Des élections sénatoriales en France ont lieu le afin de renouveler 114 sièges de sénateurs.

Compte tenu du calendrier électoral originellement chargé de l'année 2007 (cinq élections auraient dû s'y tenir en six mois, dont des élections cantonales et municipales en mars pendant la campagne de l'élection présidentielle et des élections sénatoriales en septembre), deux lois du Loi organique n° 2005-1562 du 15 décembre 2005 modifiant les dates des renouvellements du Sénat et Loi n° 2005-1563 du 15 décembre 2005 prorogeant la durée du mandat des conseillers municipaux et des conseillers généraux renouvelables en 2007 ont procédé au report en 2008 des élections cantonales, municipales et sénatoriales.

Les 38 départements concernés étaient ceux de la série A, à savoir l'Ain, l'Aisne, l'Allier, les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes, l'Ardèche, les Ardennes, l'Ariège, l'Aube, l'Aude, l'Aveyron, le Territoire de Belfort, les Bouches-du-Rhône, le Calvados, le Cantal, la Charente, la Charente-Maritime, le Cher, la Corrèze, la Corse-du-Sud, la Haute-Corse, la Côte-d'Or, les Côtes-d'Armor, la Creuse, la Dordogne, le Doubs, la Drôme, l'Eure, l'Eure-et-Loir, le Finistère, le Gard, la Haute-Garonne, le Gers, la Gironde, l'Hérault, l'Ille-et-Vilaine, l'Indre, la Guyane, la Polynésie française et les îles Wallis-et-Futuna. Quatre sénateurs représentant les Français établis hors de France devaient également être investis.

Au total, 102 sièges de la précédente assemblée (dont un siège vacant dans l'Aisne) étaient soumis à renouvellement, dont : 95 dans les départements métropolitains 1 en Guyane 1 en Polynésie française 1 à Wallis-et-Futuna 4 pour les Français établis hors de France

Par ailleurs : 2 nouveaux sièges créés en 2008 ont été pourvus pour la première fois à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin 10 nouveaux sièges ont aussi été créés pour tenir compte des évolutions démographiques, 8 en métropole (1 pour chacun des départements suivants: Ain, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Drôme, Eure-et-Loir, Haute-Garonne, Gironde, Hérault), 2 en outre-mer (Guyane et Polynésie française)

Mode d'élection

Les nouveaux représentants sont élus pour une législature de 6 ans au suffrage universel indirect par les grands électeurs français.

Conformément à la loi du , les sénateurs des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, du Finistère, de la Gironde, de la Haute-Garonne, de l'Ille-et-Vilaine et ceux représentants les Français établis hors de France sont élus au scrutin proportionnel plurinominal, tandis que tous les autres le sont au scrutin majoritaire à deux tous.

Avant le scrutin Composition du Sénat

La composition du Sénat avant le renouvellement était la suivante : Groupe UMP : 159 membres (dont 5 apparentés et 7 rattachés) Groupe SOC : 95 membres (dont 3 apparentés et 5 rattachés) Groupe UC-UDF : 30 membres Groupe CRC : 23 membres (dont 21 PCF et 2 MRC rattachés) Groupe du RDSE : 17 membres (dont 1 GM rattaché) RASNAG : 6 sénateurs (dont 2 MPF). Soit 330 sénateurs au total (un siège vacant à la suite du décès de Jacques Pelletier).

Sénateurs sortants Liste des 101 sénateurs sortants de la série A :

