La langue française est une langue minoritaire aux États-Unis. Les Américains francophones vivent surtout en Louisiane méridionale et dans le nord de la Nouvelle-Angleterre, à la frontière avec les provinces canadiennes du Nouveau-Brunswick et du Québec, et notamment dans l'extrême nord de l'État du Maine. C’est la deuxième langue romane à y être parlée après l'espagnol.
Histoire
La population francophone des États-Unis est d'origine diverse et souvent ancienne.
Déportation des Acadiens thumb|Vue du pillage et de l'incendie de la cité de Grimrose, la seule représentation contemporaine connue de la Déportation des Acadiens, par Thomas Davies, 1758.
Charles Lawrence devient gouverneur britannique de la Nouvelle-Écosse en 1753. La guerre entre Français et Britanniques au Canada reprend en 1754 et Lawrence profite de la situation pour décider de déporter la population de l'isthme de Chignectou, ce qui permettrait de faire venir encore plus d'immigrants britanniques en Nouvelle-Écosse. Avec la complicité du gouverneur colonial du Massachusetts, William Shirley, Lawrence met sur pied un corps expéditionnaire. Le lieutenant-colonel Robert Monckton prend le fort Beauséjour et le fort Gaspareaux en juin 1755. Le mois suivant, Lawrence tente de faire signer un serment sans condition mais les Acadiens essaient de négocier. Profitant de la présence de la flotte de l'amiral Boscawen et des troupes de la Nouvelle-Angleterre, le conseil législatif approuve la déportation ; la défaite du général Braddock en Ohio a sûrement influencé leur décision. Jusqu'en décembre, près de sont arrêtées puis mises sur les bateaux, avant d'être envoyées vers les Treize colonies. Ils doivent faire face à l'hostilité de la population locale, qui n'avait pas été informée de leur arrivée. La déportation se poursuit jusqu'en 1763.
Les prisonniers acadiens au Royaume-Uni sont rapatriés en France après la signature du traité de Paris. Leur regroupement est tenté dans plusieurs colonies et régions françaises, sans réel succès. La plupart des Acadiens décident alors de revenir en Amérique du Nord, généralement à destination de la Louisiane, qui fut secrètement cédée à l'Espagne en 1762. Des exilés des États-Unis passent aussi en Louisiane ; leurs descendants sont désormais connus sous le nom de CadiensL'anglicisme Cajuns est aussi fréquemment utilisé. et vivent dans l'Acadie du Sud, dont la principale région est l'Acadiane.
Division de la province de Québec thumb|250px|Province de Québec en 1774 En 1774, des menaces de rébellion apparaissent dans les treize colonies anglaises de la côte est américaine. Au terme de la guerre d'indépendance américaine, les Britanniques cèdent ces treize colonies à la nouvelle nation américaine lors du traité de Paris de 1783.
Les Américains ne cessent de gagner de nouveaux territoires vers l'ouest, et après une nouvelle guerre anglo-américaine en 1812, la frontière se clarifie entre le Canada britannique et les États-Unis au niveau de la région des Grands Lacs. Pour les canadiens français qui se trouvent encore du côté américain, ces derniers réussissent à garder leur langue pendant deux ou trois générations, puis le français se perd peu à peu.
Achat de la Louisiane vignette|gauche|La Louisiane française en 1803 comparée aux États actuels. Les États-Unis achètent la Louisiane à la France napoléonienne en 1803.
Une rivalité américano-britannique toujours présente À la suite de la défaite britannique lors de la guerre d'indépendance des États-Unis (1775-83), des Loyalistes britanniques migrent vers l'Amérique du Nord britannique à partir de 1783. Les Acadiens de la vallée du fleuve Saint-Jean sont obligés de leur donner leurs terres et se déplacent plus au nord, dans le Madawaska ; des immigrants canadiens français se joignent à cette population.. À noter que, de nos jours, un certain nombre d'habitants de cette région se considèrent désormais comme un peuple à part des Canadiens français et des Acadiens, les Brayons.
