LInstitut polytechnique de Grenoble ou Grenoble INP - UGA, historiquement décliné INPG (institut national polytechnique de Grenoble), est un groupe d'établissements d'enseignement supérieur et de recherche français fondé à Grenoble (Isère) en 1900. Les écoles de Grenoble INP font partie des françaises accréditées au à délivrer un diplôme d'ingénieur..
Depuis le , Grenoble INP est un établissement composante de l'université Grenoble-Alpes., auquel s'applique le statut de grand établissement.
Le groupe INP (institut national polytechnique) est un ensemble d'établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel. Le groupe est constitué de six INP régionaux : Grenoble INP, Lorraine INP et Toulouse INP (membres fondateurs), rejoints par Bordeaux INP, Clermont Auvergne INP et Bretagne INP. Les trois établissements fondateurs avaient acquis un statut d'université en 1970 à la suite des démarches entreprises par leurs présidents, dont Louis Néel (prix Nobel) pour celui de Grenoble.
L'établissement est membre fondateur des deux pôles de compétitivité mondiaux Minalogic et Tenerrdislemonde.fr du 12 novembre 2015, Grenoble INP cultive ses amitiés avec l’industrie., ainsi que de l'alliance GIANT, un regroupement de huit institutions situé sur la presqu'île scientifique de Grenoble. Il participe aussi au réseau des universités européennes de science et de technologie, créé en 1985 par un autre ancien président, Daniel Bloch.
Présentation générale
Historique Les formations d’ingénieurs à Grenoble remontent à la fin du , lorsque Paul Janet inaugure le un cours d’électricité industrielle afin de répondre à la demande des industriels dauphinoisArchives municipales de Grenoble, cote 6FI 4071."Institut polytechnique de Grenoble 1900-1950" P.47 "les souvenirs de Paul Janet" édition limitée du cinquantenaire. Mais il doit quitter Grenoble à l'automne 1894. Son successeur, Joseph Pionchon, pense dès l'année 1899 que « S'il est une ville où l'enseignement supérieur, technique et pratique de l'électricité industrielle doit trouver tout naturellement place à côté des autres enseignements universitaires, c'est assurément la ville de Grenoble... où, par suite de l'abondance des puissances motrices hydrauliques, des installations électriques de tout genre se sont multipliées et continuent à se développer plus que partout ailleurs, la ville de Grenoble est en effet en matière d'électricité industrielle, un centre d'information et d'études pratiques de premier ordre »Philippe Veitl, L'Invention d'une région: les Alpes françaises.. Son idée est reprise lors du discours de la séance solennelle de la rentrée universitaire du . Le suivant, le président du conseil de l'université, Émile Boirac, lance un appel pour la création d'une société qui réalise « l'union trop longtemps retardée en France du laboratoire et de l'usine ». Son vœu se réalise le par la constitution de la société pour le développement de l'enseignement technique dont l'article 4 des statuts se donne pour objet « le développement de l'enseignement technique près de l'université de Grenoble ». Le financement s'effectue à parts égales entre industriels, université, ministère et municipalitéMichel Lescure, Villes et districts industriels en Europe occidentale ()..
vignette|gauche|Institut électrotechnique en 1901. À cette époque, l’usage industriel de l’électricité est mature, et il y a un grand besoin d’ingénieurs spécialistes de cette discipline, hautement stratégique dans le contexte économico-industriel de l’époque. L'utilisation de la houille blanche est alors en plein développement avec des industriels comme Aristide Bergès et son avenir semble prometteur.
Ce nouvel enseignement, qui a beaucoup de succès, d’abord soutenu par la ville de Grenoble"Premiers principes d'électricité industrielle", Paul Janet Gauthier Villard 1903, Préface, va déboucher sur l'inauguration de l’Institut électrotechnique de Grenoble le , grâce aux fonds de l'université de lettres et de droit et non à ceux de l'université des sciencesHistoire-cnrs.revues.org, François Caron, Le dialogue entre la science et l’industrie à Grenoble, 13 janvier 2000, La science et l’industrie, un mariage de raison. Installé rue général Marchand dans une annexe du lycée de filles, il accueille 11 élèves pour sa première promotion et son fondateur, Joseph Pionchon (1859-1938), en devient le premier directeur. La séance d'inauguration a lieu dans l'amphithéâtre voisin de la Faculté des lettres en présence du maire Stéphane Jay, du préfet Christian Nanot, du sénateur Édouard Rey, du recteur d'Académie et président du conseil de l'université Émile Boirac, du directeur de l'École supérieure d'électricité Paul Janet, du directeur de l’enseignement supérieur au ministère de l’Instruction publique Louis Liard, du doyen de la Faculté des sciences Jean Collet, du président de la chambre de commerce Casimir Brenier et du président de la société pour le développement de l'enseignement technique Henri de Renéville. L'année 1901 voit également la création à Grenoble du syndicat des forces hydrauliques, puis l'année suivante, la ville accueille en septembre le premier congrès de la houille blanche shf-lhb.org, L'Exposition Internationale de la Houille Blanche et du Tourisme..
