Jacques-Louis David est un peintre et conventionnel français né le à Paris (Royaume de France) et mort le à Bruxelles (Royaume uni des Pays-Bas). Il est considéré comme le chef de file du mouvement néo-classique, dont il représente le style pictural. Il opère une rupture avec le style galant et libertin de la peinture rococo du représentée à l'époque par François Boucher et Carle Van Loo, et revendique l’héritage du classicisme de Nicolas Poussin et des idéaux esthétiques grecs et romains, en cherchant, selon sa propre formule, à « régénérer les arts en développant une peinture que les classiques grecs et romains auraient sans hésiter pu prendre pour la leur Note sur la nudité de mes héros. ».

Formé à l'Académie royale de peinture et de sculpture, il devient en 1784 un peintre renommé avec Le Serment des Horaces. Membre de l'Académie royale, il combat cette institution sous la Révolution et entame en parallèle à sa carrière artistique une activité politique en devenant député à la Convention et organisateur des fêtes révolutionnaires. Son engagement l'amène à voter la mort du roi Louis XVI, et son soutien pour Maximilien de Robespierre lui vaudra, à la chute de celui-ci, d'être emprisonné lors de la réaction thermidorienne. Ses activités politiques prennent fin sous le Directoire, il devient membre de l'Institut et se prend d'admiration pour Napoléon Bonaparte. Il se met à son service quand celui-ci accède au pouvoir impérial, et il réalise pour lui sa plus grande composition Le Sacre de Napoléon.

Sous la Restauration, son passé de révolutionnaire régicide et d'artiste impérial lui vaut d'être exilé. Il se réfugie à Bruxelles et continue jusqu'à sa mort en 1825 son activité artistique.

Son œuvre est exposée dans la plupart des musées d'Europe et aux États-Unis, et pour une grande partie au musée du Louvre. Elle est constituée principalement de tableaux d'histoire et de portraits. Il fut un maître pour deux générations d’artistes, venues de toute l’Europe pour se former dans son atelier qui, à son apogée, comptait une quarantaine d’élèves, dont Girodet, Gérard, Gros et Ingres furent les plus réputés.

Biographie Enfance vignette|upright|alt=Portait en buste de Sedaine, vu de trois-quarts gauche|Portrait par David de Michel-Jean Sedaine son protecteur, peint en 1772 (collection privée, localisation inconnue). Jacques-Louis David naît à Paris le au 2 quai de la Mégisserie, dans une famille de la petite bourgeoisie. Son père, Louis-Maurice David, est marchand-mercier de fers en gros à Paris. Si on a longtemps cru qu'il acquiert une charge de « commis aux aydes » (équivalent de receveur fiscal) à Beaumont-en-Auge dans la Généralité de Rouen (actuellement dans le département du Calvados) pour s'élever socialement., les recherches récentes montrent qu'il n'en est rien : Louis-Maurice subit en fait une faillite et dès lors exerce un petit emploi salarié, en s'éloignant de Paris, comme nombre de marchands-merciers faillisLaurence Croq, « Les frontières invisibles : groupes sociaux, transmission et mobilité sociale dans la France moderne », in Anna Bellavitis (dir.), Laurence Croq (dir.), Mobilité et transmission dans les sociétés de l’Europe moderne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009, : "Le père du peintre Jacques-Louis David, Louis-Maurice, marchand mercier de fer, « ambitieux négociant parisien spécialisé dans les ferronneries… avait acheté une modeste charge très peu de temps avant sa mort, ce qui était une voie normale d’accession à la noblesse pour les familles ambitieuses de condition moyenne (les circonstances de sa mort sont non moins révélatrices de ses aspirations) ». Il aurait . Thomas Crow, L’atelier de David. Émulation et Révolution, Paris, Gallimard, 1997, . En fait, les documents retrouvés par E. Agius d’Yvoire prouvent que, loin d’envisager une ascension sociale, le père de David a quitté Paris, comme nombre de merciers faillis, non après avoir acheté une charge, mais pour exercer un petit emploi salarié dans une administration fiscale. Son épouse avait obtenu la séparation de biens, le contrat de mariage de Jacques-Louis en 1782 prouve qu’il n’a rien hérité de son père (E. Agius d’Yvoire, « Chronologie », dans sqq. – reprend et complète les documents trouvés par Daniel et Guy Wildenstein).". Sa mère, Marie-Geneviève, née Buron, appartient à une famille de maîtres-maçons ; son frère François Buron est architecte des Eaux et Forêts, son beau-frère Jacques-François Desmaisons est architecte et son second beau-frère Marc Desistaux est maître-charpentier. Elle est aussi, du côté maternel, cousine issue de germain du peintre François Boucher, arbre généalogique. Louis Lemesle, grand-père maternel de Marie-Geneviève Buron, était le frère d’Élisabeth Lemesle, mère de François Boucher..

