Kalou Rinpoché est un lama bouddhiste, maître de méditation et enseignant né en 1905Biographie en introduction de Enseignements bouddhistes qui illuminent tous les êtres comme la lumière du soleil et de la lune de Kalou Rinpoché dans la région de Tréhor au Kham (Tibet oriental) et mort le dans son monastère à Sonada. Dans la tradition du bouddhisme tibétain, il est d'abord un moine appartenant à l'école des Kagyüpa. Il fut l'un des premiers maîtres tibétains à enseigner en Occident.

Biographie Les premières années Kalou Rinpoché est né en 1905 dans le district de Treshö Gang Chi Rawa, dans la région de Hor, dans le Kham. Son père était le Ratak Pelzang Tülkou, connu pour sa connaissance de la médecine traditionnelle tibétaine, du Vajrayana et ses talents littéraires. Lui et sa femme, Drolkar Chung Chung, mère de Kalou Rinpoché, étaient disciples de Jamgon Kongtrul Lodrö Thaye, de Jamyang Khyentse Wangpo et de Mipham Rinpoché, tous trois fondateurs du mouvement Rimé (non sectaire)Yeunten Ling, Introduction in Kalou Rinpoché, Le Dharma, Kunchab, 1989, ..

Avec son père, un lama-médecin, il étudie dès son jeune âge les tantras de médecineIntroduction, in Kalou Rinpoché, Médecine tibétaine, Les éditions Marpa, , .. À 13 ans, il est ordonné moine au monastère de Palpung par Pema Wangchuk Gyalpo, le Taï Sitou Rinpoché, qui lui donne le nom de Karma Rangdjoung KünkhyapBokar Rinpoché, Introduction, in Kalou Rinpoché, Instructions Fondamentales, Albin Michel, .. À 16 ans, il fait une retraite de trois ans à Tsadra Rintchen Dra, sous la direction du maître de retraite, et son lama-racine, Lama Norbou Döndroup, dont il reçoit la transmission des lignées Karma Kagyü et Shangpa KagyüYeunten Ling, , .

Souhaitant renoncer au confort matériel, il commence à 25 ans une retraite qui dure 12 ans dans les montagnes du Kham. Il est rappelé par le Taï Sitou Rinpoché pour enseigner et devient maître de méditation des retraites de 3 ans à Palpung. À cette époque, Rangjung Rigpe Dorje, le Karmapa, le reconnaît comme l'émanation de l'activité de Jamgon Kongtrul Lodrö ThayeYeunten Ling, , ..

Visite au Tibet central Dans les années 1940, il visite le Tibet et se rend dans des monastères de différentes traditions et lignées et transmet les enseignements de la lignée Shangpa, notamment au régent du jeune dalaï-lama à Lhassa ainsi qu'à Kar-Dordje de Sera, Lhatsun Rinpoché, Tokme Rinpoché et Moktchok-Dje de DrépungBokar Rinpoché, , .. Puis il retourne au Kham où il poursuit son activité.

Exil au Bhoutan En 1955, alors qu'il a 51 ans, en raison des troubles dans le Kham liés au conflit avec les militaires chinois, il revient au Tibet central. À Tsourphou, le Karmapa, accédant au souhait d'Ashi Wangmo, fille du roi du Bhoutan Ugyen Wangchuck, lui demande de se rendre au Bhoutan pour préparer l'exil dans ce pays et en Inde. En 1957, Kalou Rinpoché se rend au Bhoutan en qualité d'abbé du monastère de Changchub Chöling à Kourteu et de chapelain de la famille royaleBokar Rinpoché, , . Au Bhoutan, il fonde deux centres de retraite et y ordonne 300 moinesYeunten Ling, , ..

En Inde En 1966, il s'établit à Sonada près de Darjeeling en Inde, où il fonde son propre monastère, Samdrup Darjay Choling et un centre de retraite, sur un terrain que lui offrit Trijang Rinpoché, l'un des tuteurs du dalaï-lama. Ce monastère devint sa résidence principale et le siège de la lignée Shangpa Kagyü.

En 1973, il donne à Rumtek des enseignements aux 4 régents du Karmapa à sa demande. De même, suivant les instructions du Dalaï Lama, il enseigne à de nombreux geshes, dont les abbés et lamas du monastère de Namgyal, et ceux des collèges tantriques.

