La corneille d'Hawaï, corbeau hawaïen ou Alala (Corvus hawaiiensis) est une espèce de passereau de la famille des Corvidae, considérée comme étant éteinte à l'état sauvage. Il s'agit d'un oiseau endémique de l'île d'Hawaï.

Dénomination Le nom scientifique de l'espèce, hawaiiensis, est une référence à la zone de diffusion de ces oiseaux et leur nom commun n'est autre que la traduction du nom scientifique.

Le nom Alala est aussi utilisé pour désigner l'animalTreaties and international agreements registered or filed and recorded with the Secretariat of the United Nations. VOLUME 979. 1983. http://publications.gc.ca/collections/collection_2014/ec/CW66-113-1-1990-fra.pdfLe baguage des oiseaux en Amérique du Nord, volume 1 / [Publ. en collab. avec] : U.S. Fish and Wildlife Service, Mars 1991. http://publications.gc.ca/collections/collection_2014/ec/CW66-113-1-1990-fra.pdf, appellation qui provient du terme « 'alalā », son nom en langue hawaïenne.

Histoire Lorsque le capitaine James Cook est arrivé dans les îles en 1778, il fut averti de ne pas déranger l'Alala dans le village de Ka’awaloa, et ses tentatives d'acheter des specimens de l'animal étaient sans succèsCook and King, 1784.. Après la domination de la culture occidentale, de nombreux Alala auraient été abattus par des agriculteursMunro, 1944a.. L'altération et la destruction généralisées de son habitat, la réduction des ressources alimentaires, l'introduction de maladies et de prédateurs qui n'existaient autrefois pas sur l'île ont finalement mené au déclin de l'espèceGiffin et al. 1987, Duckworth et al. 1992..

Description thumb|left|Illustration de Frohawk. La corneille d'Hawaï a à peu près la taille de la corneille noire, mesure entre de long et pèse 485-555 g. Au même âge, les mâles sont presque trois fois plus grands et plus lourds que les femelles.

Son plumage est doux, noir-brunâtre et brillant avec de vagues reflets brun-violets sur le dos, la poitrine et la région ventrale. Les plumes présentent des reflets métalliques violets lorsqu'elles sont directement exposées à la lumière. Ses yeux sont de couleur marron foncé. Ses ailes sont longues et arrondies, son bec est droit, épais, conique et pas très long. Ses pattes, ses jambes et son bec sont noirs. Sa queue est de forme rectangulaire. Ces oiseaux sont robustes et massifs, avec une grosse tête par rapport à ce que l'on peut voir chez de nombreuses autres espèces de corneilles.

Dans l’ensemble, la corneille d’Hawaï rappelle beaucoup la taille et la couleur de la corneille noire, mais il se distingue par son bec plus court et plus robuste, et ses ailes plus arrondies.

Distribution et habitat Avant que l'Alala ne s'éteigne à l'état sauvage, l'espèce n'était présente que dans l'ouest et le sud-est d'Hawaï. Il habitait des forêts sèches et mésiques sur les pentes du Mauna Loa et de Hualālai, à une altitude de 1 000 à 2 000 mètres. L'Ōhiʻa lehua (Metrosideros polymorpha) et le koa (Acacia koa) étaient des arbres d'une importance capitale dans son habitat naturel. Une grande étendue de sous-bois était nécessaire pour protéger l'Alala de la prédation par la buse d'Hawaï (ou ʻio). Les sites de nidification de l'alala recevaient 600 à 2 500 millimètres (24–98 po) de précipitations annuellesU.S. Fish and Wildlife Service. 2003. Draft revised recovery plan for the ‘Alala (Corvus hawaiiensis). . Les restes de fossiles indiquent que l'oiseau était relativement abondant sur toutes les îles principales d'Hawaï, parallèlement à quatre autres espèces de corvidés éteintes

En 2012, la population actuelle de l'Alala comptait 114 oiseaux, dont la grande majorité se trouvait dans les réserves hawaïennes.

