Le Parti démocrate (, sigle PD) est un parti politique italien, classé en général au centre gauche. Fondé le , le PD réunit des courants issus de la gauche anciennement communiste et de la démocratie chrétienne.
Il siège dans l'opposition à Silvio Berlusconi entre 2008 et 2011, puis soutient sans participation le gouvernement technique de Mario Monti. En 2013, il constitue la coalition Italie. Bien commun, qui échoue à remporter une majorité stable au Parlement. Il s'installe tout de même au pouvoir, avec Enrico Letta, puis Matteo Renzi et Paolo Gentiloni, grâce à une alliance avec des partis de centre droit. Défait assez nettement lors des élections de 2018, il retourne à l’opposition. Il revient au gouvernement entre 2019 et 2022, en coalition avec le Mouvement 5 étoiles puis dans un gouvernement d'union nationale.
Histoire Coalition de L'Olivier
Au début des années 1990, lors de la crise majeure du système politique italien (Opération Mains propres) et de la dissolution du Parti communiste italien, un processus est entamé en vue d'unir les forces de la gauche au sein d'une entité politique unique. Ce processus permet l'entrée de Romano Prodi (anciennement proche de l'aile gauche de la Démocratie chrétienne) dans la politique nationale et la création de L'Olivier, une coalition de centre gauche, comprenant notamment : le Parti démocrate de la gauche, le Parti populaire italien, la Fédération des Verts, les Socialistes italiens, l'Union démocrate. La coalition, alliée au Parti de la refondation communiste, remporte les élections de 1996.
En 1998, le Parti démocratique de la gauche devient les Démocrates de gauche en fusionnant avec d'autres partis de centre gauche. Les Démocrates de Romano Prodi fusionnent avec le Parti populaire italien se dotent d'une plate-forme de centre gauche fondée sur le social-libéralisme, la social-démocratie et le christianisme social et fusionnent au sein de la coalition dite de La Marguerite en 2002.
Lors des élections de 2001, ces deux partis participent à la coalition de L'Olivier aux côtés de l'Union des démocrates pour l'Europe, des écologistes et du Parti des communistes italiens sous la direction de Francesco Rutelli. thumb|upright|left|Logo de L'Olivier. Lors de l'été 2003, Romano Prodi propose aux forces de la gauche italienne de s'unir au sein d'une liste commune pour les élections européennes de 2004. L'UDEUR et les partis d'extrême gauche refusent l'offre, mais quatre autres partis acceptent : les Démocrates de gauche, la Margherita, les Socialistes démocrates italiens et le Mouvement des républicains européens. Ils forment une liste commune, Unis dans l'Olivier, qui obtient 31,1 % des suffrages exprimés au niveau national. En 2005 cette coalition est abandonnées par les Socialistes démocrates italiens qui préfèrent former un nouveau parti, Rose au poing, avec les radicaux italiens.
Pour les élections générales de 2006, les trois partis de l'Olivier présentent des listes uniques pour la Chambre des députés et s'allient avec les communistes, les écologistes et une multitude de petits partis du centre gauche et du centre droit au sein de L'Union. En 2005, une élection primaire ouverte à tous les citoyens italiens est organisée : plus de quatre millions d'électeurs approuvent la nomination de Romano Prodi comme candidat au poste de Président du Conseil.
L'Union remporte les élections, mais avec une très courte majorité.
Vers la formation du nouveau parti Le succès de la primaire ouverte de 2005 et la victoire électorale de 2006 donnent un coup d'accélérateur au projet de création d'un grand parti unifiant les Démocrates de gauche et la Margherita.
