Hamilton est une ville canadienne située dans la province de l'Ontario. Selon le recensement du Canada de 2021, la population d'Hamilton est de . La région métropolitaine de recensement d'Hamilton, qui englobe Hamilton, Grimsby, Stoney Creek, Burlington, Ancaster, Dundas, Flamborough et Glanbrook, compte 785 184 habitants.
La ville est située à environ 45 kilomètres au sud-ouest de Toronto, au cœur de la région du Fer à cheval doré.
Description La ville est surnommée « Steeltown » (ville d'acier), ou « the Hammer » (le marteau) — en lien avec ses activités sidérurgiques — et « Ambitious City » (ville ambitieuse), un ancien surnom qui, à l'origine, se voulait condescendant.
Le secteur de la sidérurgie employait près de en 2003 — principalement les entreprises Stelco et Dofasco. Depuis les années 2010, le secteur des soins de santé et des services sociaux a pris le dessus et emploie aujourd'hui 13,7 % de la main-d'œuvre hamiltonienne. L'Hamilton Health Sciences (HHS) est désormais le premier employeur de la ville. Les secteurs de l'éducation, du gouvernement, des services et de la technologie continuent de se développer, tandis que le secteur industriel poursuit son déclin depuis la fermeture de Stelco en 2013.
Hamilton compte parmi ses attractions locales le Musée du patrimoine des avions de guerre canadiens, le Château Dundurn, les Jardins botaniques royaux, ainsi que le Temple de la renommée du football canadien.
Histoire
Héraldique
Jusqu'en 1913 La confédération iroquoise (ou les Cinq -plus tard Six- Nations) est la première à occuper le territoire actuel de Hamilton. Des explorateurs français visitent la région en y passant, mais la colonisation européenne ne débute que lorsque les loyalistes arrivent durant la Guerre d'indépendance américaine et la Guerre de 1812. Lors de ce dernier conflit, les britanniques défont les envahisseurs américains à la bataille de Stoney Creek, dans ce qui est aujourd'hui Hamilton.
Immédiatement après la guerre, en 1815, George Hamilton fonde une ville dans le comté de Barton qui dépasse finalement les villes rivales comme Dundas. Hamilton est reconnue en 1833 comme village partiellement autonome puis comme ville en 1846.
Hamilton est le chef-lieu du comté de Wentworth auquel elle appartient depuis sa création en 1816. En 1851, le comté obtient sa composition finale de municipalités : Ancaster, Barton, Beverly, Binbrook, East Flamborough, West Flamborough, Glanford et Saltfleet.
Dans la deuxième moitié du , Hamilton finit par être identifié (et s'auto-identifier) à l'industrie lourde, se surnommant la Ville ambitieuse et le Birmingham du Canada. Elle devient un foyer du militantisme ouvrier, et en 1872 elle est le berceau du Nine-Hour Movement, mouvement qui, comme son nom l'indique, revendique la limitation universelle de la journée de travail à neuf heures.
L'accès facile au calcaire en provenance de l'escarpement de Niagara, au charbon de la région des Appalaches, au minerai de fer du bouclier canadien et la proximité des marchés d'exportation à travers le système des Grands Lacs et du Saint-Laurent fait de Hamilton une ville importante pour la production du fer et de l'acier. Plusieurs aciéries fusionnent pour former la Steel Company of Canada en 1910 et la Dominion Steel Casting Company en 1912.
De 1914 à 1945 Les Hamiltoniens participent à la Première Guerre mondiale en tant que combattants, mais à cause des plans de mobilisation du colonel Sam Hughes pour la Force expéditionnaire canadienne, il n'y a pas de batailles majeures associées purement aux Hamiltoniens. Vu les demandes croissantes (motivées par la guerre) des gouvernements canadien et britannique en acier, armes, munitions et textiles, le secteur industriel connaît un essor. Certains manufacturiers profitent de la situation, mais en général les Hamiltoniens sont solidaires.