Jacques-Louis David est baptisé le , jour de sa naissance, en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois en présence de Jacques Prévost, marchand potier d'étain, et de Jeanne-Marguerite Lemesle, épouse de Jacques Buron, maître-maçon, ses parrain et marraine, comme indiqué dans son acte de baptêmeExtrait du registre paroissial de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris : Du vendredi trentième août 1748, fut baptisé Jacques-Louis, fils de Louis-Maurice David, marchand mercier, et de Marie-Genviève Buron, sa femme, demeurant quai de la Mégisserie ; le parrain Jacques Prévost, marchand potier d'étain ; la marraine Jeanne-Marguerite Le Mesle, femme de Jacques Buron, maître maçon. L'enfant est né aujourd'hui, et on signé, excepté la marraine qui a déclaré ne savoir signer. Signé : Prévost, David (avec paraphe), L. Perrault, vicaire. Le registre paroissial de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois a été détruit par les incendies de la Commune de Paris (1871), mais l'acte a été recopié et est cité par l'archiviste Auguste Jal dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Paris, Henri Plon, 1872, page 475..

Le jeune David est mis en pension au couvent de Picpus jusqu’au , date à laquelle son père meurt, à l’âge de trente ans. Parmi les premiers biographes de David, Coupin, suivi par Delécluze et Jules David, attribuait la cause du décès à un duel à l’épée : .... Mais A. Jal constatait que l'acte de décès ne donnait aucune indication sur les circonstances de la mort de Louis-Maurice David., indique que le peintre ne mentionne pas les causes du décès de son père dans son acte de mariage.. David a alors neuf ans et sa mère fait appel à son frère François Buron pour l’aider à s’occuper de l’éducation de son fils. Après avoir suivi des cours chez un répétiteur, il entre au collège des Quatre-Nations dans la classe de rhétorique. Dès lors, sa mère se retire à Évreux et laisse l’entière éducation de David à la charge de son frère.. Ayant remarqué ses dispositions pour le dessin, sa famille envisage d’abord de lui faire embrasser la carrière d’architecte, comme ses deux oncles. Le jeune homme obtient un atelier dans la maison de Michel-Jean Sedaine qui le prend sous son aile en guise de reconnaissance pour l'aide que lui avait jadis donnée Buron.

Formation vignette|upright|gauche|alt=portrait de Joseph-Marie Vien assis de trois-quart, tenant une palette et un pinceau|Joseph-Marie Vien, maître de David et précurseur en France du néo-classicisme, par Duplessis, 1784. En 1764, après avoir appris le dessin à l’Académie de Saint-Luc., David est mis en relation par sa famille avec François Boucher, premier peintre du roi, afin d’être formé au métier de peintre. Boucher étant malade et trop âgé pour enseigner (il meurt en 1770), celui-ci estime qu'il pourrait tirer un meilleur bénéfice de l’apprentissage des nouvelles tendances picturales que peut lui apporter Joseph-Marie Vien, artiste dont le style antiquisant n’est pas encore exempt d’inspirations galantes.