Le , les Démocrates de gauche tiennent leur dernier congrès à l'occasion duquel environ 75 % des membres du parti votent en faveur de la création du Parti démocrate dès que possible. La gauche du parti, menée par le ministre Fabio Mussi opposé à ce projet, n'obtient qu'environ 15 % des voix. Une troisième motion, présentée par proposant l'intégration du Parti démocrate au Parti socialiste européen (et donc à aucune autre formation politique européenne), obtient 10 % des voix. Fabio Mussi et Gavino Angius annoncent leur intention de ne pas adhérer au Parti démocrate et fondent un nouveau parti de gauche, Gauche démocrate, plus enclin à unir l'extrême gauche sous une même bannière. Angius abandonne le projet en faveur de la création d'un parti social-démocrate avec les Socialistes démocrates italiens, le Parti socialiste.
Les formations politiques suivantes se sont toutes dissoutes dans le PD : Démocrates de gauche (social-démocrate) ; La Marguerite (centriste) ; Mouvement des républicains européens (republicain).
Le , la liste des membres du Comité d'organisation du Parti démocrate est annoncée : elle comprend politiques, principalement issus des deux grands partis impliqués dans le processus, mais également des personnalités comme Marco Follini, Ottaviano Del Turco, Luciana Sbarbati, Renato Soru, Giuliano Amato, Gad Lerner et Tullia Zevi.. Le , le Comité se réunit pour décider des règles à suivre pour l'ouverture de l'élection des de l'Assemblée constituante. Romano Prodi annonce que chaque électeur aura à choisir entre un certain nombre de listes, chacune d'elles étant associée à un candidat au poste de chef du parti. L'assemblée doit ensuite élire le premier chef de file lors d'une convention fondatrice, prévue le .
Course à la direction thumb|upright|Walter Veltroni est le premier dirigeant du Parti démocrate. Tous les candidats au poste de dirigeant du Parti démocrate doivent présenter au moins valables au plus tard le . Ils doivent également être associés au projet de fondation du Parti démocrate, soit en tant que membres d'une des formations prenant part à la fusion, soit sans aucune association avec un quelconque autre parti.
Le , un total de dix candidatures sont enregistrées : Walter Veltroni, Rosy Bindi, Enrico Letta, Furio Colombo, Marco Pannella, Antonio Di Pietro, , , Jacopo Schettini Gherardini, Lucio Cangini et Amerigo Rutigliano. Parmi eux, Pannella et Di Pietro voient leurs candidatures annulées en raison de leur participation à des partis externes, Cangini et Rutigliano ne réussissent pas à présenter les valables avant la date limite, Colombo décide finalement de retirer sa candidature, déclarant être dans l'impossibilité de se plier à toutes les conditions nécessaires pour être candidat.
Pendant la campagne, tous les sondages d'opinions prédisent une large victoire pour Veltroni, avec des résultats allant de 65 à environ 75 %.. Veltroni est officiellement élu premier secrétaire du Parti démocrate lors de l'assemblée constituante qui se tient à Milan le ..
+Résultats officiels. Candidats Total Listes Voix % Sièges Nom Voix % SiègesWalter Veltroni75,82Democratici con Veltroni43,72Con Veltroni. Ambiente, innovazione, lavoro8,07172A Sinistra con Veltroni7,66226Autres listes16,37430Rosy Bindi12,93312Con Rosy Bindi. Democratici, davvero12,93312Enrico Letta11,02220I democratici per Enrico Letta11,022200,170Generazione U0,170 (et Jacopo G. Schettini)0,070Gawronski. Il coraggio di cambiare et Noi per il Partito Democratico 0,080Total100,0Total100,0
Le , le nouveau logo est dévoilé : il dépeint l'acronyme du parti (PD) avec des couleurs rappelant le drapeau tricolore italien (vert, blanc et rouge) et intégrant une branche d'olivier, symbole historique de L'Olivier. Selon les termes d', le vert représente les cultures écologiste et sociale-libérale, le blanc la solidarité catholique et le rouge les traditions socialistes et social-démocrates..