Sortants UMP : 56 membres (dont 2 apparentés et 5 rattachés) Pierre André : réélu au José Balarello : ne se représente pas Bernard Barraux (rattaché) : ne se représente pas Claude Belot : réélu au Pierre Bernard-Reymond : réélu au tour Roger Besse : ne se représente pas Joël Billard : réélu au Joël Bourdin : réélu au Jean-Guy Branger : ne se représente pas Paulette Brisepierre : ne se représente pas Louis de Froissard de Broissia : battu Gérard César : réélu au scrutin proportionnel Gérard Cornu : réélu au Raymond Couderc : réélu au scrutin proportionnel Robert del Picchia : réélu au scrutin proportionnel Gérard Dériot (rattaché) : réélu au tour Michel Doublet : réélu au Ambroise Dupont : réélu au tour Jean-Paul Émin : ne se représente pas Michel Esneu : ne se représente pas André Ferrand : réélu au scrutin proportionnel Gaston Flosse : réélu au tour Yves Fréville (rattaché) : ne se représente pas Yann Gaillard : réélu au tour René Garrec : réélu au tour Jean-Claude Gaudin : réélu au scrutin proportionnel Alain Gérard : ne se représente pas François Gerbaud : ne se représente pas Charles Ginésy : ne se représente pas Francis Giraud : ne se représente pas Paul Girod : ne se représente pas Louis Grillot (apparenté) : ne se représente pas Georges Gruillot : ne se représente pas Jean-François Humbert : réélu au tour Benoît Huré : réélu au tour Pierre Jarlier : réélu au Marc Laménie : réélu au tour Robert Laufoaulu (rattaché) : réélu au Jean-Luc Miraux : ne se représente pas Dominique Mortemousque : battu Bernard Murat : ne se représente pas Jean Pépin : ne se représente pas Jacques Peyrat : ne se représente pas François Pillet (rattaché) : réélu au tour Xavier Pintat : réélu au scrutin proportionnel Louis Pinton : réélu au tour Rémy Pointereau : réélu au Ladislas Poniatowski : réélu au Jean Puech : battu Henri Revol (apparenté) : ne se représente pas Henri de Richemont : battu Yves Rispat : ne se représente pas Louis Souvet : ne se représente pas Yannick Texier : ne se représente pas Henri Torre : ne se représente pas Jacques Valade : ne se représente pas

Sortants SOC : 29 membres Yves Ackermann : battu Bertrand Auban : réélu au scrutin proportionnel Jean-Pierre Bel (président du groupe) : réélu au Maryse Bergé-Lavigne : ne se représente pas Jean Besson : réélu au tour Yolande Boyer : ne se représente pas Bernard Cazeau : réélu au Roland Courteau : réélu au Claude Domeizel : réélu au Bernard Dussaut : ne se représente pas Jean-Noël Guérini : réélu au scrutin proportionnel Charles Josselin : ne se représente pas Alain Journet : ne se représente pas André Lejeune : réélu au Louis Le Pensec : ne se représente pas Philippe Madrelle : réélu au scrutin proportionnel François Marc : réélu au scrutin proportionnel Michel Moreigne : ne se représente pas Jean-François Picheral : ne se représente pas Bernard Piras : réélu au tour Jean-Pierre Plancade : réélu au scrutin proportionnel Marcel Rainaud : réélu au Gérard Roujas : ne se représente pas André Rouvière : ne se représente pas Claude Saunier : ne se représente pas Jacques Siffre : ne se représente pas Simon Sutour : réélu au tour Michel Teston : réélu au Robert Tropeano : réélu au scrutin proportionnel

Sortants RDSE : 8 membres Nicolas Alfonsi : réélu au Gérard Delfau : battu Pierre Laffitte (président du groupe) : battu Aymeri de Montesquiou : réélu au Georges Mouly : ne se représente pas Georges Othily : battu François Vendasi : réélu au Bernard Seillier : ne se représente pas

Sortants Union centriste-UDF : 4 membres Philippe Arnaud : battu Jean-Léonce Dupont : réélu au tour Philippe Nogrix : battu André Vallet : ne se représente pas

Sortant CRC : 3 membres (dont un rattaché) Pierre Biarnès (rattaché) : ne se représente pas Robert Bret : ne se représente pas Gérard Le Cam : réélu au

Sortants RASNAG (non-inscrits) : 1 membre Philippe Adnot (délégué de la réunion administrative) : réélu au

Précisions importantes À compter du renouvellement de septembre 2004, la durée du mandat est progressivement réduite à 6 ans, le renouvellement devant à terme se faire en deux séries (au lieu de trois) tous les 3 ans (nouvelles séries 1 et 2). Une partie des sénateurs élus en 2004 est élue pour 6 ans, l'autre partie pour 9 ans. Les sénateurs élus en 2008 seront tous élus pour 6 ans. La loi abaisse également l'âge d'éligibilité de 35 à 30 ans.