En Europe et en Amérique thumb|Kalou Rinpoché et Denys Rinpoché à l'Institut Shangpa Karmaling en Savoie thumb|Kalou Rinpoché à Sakya Tegchen Choling, Seattle, États-Unis, 1978

Vers 1968, il rencontre ses premiers disciples occidentaux. Ce lama est l'un des premiers à avoir introduit le bouddhisme tibétain en Occident. Il a fondé une cinquantaine de centres à travers le monde, notamment le temple de Dashang Kagyu Ling en Bourgogne et l'Institut Shangpa Karmaling en Savoie.

Entre 1971 et 1989, il se rend plusieurs fois aux États-Unis, au Canada et dans différents pays d’Europe et d'Asie du Sud-Est. Il fonde plus de 70 centres du dharma, 20 centres de retraite et fait construire environ 20 stūpa. Il confie ces centres à la responsabilité de plus de 30 lamas, ses disciplesBokar Rinpoché, , .

Il fonde un premier centre au Canada et forme un groupe de méditation à Paris.

Au cours de ses voyages suivants, en 1974 et en 1976-77, l'intérêt des Occidentaux se confirme et il fonde en France le premier centre pour retraites de 3 ans en Occident, Dashang Kagyu Ling, connu aussi sous le nom de Temple des mille Bouddhas. L'année suivante, il fonde Kagyu Rintchen Tcheu Ling à Montpellier et bénit en 1987 les travaux d'un temple construit dans la plus pure tradition himalayenne, qui sera consacré en 1990 par Kyabje Bokar Rinpoché.

C'est en 1980 que Kalou Rinpoché, qui vient de donner à la Pagode du bois de Vincennes, pour la première fois en Occident, la grande Initiation de Kalachakra suivie par une très nombreuse assistance, rencontre Jean Ober, secrétaire général de l'Institut international bouddhique, qui souhaitait en améliorer l'animation. Ainsi naît le projet du Temple Kagyu-Dzong, dont la première pierre est posée le et qui est construit en 2 ans.

En 1983, Kalou Rinpoché donne en Inde pendant plusieurs mois le grand cycle de transmissions de pouvoir du Rinchen Terdzö, aux 4 régents du Karmapa, à de nombreux lamas, tulkous, moines et à des milliers de disciples.

Kalou Rinpoché s'est aussi engagé dans le dialogue interreligieuxBernard de Give, Un trappiste à la rencontre des moines du Tibet, préface du Dalaï-lama, Gracewing Publishing, 2010. Il voyait des points communs entre le bouddhisme et des religions non-théistes comme le taoïsme et le shintoïsme, mais aussi des religions théistes comme l'hindouisme, le judaïsme, le christianisme et l'islam Ngawang Zangpo (Hugh Leslie Thompson), Guru Rinpoché: His Life and Times, Snow Lion Publications, 2002, , . En 1971, lors de son premier voyage en Occident, il commence son voyage par une visite en Israël pour se recueillir sur les lieux saints du judaïsme et du christianisme, et rencontre le pape Paul VI au VaticanFrédéric Lenoir, La rencontre du bouddhisme et de l'Occident, Albin Michel, 2001, , . Du 11 au , à Dashang Kagyu Ling, il rencontre deux prêtres diocésains et quelques moines de l'Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-VireBernard de Give, , Rencontres en Europe.

Il rencontre également Frère Roger, de la Communauté de Taizé, en .

Mort En février 1989, il se rend à Sherabling, siège de Sitou Rinpoché, avec qui il assista aux festivités du nouvel an tibétain. Il se rend ensuite à Dharamsala où il rencontre le Dalaï Lama. Il rejoint son monastère de Sonada le . Les jours suivants, sa santé décline et le , il meurtBokar Rinpoché, , en posture de méditation, restant trois jours en thukdamBokar Tulku Rinpoché, Le Parinirvana de Khyabdjé Kalou Rinpoché.

Héritage Après sa mort, Bokar Rinpoché lui succède à la tête de la lignée Shangpa KagyüRené Morlet, Le bouddhisme tibétain et ses grands maîtres réincarnés, .

Kalou Rinpoché fait figure de pionnier dans la diffusion du bouddhisme tibétain en Occident. Il laisse derrière lui un immense héritage spirituel pour ses disciples et quantité de centres à travers le monde. En France, Belgique, Espagne, de nombreux centres perpétuent l'héritage de cette tradition grâce aux lamas directeurs issus pour la plupart de son monastère et à qui leur maître a confié la mission d'enseigner en Occident. Pendant de nombreuses années, après avoir pris des vœux auprès de lui, ceux-ci ont reçu les initiations et ses instructions, étudié les textes, appris et accompli les rituels, puis médité en retraite traditionnelle de trois ans, trois mois : Lama Gyourmé, Lama Seunam, Lama Sonam Tshering, Lama Karta, Lama Drubgyu, Lama Shérab Dordjé et Denys Rinpoché.

