Cato Bontjes van Beek, née le à Brême, morte exécutée le à Berlin dans la prison de Plötzensee, est une résistante allemande au nazisme.

Biographie

Jeunesse et famille Cato Bontjes van Beek est née à Brême le 14 novembre 1920.

Elle passe son enfance et son adolescence dans la colonie d'artistes de Worpswede/Fischerhude près de Brême. Son père, le céramiste et sa mère la danseuse et peintre , ne sont pas très riches mais vivent dans une ambiance de grande agitation intellectuelle et artistique. Elle a un frère et une sœur, Tim et . La famille compte plusieurs artistes. Le peintre Heinrich Breling est son grand-père, la céramiste et sculptrice , le peintre Otto Modersohn et la peintre Paula Modersohn-Becker ses oncle et tantes, tandis que le peintre et la peintre et chanteuse sont ses cousins.

Les enfants Bontjes van Beek sont éduqués de façon libre en ce qui concerne la politique et la religion, ils ne sont pas baptisés. Leurs parents divorcent au début des années 1930 et Jan Bontjes van Beek s'installe alors à Berlin où il se remarie avec une designeuse d'ascendance juive.

Cato Bontjes van Beek passe deux ans chez une tante à Amsterdam où elle fréquente l'école allemande. Elle en revient en 1933, l'année de l'arrivée au pouvoir de Hitler. En 1937, elle fait un séjour de six mois comme jeune fille au pair à Winchcombe dans le sud de l'Angleterre. Elle y apprend l'anglais et s'initie aux philosophies orientales.

Entrée dans la Résistance Cato Bontjes van Beek n'intégre pas la Bund Deutscher Mädel. mais, passionnée de vol à voile, s'engage dans l'aviation nationale-socialiste pour pouvoir voler.

En 1937, Cato Bontjes van Beek entre dans une école de commerce à Berlin et effectue un apprentissage de céramiste dans l'atelier de son père.

Fin avril 1940, elle est enrôlée dans le Service du travail du Reich et affectée au camp de Blaustein, en Prusse-Orientale pour effectuer des travaux agricoles. Elle est libérée prématurément en raison d'une blessure. Elle et sa sœur Mietje vivent à partir de ce moment chez leur père à Berlin.

A Berlin, elle assiste aux arrestations de voisins juifs, ce qui la pousse à l'action, notamment en faisant des collectes pour leur venir en aide. Avec sa sœur Mietje, elle apporte également de l'aide aux travailleurs forcés ou prisonniers de guerre français et ukrainiens, échangeant des messages ou leur donnant des produits de première nécessité.

Cato Bontjes van Beek rencontre Libertas Schulze-Boysen chez son père, en septembre 1940 ou 1941. Celle-ci est active dans un groupe berlinois de ce réseau que la Gestapo désignera sous le nom de « Orchestre rouge ». Elle décide d'associer Cato Bontjes van Beek à leurs activités.

Avec son ami, le poète et tout un groupe de personnes, Cato Bontjes van Beek rédige, reproduit et distribue des tracts appelant à la à la fin de la guerre et au renversement du régime nazi.

Arrestation et condamnation Le 26 août 1942, le contre-espionnage allemand parvient à décrypter un message radio de Moscou, qui contient des informations importantes sur le réseau, dont des adresses. Harro et Libertas Schulze-Boysen sont arrêtés le 31 août puis quelque 130 sympathisants.

Cato Bontjes van Beek est arrêtée le par la Gestapo à Berlin, en même temps que son père et Heinz Strehlow.

Elle est jugée dans une parodie de procès, avec huit autres accusés devant le Reichskriegsgericht pour Aide à une entreprise de Haute trahison à partir du 15 janvier 1943. Le tribunal est placé sous la présidence d' et l'accusation est menée par le juge militaire principal .

Cato Bontjes van Beek est condamné à mort et à la privation définitive de ses droits civiques pour « complicité de haute trahison et aide à l'ennemi» le . Les lettres écrites par Cato Bontjes van Beek entre sa condamnation et son exécution montrent que, face à la mort, elle s'est plongée dans une profonde étude de la Bible, en particulier du Nouveau Testament. Cato Bontjes van Beek : Lettre du 28 mars 1943 à une amie.

Le 21 juillet 1943, Adolf Hitler rejette personnellement sa demande de grâce, ainsi que seize autres demandes.