Après la Grande Guerre, c'est la construction des écoles qui monte en flèche, dont le Memorial School, Allenby School et Earl Kitchener School. Durant les années 1920, des centaines de blocs à appartements de trois ou quatre étages et de six à dix unités poussent un peu partout dans la ville, surtout dans l'est de la ville. La Grande Dépression des années 1930 frappe dur à Hamilton, avec le déclin simultané et prolongé de la consommation domestique et du commerce international en biens industriels finis et en matériaux de construction.
Lorsque se déclare la Seconde Guerre mondiale, les Hamiltoniens — comme la plupart des Canadiens — accueillent la montée de la demande économique mais pas sa cause. Dans cette guerre, l'Armée canadienne mobilise ses unités militaires recrutées territorialement. En conséquence, Hamilton perd des centaines de jeunes hommes en un seul jour en 1942, lorsque le Régiment royal d'infanterie légère d'Hamilton est anéanti à Dieppe.
De 1945 à aujourd'hui
Géographie et climat
Hamilton est située à l'extrémité occidentale de la péninsule de Niagara et du lac Ontario ; la plus grande partie de la ville, incluant le centre-ville, sont sur la rive sud. Se trouvant au centre géographique du Golden Horseshoe, la ville est approximativement à mi-chemin entre Toronto et Buffalo. Les deux caractéristiques majeures sont la Baie de Burlington, marquant la limite septentrionale de la ville, et l'escarpement de Niagara qui traverse toute la largeur de la ville, séparant la ville en deux sections, la haute-ville et la basse-ville. thumb|The Burlington Bay Skyway. La baie de Burlington (Hamilton Harbour) est un port naturel avec une grande barre de sable appelé le Beachstrip. Cette barre de sable a été déposée durant une période où les niveaux de l'eau des lacs étaient plus élevés au cours de la dernière ère glaciaire, et s'étend vers le sud-est à travers le centre de la basse-ville vers l'escarpement. Le port de mer de Hamilton est accessible par navire à travers le Beachstrip dans le port et est traversé par deux ponts, le Skyway Bridge et le Canal Lift Bridge, plus bas. Le port de Hamilton est l'un des ports maritimes les plus importants au Canada. L'autorité du port de Hamilton gère ce port industriel.
L'escarpement est, à plusieurs endroits, un mur vertical de marne calcaire de de hauteur avec plusieurs chutes et ruisseaux qui en tombent, incluant Stoney Creek, Red Hill Creek, Grindstone Creek, Spencer Gorge Waterfall et Chedoke Creek, qui s'écoulent par-dessus l'escarpement et dans la baie. Les nombreuses cascades d'eau à l'intérieur des limites de la ville de Hamilton ont inspiré l'industrie touristique locale à publiciser la ville comme la « Ville des Cascades » (City of Waterfalls). Au moins vingt chutes et cascades coulent sur le Mont Hamilton sur le territoire municipal. En moyenne, la montagne est à 4 à de la côte du lac Ontario et fournit des vues spectaculaires de la ville et du port. À l'extérieur de la ville cette particularité géographique est appelée Hamilton Mountain ; les résidents locaux l'appellent simplement « la montagne ». La « montagne » est en fait un escarpement. La portion de Hamilton fait partie de l'Escarpement du Niagara, qui s'étend de l'ouest de l'État de New York à la baie Georgienne. Il s'agit du plus long escarpement au monde.
Le climat de Hamilton est de type continental humide et relativement tempéré en comparaison avec le reste du Canada. La température moyenne en janvier est de -3,6 °C, mais se tient souvent juste au-dessus du point de congélation, créant des conditions de neige fondue lorsqu'il neige. Il tombe en moyenne de neige par hiver, mais les quantités varient énormément d'année en année. La température moyenne en juillet (la moyenne du jour et de la nuit) est de 22,5 °C et le taux d'humidité est habituellement élevé au milieu de l'été. Les températures s'élevant à plus de 30 °C avec une valeur humide bien au-delà de 40 sont la norme du mois de mai jusqu'en octobre.
