vignette|upright|Les Wittelsbach ont donné leurs armes, fuselées en bande d'azur et d'argent, à la Bavière, et leurs couleurs au drapeau actuel de celle-ci. La maison de Wittelsbach est une Maison d'Allemagne occidentale. L'une des plus anciennes et des plus puissantes du Saint-Empire romain germanique, elle a régné en particulier sur la Bavière et sur le Palatinat, et a donné des souverains au Saint-Empire, à la Suède et à la Grèce.

Origines C'est une famille princière, issue du comte . Son petit-fils , devenu comte palatin de Bavière en 1116 — un simple titre officiel subordonné au duc de Bavière — déplaça en 1124 sa résidence de Scheyern - où il fonda l'abbaye de Scheyern - à Wittelsbach () près d'Aichach .

Son fils, , reçut en 1180 de l'empereur le duché de Bavière confisqué à Henri le Lion, duc de Bavière et de Saxonie de la maison Welf d'Este (ducs de Bavière depuis 1070). Surnommé Othon le Grand, il est à l’origine des Wittelsbach qui régnèrent sur la Bavière pendant , jusqu'en 1918.

Le fils d'Othon le Grand, le duc , reçut en outre le titre de comte palatin du Rhin en 1214, après avoir arrangé les fiançailles de son fils de , l'Illustre, avec Agnès, la fille et héritière du Welf , dignité assortie de la souveraineté sur le Palatinat (les comtes palatins du Rhin ont succédé aux anciens comtes palatins de Lotharingie et résidaient au château de Heidelberg).

Une ligne secondaire, issue de , régit le comté de Dachau à compter de 1104. Cette lignée de la famille a été la première à recevoir le rang ducal, avec son petit-fils de Dachau qui est devenu duc de Méranie en 1152. Cette lignée s'est éteinte en 1182 avec son fils, , comte de Dachau et duc de Méranie.

Par la suite, des Wittelsbach occupèrent des sièges épiscopaux de l’empire, tels Cologne, assorti de la dignité électorale : Ruprecht fils de du Palatinat, Ernest fils du duc , son neveu Ferdinand, son neveu Maximilien-Henri, son petit-cousin Joseph-Clément, son neveu Clément-Auguste ; Strasbourg : Robert de Simmern en 1440-1478, fils d'Étienne, comte de Simmern et des Deux-Ponts ci-dessous ; Albert de Mosbach en 1478-1506, issu d'une branche fondée par un fils du roi Robert III-Ier ci-dessous ; ou Liège : le duc petit-fils du duc-empereur ci-dessous, puis les mêmes que les archevêques de Cologne : Ernest, Ferdinand, Maximilien-Henri, Joseph-Clément, enfin Jean-Théodore frère de Joseph-Clément et de l'empereur .

Deux lignes dynastiques vignette|220px|Du bourg de Wittelsbach, au nord-est d'Augsbourg, détruit en 1209 en représailles de l'assassinat de Philippe de Souabe ne reste qu' élevée en 1418 par les Chevaliers Teutoniques.

Titres et succession : comme beaucoup de maisons allemandes, les Wittelsbach ont combiné le droit d'aînesse dans les mâles (primogéniture masculine), avec les partages successoraux pour ne pas léser les cadets. Les cadets reçoivent donc souvent le titre de l'aîné, mais avec une assignation géographique secondaire, en quelque sorte comme prince associé, auxiliaire, délégué : par exemple « comte palatin de Simmern », c'est-à-dire : responsable du Palatinat « à, pour : zu » Simmern, ou encore : « comte délégué de l'Electeur comte Palatin à, pour (zu) Simmern ». Mais l'aîné de la dynastie (le prince électeur) reste le seul vrai comte Palatin du Rhin souverain, dont le domaine est dit « Palatinat électoral ». Les Wittelsbach ont aussi pratiqué les règnes conjoints, en indivis, de deux frères, comme évoqué juste après ; ou bien le partage intégral, sans prééminence de l'aîné : cf. les enfants du duc-empereur Louis III-IV dans la branche ducale Ludovicienne ci-dessous.

