Cet article recense les timbres de France émis en 1870 par l’administration des Postes.
Légende Pour chaque timbre, le texte rapporte les informations suivantes : date d'émission, valeur faciale et description, formes de vente, artistes concepteurs et genèse du projet, date de retrait, tirage et chiffres de vente,
ainsi que les informations utiles pour une émission donnée.
Février Empire Lauré, 2 centimes brun-rouge, type 2 vignette|Deux centimes « Empire Lauré » (type 2) dentelé, effigie de Napoléon III Émis en 1870, il remplace un timbre à l'effigie de Napoléon III « lauré » presque identique émis depuis 1862 au type 1, tous deux gravés et dessinés par Désiré-Albert Barre. Il est imprimé en typographie à plat, en feuille de 300 timbres formant deux blocs de 150 timbres-poste, séparés par une marge verticale large d'environ deux centimètres. Les feuilles sont coupées en deux pour la mise en vente.
Le deux centimes brun rouge au type deux apparait dans les bureaux de poste au fur et à mesure de l'épuisement des stocks antérieurs à partir de la mi-févrierLe premier jour d'usage exact est donc inconnu, et toujours l'objet de recherches, l'administration postale ne différenciant pas les deux types dans ses inventaires, il n'y a pas de précision sur la mise en vente ni dans les inventaires des bureaux de poste.. Le deux centimes lauré « modifié » (au type 2) se différencie du type 1 par plusieurs rectificationsCette modification est une retouche du poinçon, qui conduira à une nouvelle fabrication de planches d'impression. Curieusement le type 2 parait plus net, moins usé que le type 1. notamment du tracé du menton entre la barbe et le cou : le trait y est net, contrairement au premier type où l'ombre est plus forte, masquant cette région du visage.
Il est imprimé timbres-poste de cette valeur en quasi-continu avec deux demi-planches fabriquées en . Deux autres demi-planches en cours de finition en ne semblent pas avoir été utilisées, et n'ont probablement pas été terminées. Le tirage semble commencer le 4 ou et se terminer le , alors que Paris est encerclé, et donc que les timbres ne peuvent être distribués dans les bureaux de provinceD'après ..
La teinte de ce premier tirage est brun-rouge (brun Van Dyck) assez clair sur un fond jaunâtre presque blanc.
Un second tirage, exécuté durant la Commune, a produit timbres d'après les inventaires retrouvés, mais il impossible de les différencier des précédents, il n'y a pas non plus de certitude si ce tirage a produit des timbres au type 1 ou au type 2, voire les deux. Seuls des traces administratives permettent d'affirmer que cette production a bien été réalisée.
Un troisième tirage (au type 2 uniquement) sera réalisé par la Monnaie de Paris entre et , dans l'attente de la réalisation de planches d'impression au type Cérès pour cette valeur. Ce tirage est d'environ timbres-poste. Ils se différencient par une teinte soit rouge foncé, soit au contraire rouge terne, sur un papier jaune-paille voire chamoisé.
Au total environ 54 millions d'exemplaires de ce timbre (au type 2) sont imprimés.
Il est remplacé par un timbre de même couleur et même valeur mais à l'effigie de Cérès temporairement en Province dès (série provisoire de Bordeaux), puis dans toute la France en .
Mai Effigie de Napoléon III, dite « Empire Lauré », 1 centime vert olive foncé sur azuré vignette|Un centime vert olive sur vert, type Napoléon III lauré émis en 1870 Émis le , le un centime vert olive foncé sur azuré à l'effigie de Napoléon III « lauré » est imprimé en typographie à plat, en feuilles de 300 timbres poste en deux planches de 150 timbres (10 x 15) séparées par une marge verticale d'environ deux centimètres. Les feuilles d'impression sont coupées en deux verticalement pour la mise en vente. Le dessin et la gravure du poinçon de Désiré Albert Barre reprend la mise en forme initiale conçue par son père (Jacques-Jean Barre) en 1852 en reprenant le profil de Napoléon III orné des lauriers de la victoire.
Dernier timbre émis avec l'effigie de Napoléon III, peu de temps avant la défaite de Sedan et la chute de l'Empire, il sera pourtant imprimé jusqu'en 1872, pour être remplacé par un timbre de même valeur et de même couleur à l'effigie de Cérès en . Il sera produit environ timbres en trois périodes de tirage.
Le premier tirage entre et le Dates proposées par le Dr Joany, Histoire des timbres-poste de l'Empire, , Études du Monde des Philatélistes . est de couleur olive, olive gris, pâle sur un papier bleuté ou azuré teinté dans la masse, ainsi qu'une courte période avec un vert olive franc sur papier azuré.
Le second tirage est fait en , après la fin de la Commune, pendant une douzaine de jours, les timbres sont olive vert plus ou moins foncé, et en fin de tirage vert bronze foncé, tous sur un papier azuré franc teinté dans la masse du papier. Le troisième tirage est dans la continuité du précédent, il débute en et se termine en . Les teintes sont très proches du précédent, mais le papier est azuré vert dans la masse du papier, voire bleuté assez vif en fin de tirage (papier alors proche de celui du 5 centimes Cérès). Le timbre présenté en illustration correspond à ce troisième tirage.
Un timbre-poste à cinq centimes « Empire lauré » est en cours de réalisation en 1870, pour remplacer le cinq centimes « tête nue ». Le poinçon original ne sera probablement pas terminé. Il existe un tirage d'atelier de ce poinçon au Musée de la poste.
Septembre - Octobre
vignette|Le Siège de Paris, toile d'Ernest Meissonier. Le dimanche dans l'après-midi, les relations postales entre Paris et la province sont interrompues, ainsi que les liaisons télégraphiques, et la dernière liaison ferroviaire par les Chemins de fer de l'Ouest est coupée, le siège de Paris commence.
