vignette|Poche avant de pantalon en jean dite poche cavalier, avec poche ticket.|alt=Photo de poche avant de jean bleu. Une poche est un compartiment de vêtement ou de sac auquel on peut avoir accès par une ouverture. Elle est généralement constituée de pièces de tissus assemblées et cousues. La poche permet de transporter des objets de taille réduite auprès de soi.
En Europe les poches n'ont fait leur apparition que tardivement et ont longtemps été un accessoire indépendant du vêtement, sous forme de sacoches portées à la ceinture. L'évolution des modes et des pratiques a transformé ces sacs de poche indépendants en poche cousue dans le vêtement lui-même d'une part et en sac à main d'autre part. Dans l'histoire du costume à l'échelle mondiale, la poche s'est de la même manière présentée sous diverses formes, dans et hors des vêtements. Ainsi avant l'arrivée du vêtement occidental en Chine, en Corée et au Japon, les petits objets étaient transportés dans des réceptacles divers faisant office de poche.
La couture d'une poche dans un vêtement ou un accessoire peut se faire de différentes manières, en cachant le sac de poche dans l'objet, en utilisant les coutures ou la doublure de celui-ci, ou bien la poche peut être visible en étant cousue sur l'objet ou le vêtement. Une poche peut être agrémentée d'un rabat, fermée par un ou plusieurs boutons, une fermeture à glissière, fermeture Éclair, et agrémentée de décorations brodées, peintes ou cousues.
La poche a un intérêt en matière de confort pour la tenue en rendant les objets facilement accessibles, en matière de discrétion car elle permet de ranger ou dissimuler et en matière de style, d'élégance et de mode, puisque son placement, sa finition, les accessoires dont elle peut être dotée et son ornementation en ont fait un objet de mode au même titre qu'un sac ou tout autre partie du vêtement.
Étymologie vignette|gauche|Illustration du dans sa version du . Deux paysans battant du blé siligo et portant leurs poches suspendues à la ceinture.|alt=Représentation médiévale de deux paysans battant du blé.
Les hypothèses sur l'étymologie du mot français poche sont nombreuses, même si les plus récentes indiquent une racine du vieux-francique , qui daterait du et des invasions franquesLe Petit Larousse () en donne la même origine qui semble celle acceptée académiquement.. Des origines latines seraient possibles, du bas latin qui désigne une bourse en toile ou, hypothèse plus anciennes ayant eu cours avant 1900, une autre variation latine barbarisée comme punga, puncha qui proviendrait du bas saxon ou , de l'angle , ou ou de l'anglo-saxon , et tous des mots désignant des sachets, sacoches ou bourse de toile.
D'autres théories du sur l'étymologie du mot raccordent poche à la matière dans laquelle elle était usuellement faite, en peau ou en cuir, et font donc provenir poche du latin classique , diminutif de , qui désignerait un petit sac de cuir.
L'origine du mot semble en tout cas bien provenir de termes désignant un petit sac ou sacoche. Le cheminement et la signification originale du terme portugais est similaire : en portugais poche se dit comme en espagnol, mais aussi qui désigne un sac ornementé pouvant être cousu à la manière d'un sac de poche ou être utilisé comme poche accrochée à la ceinture. La racine du mot, qui serait désigne en arabe un petit sac porté par les cavaliers et jeté sur la selle.
Le francique a évolué au cours des âges jusqu'à l'ancien français « poche » qui vers le désigne un petit sac ou une bourse. Le mot a désigné les sacs et sachets portés à la ceinture longtemps avant qu'ils ne soient cousus dans des éléments d'une tenue ou intégrés à l'intérieur d'un sac. Alors que la poche devient une partie du vêtement le terme reste et continue de désigner un compartiment du vêtement, ou plus tard un compartiment dans un sac. Encore au dans l'Ouest de la France, poche est utilisé pour aussi désigner un sac.