Les choses se compliquent encore quand on sait que les Wittelsbach s'intitulent volontiers ducs (sous-entendu : de Bavière), même quand ce titre honorifique n'a plus rien d'effectif : cf. la remarque débutant la branche palatine Rodolphine ci-dessous. Ainsi, on a parlé de duc de Cleebourg, de duc de Birkenfeld, et même de duc de Bischweiler, ou de Veldenz et de Guttenberg, alors que les duchés correspondants n'existent pas : il faut en fait comprendre duc de Bavière (> en Palatinat > en Deux-Ponts) zu (dans le comté palatin de) Cleebourg, zu (dans le comté palatin de) Birkenfeld, zu (dans la seigneurie de) Bischwiller, zu (dans le comté palatin de) Veldenz (et le château de) Guttenberg. C'est ainsi qu'il faut interpréter le titre de duc en Bavière (voir le paragraphe à la fin de cet article : Généalogie des ducs en Bavière) : duc (de Bavière) zu/in Bayern (:de : Herzog in Bayern), le siège initial de ce rameau des Birkenfeld, Gelnhausen, lui ayant été enlevé pour passer à la Hesse-Darmstadt au , « zu Gelnhausen » n'était donc plus possible, et ce rameau vivant désormais en Bavière même, à Munich et Possenhofen. En plus des duchés purement bavarois évoqués dans la branche ducale Ludovicienne, les seuls duchés dont on peut réellement parler sont les comtés palatins où le titre ducal a vraiment fini par s'imposer : Simmern, Deux-Ponts, Neubourg et Soulzbach.

- La maison de Wittelsbach se scinda en deux lignes dès le . Les deux fils d', régnant d'abord en indivis, se partagèrent les domaines en 1255 : , duc de Bavière en Haute-Bavière (Munich, Ingolstadt) et comte Palatin du Rhin ; , duc de Bavière en Basse-Bavière (Straubing, Landshut) et comte palatin de Bavière (Haut-Palatinat, Amberg, Neumarkt), dont la descendance mâle s'éteint en 1340 () : la Basse-Bavière et le Haut-Palatinat échoient alors au duc (empereur Louis ) de Haute-Bavière.

- Puis la maison de Wittelsbach se scinda en deux lignes au . Les possessions de , duc de Haute-Bavière et comte palatin du Rhin, vont d'abord à son fils aîné en 1294 ; puis Rodolphe et son frère cadet le duc () règnent conjointement sur la Haute-Bavière et le Palatinat à partir de 1301 ; mais Louis, élu roi de Germanie en 1314 puis empereur en 1328, pousse son aîné à l'abdication en 1317, et devient le seul souverain, spoliant ses neveux. Finalement Louis doit accepter de partager avec son neveu en 1329 au traité de Pavie : ce dernier reçoit le Palatinat rhénan et le Haut-Palatinat bavarois. Lui succèdent son frère , prince-électeur depuis la Bulle d'or de 1356, puis leur neveu (fils de leur frère Adolphe le Simple). La branche aînée dite Rodolphine, issue de et de Robert II ci-dessus, reçut le palatinat du Rhin et le Haut-Palatinat bavarois. Cependant elle conserva le patronyme de Bavière, assimilé à de Wittelsbach, et garda de manière purement décorative le titre de duc de Bavière, sans lien réel avec le duché de Bavière. Par la Bulle d'Or de 1356, l'empereur reconnut l'Electorat à cette branche palatine, qui réunit en 1777 les deux héritages (Bavière et Haut-Palatinat d'une part, Palatinat rhénan d'autre part, avec les deux électorats fondus alors en un seul pour Charles-Théodore) à l'extinction de la branche cadette ducale (mort de , fils du duc-empereur ). la branche cadette dite Ludovicienne, issue de (), eut le duché de Bavière (la Basse-Bavière étant récupérée en 1340) et, depuis 1621, le Haut-Palatinat. Mais les nombreux enfants de Louis se divisèrent l'héritage en 1349 : branches de Haute-Bavière (qui eut aussi les comtés de Hainaut, Hollande et Zélande, et le Brandebourg), et, en Basse-Bavière, de Landshut et de Straubing. La branche de Landshut hérite de la Haute-Bavière en 1363 (mais nouvelle division en 1392 : Bavière-Munich et Bavière-Ingolstadt — la reine Isabeau était de cette branche — puis en 1467 : Bavière-Dachau), et de la Bavière-Straubing en 1425. Finalement la branche de Bavière-(Landshut)-Munich hérite des autres branches en 1503-1505, après la guerre de Landshut, et réunifie presque toute la Bavière (sauf le duché de Neubourg, démembré de Landshut, qui passe alors — exceptionnellement en succession féminine — à la branche palatine : Othon-Henri ci-dessous et son frère Philippe de Neubourg, et prend le nom de Nouveau ou Jeune Palatinat). de Bavière-Munich (1447-1508), en 1506, supprime la politique des partages pour garantir définitivement l'unité du duché, au profit de son fils aîné Guillaume IV le Constant (1493–1550 ; son frère de Louis X de Bavière-Landshut (1495–1545) sera cependant reconnu duc en 1514, à Landshut et Straubing). Puis, de père en fils : Albert V le Magnifique (1528-1579) ; Guillaume V le Pieux (1548-1626) ; Maximilien (1573-1651 ; prince-électeur de Bavière en 1623) et son frère cadet Albert VI (1584-1666 ; duc-régent de Bavière) ; Ferdinand-Marie (1636-1679 ; fils de Maximilien ) ; Maximilien II Emmanuel (1662-1726 ; sa sœur Marie-Anne épouse le Grand Dauphin, fils de : ils sont les grands-parents paternels de ) ; Charles-Albert (1697-1745 ; empereur Charles VII du Saint-Empire en 1742 ; son demi-frère aîné, l'enfant Joseph-Ferdinand (1692–1699), fut l'héritier d'Espagne en 1698) ; Maximilien Joseph de Bavière (1727-1777 ; sans postérité) : avec lui finit la lignée Ludovicienne, et l'électeur Palatin du Rhin Théodore de Soulzbach (1724-1799 ; voir ci-dessous ; issu de la branche Rodolphine) hérite alors de l'électorat-duché de Bavière (sans postérité), suivi à son tour de Maximilien IV Joseph, Maximilien comme premier roi de Bavière en 1806 (1756-1825 ; voir ci-dessous ; issu de la branche de Palatinat-Deux-Ponts-Birkenfeld-Bischwiller).

