L’ordre de l’Écu d’or est l'un des trois ordres de chevalerieLaurent Hablot (Op. cit. infra) précise : du duché de Bourbon. Il fut fondé à la fin du par Louis II, duc de Bourbon, à son retour de captivité en Angleterre, d'une part pour réaffirmer son autorité après sa longue absence, d'autre part pour récompenser les gentilshommes de sa principauté qui lui étaient restés fidèles et avaient défendu ses intérêts..

Il aurait été ainsi nommé parce que l'insigne consistait en un médaillon ou écu d'or, sur lequel se voyait le mot .

L'historien François Sicard l'assimile., vraisemblablement à tort, à un énigmatique « ordre de l'Écu vert ou de la Dame blanche »Il s'agit peut-être d'une confusion avec l'ordre de la dame blanche à l'écu vert, fondé en 1399 Jean II Le Meingre, maréchal de Boucicaut, qui pourrait s'expliquer par le fait que certaines familles étaient représentées à cette époque dans plusieurs institutions. Ainsi, la famille de Châteaumorand, dont le père, Hugues de Chastellux était chevalier de l'Écu d'or et le fils, Jean, chevalier de l'Écu vert à la Dame blanche. (Voir à ce sujet : Marie Blaise-Groult, Op. cit. en référence).. L'articulation de cet ordre avec celui de Notre-Dame du Chardon, créé en 1370, à l'occasion du futur mariage du duc avec Anne Dauphine d'Auvergne, n'est pas claire : il est difficile de déterminer s'il a remplacé l'Écu d'or, si ces deux ordres ont fusionné ou s'ils ont existé conccuremment., d'autant que, comme ceux du Chardon, les chevaliers de l'Écu d'or portaient la ceinture Espérance..

Quelques auteurs ont même mis en doute l'existence de l'Ordre et ont suggéré que le bijou était simplement une pièce de plaisir que Louis II avait distribué aux seigneurs de sa cour à l'occasion du 1er janvier. Néanmoins, il semble désormais établi que le duc a réellement créé l'ordre de l'Écu au lendemain de son retour d'exil..

Fondation L'ordre de l'Écu d'or fut institué un , peu de temps après le retour de captivité du duc, mais les sources divergent sur l'année. Jean Cabaret d'Orville, qui relate avec force détails les circonstances de sa fondation dans deux chapitres de la Chronique du bon duc Loys de BourbonJean Cabaret d'Orville, Op. cit, : III.– Comment le duc de Bourbon donna à plusieurs chevaliers son ordre de l'Escu d'or, le jour de l'an… et IV.– Comment le duc de Bourbon expousa la signifiance de l'escu d'or aux chevaliers, et comment messire Phelipes des Serpens parla pour tous, et quelles paroles le duc lui répliqua.(en ligne), mais qui est peu fiable sur les datationsAlphonse-M. Chazaud, en publiant les manuscrits de Cabaret, souligne les multiples inexactitudes que ceux-ci comportent., la situe le , alors qu'il date pourtant – et erronnément – le retour de Louis II dans ses domaines . D'autres auteurs donnent l'année 1369., tandis que D'Arcy Boulton, fixant le retour du duc en Bourbonnais au mois d' et l'adoption de la devise au jour de Noël de la même année, retient la date du .

vignette|gauche|Louis II arborant un pennon chargé d'un écu d'or. Olivier Troubat, s'appuyant sur les archives du prieuré Saint-Pierre-et-Saint-Paul, qui permettent de suivre les préparatifs de cette journée, indique comme probable l'année 1366 pour l'annonce faite aux barons bourbonnais de la création de l'Ordre, à l'occasion de la fête de saint Odilon à SouvignyLe Martyrologe romain fixe la fête d'Odilon de Cluny au .. D'autres historiens, comme Laurent Hablot, valident l'année, mais suivent la chronique qui fixe cette annonce aux fêtes de Noël..

Quelques jours plus tard, « la veille du jour de l'an », selon Cabaret, Louis II réunit ses chevaliers à Moulins et, le lendemain, avant qu'ils ne se rendissent ensemble à la messe en « l'église Nostre-Dame », le duc « les voulut estrener d'une belle ordre qu'il avoit faite, qui s'appeloit l'ecu d'or » et « en baillant ladicte ordre, commença à dire le duc de Bourbonnois à ung chascun » :

Après la messe, le duc poursuivit :

