vignette|droite|300px|Maison tibétaine à Litang vignette|droite|300px|Yaks dans une ruelle du monastère Ganden Thubchen Choekhorling Le xian de Litang (; ) (autre orthographe : Lithang) est un district administratif de la province du Sichuan en Chine. Il est placé sous la juridiction de la préfecture autonome tibétaine de Garzê. Litang est situé dans le Kham, à la frontière entre le Tibet central et la Chine des plaines.

Histoire En 1169, le Karmapa, Düsum Khyenpa, y fonda le monastère de Pangphuk. Rangjung Rigpe Dorje, karmapa (1924-1981), a visité ce monastère dans les années 1940. Il y aurait laissé des empreintes de pied dans la roche The Sixteenth Karmapa Rangjung Rigpe Dorje (1924 - 1981).Namgyal Institute of Tibetology, Sikkim Research Institute of Tibetology, Bulletin of Tibetology, Issues 1-2, p. 9 : .

Le dalaï-lama, Sonam Gyatso (1543–1588) fonda, également dans cette région, le monastère de Litang ou monastère de Thupten Jampaling.

Deux autres dalaï-lamas, le , Kelzang Gyatso, et le , Tsultrim Gyatso, sont nés respectivement en 1708 et en 1816 à Litang.

Tusi de Litang Le Tusi de Litang intégré à la juridiction du Sichuan est formé en 1719, à la suite de sa conquête par (), pendant l'expédition chinoise au Tibet de 1720. Le beau-père de Kelzang Gatso est nommé chef du tusi et le lama de Litang est nommé vice-tusi . Ce tusi durera jusqu'à 1906.

Pagbalha Geleg Namgyai, Pagbalha Hutuktu est également né à Litang en 1940.

Nyarong indépendant À la fin des années 1840, le chef tribal Gönpo Namgyal, unifie la vallée de Nyarong, en réunissant les tusi de Dergé, de Litang et de Chakla. Il agrandit ensuite son territoire à presque tout le Kham et résiste aux pouvoirs centraux de Lhassa et Pékin.

Invasion tibétaine Cela donne l'occasion à Lhassa de prendre le pouvoir sur la région du Kham. Des chefs tribaux locaux demandent à Lhassa de stopper l'avancée de Gönpo. Au début de 1863, Lhassa déploie des troupes pour supprimer Gönpo et son pouvoir, il est tué en 1865.

La défaite de Gönpo Namgyal permet à Lhassa d'étendre son autorité sur Nyarlong, en y crée un bureau du haut commissaire tibétain () afin de gouverner la région et d'assurer son influence sur les autres parties du Kham, en faisant une de contestation entre la Chine des Qing et le gouvernement de Lhassa. Cela conduit les officiers des frontières de Qing à pousser un politique de reconquête de Nyarong comme moyen de renforcer le contrôle des Qing sur le Kham. C'est la raison de la politique ultérieure des Qing sur le Tibet central et des frontières au Sichuan. La requête de Lu Chuanlin de reconquérir ce territoire et d'y placer des gouverneurs Han est rejeté par le pouvoir Qing, de peur de froisser les relations avec Lhassa et le peuple du Kham. Les Qing décident alors de retirer les troupes du Kham et le laisser le pouvoir central du Tibet administrer les affaires de cette région. L'Expédition militaire britannique au Tibet (1903-1904), changeât la politique des Qing qui renvoyèrent des troupes au Kham.

Retour du gouvernement chinois Zhao Erfeng le modèle chinois et créa la province du Xikang, dont il devint amban en mars 1908 (le dernier amban du Tibet) pendant que l'Amdo devenait la province du Qinghai sous la direction de son frère Zhao Erxun Elliot Sperling, The Chinese Venture in K'am, 1904-1911, and the role of Chao Erh- feng in The History of Tibet: The medieval period, c. 850-1895: the development of Buddhist paramountcy, Volume 2, Alex McKay, pp. 69-92..