En 1766, entré à l’atelier de Vien, mais encore influencé par l’esthétique de Boucher, David commence à étudier l’art à l’Académie royale, dont l’enseignement devait permettre aux élèves de concourir pour le prix de Rome. Jean Bardin compte parmi les autres professeurs de l’académie qui lui enseignent les principes de la composition, de l’anatomie et de la perspective, et il a comme condisciples Jean-Baptiste Regnault, François-André Vincent et François-Guillaume Ménageot.

vignette|upright|Joseph-Marie Vien, Portrait de Jacques-Louis David adolescent, vers 1765.

Michel-Jean Sedaine, ami proche de la famille, secrétaire de l’Académie d’architecture et auteur de théâtre, devient son protecteur et s’occupe de parfaire son éducation intellectuelle en lui faisant rencontrer quelques-unes des personnalités culturelles de l’époque.. C’est peut-être lors de ces années d’apprentissage qu’il développe une tumeur dans la joue gauche, consécutive à un combat à l’épée avec l’un de ses condisciples d’atelier..

En 1769, la troisième médaille qu’il reçoit au « Prix de quartier » lui ouvre la voie vers le concours du grand prix de Rome.

vignette|gauche|alt=Mars est couché à gauche, Minerve debout tient un bouclier, au-dessus d'eux, une femme nue sur un nuage et des angelots|Combat de Mars contre Minerve (1771), Paris, musée du Louvre.

En 1771, il obtient le second prix avec son œuvre le Combat de Mars contre Minerve, dans un style hérité du Rococo et d’une composition jugée faible par le jury de l’académie ; le lauréat fut Joseph-Benoît Suvée et David vouera à ce dernier, sa vie durant, une haine tenace.

En 1772, il manque à nouveau le premier prix avec Diane et Apollon perçant de leurs flèches les enfants de NiobéAcquis en 2008 par Dallas, Museum of Art, grâce au fonds Mrs. John B. O’Hara de la « Foundation for the Arts »., le grand prix étant décerné ex æquo à Pierre-Charles Jombert et Gabriel Lemonnier, à la suite d’un vote arrangé du jury.. Après cet échec, qu’il vécut comme une injustice, il résout de se laisser mourir de faim, mais après deux jours, l’un des jurés, Gabriel-François Doyen, le convainc d’abandonner sa tentative de suicide.. En 1773, c’est encore un échec avec La Mort de Sénèque, sujet inspiré de Tacite ; le lauréat fut Pierre Peyron, dont le style antique était récompensé pour sa nouveauté, la composition de David étant jugée trop théâtrale.. Ne pouvant recevoir deux fois le second prix, en guise de consolation, l’Académie lui décerne le prix de lÉtude des têtes et de l'expression pour son pastel intitulé La Douleur..

Ces échecs successifs ont une incidence sur l’opinion de David contre l’institution académique. En 1793, il s’en sert d'argument lorsqu'il fait adopter le décret pour la suppression des académies..

À la fin de l’année 1773, Marie-Madeleine Guimard, première danseuse de l’Opéra, charge David de reprendre la décoration de son hôtel particulier transformé en théâtre privé, que Fragonard avait laissé inachevé à la suite de mésententes..

Pensionnaire de l’Académie à Rome thumb|alt=À gauche un homme dans un lit, à ses côté un vieillard montre du doigt en face, une femme debout|Érasistrate découvrant la cause de la maladie d’Antiochus (1774), Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts. thumb|alt=Homme nu vu de dos, assis par terre sur un tissu rouge et s'appuyant sur le bras droit|Académie dite Patrocle (1780), Cherbourg, musée Thomas-Henry.

En 1774, il gagne finalement le premier prix de Rome, qui lui permet de séjourner pendant quatre ans au palais Mancini, alors résidence de l’Académie de France à RomeEn 1803, la Villa Médicis remplace le palais Mancini comme résidence de l’Académie de France à Rome.. L’œuvre présentée, Érasistrate découvrant la cause de la maladie d’Antiochus (Paris, École nationale supérieure des beaux-arts), est conforme au nouveau canon de la composition dramatique.