Dans la culture russe D'après les mémoires de Marina Vlady, lors d'une visite de Kalou Rinpoché en France, Vladimir Vyssotski et Mikhaïl Chemiakine le rencontrent pour arrêter leur consommation excessive d'alcool. Kalou Rinpoché leur raconte une parabole bouddhiste, qui permet à Wysocki, Vyssotski, Chemiakine et Shemyakin de s'abstenir de boire durant près d'un anMarina Vlady, Vladimir ou le vol arrêté.

Controverse June Campbell, qui a été sa traductrice, l'accuse dans son livre Traveller in Space: Gender, Identity and Tibetan Buddhism (1996)For a review of the book, see d'avoir abusé d'elle sexuellement.

Successeur de Kalou Rinpoché vignette|Le jeune tülku devient Karma Ngedön Tenpay Gyaltsen Le , son jeune tülku, Yangsi Kalou, naît à Darjeeling, en Inde. Son père, Lama Gyaltsen, neveu de Kalou Rinpoché, avait été depuis sa jeunesse son secrétaire. Sa mère Kalzang Dreulkar est originaire du Kourteu, dans le sud du BhoutanYangtsi Kalou Rinpoché, site de Kagyu-Dzong.

Taï sitou rinpoché reconnaît officiellement le Yangsi de Kalou Rinpoché le , expliquant qu'il a reçu des signes de Kalou Rinpoché. Avec Lama Gyaltsen, Taï Sitou Rinpoché envoie une lettre de reconnaissance au dalaï-lama, qui confirme la reconnaissance.

Le , Yangsi Kalou est intronisé à Samdrup Tarjayling. Taï Sitou Rinpoché et Gyaltsab Rinpoché président la cérémonie, aidés par Kyabje Bokar Rinpoché. Taï sitou rinpoché exécute la cérémonie de la coupe de cheveux et donne au jeune tülku le nom de Karma Ngedön Tenpay Gyaltsen (Bannière de Victoire des Enseignements du Vrai Sens). Il est connu maintenant comme le Kalou Rinpoché.

Dans une confession publique, en novembre 2011, il avoue avoir été abusé sexuellement par des moines lorsqu'il était âgé de 12-13 ans et il accuse son tuteur d'avoir essayé de le tuerMary Finnigan, The YouTube confessional sending shockwaves through the Buddhist world, guardian.co.uk, 9 March 2012.

En février 2013, il se rend en France pour y donner des enseignements à Kagyu-Dzong, Vajradhara-Ling, 23 février 2013 et Dashang Kagyu LingKYABJE KALOU RINPOCHE revient à Palden Shangpa-La Boulaye Les 9 et 10 mars 2013..

Bibliographie La Voie du Bouddha, 1993, éditions du Seuil, 2010, éditions Claire Lumière, Série Rimay. Preparation à la mort, Prajna Karma Ling, 1985, Enseignements bouddhistes, éditions Kunchab, 2010. Le Bouddha de la médecine et son mandala, éditions Marpa, 1998. Bouddhisme ésotérique, tradition tibétaine, éditions Claire Lumière, 1999. Trois enseignements de Kalou Rinpoché, éditions Claire Lumière, 1999. Yoga tibétain : yoga de l'intériorité, édition commentée par Lama Karta, trad. du tibétain par Frans Goetghebeur, illustration Tenpa Rubgay, Kunchab, 2000, Le point essentiel : introduction directe au mahamudra, perfection primordiale des trois corps de l'esprit en soi ou le remède universel, sublime parcours des fortunés..., traduit par Lama Denys, Sangha Rimay, impr. 2004,

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Shangpa Kagyü La Voie du Bouddha Dashang Kagyu Ling Kagyu-Dzong Kagyu Rintchen Tcheu Ling Karmaling Vajradhara-Ling Bokar Rinpoché

Liens externes

Catégorie:Lama Kagyu Catégorie:Yogi du bouddhisme tibétain Catégorie:Rinpoché Catégorie:Médecine tibétaine Catégorie:Naissance en 1905 Catégorie:Naissance dans le Kham Catégorie:Décès en mai 1989 Catégorie:Personnalité du dialogue interreligieux Catégorie:Lama Rimé Catégorie:Personnalité tibétaine morte en exil