Mais l'institut semble être à l'étroit dans ses locaux malgré deux agrandissements réalisés en 1904 et 1905. Au cours de cette année scolaire, outre des auditeurs bénévoles, 25 étudiants sont immatriculés à l'université afin de suivre cet enseignement technique. Les chiffres s'envolent avec 52 étudiants en 1905-1906, 98 en 1906-1907, 145 en 1907-1908 et 208 en 1908-1909Archives municipales de Grenoble, cote 4M49.. Il devient urgent de réfléchir à de plus vastes locaux d'autant qu'en 1905 un bureau de contrôles et d'essais industriels est intégré à l'institut pour délivrer des certificats d'essai des compteurs électriques et qu'en 1907, une maîtrise de conférences d'électrométallurgie est créée, qui sera à l'origine du futur Institut d'électrochimie et d'électrométallurgie ouvert en 1921. En 1906, alors que l'électricien Louis Barbillon est directeur depuis deux ans, un cours d'hydraulique est créé qui va être à l'origine de l'École des ingénieurs hydrauliciens ouverte en 1928. Mais avec ces nouvelles disciplines, l'institut électrotechnique manque de place et doit négocier longuement avec la ville de Grenoble entre 1906 et 1908 afin de reprendre l'ancienne usine d'éclairage et de force motrice de la ville de la rue DiderotGrenoble et sa région, 1900-1925, page 180.. Il possède alors à partir de 1908 une usine d'application rue Diderot où il installe son laboratoire d'électrométallurgie et d'hydraulique. L'usine comprenant deux batteries de chaudière d'une puissance totale de 700 HP (Horsepower, une unité anglo-saxonne de mesure de puissance assez semblable au cheval-vapeur), quatre groupes électrogènes de 150 HP chacun et deux turbines hydrauliques de 100 HP chacune grâce à la présence du canal Fontenay relié au DracL'Institut national polytechnique de l'Université de Grenoble anciennement Institut Electrotechnique, Imprimerie générale Grenoble, 1913, Bibliothèque municipale de Grenoble, cote V10807.. Toutes les sources sont commandées d'un tableau central. L'institut possède aussi une station d'essais électrochimique qui reçoit du courant à .
Nouveau site vignette|Lancement du nouvel Institut électrotechnique en mars 1910. Illustrant les relations privilégiées existant entre milieu industriel et universitaire, l'industriel Casimir Brenier, président de la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble fait un premier don le à la ville d'un terrain de m situé en bordure de l'avenue de la gare afin d'y transférer l'institut. Le don est accepté par le conseil municipal de Charles Rivail le .
Quatre mois plus tard, l'Union des Fabricants de Papier décide lors de son congrès annuel du à Tours de la création d'une école de papeterie et choisissent Grenoble comme lieu d'implantation. L'École française de papeterie ouvre ses portes le . dans des locaux provisoires qui feront l'objet d'un deuxième don fait par Casimir Brenier le à charge de s'entendre avec l'université pour construire les nouveaux locaux de l'institut électrotechniqueArchives municipales de Grenoble, cote 4M45.. Il est constitué d'un terrain de m contenant un vaste hall ainsi que la propre maison de l'industriel qui en conserve la jouissance jusqu'à sa mort.
Pour répondre aux besoins, et s'adapter aux techniques nouvelles, la municipalité de Félix Viallet entreprend en la construction des nouveaux locaux sur l'avenue portant aujourd'hui son nom, regroupant ainsi sous un même toit l'ensemble des enseignements techniques de la faculté des Sciences, comme les cours d'électrochimie, d'électrométallurgie et d'hydraulique, ainsi que l'École française de papeterie. Malheureusement Félix Viallet ne voit pas son œuvre, il meurt au cours d'une réunion publique le . Le mois suivant, son successeur, Nestor Cornier, attribue à l'avenue de la Gare le nom de Félix Viallet. Un sort identique attend le donateur Casimir Brenier qui décède le à l'âge de 79 ans. La rue Championnet longeant le chantier de l'institut est renommée de son nom le Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné du 3 janvier 1976. (Pour que le nom du général Championnet ne disparaisse pas de la ville, la place Lakanal est rebaptisée de son nom).
L'extension des activités enseignées se traduit en 1913, par l'adoption officielle du nom de l'Institut polytechnique de l'université de Grenoble, mais l'activité principale reste toutefois l'enseignement concernant l'hydraulique afin de satisfaire l'industrie localeÉric Robert, L'ingénieur, moteur de l'innovation. Un siècle de formation d'ingénieurs à Grenoble. Les Éditions des Vignes et l'éditeur, Grenoble, 2001. Ouvert peu avant la Première Guerre mondiale, l'institut est réquisitionné comme hôpital militaire et tourne au ralenti, mais après la guerre, il compte de 700 à 800 élèves. Dans l'entre-deux-guerres, l'établissement se développe par la création d'instituts spécialisés comme celui de l'Institut d'électrochimie et d'électrométallurgie en 1921 grâce à l'action du chimiste Georges Flusin. Début 1924, un évènement majeur se prépare à Grenoble dans lequel l'institut polytechnique tient particulièrement à montrer son savoir-faire. L'exposition internationale de la houille blanche qui ouvre ses portes le dans le parc Paul-Mistral pour une durée de cinq mois est l'occasion pour l'institut de tenir un stand dans le grand palais de la houille blanche où un vrai laboratoire permet l'essai de tous les appareils industriels de mesures électriques à courant alternatif. L'ensemble de l'exposition atteint la barre du million de visiteurs deux jours avant sa fermeture le .
vignette|gauche|Buste de René Gosse sur la place du même nom.