Sabine Weiss, née Sabine Weber le à Saint-Gingolph et morte le à Paris, est une photographe d’origine suisse naturalisée française en 1995.
Elle est l’une des principales représentantes du courant de la photographie humaniste française, aux côtés de Robert Doisneau, Willy Ronis, Édouard Boubat et Izis.
Biographie Jeunesse et formation Le père de Sabine Weiss est ingénieur chimiste. et fabrique des perles artificielles à partir d’écailles de poissons. La famille demeure à côté du poste frontière à Saint-Gingolph, qu’elle quitte alors qu’elle est encore enfant. Attirée très jeune par la photographie, elle dit elle-même : Jean Vautrin, Sabine Weiss, soixante ans de photographies, [monographie], Éditions de La Martinière, 2007.. Sabine Weiss commence à photographier en 1935 à l’âge de avec un appareil photo acheté avec son argent de poche. Son père la soutient dans son choix, et elle apprend plus tard la technique photographique, de 1942 à 1946, auprès de Paul Boissonnas, fils de Frédéric Boissonnas, photographe de studio à Genève. Elle obtient son diplôme en 1945.
Paris Elle s'installe à Paris en 1946 et devient l’assistante de Willy Maywald : . Willy Maywald travaillait à cette époque au premier étage d’une remise du 22, rue Jacob qui appartenait à un antiquaire, il n’y avait ni l’eau ni le téléphone. Ce travail lui permet pourtant de côtoyer le Tout-Paris de l’époque. Elle assiste ainsi à l’ouverture de la maison Dior et à la présentation de la première collection au 37, avenue Montaigne. En 1949, elle rencontre le peintre américain Hugh Weiss, qu’elle épouse le ; le couple adoptera une fille.. Elle ouvre alors son propre studio. Ses photographies témoignent de l’optimisme des années d’après-guerre : déclare-t-elleVincent Jolly, « Sabine Weiss, le monde d'hier », Le Figaro Magazine, semaine du , ..
Elle est une photographe complète. On ne peut pas la placer dans un genre de photographie. Elle travaille dans des secteurs variés : passionnée de musique, elle fixe les visages de grands noms de la musique (Igor Stravinsky, Benjamin Britten, Pablo Casals, Stan Getz…) mais aussi ceux de la littérature et de l’art (Fernand Léger, F. Scott Fitzgerald, Jean Pougny, Alberto Giacometti et Annette Giacometti, Robert Rauschenberg, Jan Voss, Jean Dubuffet, Françoise Sagan…), du cinéma (Jeanne Moreau), de la mode (Coco Chanel). Elle collabore également à plusieurs revues et journaux connus en Amérique et en Europe pour des commandes publicitaires et de presse (Vogue, Paris Match, Life, Time Magazine, Town and Country, Holiday, Newsweek). Enfin, elle parcourt le monde en tant que photojournaliste et en rapporte de nombreux clichés.
L’agence Rapho À partir de 1950, elle est représentée par l’Agence Rapho, première agence de presse française diffusant entre autres le travail de Willy Ronis et de Robert Doisneau, qui lui propose d’entrer dans l’agence après une rencontre dans le bureau du directeur de Vogue. Elle se lie d’amitié avec des personnalités du milieu artistique comme Jean Cocteau, Maurice Utrillo, Georges Rouault et Jacques Henri Lartigue.
Le fait qu’elle soit l’une des rares femmes de l’univers de la photographie à l’époque n’est pas un problème. Pour le photojournaliste Hans Silvester, qui a travaillé avec elle sur les peuples de l’Omo (Éthiopie), : .
En 1955, Edward Steichen choisit plusieurs de ses photographies pour l’exposition The Family of Man au Museum of Modern Art de New York.
En 1957, Sabine Weiss réalise une série de photographies du peintre Kees van Dongen, qu’elle découvre avec son mari, et sur un coup de cœur achète un petit cabanon avec vue sur les ruines du château de Grimaud en Provence. Ils agrandissent la maison en 1969 et y viennent régulièrement en famille jusqu’à la mort de son mari en 2007Raphaël Dupouy, « La dame au regard d'enfant », Figure Libre, , ..
En 1995, elle est naturalisée française.
En 1983, elle obtient une bourse du ministère des Affaires culturelles françaises et réalise une Étude sur les Coptes d’Égypte. Le même ministère lui délivre en 1992 une autre bourse lui permettant de réaliser une Étude sur la Réunion.
Elle publie une quarantaine d’ouvrages dont 100 photos de Sabine Weiss pour la liberté de la presse par Reporters sans frontières en 2007.