La relation entre un sac et une poche se retrouve par exemple aussi dans le mot espagnol qui signifie poche et est le diminutif de sac, ou .
Historique alt=Schémas de pliage d'une toge à partir d'une statue d'Auguste.|vignette|Statue de pontifex maximus de l'Empereur Auguste portant la toge avec le schéma indiquant comment draper la toge semi-circulaire autour du corps par-dessus la tunique à manche courtes. Les rubans de couleur montrent comment la toge peut former une poche avec le grand pli principal (), peut-être repliée au-dessus de la grande (), ou former une ceinture.
Dans de nombreuses parties du monde, la poche a d'abord été un type de sac de taille réduite et porté en général à la taille à l'aide d'une ceinture comme le sac banane moderne. Des fouilles archéologiques ont mis au jour des poches de ceinture dans des tombes autant mésopotamiennes, que du Levant ou d'Europe à partir de l'âge du bronze. On a retrouve des vestes datant du au munies de poche de poitrine, originaire de Syrie.
Si le vêtement ne permettait pas de porter de telles poches, les plis du vêtement sont alors adaptés exprès pour former une poche. Ainsi dans la Rome antique, il n'est pas possible de porter un sac au-dessus de la toge. Une fois drapé d'une toge, le citoyen a son bras droit libre et non couvert, et le dernier pan de toge passe de la cuisse droite à épaule gauche puis retombe naturellement. Les plis de ce drapé sont nommés , qui signifie courbe ou repli, et forment une poche dans lequel les citoyens de la fin de la République romaine portent de petits objets. Le sinus est parfois rejeté par-dessus l'épaule droite et forme ainsi une sorte d'écharpe.
Jusqu'au Moyen Âge en Europe, du au milieu du les poches sont indépendantes du vêtement et les affaires sont portées dans de petits sacs ou pochettes extérieures suspendues à la ceinture. Parfois le vêtement se prête à servir de sac lui-même grâce à des parties du costume qui forment une poche. Au des ouvertures sont ménagées dans la cotte-hardie pour donner accès à des poches. Au par exemple on utilise parfois les manches très bouffantes et fermées aux poignets des pourpoints, dites , comme des poches pour y cacher de petits objets. La transformation de la braye en braguette de taille parfois très imposante à la Renaissance offre aussi aux hommes du un endroit où placer de petits objets, souvent un mouchoir ou autre.
Sous-vêtement féminin Suspendues à la ceinture les poches sont vulnérables aux vols. Alors qu'à partir de 1600 les poches commencent à être cousues dans les tenues des hommes, elles restent un accessoire indépendant dans la tenue des femmes. Pour prémunir des vols à la tire, les femmes les portent attachées autour de la taille entre les différentes couches vestimentaires à la manière d'un sous-vêtement, par exemple sous le jupon et au-dessus de la chemise et du sous-jupon. Les poches, souvent au nombre de deux et reliées entre elles par une corde ou une bande de tissu, restent alors accessibles par une ouverture dans les coutures sur les côtés du jupon permettant de plonger la main vers les sacs de poche cachés. Les espagnoles sont des poches à l'utilisation identiques : ce terme issu de l'arabe andalou "endroit pour les bagatelles" ou de signifiant "jupe longue" désigne de petites poches de tissu contenant en général de l'argent et que les femmes portent au Moyen Âge à la ceinture, sous leurs jupes. La est accessible par une fente dans la jupe, appelée .
Les poches, lorsqu'elles sont encore extérieures et indépendantes des vêtements, sont souvent fabriquées à la main, et sont des accessoires parfois très ornementés dont on peut faire cadeau. Dans un esprit plus pratique, les vieux tissus et chutes peuvent être réemployés pour coudre des poches dans leur version la plus simple, quand d'autres peuvent être cousues et ornementées pour s'assortir à un gilet ou un jupon. En Espagne la est une poche en général assez simple, brodée mais portée sous les vêtements et dont la forme est similaire à celle des autres poches en France durant le et . Les ornements ajoutés aux augmentent au cours du temps pour en faire un accessoire très décoré, à tel point que même lorsqu'elle est abandonné plus tard par les plus riches, les couches populaires continuent de les utiliser dans un but plus décoratif qu'utilitaire.