La maison palatine (branche Rodolphine) thumb|upright|Blason des Ducs de Bavière et comtes palatin du Rhin

À partir du roi — fils de l'électeur palatin Robert II le Sérieux ci-dessus — élu roi des Romains en 1400 sous le nom de mais qui ne put régner efficacement ni accéder au titre d'empereur, la maison palatine se scinda à son tour en plusieurs branches régnant sur des comtés palatins, l'électeur, comte Palatin du Rhin se réservant la souveraineté sur le domaine principal appelé le Palatinat électoral. Ces branches ou leurs rameaux se succédèrent ensuite sur le trône du Palatinat au rythme de leurs extinctions successives dans les mâles.

Électeurs palatins jusqu'en 1559 : la branche aînée compta comme électeurs palatins : Louis III le Barbu, fils du roi Robert (III-) et père des Palatins Louis IV le Doux et (dont le fils morganatique Louis est à l'origine des comtes de Löwenstein, desquels est issue l'actuelle branche aînée de la maison de Wittelsbach dont le chef est le prince Ludwig de Löwenstein-Wertheim-Freudenberg, né en 1951). (qui avait acquis Löwenstein en 1441) engendra < , père de < et de (les deux sans postérité) ; leur frère Robert (en : Ruprecht) épousa Elisabeth, fille de Georges le Riche, duc de Bavière-Landshut (d'où l'acquisition du duché de Neubourg), dont Othon-Henri, électeur Palatin, aussi duc de Neubourg avec son frère cadet Philippe (en quelque sorte : duc de Bavière-(Landshut) à (zu) Neubourg-sur-le Danube/Neuburg an der Donau), mort en 1559 sans héritier direct : fin des Électeurs comtes Palatins du Rhin aînés.

Robert III (roi Robert ) eut trois fils cadets : Étienne, duc et comte palatin de Simmern et Deux-Ponts ci-dessous ; Jean, comte palatin de Neumarkt dans le Haut-Palatinat (Palatinat-Neumarkt), dont le fils fut le roi de Danemark, Suède et Norvège (Union de Kalmar), mort sans postérité en 1448 ; et , comte palatin de Mosbach qui hérita Neumarkt du roi Christophe en 1448, et dont le fils termina la lignée en 1499.

- De plus, le père du roi Robert l'électeur palatin hérita en 1394 du comté de Deux-Ponts par legs du comte de Deux-Ponts (de la maison de Sarrebruck). Les Deux-Ponts allèrent à son fils (roi Robert ) puis au fils cadet de celui-ci, le comte duc Étienne ci-dessus et ci-dessous.