right|thumb|upright=1.3|Glacier Grinnell dans le parc national de Glacier (Montana, États-Unis) montrant le recul depuis 1850 de USGS. vignette|Les trous à cryoconite contribuent à accélérer la fonte des glaciers himalayens et alpins.

Le recul des glaciers depuis 1850, ou plutôt le « recul du front des glaciersLes glaciers continuent « d'avancer », c'est leur fonte plus rapide que leur alimentation et leur avancée qui provoque leur raccourcissement progressif, par le bas. », est mondial et rapide ; il affecte l'accès à l'eau douce pour l'irrigation et pour l'utilisation domestique, les loisirs de montagne, les animaux et les plantes qui dépendent de la fonte des glaciers, et à plus long terme, le niveau des océans. Les montagnes à mi-latitude telles que l'Himalaya, les Alpes, les montagnes Rocheuses, la chaîne des Cascades et les Andes méridionales, aussi bien que les sommets tropicaux isolés tels que le Kilimandjaro en Afrique, montrent des pertes glaciaires proportionnées qui sont parmi les plus grandes...

Dans le passé, le petit âge glaciaire fut une période allant d'environ 1550 à 1850 où le monde a connu des températures relativement fraîches comparées à maintenant, entraînant une extension des glaciers. À la fin de cette période et jusqu'en 1940, les glaciers autour du monde ont reculé pendant que le climat se réchauffait. Le recul glaciaire a ralenti et s'est même inversé, dans beaucoup de cas, entre 1950 et 1980, car un léger refroidissement climatique s'est produit. Cependant, depuis 1980, le réchauffement climatique conduit à un recul des glaciers de plus en plus rapide et dans le monde entier, au point que beaucoup de glaciers ont disparu et que l'existence d'un grand nombre d'autres glaciers restants dans le monde est menacée. Dans des régions telles que les Andes en Amérique du Sud ou l'Himalaya en Asie, la fin des glaciers aura un impact potentiel sur des approvisionnements en eau. Le recul actuel des glaciers de montagne, notamment à l'Ouest de l'Amérique du Nord, en Asie, dans les Alpes, en Indonésie, en Afrique, et dans des régions tropicales et subtropicales d'Amérique du Sud, qui coïncide avec l'augmentation mesurée des gaz à effet de serre, a été utilisé comme preuve qualitative de l'élévation des températures globales depuis la fin du ...

Le recul de certains glaciers tropicaux n'a pas nécessairement pour principale cause le réchauffement climatique anthropique, comme c'est le cas du Kilimandjaro en Afrique. Dans le cas du massif africain, le recul est dû à une diminution des chutes de neige depuis le Philip Mote, Georg Kasser, Pour la Science, , décembre 2007, « Les glaces du Kilimandjaro : Pourquoi elles ont régressé »..

Le récent recul substantiel, ainsi qu'une accélération de la vitesse de recul depuis 1995 d'un certain nombre de glaciers d'exutoire principaux de l'inlandsis du Groenland et des inlandsis de l'Antarctique occidental, peuvent annoncer une élévation du niveau de la mer, ayant un effet potentiellement dramatique sur des régions côtières dans le monde entier. Les glaciers ont perdu plus de de tonnes de glace entre 1961 et 2016, et cette perte accélère : elle est passée de 227 milliards de tonnes par an sur la période 2000-2004, à 298 milliards de tonnes par an sur la période 2015-2019 (soit un volume de ou l'équivalent de trois piscines olympiques par seconde).. Les glaciers de la planète ont perdu 5 % de leur volume initial entre 2000 et 2023. En 25 ans, cette fonte est très variable selon les régions, allant de 2 % du volume des glaciers dans les zones subantarctiques à 39 % en Europe centrale et 40 % dans les Alpes et Pyrénées. Ce déclin aggrave la hausse du niveau de la mer qui a augmenté de sur cette période.

Bilan de masse glaciaire thumb|upright=1.5|Cette carte des changements des bilans de masse des glaciers de montagne depuis 1970 montre les amincissements en jaune et rouge, et les épaississements en bleu. thumb|upright=1.5|Bilan de masse glaciaire global pendant les cinquante dernières années, rapportées au Service de Surveillance Mondiale des Glaciers () et au CNDNG. L'évolution à la baisse vers la fin des années 1980 est symptomatique de l'augmentation du nombre de glaciers qui reculent et de leur vitesse de recul.