La province du Xikang comprenait notamment la plus grande partie de l'ancienne province tibétaine du Kham, où vivent les Khampas (nom des habitants de la région du Kham), pour Robert W. Ford, il s'agit d'un sous-groupe de la population tibétaineRobert W. Ford, Tibet Rouge, Capturé par l'armée chinoise au Kham, Éditions Olizane, Genève, 1999, , p. 14 et p. 51. Les habitants de cette région sont en fait des Gyalrong orientaux, parlant le Gyalrong de l'Est, une langue qianguique, du groupe des langues birmano-qianguiques, et non tibétaine. Le Gyalrong de l'Est est également appelé en chinois Situ (), en référence aux « quatre grands Tusi du Kham » () qui y étaient situés.

Résistance tibétaine

C'est à Litang que débuta, en 1956, la révolte des Tibétains contre l'occupant chinois (voir Histoire du Tibet). Dans un article publié dans le périodique Far Eastern Economic Review en 1975, le journaliste Chris Mullin décrit les moines de Litang comme n'étant pas des moines au sens où on l'entend en Occident. Nombre d'entre eux commerçaient pour leur propre compte, certains portaient une arme à feu et passaient une bonne partie de leur temps à des conflits violents avec des monastères rivaux. Norm Dixon ajoute que Pékin essaya de prélever des impôts sur les activités commerciales du monastère, lequel abritait 5000 moines et chapeautait 113 monastères satellites, tous vivant du travail des paysansNorm Dixon, The Dalai Lama's hidden past, sur le site Green Left Weekly, september 25, 1996 : .

En avril 2002, le moine bouddhiste Tenzin Delek Rimpoche, né à Litang, et un membre de sa famille, Lobsang Dondhup, ont été arrêtés sous l'accusation d’être les auteurs d’une série d’explosions dans la ville de Chengdu, capitale du Sichuan. Ils ont été condamnés à mort le de la même année.

Troubles de 2007

Selon le TCHRD, le , lors des manifestations officielles du de l’Armée de la libération populaire chinoise, plusieurs centaines de Tibétains se sont réunis pour ces cérémonies, et pour les fameuses courses de chevaux annuelles. Un nomade tibétain de 52 ans, Runggye Adak, a alors appelé au retour du Tenzin Gyatso, dalaï-lama à la libération de Gedhun Choekyi Nyima, panchen-lama et à la liberté pour le Tibet, avant d’être arrêté par la Police de Kardzé. Malgré la promesse faite par les autorités et des manifestations de soutien des populations, Ronggye Adrak est toujours détenu. La situation était très tendue et plus de personnels des forces de l’ordre auraient été mobilisés.

L'agence Associated Press a rapporté que de nombreuses personnes ont été arrêtés à la suite de la protestation de Runggye Adak Christopher Bodeen, Reports: Scores of ethnic Tibetans arrested in China amid calls for Dalai Lama's return, Associated Press, 4 août 2007.. Trois neveux de Runggye Adak furent arrêtés, l'attention de la police s'est focalisée sur Adruk Lopoe, un moine du monastère de Litang.

Démographie La population du district était de en 1999 National Population Statistics Materials by County and City - 1999 Period, in China County & City Population 1999, Harvard China Historical GIS.

Personnalités Kelzang Gyatso (1708 - 1757), dalaï-lama Tsultrim Gyatso (1816 - 1837), dalaï-lama Ratuk Ngawang (1926 - 2016), moine, résistant, militaire et écrivain tibétain Pagbalha Geleg Namgyai (né en 1940), tulkou et homme poliitique tibétain Tenzin Delek Rinpoché (1950 - 2015), lama bouddhiste tibétain et condamné à mort en 2002 et décédé en prison en 2015 Runggye Adak (né en 1955), nomade tibétain et prisonnier politique incarcéré de 2007 à 2015 à cause de ses déclarations lors du festival du cheval de Litang

Festivités Chaque année, à Litang, se déroule la Fête du cheval, manifestation consistant en courses de chevaux, démonstrations de prouesse équestre et concours de danseChine, , Lonely Planet, 2009, pp. 798-799 ..

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes Histoire du Tibet Monastère de Pangphuk Monastère de Litang (monastère de Thupten Jampaling)

Liens externes

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