La guerre d'Aroostook a eu lieu entre 1838 et 1839 dans le Madawaska, entre les États-Unis et le Royaume-Uni même si le conflit ne fut pas officiellement déclaré entre les belligérants. Des discussions ont permis d’éviter un conflit armé et aucun mort ne fut à déplorer. Le Royaume-Uni dut céder la partie sud de son territoire dans la vallée de la rivière Aroostook lors du traité Webster-Ashburton en 1842, isolant ainsi les Acadiens du Maine Collectif, Acadian culture in Maine, Boston, Mass. : National Park Service, North Atlantic Regional Office, 1994. Chapitre ..
XIX : L'émigration québécoise aux États-Unis Du milieu du aux années 1930, plus de Canadiens français émigrent aux États-Unis, un mouvement qualifié de « Grande Hémorragie », puisqu'il ébranle la société québécoise.. La moitié d'entre eux s'établissent en Nouvelle-Angleterre, où leur nombre croissant éveille un mouvement xénophobe. Ces immigrants se font surtout embaucher dans des usines mais plusieurs deviennent marchands ou accèdent à des professions libérales par la suite. Si certains Québécois reviennent au pays, la plupart s'anglicisent et restèrent aux États-Unis où ils formèrent ce qu'on appelait de « petits Canadas », où se perpétuait certains traits de la culture québécoise. Des coutumes persistent jusqu'à nos jours et plusieurs Franco-Américains, comme l'auteur Jack Kerouac ou le joueur de baseball Nap Lajoie pour ne citer qu'eux, ont eu et gardent une influence importante aux États-Unis.
À partir des années 1870, de plus en plus d'Acadiens émigrent aux États-Unis ; ce sont surtout des pêcheurs ou des personnes cherchant du travail dans les usines.
La Société mutuelle de l'Assomption, aujourd'hui Assomption Vie à Moncton au Nouveau-Brunswick, est fondée en 1903 à Waltham, Massachusetts ; elle compte 58 succursales au Canada et aux États-Unis en 1907, permettant à la population de se réunir régulièrement. Outre son aspect commercial, elle permet le ralliement de la population d'origine française, la promotion de l'éducation, la protection de la religion catholique, de la langue française et de la culture acadienne.
Depuis les années 1930 L'émigration canadienne vers les États-Unis devient beaucoup moins importante au milieu du en raison du resserrement des critères d'immigration.
Variétés du français Français de Louisiane Français des Houmas Le français parlé par les Amérindiens Houmas est la langue que les Français leur apprirent lors de la colonisation de la Louisiane au . Il diffère du français parlé par les Cajuns qui sont arrivés peu après. On estime à 40% des , ceux qui parlent français, soit environ .
Français cadien Le français cadien est influencé par le français acadien. Le Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL) est une agence de l'État pour la promotion de l'usage du français dans la population de Louisiane.. Selon le recensement de 2010, environ personnes parlaient le français cadien.
Français créole Le français créole désigne une langue issue des transformations subies par un système linguistique utilisé de façon imparfaite comme moyen de communication par une communauté importante, ces transformations étant vraisemblablement influencées par les langues maternelles originelles des membres de la communauté. La variété créole du français était celle parlée par les premiers colons, se distinguant du français cadien, et n'a pas subsisté en tant que telle ; elle a servi de substrat au français des Houmas et au créole louisianais, parlé par environ personnes ..
Français du Missouri
Après le Traité de Paris (1763), les Canadiens habitants du côté est du fleuve Mississippi qui durent se soumettre à l'autorité britannique, traversèrent en grand nombre le fleuve ; le côté ouest était sous l'autorité de l'Espagne. Le village de Sainte-Geneviève qui fut fondé en 1752, accueillit beaucoup de ces habitants ; en 1764, la ville de Saint-Louis fut fondée. En 1803, le territoire de la Louisiane fut vendu aux États-Unis par Napoléon, et graduellement, avec l'afflux de nombreux Américains dans le territoire du Missouri, le français perdit beaucoup d'usagers.