Le lundi , après l'échec d'une dernière tentative militaire à Chatillon et ClamartPremière bataille de Châtillon, avec 45000 hommes sous le commandement du Général Ducrot., la ville et sa proche banlieue sont encerclées.
Le gouvernement provisoire, dont une partie des membres est restée dans la capitale, poursuit la production avec le matériel conservé dans Paris des timbres qui commencent à manquer. Les planches d'impression des Cérès de 1849-1850, encore utilisables et correspondant aux tarifs en cours, sont réemployées, à la suite de la demande du du Gouvernement de la Défense Nationale.
Création de la Poste par ballon monté et des premières cartes postales vignette|Départ de l’« Armand Barbès », ballon monté, 1870-1871. vignette|Les ballons montés sortis durant le Siège de Paris.
Le , l'Administration des Postes dans Paris publie deux décrets applicables dès le lendemain (« si le temps le permet ») autorisant l'acheminement de cartes-postes et de lettres ordinaires à destination de la France, de l'Algérie et de l'étranger par voie d'aérostats (ou ballon monté). Ce service par ballons montés constitue la première expérience mondiale de transport par une administration postale de courriers par la voie des airs, marquant la naissance de la Poste aérienneIl s'agit du premier service postal officiel et régulier de courriers par voies des airs, contrairement aux expériences antérieures confidentielles ou ponctuelles, du siège de Metz (1870) par exemple..
L'article 2 du premier décret précise : Le poids des lettres expédiées par les aérostats ne devra pas dépasser . La taxe à percevoir pour le transport de ces lettres reste fixée à 20 centimes. L'affranchissement [au moyen de timbres poste] en est obligatoire. Et précise en remarque que : les lettres fermées que le public entendra réserver pour être acheminées par les ballons montés devront porter sur l'adresse la mention expresse : « par ballons montés », etc.
L'article 3 du second décret précise le tarif des cartes-poste« Les cartes-postes sont en carton d'un poids de au maximum, et de 11 centimètres de long sur 7 centimètres de large » et portant sur « l'une des faces l'adresse du destinataire et sur l'autre la correspondance du public » (d'après le texte du second décret du 27 septembre 1870). (ancêtre des cartes postales) : 10 centimes à destination de la France et de l'Algérie, et 20 centimes pour l'étranger. L'affranchissement au moyen d'un timbre-poste en est obligatoire. Ces cartes-poste sont initialement supposées circuler par ballons libres (en paquet, attachées à un ballon de quelques mètres de diamètre, sans conducteurs ni autre cargaison). Mais en fait, après un échec initial, elles circuleront par ballon monté. Ces cartes-poste diffèrent des premières expériences limitées des sièges de Metz et de Strasbourg car elles résultent d'une initiative non militaire, et régies par un texte administratif, et elles seront largement diffusées dans la capitale et utilisées dans les communications privées vers la province. vignette|Carte-poste par ballon monté, 1870-1871. Plus de deux millions et demi de lettresVoir plus de trois millions pour certains auteurs, mais combien nous sont parvenues ? Probablement peu, car la majeure partie de ces courriers était privée, donc non conservée comme documents contractuels (factures, pièces notariales, etc.) Mais le développement de la philatélie dès les années 1890, 20 à 25 ans après le siège, a permis de conserver un nombre important de ces courriers. seront transportées hors de Paris par la voie des airs.
Reprise du service postal après le siège. Le courrier n'arrive à nouveau par voies « usuelles » dans la capitale que le , après passage par un service de censure allemand à Versailles, le , les premiers plis quittent Paris vers la province, non cachetés pour contrôle par la censure allemande, puis après le le service est rétabli pour les envois clos, dont lettres et colis en souffrances depuis six mois..
L'émission dite du « Siège de Paris »
Dès la proclamation de la République le , Anatole Hulot reçoit l'ordre de préparer des timbres à l'effigie de la République (au type Cérès de 1849), il réutilise les anciennes planches d'impression de 1849 et 1850 encore utilisables. Les premiers tirages des 10 et 20 centimes sont livrés le , puis le 40 centimes est livré mi-octobrePremier jour d'usage connu, le 18 octobre.. Ces trois valeurs ne couvrent pas tous les besoins, et ne sont pas disponibles dans un premier temps en quantités suffisantes. Aussi les anciens timbres continuent à être utilisés, et certains seront même réimprimés durant le siège, dans l'attente de la préparation de nouvelles planches d'impression à l'effigie de Cérès pour des valeurs faciales qui n'existaient pas en 1849-1852 (5 centimes vert au type Empire dentelé, et, 1, 2, 4 et 80 centimes au type Empire Lauré).
Les courriers ayant circulé dans Paris encerclé montrent une grande variété de timbres. En plus des nouveaux tirages au type Cérès, on trouve ainsi des timbres-poste au type « Empire Lauré »Dernière série produite, elle est fréquente, les stocks étant important, on trouve des timbres à la valeur faciale de : 2, 4, 10, 20, 30, 40 et 80 centimes. Certaines de ces valeurs seront réimprimées durant le siège et même après en 1871 et 1872., des « Empire dentelé »le 5 centimes vert-jaune est encore imprimé, cette valeur n'existe pas au type « Lauré » : il est donc fréquent, mais on trouve aussi des timbres à la valeur de 10, 20 et 40 centimes à ce type, ces derniers sont très peu fréquents., et même des « Empire non dentelés »Quelques rares timbres sont encore disponibles, ou retrouvés par les usagers dans les « fonds de tiroirs », on trouve ainsi exceptionnellement des 20 et 40 centimes non dentelés. de 1852.