Dans le même temps, la répartition des sièges de sénateurs par département est modifiée pour refléter les évolutions de la population française. Ainsi, les effectifs du Sénat passeront à 343 membres en 2008. En 2011, ils passeront à 348 avec la répartition suivante :

326 seront élus dans les départements de métropole et d'outre-mer 2 en Polynésie française, 2 en Nouvelle-Calédonie, 2 à Mayotte, 1 à Saint-Barthélemy, 1 à Saint-Martin, 1 à Saint-Pierre-et-Miquelon, 1 à Wallis-et-Futuna, 12 représenteront les Français établis hors de France.

Les grands électeurs sont d'une part les représentants des communes (maires, maires adjoints, conseillers municipaux et délégués des conseils municipaux dans les communes importantes, leur nombre étant fixé en fonction de la population de la commune ; 95 % du collège électoral) et d'autre part les conseillers généraux, les conseillers régionaux et les députés (5 % du collège électoral).

Enjeux Selon une enquête de l'IFOP publiée deux semaines avant le scrutin, 74 % des Français ne se jugeaient pas concernés par ces élections (38 % pas du tout, 36 % peu), contre 24 % concernés (5 % très, 19 % assez).

Enjeux généraux À la suite d'élections municipales et cantonales favorables à la gauche, le Parti socialiste espérait une progression d'au moins une dizaine de sièges (Ain, Aisne, Côte-d'Or, Corrèze, Doubs, Ille-et-Vilaine...). De son côté, l'UMP espérait limiter ses pertes en profitant de divisions locales, de la proportionnelle ou de bons résultats locaux (Hérault, Territoire-de-Belfort, Gard, Haute-Garonne...), de sièges créés comme dans les Antilles (Saint-Barthelémy et Saint-Martin) et de l'introduction de la proportionnelle dans des départements de gauche où elle était absent.

L'UMP a par ailleurs soutenu des candidats issus du Nouveau Centre, comme Hervé Maurey qui briguait la succession de l'UMP Jean-Luc Miraux qui ne se représentait pas dans l'Eure, voire des sénateurs sortants du groupe RDSE. L'enjeu pour le Nouveau Centre était l'éventuelle possibilité de créer un groupe indépendant (15 sénateurs minimum), ou tout au moins renforcer sa présence au sein de groupe UC-UDF. Pour le MoDem, il s'agissait de préserver et renforcer ce groupe centriste.

Personnalités candidates Dans le territoire de Belfort, l'ancien ministre et président du MRC Jean-Pierre Chevènement a annoncé sa candidature à l'unique siège détenu par le sortant socialiste dissident Michel Dreyfus-Schmidt - décédé le - face au candidat officiel du PS Yves Ackermann et à l'UMPMême mort, je reviens, Eric Haquemand, Le Parisien, 6 septembre 2008.

Dans l'Hérault, les velléités de retour de Georges Frêche, exclu du PS, ont mis le feu aux poudres. Proche de Frêche, le député européen Robert Navarro a décroché le soutien officiel du parti, mais a dû faire face aux listes concurrentes des sénateurs sortants Robert Tropéano (PS) et Gérard Delfau (PRG).

Le socialiste François Rebsamen a été candidat en Côte-d'Or, département historiquement monopolisé par des sénateurs issus de la droite, avec le renfort du président du conseil régional de Bourgogne, François Patriat.

L'ancien ministre Charles Millon, en conflit avec le RPR de par sa proximité avec les idées du Front National, est soutenu par l'UMP dans l'Ain, où il affrontera le socialiste Rachel Mazuir, qui a ravi à la droite, en , la présidence du conseil général, ainsi que le divers droite Jean Chabry.

Soutenu par Nicolas Sarkozy, le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé a été investi comme candidat des Français de l'Étranger, mais a dû, lui aussi, faire face à la dissidence de Christophe Frassa, président de l'Union des Français de Monaco.

En Polynésie française, Gaston Flosse a été écarté de l'investiture UMP au profit de Gaston Tong Sang. En Gironde, l'UMP sortant Gérard César, écarté de l'investiture de son parti, se présente en dissidence, de même que le socialiste Jean-Pierre Plancade écarté lui de l'investiture PS dans la Haute-Garonne.

Si certains sénateurs âgés ont décidé de passer la main comme les socialistes Charles Josselin et Louis Le Pensec, les UMP Charles Ginésy et José Balarello, ou encore la doyenne Paulette Brisepierre (91 ans), l'ancien maire de Rennes, Edmond Hervé a, quant à lui, été investi par le PS en Ille-et-Vilaine.