Charles Delestraint (surnommé Vidal), né le à Biache-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais et mort le à Dachau en Allemagne, est un général français, héros de la Résistance, premier chef de l'Armée secrète, compagnon de la Libération.
Biographie
Jeunesse Après des études secondaires, chez les pères maristesMinistère de la défense - SGA/DMPA - Les chemins de la mémoire , à Lille, Charles Delestraint, fils de comptable, entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1897, promotion Bourbaki (1897-1899).
Première Guerre mondiale Le , il est nommé sous-lieutenant au 16 bataillon de chasseurs à pied, où il reste pendant treize ans. Capitaine en , il est admis à l'École de guerre en . Le capitaine Delestraint s'illustre en dans une mission spéciale près de Haybes dans les Ardennes, à la frontière belge, où il permet la liaison des Armée et Armée. Il est fait prisonnier le lors de l'attaque de Chesnois-Auboncourt et ne sera libéré qu'en .
Régulièrement promu de 1918 à 1936 jusqu'au grade de colonel, il commande la de chars au Quartier Lizé à Montigny-lès-Metz et compte le lieutenant-colonel, puis colonel, Charles de Gaulle parmi ses subordonnés, qui commande le 507 régiment de chars de combat. Les deux hommes ont hérité du général Jean-Baptiste Eugène Estienne la même vision novatrice de l'utilisation des blindés dans la stratégie moderne. Le , Charles Delestraint est général de brigade à Metz. Ayant atteint la limite d'âge en , il est alors général de division.
Seconde Guerre mondiale Le général Delestraint est rappelé dans le cadre d'active le lors de la mobilisation générale. Il commande, alors en tant que général de division élevé au rang de général de corps d'armée (en ), les chars de combat de la Armée puis, à compter du , le groupement cuirassé, qui coordonne les attaques sur la poche d'Abbeville puis couvre le retrait des deux armées.
Résistance Tout au long de la retraite, après avoir mené des combats jusqu'à Valençay, le général Delestraint refuse la défaite et l'armistice et entre dès en résistance en manifestant ses convictions. Il fait ses adieux à ses soldats au camp de Caylus, en Tarn-et-Garonne et se replie à Bourg-en-Bresse, où il est mis au cadre de réserve. En , après avis d'Henri Frenay, et sur proposition de Jean Moulin, le général de Gaulle le choisit pour organiser et commander l'Armée secrète, qui doit regrouper différents mouvements de la Résistance en zone Sud : Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur. Delestraint accepte les ordres de son ancien subordonné, prend le pseudonyme de « Vidal » et travaille en coordination avec Jean Moulin pour élargir la structure à la zone Nord. Il avait comme secrétaire pendant cette période François-Yves Guillin, comme chef du de son état-major Joseph Gastaldo, dont l'adjoint est André Lassagne. Malgré les pièges tendus, Vidal organisera, structurera et commandera l'Armée secrète jusqu'à son arrestation.
Arrestation et déportation À la suite d'énormes « imprudences » commises par les chefs et agents des réseaux concurrents qui ne souhaitaient pas l'hégémonie gaullienne sur la résistance armée, le général est arrêté par un agent de l'Abwehr de Dijon au métro La Muette ( de Paris), le , douze jours avant l'arrestation de Jean Moulin, alors qu'il a rendez-vous avec plusieurs responsables dont René Hardy et Joseph Gastaldo. Le général Delestraint est arrêté par Moog et Multon. Or, les mêmes Moog et Multon avaient arrêté René Hardy dans le train de Paris dans la nuit du 7 au 8. Il est avéré que René Hardy n'était pas au courant du rendez-vous de Delestraint que Jean Multon avait appris en relevant une boîte aux lettres d'Henri Aubry. .
Après plus de d'interrogatoire ininterrompu, le général Delestraint est placé en détention à la maison d'arrêt de Fresnes en puis déporté, en application du décret , au camp de concentration de Natzweiler-Struthof en Alsace.
Il est transféré au camp de Dachau en . Vers la mi-, le curé Élie Lavigne répare la culotte décousue du général Delestraint emprisonné avec Gabriel Piguet, évêque de Clermont-Ferrand. Les trois hommes discutent, puis le général donne à Élie Lavigne une glace, un tricot, un peigne et surtout un morceau de papier hygiénique faisant office de lettre. Ce message demande à Edmond Michelet de prendre la suite de la direction de la Résistance à Dachau.
Il aurait été abattu, sur ordre, d'une balle dans la nuque le , quelques jours avant l'arrivée des Alliés. Son corps est incinéré au crématoire du camp.
Charles Delestraint est fait compagnon de la Libération en 1945.
Hommages et distinctions
Décorations
; chevalier du à titre posthume par décret du () et une étoile
()
1914-1918 (Belgique) ()
Hommage de la nation
Son nom est gravé au Panthéon de Paris le , en hommage de la Nation française.
Hommages toponymiques posthumes
Son nom est attribué à de nombreuses voies dans toute la France« Rue du Général-Delestraint » sur Google., notamment la rue du Général-Delestraint dans le .
La de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (1988-1991) a également choisi comme nom de baptême celui de promotion Général Delestraint.
Télévision 1977 : Les Dossiers de l'écran, joué par Daniel Milgram 2002 : Jean Moulin, joué par Philippe Magnan 2003 : Jean Moulin, une affaire française, joué par Bernard Fresson
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie . Jean-François Perrette, Le général Delestraint, Presses de la Cité, 1972, 184 p. . .
Articles connexes Armée secrète (France)
Liens externes
Thèse de doctorat d'histoire de François-Yves Guillin, Le Général Delestraint, Premier Chef de l'Armée Secrète, en ligne in extenso La notice du général Delestraint sur le site de l'Ordre de la Libération fiche dans cheminsdememoire.gouv.fr
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