Échecs électoraux et crise de leadership thumb|upright|Les affiches électorales du Parti démocrate lors des élections régionales italiennes des 28- à Rome. Le PD prend part aux premières élections générales de son histoire les 13 et 14 avril 2008. Mené par Walter Veltroni, candidat à la présidence du conseil, le PD s'allie au petit parti centriste de l'Italie des valeurs et reçoit le soutien des Radicaux italiens. Avec 37,5 % des suffrages exprimés à la Chambre des députés et 38 % au Sénat, la coalition de Walter Veltroni est largement distancée par le Peuple de la liberté de Silvio Berlusconi, dont les scores avoisinent les 47 %. C'est un échec retentissant pour le PD, qui a bénéficié pourtant du report des suffrages de l'électorat de l'extrême-gauche, influencé par un vote utile induit par la pratique des primes majoritaires imposée par le système de vote mixte alors en vigueur. Second parti du paysLe PD est en outre devancé par le Peuple de la liberté (PdL), nouveau parti de droite fondé à l'initiative de Silvio Berlusconi., Le PD devient donc la première force de l'opposition parlementaire au gouvernement Berlusconi, devant les démocrates chrétiens de l'Union de centre et ses alliés de l'Italie des Valeurs.
Les élections municipales qui ont lieu quelques semaines plus tard sont une nouvelle déconvenue pour le PD. Il perd notamment Rome, ancien fief de Walter Veltroni, au profit des nationalistes de l'Alliance nationale (composante du PdL).
Le , le PD perd les élections régionales anticipées aux Abruzzes puis, le , le centre gauche perd également en Sardaigne. Ces déconvenues électorales sont interprétées comme un désaveu pour le nouveau parti. Au lendemain de l'élection en Sardaigne, Walter Veltroni démissionne de ses fonctions de dirigeant du Parti démocrate. Dario Franceschini assure l'intérim du secrétariat.
Le , il est décidé de ne pas organiser de primaires pour élire un nouveau secrétaire avant les élections européennes de . Deux candidats s'affrontent pour devenir secrétaire du PD : Arturo Parisi et Dario Franceschini. C'est ce dernier qui l'emporte largement avec plus de mille voix des membres de l'assemblée du parti. left|thumb|upright|Pier Luigi Bersani, secrétaire du PD de 2009 à 2013. En , le président du Latium, Piero Marrazzo, est contraint à la démission. Fin , le candidat du PD Francesco Boccia est défait aux élections des Pouilles par le président sortant, Nichi Vendola (Refondation pour la gauche, communiste) qui l'emporte avec 67 % des voix. Le lendemain, le maire de Bologne, , est également contraint à démissionner. Le secrétaire Pier Luigi Bersani annonce alors une alliance électorale avec l'Italie des valeurs d'Antonio Di Pietro, quatrième parti italien depuis les élections européennes de juin 2009, dans onze régions sur treize..
Pour les élections européennes de juin 2009, le Parti démocrate se voit refuser une alliance par les Verts et le Parti socialiste. Le PD n'obtient que 26,1 %.
Le , Pier Luigi Bersani est élu secrétaire du PD avec 53 % des voix lors d'une primaire ouverte à laquelle ont participé trois millions de personnes. À la suite de son élection, Francesco Rutelli quitte le parti pour former un nouveau parti centriste, l'Alliance pour l'Italie. Au total, , , un député européen et plusieurs conseillers régionaux quittent le PD pour rejoindre l'Alliance pour l'Italie, l'Union de centre ou d'autres petits partis.
Lors des élections régionales de 2010, le PD l'emporte dans six régions.
En , Bersani et les leaders de l'Italie des valeurs et de Gauche, écologie et liberté s'accordent pour former un en vue des élections de 2013.
Coalition Italie. Bien commun Un an après l'accord pour une nouvelle coalition, les relations avec l'Italie des Valeurs se tendent et son leader Antonio Di Pietro, malgré une photo des leaders de la gauche prise à Vasto en 2012, se radicalise contre l'action du gouvernement Monti et quitte son alliance avec le PD.