Les élections fédérales suisses de 2007 ont lieu le . Elles permettent le renouvellement des qui composent le Conseil national (CN) et des du Conseil des États (CE), élus le , pour la de quatre ans (2007-2011).

Le , le parlement nouvellement élu désigne le nouveau Conseil fédéral pour un mandat de quatre ans. Pour la quatrième fois depuis l'instauration du système fédéral en 1848, un membre du gouvernement, Christoph Blocher, n'est pas réélu.

Contexte Positionnement des partis Parmi les principaux partis politiques suisses, l'Union démocratique du centre (UDC), le Parti socialiste (PSS) et le Parti radical-démocratique (PRD) comptent deux sièges au Conseil fédéral et le Parti démocrate-chrétien (PDC) un seul. Au cours des élections 2007, l'UDC tentera de consolider sa position de premier parti national, qui lui est contestée par le PSS« Les socialistes veulent redevenir le premier parti du pays », swisspolitics, 8 janvier 2007, alors que le PRD et le PDC tenteront de freiner leur déclin respectif. Par ailleurs, les Verts espèrent gagner suffisamment de voix pour pouvoir prétendre à un siège au Conseil fédéral, hypothèse approuvée par 54 % des sondés en septembre 2006« Les Suisses veulent un Vert au gouvernement », swisspolitics, octobre 2006.

Heurts à Berne du 6 octobre 2007

Dans l'après-midi du à Berne, une confrontation oppose environ de l'UDC à environ ., qualifiés de black blocs. respectivement d'autonomistes et d'extrême gauche..

Les militants UDC démarrent vers leur cortège planifié de la fosse aux ours (à l'est de Berne) vers la place fédérale, qui doit passer par l'artère principale de la vieille ville (la Gerechtigkeitsgasse), pour poursuivre par Zytglogge et Bärenplatz. Les casseurs se rassemblent quant à eux de l'autre côté du Nydeggbrücke (qui relie la fosse aux ours à la vieille ville), mais sont dispersés par la police à coups de gaz lacrymogène. Une manifestation parallèle des milieux alternatifs se déroule à la Münstergasse, parallèle à la Gerechtigkeitsgasse, mais plus au sud, toujours dans la vieille ville. Alors que la police bernoise tente de maîtriser le flux des autonomistes et de la manifestation parallèle, certains autonomistes échappent au contrôle des forces de l'ordre et arrivent à la place Fédérale, où ils cassent les stands de l'UDC préparés en l'attente des autres militants agrariens. Après avoir reçu nouvelle du saccage des stands, l'UDC renonce à poursuivre le cortège jusqu'à la place Fédérale, pour tenir leurs discours à la fosse aux ours. Dans la foulée, Christoph Blocher (conseiller fédéral) et Ueli Maurer (président de l'UDC) décident d'organiser une conférence de presse improvisée, en pour dénoncer le fait que le plus grand parti de Suisse ne puisse défiler en ville de Berne. Les heurts se soldent par provisoires, dont , selon Blick. Le journal parle même de pour la police bernoise. Le New York Times en fait sa une le , en titrant . (immigration, moutons noirs et rage suisse), les moutons noirs faisant référence à une affiche utilisée par l'UDC lors de la campagne sur l'initiative sur le renvoi des criminels étrangers. ; plusieurs médias étrangers, dont The Guardian ( en titre) et la Süddeutsche Zeitung..

Blocher affirme quelques jours plus tard que ces heurts ont été un électrochoc salvateur..

Législature 2003-2007 PartisSiglesTendances politiquesSièges au CNSièges au CE Union démocratique du centre UDC conservateur/libéral/souverainiste 55 8 Parti socialiste PSS social-démocrate 52 9 Parti radical-démocratique PRD radical/libéral 36 14 Parti démocrate-chrétien PDC démocrate chrétien/centre droit 28 15 Parti écologiste PES écologiste 11 - Parti libéral PLS libéral/conservateur 4 - Parti évangélique PEV chrétien/centre gauche 3 - Parti du Travail PST/POP/PdT extrême gauche 2 - Union démocratique fédérale UDF chrétien/conservateur 2 - Alliance verte et sociale bernoise AVeS écologiste 1 - Alliance de gauche - (SolidaritéS) AdG-Sol extrême gauche 1 - Alternative socialiste verte zougoise SGA écologiste 1 - Démocrates suisses DS extrême droite/nationaliste/populiste 1 - Ligue des Tessinois Lega régionaliste/populiste 1 - Parti chrétien-social PCS christianisme social/centre gauche 1 - Parti écologiste-libéral zurichois GLPZ écologiste/social-libéral 1 -