Le bilan de masse d'un glacier, crucial dans le calcul de sa survie, est la différence entre l'accumulation et l'ablation. Le changement climatique peut causer des variations aussi bien de température que de quantité des chutes de neige, causant des changements dans le bilan de masse. Un glacier avec un bilan de masse négatif persistant est hors d'équilibre et reculera. Un glacier avec un bilan de masse positif persistant est également hors d'équilibre, et avancera pour rétablir l'équilibre. Actuellement, il y a quelques glaciers qui avancent, bien que leurs modestes vitesses de croissance suggèrent qu'ils ne sont pas loin de l'équilibre..

Le recul du front d'un glacier a comme conséquence la perte de la région de basse-altitude du glacier. Comme les altitudes plus élevées sont plus fraîches, la disparition de la partie la plus basse réduit l'ablation dans son ensemble, et augmente de ce fait le bilan de masse, rétablissant potentiellement l'équilibre. Cependant, si le bilan de masse d'une partie significative de la zone d'accumulation du glacier est négatif, il est en déséquilibre avec le climat et fondra si le climat ne refroidit pas et/ou si les précipitations glacées n'augmentent pas.

Le symptôme principal de déséquilibre, pour un glacier, est son amincissement sur toute sa longueur... Par exemple, le glacier d'Easton (voir ci-dessous), malgré une pente faible lui donnant plus d'inertie face aux hausses de température que ses homologues de la même zone a perdu 14 mètres d'épaisseur sur les 60 à 75 mètres relevés en 1990, a reculé de 340 mètres entre 1990 et 2014. Il rétrécira probablement de moitié, mais à une vitesse de réduction lente, .

Les méthodes pour mesurer le recul des glaciers incluent la délimitation de leur front glaciaire, la cartographie par le système de positionnement mondial, la vue aérienne et l'altimétrie au laser. La prise en compte d'une couverture détritique est aussi important, car elle change l'albédo du glacier et donc ses échanges d'énergie avec l'atmosphère.

Glaciers de mi-latitude Les glaciers de mi-latitude sont situés entre le tropique du Cancer et le cercle Arctique pour l'hémisphère nord, et entre le tropique du Capricorne et le cercle Antarctique pour l'hémisphère sud. Ces deux régions supportent la glace des glaciers de montagne, des glaciers de vallée ainsi que des plus petites calottes glaciaires, qui sont habituellement situés dans les régions montagneuses les plus élevées. Tous ces glaciers sont situés dans des chaînes de montagnes, notamment l'Himalaya, les Alpes, les montagnes Rocheuses et chaînes côtières du Pacifique, les Andes de Patagonie en Amérique du Sud, et les chaînes de montagnes dans l'île que constitue la Nouvelle-Zélande. Les glaciers, dans ces latitudes, sont plus étendus et tendent à être d'autant plus massifs qu'ils sont situés près des régions polaires. Ces glaciers sont ceux qui ont été les plus largement étudiés pendant les 150 dernières années. De même que les glaciers situés en zone tropicale, pratiquement tous les glaciers des mi-latitudes sont dans une situation de bilan de masse négatif et reculent.

Europe, Asie, Océanie right|thumb|upright=1.5|Cette carte de la Commission d'Enquête annuelle sur les Glaciers en Italie et en Suisse montre le pourcentage des glaciers qui avancent dans les Alpes. Le milieu du montre de fortes tendances au recul, mais pas aussi extrêmes que maintenant ; les reculs actuels font apparaître des réductions supplémentaires de glaciers qui étaient déjà plus petits. thumb|Chamonix - Mer de Glace (entre 1902 et 1904). thumb|Chamonix-Mont-Blanc - Mer de Glace (en 2004).

Le Service de Surveillance Mondiale des Glaciers rend compte, tous les cinq ans, des changements des terminus de glaciers, ou de fins moins élevées, partout dans le monde.. Dans leur édition 1995-2000, ils ont noté les variations du point terminal des glaciers dans tous les glaciers des Alpes. Au cours de la période de cinq ans de 1995 à 2000, 103 des 110 glaciers examinés en Suisse, 95 des 99 glaciers en Autriche, les 69 glaciers en Italie et les 6 glaciers en France étaient en recul. Les glaciers français ont subi de nets reculs dans les années 1942 à 1953, suivi d'avances jusqu'en 1980, puis à nouveau de reculs à partir de 1982. Par exemple, depuis 1870, le glacier d'Argentière et le ont reculé respectivement de et de . Le plus grand glacier de France métropolitaine, la Mer de Glace, de de long et de d'épaisseur, a perdu, en 130 ans, 8,3 % de sa longueur, soit , et s'est aminci, en 130 ans, de 27 %, soit , dans la section médiane du glacier. Le glacier des Bossons à Chamonix, en France, a reculé de par rapport aux extensions observées au début du . En 2005, sur 91 glaciers suisses étudiés, 84 ont reculé de leurs points terminaux de 2004, et les 7 restants n'ont montré aucun changement..