Français de la Nouvelle-Angleterre Le français qu'on parle en Nouvelle-Angleterre est celui qu'on parlait au Québec avant la révolution tranquille. Les Canadiens dans les six états de la Nouvelle-Angleterre construisirent beaucoup d'écoles catholiques où le français était enseigné durant la moitié de la journée scolaire. Il y avait aussi beaucoup de journaux francophones à partir de la fin des années 1830. Graduellement, les journaux francophones disparurent l'un après l'autre cent ans plus tard. Les écoles primaires et secondaires continuèrent plus longtemps, mais malgré de grands efforts des Franco-Américains pour préserver leur langue, l'absence de soutien gouvernemental causa beaucoup d'ennuis à ces écoles qui se virent coupées de tout revenu des gouvernements.
Français de la vallée La seule étude exhaustive du « français de la Vallée » a été effectuée par Geneviève Massignon en 1946 et publiée en 1962 Collectif, Acadian culture in Maine, Boston, Mass. : National Park Service, North Atlantic Regional Office, 1994. Chapitre .. Elle conclut que contrairement aux communautés « purement acadiennes » des Provinces maritimes, le Madawaska possède une langue plus « canadianisée » due à la proximité du Québec. Elle y nota un mélange de vocabulaire et de phonétique acadien et canadien français mais une morphologie typiquement canadienne-française. Les avis sur le caractère unique du français du Madawaska divergent. Les mots d'origine maritime, dont certains seraient communs aux régions francophones du Canada, y seraient fréquents, alors que des mots liés aux patates seraient uniques. Selon Yves Cormier, de l'Université Sainte-Anne, la langue conserve certains éléments du vieux français utilisés nulle part ailleurs. Selon Ronald Labelle, du Centre d'études acadiennes, le seul caractère distinctif du français du Madawaska est son accent et que, bien qu'on y retrouve des mots acadiens, il ne diffère pas du français québécois.
Variétés disparues
Franco-américains
En 2012, on évalue la communauté française aux États-Unis à plus de membresAgence Capricorn, sources consulaires, http://netcapricorn.com/newsletter/francais_USA.html. Mais plus de 13 millions d'Américains se réclament d'origine française, et selon le recensement de 2000, d'Américains de plus de cinq ans parlent français à la maison. Au total, le nombre de personnes parlant le français au quotidien à la maison s’élève à 2,1 millionsAgence Capricorn, http://netcapricorn.com/newsletter/francais_USA.html.
En y incluant les parlers cadien et créole (dont le créole haïtien), cela fait du français la quatrième langue la plus parlée dans le pays, derrière l'anglais (80 %), l'espagnol (13 %) et le chinois (2 %, si toutes les formes telles que le mandarin et le cantonais sont groupées). Le français est la deuxième langue la plus parlée dans quatre États : La Louisiane, le Maine, le New Hampshire et le Vermont.
En plus des d'Américains qui parlent le français à la maison, parlent un créole à base lexicale française, dont la plupart parlent le créole haïtien.
En 2008, citoyens français résidaient aux États-Unis, un nombre en hausse.. Ainsi, cette population constitue actuellement le quatrième plus grand marché ethnique aux États-Unis.
Répartition géographique
Étant la troisième terre d’accueil des Français au niveau mondial, les États-Unis semblent être une destination appréciée des francophones. Leur implantation aux États-Unis se fait donc sur l’ensemble du pays, mais on note une présence plus importante sur la côte Nord Est (New York, Washington DC, Boston), la Californie (Los Angeles, San Francisco) et la Floride (Miami).
Les communautés francophones Plus de habitants en 2012
Fort Kent (Maine) : 62 % de langue française de habitants.