Chevaliers vignette|Chevalier de l'ordre de l'Écu d'or. La chronique de Cabaret nomme quinze chevaliers qui reçurent cette distinction le jour de la fondation et précise qu'il y en eut « plusieurs autres »Achille Allier (L'Ancien Bourbonnais) et Simon de Coiffier Demoret (Histoire du Bourbonnais et des Bourbons qui l'ont possédé, Paris, Michaud, 1814 et 1816, 2 vol.) se sont efforcés d'identifier ces quinze chevaliers et proposent des noms pour ceux qui ne sont pas nommés.. La liste semble donnée selon un ordre de préséance, au moins pour les quatre premiers, qui font partie des plus fidèles alliés de Louis II et occuperont, par la suite, des charges importantes. Les autres chevaliers sont presque tous membres de l'ost et de l'hôtel ducal de Louis II et portent aussi le titre de conseiller : Henri de Montaigu, sire de La Tour (Henri Aycelin, fils de Gilles Aycelin et Mascaronne de La Tour), qui deviendra conseiller du duc. Guichard Daulphin, seigneur de Jaligny et parmi les plus grands barons du Bourbonnais. Il est l'un des plus fidèles du duc et sera choisi comme exécuteur testamentaire. Conseiller du duc, il sera également conseiller et précepteur du dauphin de France, grand-maître des arbalétriers de France et sénéchal du Nivernais. Griffon de Montaigu, frère d'Henri (Bernard de Montaigut, dit le Griffon de Montaigut), qui sera également conseiller et chevalier banneret. Hugues de Chastellus, sire de Chastelmorand, père de Jean de Châteaumorand, qui deviendra conseiller et chambellan. le sire de Chastel de Montaigne (Guillaume de Châtel-Montagne). le sire de la Palice (Imbert de La Palice, sire de Lubié). Guillaume de Vichi, sire de Busset, chambellan du duc. Phelippes des Serpens (Philippe d'Isserpent, grand bailli d'Auvergne). Lordin de Saligny (Jean Lourdin, seigneur de Saligny et de Randan). le sire de Chantemerle (Pierre de Chantemerle). Regnault de Baserne, sire de Champroux (Renaud de Bazarnes, de la maison de Toucy). le sire de Veaulce (Pierre le Borgne de Veauce). le sire de Blot (Jean de Chauvigny de Blot). Guillaume de La Mothe (La Mothe Saint-Jean, près de Digoin). Pierre de Fontenai, du pays de Berri (Fontenay, près de Germigny).

Insignes et habits de cérémonie Les insignes de l'ordre étaient une broche d'or en forme d'écu , ainsi qu'une ceinture bleue sur laquelle apparaissait en émail le mot .

Sur une tunique bleue, les chevaliers portaient un manteau de la même couleur, doublé d’hermine, au côté droit duquel était brodé l’écu d'or à la devise .

Allen, devise de l'ordre Le jour de l'institution de l'Ordre, après le repas, le duc avait expliqué à ses chevaliers le sens de cette devise : « Allen est à dire : allons tous ensemble au service de Dieu, et soyons tous ung en la deffense de nos pays, et là ou nous porrons trover et conquester honneur par fait de chevalerie ».

Si la signification générale de la devise choisie par Louis II est claire, l'origine du mot Allen a été expliquée de plusieurs manières par les commentateurs. Pour Louis Moreri, qui consacre une entrée de son dictionnaire au mot Allen, c'est un « mot dont la signification n'est pas connue ».. Pourtant, à la même époque, Jean-Marie de La Mure déclare que le mot signifie, en forézien, « Allons ». : « L’an 1363, il institua un ordre de chevalerie qu’il appela de l’Écu d’Or, dont la devise était le mot Allen qui, au langage vulgaire forésien, signifie « Allons », comme si, par ce mot, il invitait ses chevaliers d’aller où l’honneur et la gloire appelait leur valeur. », ce que réfute l'un de ses commentateurs, André SteyertBoulton, Op. cit. : « Apparently Bourbonnais dialect for Allons »., précisant que ce terme n’est pas du patois forésien mais le terme saxon « all » : « tous ». Au , Achille Allier. écrit : . Valery Larbaud, quand il fait d’Allen le titre de l'un de ses romans (1927), se place dans les pas d'Achille Allier. Aujourd'hui, la plupart des historiens, comme André Leguai., rapproche bien le mot de l'anglais « all » et le comprend comme « tous », « tout ».

Allen a été choisi par Jean Cluzel, alors président du conseil général de l'Allier, comme nom de l'ensemble de prix annuels qu'il a fondé en 1985 pour récompenser des œuvres et des actions humaines remarquables en rapport avec le Bourbonnais..

L'Écu d'or dans la culture populaire L'ordre de l'Écu d'or a donné son nom à un « jeu de piste immersif » sous la forme d’une application mobile en téléchargement gratuit. Ce jeu propose à un public large deux parcours scénarisés : « Allen ! Chevaliers de Montluçon », à travers la cité médiévale de Montluçon. ; « Ondines & Sortilèges de Tronçais », dans la Futaie Colbert II de la forêt de Tronçais..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie . . . Trois tomes : tome 1, tome 2, tome 3.

. . Auguste Savagner, Les Bourbons : histoire de la maison de Bourbon, des princes et personnages illustres qui en sont issus, J. Delahaye et Dartout, Paris, 1845, , sur Gallica. .

Articles connexes Ordre de Notre-Dame du Chardon Ordre du Fer d'or et du Fer d'argent Duché de Bourbon Liste des seigneurs puis ducs de Bourbon Louis II de Bourbon Ordre de chevalerie Liste des ordres, décorations et médailles de la France

Liens externes Base Devise, Notice de Louis II de Bourbon.

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