La poche cousue dans le vêtement masculin À partir de la fin du les poches commencent à être cousues dans le costume masculin, d'abord dans les chausses et hauts-de-chausses, puis à partir du début du dans les manteaux et sur les gilets au , menant à la disparition complète de la poche extérieure du costume masculin vers la fin du .
On commence à protéger l'ouverture des poches par un rabat à partir de 1690, la « poche française » par exemple émerge durant cette période. C'est une forme ancienne de poche fendue avec rabat qu'on retrouve sur des manteaux. L'inclusion de poches aux utilités diverses, pour garder sur soi ticket, portefeuille, lunettes, étui à cigarette, etc. est optimisée au cours du temps et des modes jusqu'au où les couturiers de Savile Row au Royaume-Uni conçoivent un costume complet dans lequel dix-sept poches sont cousues.
L'ubiquité des poches dans le vêtement masculin amène à voir cet accessoire vestimentaire comme un outil indispensable aux gentlemen dans leur vie active et mondaine.
Sur les costumes masculins se trouve parfois une « poche ticket » (ou « poche anglaise » pour les tailleurs français). Au , le développement du chemin de fer pousse de nombreux hommes à voyager. Initialement, ils coinçaient leur ticket de transport dans le galon de leur chapeau. Les tailleurs créèrent donc une petite poche passepoilée, souvent sur le côté droit de la veste, d’environ un tiers moins longue qu'une poche normale. Après avoir été initialement destinée aux vêtements en tweed, elle fut ensuite adaptée au veston sport, puis, à partir des années 1960, au costume de ville. Parce que ce détail sonnait « britannique », Pierre Cardin l'aurait ajouté aux tenues de Patrick Macnee pour la série télévisée Chapeau melon et bottes de cuirScavini, « La poche ticket, so chic ! », Le Figaro Magazine, semaine du 14 avril 2017, page 105..
Évolution de la poche dans le vêtement féminin vignette|Caricature de 1799 du style grec et diaphane des Incroyables et Merveilleuses. Chacune des femmes porte un petit sac de type réticule. Pour le vêtement féminin, c'est lorsque la mode de 1790 amène des lignes de robe plus proches du corps que la poche ne peut plus être portée sous les vêtements et migre à nouveau à l'extérieur : les deux poches en tissu reliées ensemble se transforment en , à mi-chemin entre la poche et le sac à main, ces petites sacoches de tissus sont portées sur le bras et ne peuvent contenir que très peu de choses comparativement aux poches portées à la ceinture.
Plus pratiques pour les voyages que ces petits accessoires, les poches indépendantes restent d'usage pour encore plusieurs dizaines d'années, en anglais sous le nom de .
La disparition du style Empire et le retour à des coupes de robes plus amples aident à l'introduction des poches cousues et la disparition du réticule. Ainsi pour le vêtement féminin, les poches commencent à être cousues vers le milieu du . C'est pour ranger une montre que les premières poches sont arrangées dans le corselet, sur l'avant de la tenue, puis sur le côté. Les poches apparaissent progressivement dans des patrons de couture, à partir de 1840, indiquant comment coudre des poches dans une jupe. Ces poches gardent une forme et un placement très similaires aux ancienne poches détachées. Elles deviennent plus simples, sans décorations, et plus grandes, adaptées aux besoins des femmes appartenant à la classe ouvrière.
Pour les robes des classes les plus riches, les poches apparaissent en divers endroits et ne sont pas toujours pratiques : 1876 la et la ont une poche appliquée cousue assez bas sur la jupe, en 1899 une poche pour un mouchoir est placée dans la couture de la jupe ou dans le bord du jupon.