Au cours de la législature sortante, c'est le PDC qui obtient le plus haut taux de réussite. Dans 93 % des votes nominatifs, plus de la moitié des membres du groupe se retrouve dans le camp de la majorité. Viennent ensuite le PRD avec 87 %, l'UDC avec 70 %, le PSS avec 69 % et les Verts avec 63 %. Par ailleurs, au niveau de la cohésion du groupe, ce sont les Verts qui arrivent en tête avec 89 % de ses membres votant, en règle générale, de façon similaire. Viennent ensuite le PSS avec 88 %, le PRD et l'UDC avec 77 % et le PDC avec 73 %.

Le ranking des membres du Conseil national a identifié les présidents des groupes PRD et UDC, Felix Gutzwiller et Caspar Baader, comme les conseillers nationaux les plus influents. Ils sont suivis par Jacqueline Fehr (PSS) et Christine Egerszegi-Obrist (PRD). Au Conseil des États, c'est le Saint-Gallois Eugen David (PDC) qui est considéré comme le membre le plus influent. Comme en 2003, c'est la socialiste Simonetta Sommaruga qui est considérée comme la parlementaire la plus crédible par les électeurs.

Mode d'élection Conditions pour être électeur : Il faut avoir révolus, être citoyen suisse et ne pas souffrir de maladies mentales. Conditions pour être élu : Il faut posséder le droit de vote. Incompatibilités : Ne peuvent se présenter les conseillers fédéraux, les juges fédéraux, les fonctionnaires de l'administration fédérale et les ministres du culte. Conditions de présentation : présentation par les partis politiques ou groupements d'électeurs appui de pour chaque liste dans les cantons ayant de , de 200 dans les cantons représentés par 11 à 20 conseillers et de 400 dans les cantons disposant de plus de

L'électeur peut voter pour une liste sans la modifier ou la retoucher en biffant des noms ou en répétant certains des noms qui y figurent. Il peut par ailleurs « panacher » une liste de parti en y insérant les noms de candidats d'autres partis ou établir sa propre liste sur un bulletin vierge en choisissant des noms de différentes listes.

Au Conseil national Loi électorale : Loi fédérale du 17 décembre 1976 sur les droits politiques Circonscriptions : 26 circonscriptions électorales plurinominales ou uninominales correspondant aux 20 cantons et 6 demi-cantons (nombre de sièges attribué à chacune est fonction de sa population) Mode de scrutin : scrutin proportionnel dans les circonscriptions plurinominales avec une répartition des sièges selon le quotient Hagenbach-Bischoff puis à la plus forte moyenne scrutin uninominal majoritaire simple dans les 5 circonscriptions qui n'élisent qu'un seul conseiller national (2 cantons et 3 demi-cantons)

Au Conseil des États Loi électorale : Circonscriptions : 20 circonscriptions plurinominales représentant les cantons () et 6 circonscriptions uninominales représentant les demi-cantons Mode de scrutin : scrutin direct majoritaire simple mais ces élections sont régies par le droit cantonal Incompatibilités : Ne peuvent se présenter les conseillers fédéraux, les juges fédéraux, les fonctionnaires de l'administration fédérale et les ministres du culte.

Deux cantons ont déjà procédé au renouvellement de leurs conseillers aux États. À Zoug, Peter Bieri (PDC) et Rolf Schweiger (PRD) sont tous deux réélus le Canton de Zoug : élections au Conseil des États du 29.10.2006. À Appenzell Rhodes-Intérieures, Ivo Bischofberger (PDC) est élu lors de la Landsgemeinde tenue dans le canton le . Il remplace son collègue de parti Carlo Schmid-Sutter qui quitte le parlement après « Appenzell Rhodes-Intérieures a choisi son nouveau sénateur », swissinfo, 29 avril 2007.

