans le Sud, Nous sommes tous les formes informes De l'état invisible.
À propos de The Invisible State, l'auteur ajoute : .
1987 : premier album Bill Pritchard Premier LP. Huit chansons et un instrumental, suite du plaidoyer pour l'humanité. D'abord, prévenir les enfants de tout bourrage de crâne avec Black Souls Under White Skies, notamment contre l'endoctrinement institutionnel de certains organismes comme celui cité dans la chanson : Le message de l'UCM, Mensonge affiché dans une prison prétoriennePar son assimilation à une corporation non armée qui s'arroge un grand pouvoir., Soif de pouvoir Exploitant, d'heure en heure, Chaque situation avec haine Au nom du dieu de l'oppression.
Ensuite, revendications pour le droit à la différence avec Sheltered Life. Son militantisme est entièrement dévoué à la cause des autres. Il défend successivement l'humble acteur George Formby, l'homosexualité de Jean Cocteau, il soutient toujours la cause de Joséphine Baker et rend hommage au poète gallois Dylan Thomas.
Pritchard explore aussi l'univers du cinéma expressionniste teuton, ses études l'ayant conduit à Bonn. Il chante un triptyque imprégné de l'atmosphère urbaine des films de Murnau, Lang, Wenders et Fassbinder : White City, Arsenic and Old Lace, et Dimanche soir. Mais c'est quand même l'univers de Véronique Sanson qu'il préfère (Grey Parade) :
Listless days, autumnal mists Of stilted lights and drunken fights Of floating sounds of moody lovers In Friedrich Strasse's grey parade, Listening to Véronique Sanson...Brumes d'automne et jours monotones Aux lumières immobiles et pleins De bruits et fureurs d'amours déçues, Morne défilé dans la rue Friedrich, J'écoute Véronique Sanson...
De cet album, Pritchard dit : . . .
Album 1988 : un demi-million de sans-abri En , le journaliste Pascal Bertin demande à Bill Pritchard à quoi correspond le titre de son nouvel album : — Half a Million, c'est un demi-million de quoi ? : . — Deviendrais-tu plus politisé ? : . .
Plus inspiré, c'est peu dire alors qu'il propose, en épilogue de son album, un Déjeuner sur l'herbe très particulier : écrit Thierry Delcourt dans Paroles et Musique. Pritchard a une profonde horreur de toutes formes de manipulations, qu'elles soient politiques, sociales ou affectives. Il sait combien cela peut briser l'esprit, le corps et exacerber les plus bas instincts de l'âme humaine. Dénoncer ces manipulations fait partie de son combat. Cette scène qui renvoie au tableau éponyme et faussement bucolique d'Édouard Manet, révèle une manipulation affective dans un but financier. Il dit lui-même que cette chanson est difficile à défendre.Pritchard synthétise la compromission vécue à la petite semaine et l'éternelle exploitation de l'homme par l'homme. Le « Pascal » de la chanson ne fait pas qu'exploiter son domaine viticole, pour lui, Nathalie est un « pied de vigne » qu'il vendange et exploite à loisir tout en prétextant ses propres difficultés :
Nathalie has to work A painfully green efficiency clerk To keep Pascal in wine Though he complains the whole of the time To the man with the secretive smile, In the Déjeuner sur l'herbe.Nathalie doit assurer Son pénible travail d'employée Pour apporter le vin à Pascal Sans qu'il cesse de se plaindre À l'homme à l'étrange sourire Du Déjeuner sur l'herbe.
L'Aquitaine, toile de fond du tableau, accueillit, en 1985, l'étudiant Bill Pritchard à l'Institut d'études politiques de Bordeaux. Il n'y accomplit pas, paraît-il, le temps requis, mais il semble en revanche avoir beaucoup appris en sciences humaines durant les sept mois de son séjour.
Jerome K. Jerome et le charme anglais Cet album lui permet également de rendre un double hommage au romancier Jerome K. Jerome : .
Pritchard, dès 1988, reste dubitatif devant l'Union européenne. Il fait l'état des lieux de la situation sociale de son pays avec I Wonder Why ? et Bitter Green (licence en sciences politiques oblige). Si Joséphine Baker voyait avec inquiétude se multiplier les exactions du Ku Klux Klan, lui, c'est déjà le mondialisme qu'il voit venir d'un mauvais œil depuis les États-Unis : (chansons Wednesday et Homelessness).
1988 : Parce que avec Daniel Darc En 1988 sort l'album Parce que en collaboration avec Daniel Darc.
