Aero Commander est le nom générique d'une lignée de bimoteurs d'affaires américains développés par (1906-1976) et construits de 1948 à 1985 par la société Aero Commander puis par deux autres constructeurs américains ayant repris cette entreprise.

Le premier bimoteur d'affaires Dès 1944 envisageait le marché civil de l'Après-Guerre. Il remarqua que les compagnies aériennes manquaient de flexibilité et que les hommes d’affaires partaient ou se rendaient dans des lieux éloignés des aéroports desservis par les lignes régulières. Il devait donc y avoir un marché pour une aviation privée offrant le confort et la sécurité que l’on pouvait attendre de l’aviation commerciale. La firme Douglas qui l'employait comme chef de projet, ne s’intéressant pas au concept, Ted Smith fonda en à Culver City, Californie, Aero Engineering Co. Assisté de 14 autres employés de Douglas, il lançait le les premières études.

En les grandes lignes du futur avion (relativement proche de celles du DB-7 dont il avait conduit le développement) étaient établies et la réalisation de l’outillage destiné à la construction d’un prototype commença. Les associés de Ted R. Smith étant encore employés chez Douglas, cette construction s’effectua sur leur temps libre et ils furent rémunérés en parts du capital d’Aero Engineering Co. Il faudra heures de travail (dont d’études) et pour réaliser le prototype Model L-3805 qui effectua son premier vol le . Les performances de l’appareil se révélèrent conformes aux attentes.

Ce premier pas accompli, il fallait trouver des soutiens industriels et financiers pour supporter une production de série. Or peu de gens comprenaient alors l’utilité de ce type d’appareil, dont le marché restait à créer. Heureusement George Pew, ingénieur et pilote de Philadelphie, puis les frères Rufe et William Amis d’Oklahoma City apportèrent un soutien financier nécessaire à la conduite des essais en vol. Mieux, les frères Amis parvinrent à amener d’autres habitants d’Oklahoma City à investir dans le projet et la certification CAA (6A1) put être ainsi obtenue le .

George Pew et les frères Amis ayant décidé de financer le lancement de la production, la société fut réorganisée en . Devenue Aero Design and Engineering Company, elle s’installa à Bethany, près d’Oklahoma City, dans un hangar de loué sur (Aujourd’hui Wiley Post Airport).

D'abord des avions à pistons Le premier Aero Commander 520 de série quittait la chaine de montage le . Il effectuait son premier vol deux jours plus tard. La certification 6A1 fut obtenue le et le on enregistrait la première livraison, avec la remise du au journal Chicago Tribune. 150 exemplaires furent construits jusqu’en 1954, puis le Model 520 laissa la place sur les chaines au Model 560 dont 345 exemplaires furent construits. Fin 1955 sortaient les premiers Aero Commander 680, version à moteur compressé permettant un vol à plus haute altitude dont 700 exemplaires furent construits. En 1958 apparut le Model 500, version économique du 560 dont 789 exemplaires sortiront d’usine, et en 1962 la version allongée Aero Commander 680FL Grand Commander. En 1955 l’Aéro Commander fut jugé assez sûr par l’USAF pour qu’il soit retenu pour les déplacements du Président Dwight D. Eisenhower. L’Air Force commanda donc deux Aero Commander 680 qui furent affectés aux besoins de la Maison Blanche sous la désignation L-26C (et reçurent donc quelquefois le code d'Air Force One attribué depuis 1953 à tout avion de l'US Air Force à bord duquel se trouve le Président américain).

Début 1958 sortit le Model 720 AltiCruiser, premier avion d’affaires pressurisé au monde. Aero Design and Engineering Company devenait en Aero Commander Inc, une filiale de Rockwell Standard. Les capacités financières du groupe Rockwell eurent un impact bénéfique sur la gamme : adoption de moteurs à injection, adoption de nouvelles nacelles-moteurs, mieux profilées. Les nouveaux modèles sont commercialisés à partir du : Aero Commander 500A, 500B, 560F et 680F.