Partis enregistrés Démocrates suisses Écologie Libérale Parti chrétien-social Parti démocrate-chrétien Parti écologiste suisse Parti évangélique suisse Parti libéral suisse Parti radical-démocratique Parti socialiste suisse Parti suisse du Travail Union démocratique du centre Union démocratique fédérale

Sortants Conseil national Conseiller nationalCantonDébut de mandat Adriano Imfeld (PDC) Obwald 2001 Walter Jermann (PDC) Bâle-Campagne 2003 Pierre Kohler (PDC) Jura 2003 Kathy RiklinCandidat au Conseil national et au Conseil des États (PDC) Zurich 1999 Jacques-Simon Eggly (PLS) Genève 1983 Serge Beck (PLV) Vaud 1998 Jean-Paul Glasson (PRD) Fribourg 1999 Yves Guisan (PRD) Vaud 1995 Rolf Hegetschweiler (PRD) Zurich 1991 Didier Burkhalter (PRD) Neuchâtel 2003 Charles Favre (PRD) Vaud 1999 Christine Egerszegi-Obrist (PRD) Argovie 1995 Felix Gutzwiller (PRD) Zurich 1999 Anne-Catherine Menétrey-Savary (PES) Vaud 1999 Franziska Teuscher (Alliance verte) Berne 1995 Geri Müller (PES) Argovie 2003 Luc Recordon (PES) Vaud 2003 Daniel Vischer (PES) Zurich 2003 Marlyse Dormond-Béguelin (PSS) Vaud 1999 Paul Günter (PSS) Berne 1995 Remo Gysin (PSS) Bâle-Ville 1995 Barbara Haering (PSS) Zurich 1990 Ruth-Gaby Vermot-Mangold (PSS) Berne 1995 Peter Vollmer (PSS) Berne 1989 Pascale Bruderer (PSS) Argovie 2002 Chantal Galladé (PSS) Zurich 2003 Claude Janiak (PSS) Bâle-Campagne 1999 Liliane Maury-Pasquier (PSS) Genève 1995 Géraldine Savary (PSS) Vaud 2003 Jean Fattebert (UDC) Vaud 1999 Robert Keller (UDC) Zurich 1999 Otto Laubacher (UDC) Lucerne 1999 Fritz Abraham Oehrli (UDC) Berne 1995 Walter Schmied (UDC) Berne 1991 Hermann Weyeneth (UDC) Zurich 1994 Ueli Maurer (UDC) Zurich 1991 Guy Parmelin (UDC) Vaud 2003 Jean-François Rime (UDC) Fribourg 2003 Ruedi Aeschbacher (PEV) Zurich 1999 Heiner Studer (PEV) Argovie 1999Sources : Parlement suisseConseillers nationaux non candidats à la propre successionConseillers nationaux candidats au Conseil des États

Conseil des États Conseiller aux États Canton Début de mandat Simon Epiney (PDC) Valais 1999 Rolf Escher (PDC) Valais 1999 Carlo Schmid-Sutter (PDC) Appenzell Rhodes-Intérieures 1980 Marianne Slongo (PDC) Nidwald 1999 Franz Wicki (PDC) Lucerne 1995 Hans Fünfschilling (PRD) Bâle-Campagne 1999 Trix Heberlein (PRD) Zurich 2003 Christiane Langenberger (PRD) Vaud 1999 Thomas Pfisterer (PRD) Argovie 1999 Françoise Saudan (PRD) Genève 1995 Michel Béguelin (PSS) Vaud 1999 Christiane Brunner (PSS) Genève 1995 Pierre-Alain Gentil (PSS) Jura 1995 Hans Hofmann (UDC) Zurich 1998 Hans Lauri (UDC) Berne 2001Sources : Parlement suisseConseillers aux États non candidats à la propre succession

Campagne Les divers baromètres électoraux permettent de distinguer les thèmes déterminants pour le vote de la population suisse.

Les six mois précédant l'élection sont dominés alternativement par les thèmes de l'environnement et de la place des étrangers. Au cours de la même période, les questions relatives à la sécurité sociale et aux assurances sociales ainsi qu'au chômage et à la situation économique font également partie des thèmes les plus importants. Viennent ensuite les questions du droit d'asile et des réfugiés, de la politique familiale, de la politique de santé, des primes de l'assurance maladie, du rapport à l'Union européenne et des finances publiques.

Résultats Les résultats des élections fédérales sont annoncés le avec les premières estimations nationales fournies à 19h00 puis affinées à 21h00. Les résultats finaux, officiels et provisoires sont disponibles vers 02h00 du matin. Les premières analyses électorales sur la base de sondages sont rendues publiques le 22 octobre.

Concernant les élections au Conseil des États, dans les cas où les candidats n'atteignent pas la majorité absolue, un second tour de scrutin sera organisé d'ici au 25 novembre. Ce n'est qu'à ce moment-là que la répartition définitive du nouveau parlement sera établie.

Groupes parlementaires