Sous l’Ancien Régime, l'appellation « Monsieur » désigne, parmi les frères cadets du roi de France, le frère le plus âgé.
Monsieur : un titre religieux au Moyen Âge
Au cours du Moyen Âge, le titre de monsieur (contraction de « monseigneur ») fait partie du lexique religieux, et est notamment utilisé pour référer à des saints : « Monsieur Saint-Jean ». Ce titre est également attribué au pape : « Monsieur Clément, souverain seigneur et gouverneur de l’Église » .
Du titre personnel du roi de France au titre familial Jusqu’aux premiers Valois, les rois de France prennent le titre de « Monsieur » dans les actes publics.
À partir des Valois, le titre de « Monsieur » est accordé aux princes de la famille royale. Au cours du , et pendant tout l’Ancien Régime, il est réservé au frère puîné du roi. Dans tous les cas, le titre prend une majuscule. C’est ainsi que l’histoire de France connaît mieux l’édit de Beaulieu, signé par le , comme étant la « paix de Monsieur » puisqu’elle profite au frère du roi, François d’Alençon.
Entre 1640 et 1660, Gaston d’Orléans, frère du défunt , est appelé « Grand Monsieur » afin de le distinguer du « Petit Monsieur », Philippe d’Anjou, duc d'Orléans et frère du roi régnant Saint-Simon, dans ses Mémoires (tome 7, chapitre 10), précise bien au contraire que le frère de n'a pris le titre de Monsieur qu'après la mort de Gaston d'Orléans : « Gaston cédoit à M. le duc d’Anjou, frère de , qu’il a longtemps vu puisqu’il n’est mort qu’en 1660, pendant le voyage du mariage du roi son neveu, et néanmoins il demeuroit Monsieur. À sa mort M. le duc d’Anjou l’est devenu à sa place. ».
Parmi les princes ayant porté le titre de « Monsieur » et dont certains sont devenus roi à leur tour, on trouve : Charles, duc d’Orléans (1559-1560) , frère cadet de , et futur . Henri, duc d’Angoulême (1560-1574), frère cadet de , et futur . François, duc d’Alençon (1574-1584), frère cadet d'. Gaston, duc d’Orléans (1608-1660), frère cadet de . Philippe, duc d’Orléans (1640-1701), frère cadet de , et ancêtre du dernier roi français Louis-Philippe. Louis, comte de Provence (1774-1793La royauté est abolie par la Convention le . Cependant, et ce jusqu’à la mort de , le comte de Provence jouit de jure de ce titre.), frère cadet de , et futur . Charles, comte d’Artois (1795-1824), frère cadet de , et futur , et également le dernier à porter le titre de « Monsieur, frère du roi »Pour les royalistes, à la mort de en 1795, le comte de Provence devient le « roi de France » sous le nom de . De fait, son frère cadet Charles-Philippe, devient pour eux « Monsieur » à partir de cette date..
De l’usage privé du mot et de son emploi au pluriel Dans la sphère privée, le titre de « Monsieur » est donné par les domestiques envers leur maître. Ce titre est également une marque d’honneur accordée à des gentilshommes ayant le privilège de travailler le verre, qui relève en principe de l'activité marchande légalement incompatible avec le statut de membre de la noblesse, dans les conditions autorisées par la loi.
Sous l’Ancien Régime, on donne enfin le titre au pluriel aux membres du Parlement de Paris et des cours souveraines : « prendre l’avis de Messieurs ».
Ce n'est qu'à l'époque moderne que la distinction entre « monseigneur » (titre religieux et éventuellement nobiliaire) et « monsieur » (titre civil) est définitivement entérinée, et que cet appellatif se neutralise de toute connotation particulière.
Notes
Annexes Articles connexes Appellations des membres de la maison de France Régiment de Monsieur (homonymie)
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