Mode de vie

Alimentation La corneille d'Hawaï est un oiseau omnivore, se nourrissant de tout ce qu'elle peut trouver en fonction de la disponibilité du moment, et capable de manger tout en cherchant de la nourriture.

Le régime alimentaire de ces oiseaux est principalement composé d'invertébrés et de larves découvertes en inspectant avec le bec le feuillage et les fissures de l'écorce, la mousse et du lichen des arbres afin de déloger les éventuelles proies, et ce d'une manière écologique analogue à celle des pics. Il se nourrit également de fruits (notamment à coques, sont fendus à l'aide du bec utilisé comme poinçon), de baies, de fleurs et de nectar : ces derniers sont recherchés et consommés activement, en particulier entre février et en mai pour nourrir les oisillons. L'Alala est, avec le palila, le seul oiseau hawaïen à se nourrir également de pétales. Ces oiseaux, lorsqu'ils étaient encore nombreux, jouaient un rôle essentiel dans la dissémination des graines de certaines espèces d’arbres.

Les autres aliments de cette espèce comprennent les œufs et les oisillons de petits passereaux, notamment d'oiseaux locaux tels que les endémiques Amakihi d'Hawaï, l'iʻiwi et l'apapane et ainsi la buse d’Hawaï, et d'oiseaux introduits envahisseurs tels que le rossignol du Japon et le zostérops du Japon par pillage des nids, action surtout réalisée en avril-mai par les corneilles lorsque les activités liées à la reproduction augmentent les besoins en énergie de ces oiseaux.

Semblable à beaucoup de corvidés, l'Alala est également doté d'une intelligence très marquée : avec le corbeau calédonien et le pinson pic des Galápagos, il est l’un des rares à utiliser des ustensiles (branches minces qu'il insère dans des fissures) pour la recherche de nourriture, faculté qui serait innéeAlicia Graef, Scientists Discover Tool Use in Brilliant Hawaiian Crow, 2016 http://www.care2.com/causes/scientists-discover-tool-use-in-brilliant-hawaiian-crow.html. thumb|Un alala sur le sol.

Utilisation d'outils

En 2016, des chercheurs ont prouvé que l'Alala sait utiliser des outils. Dans une étude publiée dans Nature mercredi , les scientifiques expliquent que ces oiseaux utilisent notamment des brindilles pour aller chercher de la nourriture cachée dans de petits trous.

Il a été observé que les individus captifs peuvent utiliser des bâtons pour extraire de la nourriture des trous percés dans les billes. Les jeunes oiseaux utilisent des outils sans formation ni apprentissage social de la part d'adultes, et l'on pense qu'il s'agit d'une capacité à échelle de toute l'espèce., et non un apprentissage lié à leurs conditions de vie.

Voix L'appel de l'Alala est décrit de différentes manières, comme un croassement à deux tons, et comme des cris stridents avec des tons plus bas en plus, similaire au miaulement du chat. En vol, on sait que cette espèce produit une grande variété d'appels, notamment une sorte de « kerruk » répété, et un très fort « kraa-a-a-ik ». Il produit également un chant complexe et gloussant, ainsi qu'une variété d'autres sons. link=|220x220px L'United States Fish and Wildlife Service a mis en ligne sur son site des extraits d'enregistrements de différents sons et appels qu'émet l'alala.

Reproduction Il s'agit d'oiseaux monogames, dont la saison de reproduction s'étend de mars à début juillet.

Le nid est construit sur un arbre isolé, généralement l'ohia lehua, ou dans une partie éparse de l'arbre, à l'aide de gros rameaux (2 à 12 mm de diamètre) du même arbre, de fibres végétales aménagées, de mousse et de lichen tapissés à l'intérieur du nid. Les deux partenaires participent à la construction du nid, mais c'est la femelle qui effectue le plus gros travail. La femelle cesse de travailler ou s'attaque au mâle s'il s'attarde trop longtemps près du nid en construction.