Exécution Elle est guillotinée le soir du , à la prison de Plötzensee, à l'âge de 22 ans, avec quinze autres condamnés, dont Hilde Coppi, Klara Schabbel, Liane Berkowitz, Ursula Goetze, Rose Schlösinger et Oda Schottmülle, entre 5h et 5h 45. La veille de son exécution, elle écrit à sa mère :

Heinz Strehlow est exécuté le 13 mai 1943, Jan Bontjes van Beek est libéré après trois mois de prison.

Après l'exécution Après son exécution, le corps de Cato Bontjes van Beek est immédiatement transporté à l'Institut d'anatomie de Berlin et disséqué sur place par Hermann Stieve, directeur de l'institut. En accord avec les autorités, celui-ci fait régulièrement transporter les corps de personnes exécutées, surtout des jeunes femmes, à son institut pour ses recherches scientifiques. Les corps sont ensuite incinérés et enterrés anonymement.

En 2016, environ 300 échantillons de tissus provenant de la succession de Hermann Stieve sont découverts. Ces échantillons sont inhumés au cimetière de Dorotheenstadt à Berlin le 13 mai 2019, lors d'une cérémonie commémorative.

Cloche des morts Début septembre 1943, environ un mois après l'exécution de Cato Bontjes van Beek, Friedrich Frerichs, le surintendant de Lilienthal fait sonner le glas dans l'église de Fischerhude, puis annonce sa mort pendant l'office et récite une prière pour elle. Cette manifestation de solidarité envers la jeune femme lui vaut d'être arrêté par la Gestapo et emprisonné pendant quatre semaines.

Réhabilitation Le 23 octobre 1948, sa mère, Olga Bontjes van Beek rencontre des difficultés pour obtenir les différentes indemnisations auxquelles elle et sa fille ont droit et surtout pour la réhabilitation de sa fille. Elle doit mener une bataille judiciaire durant des années avant d'obtenir 11 154 DM début 1959. L'ancien procureur général, Manfred Roeder, accuse en effet Cato Bontjes van Beek, comme tous les membre de l'« Orchestre rouge », d'espionnage au profit de l'Union soviétique, sans lien avec la résistance allemande.

En 1998, le Bundestag allemand abroge finalement toutes les condamnations pour haute trahison prononcées par le système judiciaire nazi avec la Loi allemande du 25 août 1998 sur l'annulation des jugements injustifiables du régime national-socialiste.

Hommages vignette|Stolperstein en hommage à Cato Bontje van Beek

Une stèle commémorative à la mémoire de Cato Bontjes van Beek est placée sur la tombe familiale du cimetière de Fischerhude.

Un stolperstein est apposé le 12 juin 2009 devant son dernier domicile, au 22 Kaiserdamm à Berlin-Charlottenburg Une plaque dans le hall de l'hôtel de ville de Schöneberg lui rend hommage. Une stèle commémorative à son nom est dévoilée à l'aérodrome de Schönhagen en 2023, où Cato Bontjes van Beek a effectué sa formation de pilote

Le de la ville d'Achim, qui porte son nom depuis 1991, a créé un centre d'archives, qui permet notamment aux élèves d'accéder à des documents et des sources relatifs à la biographie de Cato Bontjes van Beek. Il est inscrit au registre des « Lieux de mémoire » de la Bundeszentrale für politische Bildung (Agence fédérale pour l'éducation civique).

Un chemin à Fischerhude porte son nom, avec un panneau explicatif.

Une maison de la culture à Berlin-Lichtenrade porte également son nom.

Bibliographie (sélection)

Filmographie

Cato – Ein kurzes Leben im Widerstand. Film documentaire de Dagmar Brendecke, 2008, 90 minutes Cato ist immer noch hier, film documentaire de Dagmar Brendecke, 2009 CATO.film documentaire de Dagmar Brendecke et Walter Brun, 2010 Cato Bontjes van Beek. Ihr redet alle, aber keiner tut etwas! Film documentaire de Thomas Grimm et Regina Griebel, 1991, 54 minutes CATO Konzertfilm , de Helge Burggrabe, à loccasion du 100e anniversaire de Cato Bontjes van Beek, avec Julia Jentsch

Théâtre

Fliegen will ich – Das kurze Leben der Cato Bontjes van Beek, de Dagmar Brendecke, 2012

Exposition

Catos Welt. Das familiäre und künstlerische Umfeld der Widerstandskämpferin Cato Bontjes van Beek, Kunstverein Fischerhude, 2017

Voir aussi

Liste de résistants allemands au nazisme

Liens externes Photo de Cato Bontjes van Beek Fac-similé du rejet du recours en grâce

Notes et références

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