En 2017, Sabine Weiss fait don de l’ensemble de ses archives, riches de deux cent mille négatifs, sept mille planches contact, environ deux mille sept cents tirages vintage et deux mille tardifs, trois mille cinq cents tirages de travail et deux mille diapositives au musée de l'Élysée, à Lausanne« Je n’aime que les photographies prises dans la rue », letemps.ch, .. Ses photographies, aujourd’hui tirées par Guillaume Geneste., sont diffusées par l’agence Gamma-Rapho.
Une rétrospective de l'œuvre de Sabine Weiss est présentée aux Rencontres de la photographie d'Arles en 2021.
., Sabine Weiss meurt le à son domicile à Paris, 29 boulevard Murat... Elle y est incinérée, au Père-Lachaise, le , en présence de la ministre de la Culture Roselyne BachelotValérie Duponchelle, « Guillaume Désanges au Palais de Tokyo, une formule à plus d'une inconnue », lefigaro.fr, (en ligne).. Ses cendres sont ensuite dispersées dans le jardin du souvenir du cimetière, au même titre que son époux.
Analyse de l’œuvre Son travail personnel est attaché à la vie dans son quotidien, aux émotions et aux gens. Il mêle habilement poésie et observation sociale, c’est pour cette raison que l’on rattache son œuvre au courant de la photographie humaniste : . . C'est un témoignage à montrer.
Sabine Weiss, comme le photographe Bernard Plossu, récuse le statut d’artiste. Son but est de témoigner plutôt que de créer : . . Ce qu'elle préfère ce sont les photographies faites pour le plaisir pendant son temps libre.
La photographe utilise essentiellement le noir et blanc en axant sa recherche sur un cadrage précis, une certaine qualité de lumière, des ambiances. « Je n'attends jamais, je fais de la photographie spontanée ». Elle aime travailler la composition de ses photographies. Au besoin, elle n'hésite pas à recadrer. Son œil de photographie a été éduqué par les peintures. Elle fait de la photographie un art de vivre, en arpentant les rues de Paris, souvent la nuit, pour trouver des sujets variés mais toujours proche de l’homme dans ses moments universels : scènes de rue, solitudes, enfants, croyances, figures humaines dans le brouillard, fugacité d’une émotion. On retrouve dans sa production beaucoup d’enfants, de vieillards, de sourires de stars, tous reliés par une caractéristique commune de spontanéité et simplicité : .
Robert Doisneau dit à propos des photographies de Weiss : .
Publications Années 1960
Années 1970
Années 1980
Années 1990
Années 2000
Expositions
Distinctions
. . (2010) .
Récompenses
2020 : prix Women In Motion pour la photographie. pour l'ensemble de sa carrièreValérie Oddos, « Sabine Weiss reçoit le prix Women in Motion des Rencontres d'Arles pour l’ensemble de sa carrière », France Info, ..
Notes et références
Annexes Bibliographie Viviane Esders, Dictionnaire mondial de la photographie, Larousse, 1994 . Raphaël Dupouy, « Figure Libre », in Le Petit Journal du réseau Lalan, , . Vincent Josse, L’Atelier, Paris, éditions Flammarion, 2013 . .
Émissions télévisées, documentaires et vidéographie 1965 : Chambre noire, d’Albert Plécy et Michel Tournier. 1994 : Mille Bravos, de Christine Bravo sur France 2. 1997 : Regards croisés, avec Claude Villers sur France 3. 2011 : Sabine Weiss, une vie de photographe, documentaire de Franck Landron, Les Films en Hiver, 52 min 2014 : Mon métier de photographe, vidéo de Stéphanie Grosjean, présentée par le Salon de la photographie à Paris pour l’exposition rétrospective « Chère Sabine ». 2017 : Les 1001 vies de Sabine Weiss, de Jean-Baptiste Roumens, musée de l'Élysée, (en ligne sur elysee.ch). 2022 : Le siècle de Sabine Weiss, film de Camille Ménager, produit par Brotherfilms, Alice Mansion et Emmanuel François, avec la participation de France Télévisions. Diffusé sur France 5 le vendredi à 22h 45 et le jeudi à 12h. Disponible en replay sur le site de France 5 jusqu'au .
Émissions radiophoniques et podcast Sabine Weiss, "folle" d'histoire, un épisode de la série Fou d'histoire, de l’émission Le cours de l’histoire sur France Culture, et , (en ligne sur franceculture.fr). Amaury Chardeau, « Sabine Weiss photographe humaniste », À voix nue, France Culture, de 29 min, 2015 (en ligne sur franceculture.fr). Vincent Josse, « Dans l’atelier de la photographe Sabine Weiss », France Inter, (en ligne sur franceculture.fr).
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