1989 : Étienne Daho, producteur Bill Pritchard est invité en 1988 par Étienne Daho dans l'émission télévisée Décibels : L'Express, mai 1989.. Si bien qu'ils décident que Daho produira son troisième album auquel Bill donne le titre correspondant à la durée de son premier mariage : Three Months, Three Weeks and Two Days. Les références de Bill sont plus littéraires que musicales. Il reprend un titre créé sur son précédent album enregistré avec Daniel Darc, We Were Lovers, dans lequel il cite Jean Genet. Les chansons nostalgiques évoquant la fuite du temps comme Tommy & Co, Sometimes, Cosy Evening et surtout Nineteen, chanson dédiée aux dames vieillissantes victimes des premiers symptômes de la maladie d’AlzheimerInspirée par le téléfilm interprété par Bette Davis : Un piano pour Madame Cimino (A Piano for Mrs. Cimino) de George Schaefer (1982)., voisinent avec les chansons contestataires où Bill Pritchard s'en prend violemment à Kenneth Baker, ministre, à l'époque, de l'Éducation du Gouvernement Thatcher : , mais aussi à Ronald Reagan et à Jean-Marie Le Pen ou bien encore aux États autocratiquesAvec sa reprise de L'État invisible.. L'album est un succès qui s'inscrit au Top 50. Cerise sur le gâteau pour Bill : son idole Françoise Hardy a accepté de faire les chœurs dans sa chanson Tommy & Co : .
1991 : Jolie (Souvenir of Summer) Après avoir évoqué son mariage d'une durée de « trois mois, trois semaines et deux jours » dans son précédent album, Bill Pritchard, deux ans plus tard, dans son album Jolie, confie qu'il a vécu quatre histoires d'amour, ce qu'il trouve déjà pas mal compte tenu des 26 ans qu'il vient d'avoir cette année-là, mais voilà que se faufilerait une cinquième (Number Five), ce qu'il fredonne dans le refrain : Four times is not bad For the 26 years I've had But look out here is comes Number five...
Mais, même dans un album dédié à de nostalgiques et amoureux souvenirs d'été (In the Summer et Souvenir of Summer), Bill Pritchard ne peut s'empêcher de se pencher sur la vie chagrinée de ses comparses, car si on vient au Gustave Cafe, ce n'est pas que pour boire un coup, c'est surtout pour parler de ce qui ne tourne pas rond : Du couple bien Qui a connu l’avortement Aux délinquants rêveurs Fourguant des montres factices... Nous avons tous quelque chose à dire au Gustave Cafe...
L'album s'achève sur une situation dont il a peut-être été témoin, celle d'une mère de famille dévouée que le mari finira par quitter (The Lie that Tells the Truth) : In the week-end her family Well starched and sugary Her husband — what a witty man The house was his pulpit Until he's had enough of it And then the hungry husband ran Because... Oh because She is the lie that tells the truth Guilt can only hide you for so long.Le week-end avec sa famille Bien amidonnée et tout sucre, Son mari — quel homme plein d’esprit, La maison était sa tribune Jusqu’à ce qu’il en ait assez Et, vorace, il finit par s'enfuir... Parce que... Oh parce que... Elle est le mensonge qui dit la vérité On ne peut cacher sa culpabilité aussi longtemps...
Cet album a notamment été bien accueilli au Japon et au Canada.
1998 : Happiness and Other Crimes Après avoir produit l'album Le Voyage intérieur de Stan Cuesta en 1993, Bill Pritchard revient avec le bien nommé album Happiness and Other Crimes. Popnews écritPopnews de . : . Il y a aussi, en français dans le texte, Le Monde de Jimmy. Dans la tourmente ou l'euphorie, la maison de disques NCompass disparaît aussi vite qu'elle est née (faillite).
2005 : le premier come-back Après un silence radio de plusieurs années, c'est à l'initiative du français Thomas Deligny que Bill Pritchard reprend du service après avoir toutefois participé en 2002-2003, toujours à l'invite de Deligny et de ses productions Concorde Music Club, à l'album-concept Stereo-Fiction. Il y interprète In the Past, titre nostalgique sur l'enfance où la voix grave du chanteur se mélange aux ambiances cinématiques de Concorde Music ClubPlusieurs titres de Bill Pritchard produits par CMC en écoute sur Soundcloud.com. Ce titre est également accompagné d'une vidéo basée sur un habile montage d'images tournées à Tokyo et réalisée par Jean-Sébastien Deligny.