À l'intérieur du nid, la femelle pond 1 à 5 œufs de couleur bleu-vert qu'elle couve elle-même pendant 19-22 jours. La tâche du mâle est de surveiller les environs et de trouver de la nourriture pour sa partenaire et lui-même et, plus tard, pour les oisillons une fois qu'ils sont nés.

Bien qu'il n'y ait pas de caïnisme attesté, en général, seulement 1 à 2 des poussins survivent. Même après leur envol, les jeunes continuent à rester avec leurs parents, les suivent dans leurs mouvements, et continuent de leur demander de temps en temps à manger à l'aide d'un signal durant huit autres mois.

La maturité sexuelle survient à 2-3 ans pour les femelles et environ un an plus tard pour les mâles.

Rôle environnemental Autrefois l'Alala formait l'une des plus grandes populations d'oiseaux indigènes à Hawaï. Sa disparition à l'état sauvage a eu des effets en chaîne sur l'environnement, notamment concernant la dissémination des graines de plantes indigènes. Bon nombre de ces plantes dépendent normalement de l'Alala non seulement pour la dispersion des graines mais également pour leur germination, car les graines passent dans le système digestif du corbeau. Sans dissémination des graines, les plantes ne disposent d'aucun moyen de faire croître une autre génération. L'Alala jouait un rôle important dans le maintien de nombreuses espèces de plantes endémiques, qui pourraient devenir d'une grande rareté dans les écosystèmes d'Hawaï, en particulier pour les forêts sèches, qui se retrouvent démunies de leur principal moyen de dissémination des semences. La corneille d'Hawaï est devenue une espèce indicatrice, la disparition de l'Alala dénotant de graves problèmes environnementaux.

Statut et conservation La corneille d'Hawaï est l'espèce de corvidés la plus menacée au monde et la seule espèce restante à Hawaï. Comme d'autres espèces en danger critique d'extinction, il est illégal de nuire à cette espèce, en vertu de la loi fédérale américaine. En 1994, la population avait diminué à 31 individus ; 8 à 12 étaient sauvages et 19 en captivité. Les deux derniers individus sauvages connus du corbeau d'Hawaï ont disparu en 2002, et l'espèce est maintenant classée comme étant éteinte à l'état sauvage par la Liste rouge de l'UICN. Alors qu'il restait environ 115 individus (en ) dans deux installations d'élevage en captivité gérées par le zoo de San Diego, les tentatives de réintroduction d'oiseaux élevés en captivité dans la nature ont été gênées par la prédation de la buse d'Hawaï, elle-même répertoriée comme espèce quasi menacée. Les efforts de reproduction ont également été compliqués par le fort taux de consanguinité provoqué par le déclin de la population de la corneille.

Extinction L'espèce s'est éteinte à l'état sauvage en 2002BirdLife International, État des populations des oiseaux du monde : des indicateurs pour notre monde qui change, 2008 https://datazone.birdlife.org/userfiles/docs/SOWB2008_fr.pdf, date à laquelle le couple des deux derniers individus connus à l'état sauvage ont été aperçus pour la dernière fois. Le , le biologiste Jeff Burgett entreprit à son habitude la route de gravier située dans les forêts nuageuses du volcan Mauna Loa sur la grande île d'Hawaï, afin de surveiller la dernière paire de corneilles à l'état sauvage. Burgett a déclaré : « Ils étaient exactement au même endroit où ils avaient l'habitude de toujours être. La femelle dormait beaucoup et semblait très fatiguée. Le mâle la nourrissait de quelques fruits. Il a essayé de la pousser, mais elle semblait ne pas répondre. ». Burgett ne se doutait pas à ce moment-là que les observations de ce jour-ci marqueraient la dernière observation de l'espèce dans la nature. 200px|thumb|L'alala a disparu de l'état sauvage en 2002.

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