On peut noter que le climat de la basse-ville est en général beaucoup plus abrité et tempéré que sur « la montagne » (la haute-ville), où la saison agricole est plus courte et où on est plus vulnérables aux bourrasques de neige en hiver. Ce n'est guère inhabituel pour les résidents de la basse-ville de quitter leurs quartiers sans neige et de se faire surprendre, en arrivant en haute-ville, par une épaisse couche de neige fraîche. L'escarpement affecte également la météo estivale ; des inversions de température peuvent rendre le centre-ville beaucoup plus chaud, et souvent une inversion se combinera à la barrière physique de l'escarpement pour retenir le smog dans la région du centre-ville, réduisant parfois la visibilité à moins de .
Les pluies estivales peuvent être abondantes mais de façon générale, les phénomènes météorologiques sévères sont rares. Une exception à noter arriva le ; une tornade endommagea des centaines de maisons et souleva le toit du gymnase du Lawfield Middle School, blessant deux écoliers et compromettant l'intégrité structurelle de l'école. Environnement Canada a par la suite confirmé qu'une tornade F1 avait frappé la région ; c'est la date la plus tardive dans l'année qu'une tornade confirmée s'est produite au Canada.
Démographie
Selon le recensement de 2001, près du quart de la population de la région métropolitaine d'Hamilton était née à l'étranger, faisant de Hamilton la ville canadienne avec la troisième proportion de citoyens nés à l'étranger après Toronto (44 %) et Vancouver (38 %).
Hamilton est surtout peuplée de personnes d'origine ethnique blanche : 90,7 % ont des origines britanniques, et il y a bon nombre d'habitants d'origine italienne, allemande, roumaine, française, hongroise, polonaise, portugaise, européenne orientale (surtout serbe) qui s'y sont établis durant l'essor industriel du début du . La partie est de la ville contient une communauté signifiante et toujours grandissante d'origine indienne.
Parmi ses communautés, Hamilton compte une francophonie importante et active, pour laquelle les services provinciaux et fédéraux sont offerts en français (sur demande). Selon les dernières statistiques, la communauté francophone s'est accrue de 50 % entre 2006 et 2011 à Hamilton, et sur le territoire de la ville, déclarent avoir une bonne connaissance des deux langues officielles du Canada (français et anglais), parmi lesquelles ont le français comme langue maternelle. La communauté franco-ontarienne de Hamilton dispose de deux conseils scolaires (le Conseil scolaire Viamonde et le Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud), cinq écoles complètement francophones (deux écoles secondaires et trois écoles élémentaires), un centre de santé communautaire qui fait partie du réseau RLISS (Centre de santé communautaire Hamilton/Niagara), un centre culturel (Centre français Hamilton), trois garderies francophones, un centre d'emploi francophone subventionné par la province (Options Emploi), un collège communautaire pour le post-secondaire (Collège Boréal), un organisme communautaire qui soutient le développement de la communauté francophone à Hamilton (ACFO Régionale Hamilton).
Une immigration francophone importante contribue également au développement de la francophonie locale. Les trois pays d'immigration francophone les plus importants sont : la France, Haïti, et la République Démocratique du Congo.
Les pays d'origine les plus communs pour les nouveaux immigrants à Hamilton en 2001 étaient : la Yougoslavie, la Pologne, l'Inde, la République populaire de Chine, les Philippines, l'Irak, et la Bosnie-Herzégovine. Environ 8 % des immigrants des années 1990 ont déclaré la Yougoslavie comme pays de naissance.
Les estimations de 2001 donnaient une population de personnes résidant à Hamilton, dont 48,8 % d'hommes et 51,3 % de femmes. Les enfants de cinq ans et moins comptaient pour 5,8 % de la population résidente de Hamilton, pour 5,8 % de l'ensemble de la population ontarienne et 5,5 % pour l'ensemble de la population canadienne.