Puis turbopropulsés Au début des années 1960 l’Aero Commander était un avion d’affaires populaire mais aux performances un peu limitées et le Lycoming GSO-480 n’avait pas une grande réputation de fiabilité. Or Beech Aircraft venait de mettre sur le marché le King Air équipé de turbines à hélices Pratt & Whitney Canada PT6A. Aero Commander va réagir un peu tard en adaptant le tout nouveau turbomoteur Garrett AirResearch TPE-331 sur le Grand Commander, pour réaliser le Model 680T Turbo Commander, qui effectua ses premiers vols en .

Début 1965 Aero Commander Inc se transforma en Division Aero Commander de Rockwell Standard Corp pour faire face à un besoin rapide d'argent afin de mettre en production le Turbo Commander, alors qu'arrivaient sur le marché de nouveaux concurrents: la nouvelle gamme de bimoteurs Cessna et le Piper Navajo. North American Aviation et Rockwell International fusionnent donc en 1967 pour former North American Rockwell, et la Division Aero Commander se transforma en Division Aviation Générale de North American Rockwell.

Rockwell Commander puis Gulfstream Jetprop En 1973 North American Rockwell (dirigée par Willard Rockwell Sr) et Rockwell Manufacturing Company (dirigée par Willard Rockwell Jr) fusionnèrent pour former Rockwell International. Avec le décès de Willard Rockwell Sr (90 ans!) en 1978 puis le départ de son fils Willard Jr l’année suivante, Rockwell International allait se séparer rapidement de toute activité aéronautique, se recentrant sur ses activités de fournitures industrielles et d’automation. Fin 1980 Rockwell International céda à Gulfstream American sa Division Aviation Générale. En 1982 les États-Unis furent frappés par la récession économique, qui frappa de plein fouet l’industrie de l’aviation générale. Après avoir développé une ultime version du bimoteur d’affaires, le Commander Jetprop 1000, Gulfstream cessa la production des Twin Commander en 1985. Les droits furent alors vendus à Twin Commander Aircraft Corporation, qui développa le programme Renaissance Commander : Les appareils anciens sont démontés, er reconstruits avec de nombreux éléments nouveaux. Un marché lucratif dans les années 1990, l’Aero Commander conservant une belle cote de popularité. Twin Commander a également développé des kits permettant de remotoriser les appareils plus anciens avec des TPE331-10.

Tous les modèles Aero Engineering L- 3805 Prototype, un seul exemplaire construit [NX/N1946], qui effectua son premier vol le . C’est un monoplan monomoteur à aile haute de construction métallique à train tricycle escamotable doté d’un fuselage à structure semi-monocoque et entraîné par deux moteurs 6 cylindres à plat Lycoming O-435-A de 190 ch.. Certifié le (6A1) à la masse maximale de , cet avion pouvait transporter 1 pilote et 5 passagers. Le le prototype décollait à pleine charge d’Oklahoma City sans son hélice gauche pour un vol sans escale jusqu’à Washington, DC. Une preuve spectaculaire de la fiabilité de l’avion largement relayée par la presse de l’époque. Cet appareil est aujourd’hui exposé en statique devant l’usine Aero Commander de Bethany.

Aero Commander 520 Certifié le , c’est le premier modèle de série. Très proche du prototype, il était entrainé par des Lycoming GO-435-C2B de 260 ch, la masse maximale passant à , puis en 1954. Le nombre de sièges était fixé à 7 (pilote compris) avec un fuselage allongé de . La production fut lancée fin 1951 et 150 exemplaires furent construits jusqu’en 1954. Cet avion était vendu U$ en 1951, U$ en 1954. Trois exemplaires furent achetés par l'US Army comme YL-26-AD [52-6217/6219] pour évaluation et rebaptisés YU-9A-AD en 1962.

Aero Commander 560 Certifié le , se distinguait du Model 520 par des moteurs Lycoming GO-480-B de 295 ch permettant de porter la masse maximale à . C’était le premier modèle à recevoir une dérive en flèche. L’aile, le train et le fuselage faisaient également l’objet de modifications de structure. 80 exemplaires construits, dont un livré à l'US Army comme L-26A [55-3815]. (On a prétendu cet avion destiné à Air America, mais il s'est écrasé le en Pennsylvanie)

Aero Commander 560A Similaire au Model 560, le 560A était équipé de moteurs Lycoming GO-480-C1B6 dans des nacelles-moteur redessinées, d’un fuselage allongé de et d’un nouveau train d’atterrissage. Ce modèle a été certifié le . En 1956 les moteurs ont été remplacés par des Lycoming GO-480-G1B6. 99 exemplaires construits, dont 13 L-26B pour l'USAF [55-4634/55-4646] devenus U-4A en 1962 et un L-26B [57-1791] pour l'US Army, rebaptisé U-9B en 1962.

Aero Commander 560E Certifié le , c'était un Model 560A dont la voilure était allongée de par des extensions en bout d’aile, la masse autorisée passant à . Moteurs Lycoming GO-480-G1B6. 93 exemplaires construits.

Aero Commander 360 Appareil expérimental, un seul exemplaire, version allégée du Model 560E.

Aero Commander 560F Certifié le , ce modèle correspondait à l'Aero Commander 680F (donc une voilure calculée pour une masse maximale de ) mais avec des moteurs Lycoming IGO-540-B1A et une masse maximale au décollage réduite à .

Aero Commander 500 Version bas de gamme économique, ce nouveau modèle certifié le est en fait un Aero Commander 560E remotorisé avec des Lycoming O-540-A1A6 (puis –A2B) développant 230 ch à . Les seules modifications portaient sur les nacelles-moteur et le train d’atterrissage. Certifié le (6A1) à la masse maximale de pour 6 passagers, pilote compris, bien que la cellule soit calculée pour .

Aero Commander 500A Certifiée le , cette nouvelle version du Model 500 adoptait des moteurs à injection Continental IO-470-M, entrainant des modifications de structure et de dessin des nacelles. Le circuit hydraulique et le train d’atterrissage subissaient également quelques modifications. Cette version était autorisée à . Premier avion produit par Aero Commander Inc, dont 99 exemplaires furent construits.

Aero Commander 500 B Version du Model 500A à moteur Lycoming IO-540-B1A5, autorisé à la masse au décollage de et certifié le . 217 exemplaires construits.

Aero Commander 500U Le le Model 500B fut certifié (en catégorie Utility grâce à l’adoption de la voilure des Aero Commander 680F ou 560F autorisant une masse au décollage à .

Un Aero Commander 500 U , immatriculé PT-DDO apparaît dans le film Le Jaguar. Il est piloté par le personnage dénommé Kumaré, chef indien d'Amazonie. Construit en 1967 sous le numéro de série 1726-29, il est d'abord immatriculé aux États-Unis d'Amérique sous le numéro N4950E. Il est ensuite vendu au Brésil où l'identifiant PT-DDO lui est attribué. Après avoir été à l'abandon sur la piste de l'aéroclub de Flores de Manaus , il est restauré en 2021, il est toujours basé à Manaus.

Rockwell 500S Shrike Commander Version d’affaire du Model 500U, dont il ne se distinguait que par l’aménagement de la cabine, équipée d’un nouveau système de chauffage. La capacité de la souge à bagages était portée de 160 à et la porte d’accès au poste de pilotage distincte de celle de cabine, proposée en option depuis 1960, était standardisée sur ce modèle qui fut certifié le . C’est le dernier Aero Commander à avoir été maintenu en production, la fabrication ne cessant qu’en 1980. 56 Aero Commander 500U et S furent construits.

Aero Commander 680 300px|thumb|Aerocommander 680